PRÉFACE. V
de la politique qui se déchaînent, un jour, de Rome sur Florence, un autre, de Florence sur Rome! Orpheline au lendemain de sa naissance, elle apparait sur la scène du monde et y croît jusques à son mariage , sans avoir jamais donné signe d'une volonté bien accusée, d un instinct bien développé, d'un esprit bien marqué. A Rome, hôtesse du palais de sa famille, elle se rend de temps en temps au Vatican, montée sur sa petite mule d'Espagne; elle y est servie à la table du Pape, son protecteur et son parent; les solennités qu'elle y voit, les pompes qu'elle y admire, les fêtes et les galas de la cour sacrée, ce sont là ses joies et ses divertissements. A Florence, elle subit les atteintes , les épreuves , et les secousses du sort, pour ainsi dire sans réflexion et comme un enfant de l'Orient. Plus tard, quand de nombreux Princes à qui l'ambition personnelle ou l'intérêt d'Etat commandent le mariage , pensent à demander la main de celle qu'on appelait par habitude la nièce du Pape, bien qu'elle n'en fût que la cousine, son indifférence à leur égard apparaît telle qu'il est permis de se demander si elle se connaissait pour être l'objet de convoitises si hautes en même temps que si diverses. Personnellement, en un mot, elle échappe trop souvent aux recherches de l'historien , et toujours aux réflexions du philosophe. Si pour le récit de sa jeunesse, on trouvait bon de se limiter aux faits qui lui sont essentiellement personnels, sans