‹ La jeunesse de Catherine de Médicis, tr., annoté et augmentéChapitre 19 sur 71 · V3 LA JEUNESSE · texte numérisé non relu

V3 LA JEUNESSE

était sur son lit de mort, lorsque Charles écrivant à son chargé d'affaires à Rome, rappelait au Pape les anciens rapports d'amitié de ses prédécesseurs avec les Médicis, et lui donnait les assurances les plus tranquillisantes 1 sur ses rapports futurs avec le Saint- - Siège. Dans la dernière moitié de juin, Léon X, qui avait jusqu'alors ostensiblement soutenu la candidature du Roi François par son légat le Cardinal de Gaëte, l'abandonna complètement. Le Cardinal Bibbiena, l'appui principal du parti français, fut rappelé de sa légation, et on tint pour certain qu'il perdit son influence sur Léon X longtemps avant sa mort, arrivée le î) novembre 1520. Combien il se trompait lorsqu'il assurait à Louise de Savoie avoir trouvé le Pape fermement décidé à vivre et à mourir en intelligence, amitié et union constante avec le Roi de France 2 !

A la fin du printemps de 1521 , fut conclu le traité

1 Lettre à D. Luis Carroz, citée par M. Mijjnet dans .son remanpiablc travail : Une élection à t Empire. (Revue des Deux- Mondes, 185V, 260.)

3 Lettre à Louise de Savoie dans le» Document! di storin ilttliana, avec des notes par Capponi. Florence, Molini, 1830, I, 74. Cinq lettre.*, Rome, 18 lévrier, 19 mai 1520. Le Nibbiena mourut à Itouie, après une longue maladie, le 9 novembre 1520. Voyez aussi le t. Il des Leltere dei Prinei/u, Venise, 1570.

d'offensive et de défensive entre te Pape et l'Empereur. Le 1 3 juillet de la même année, François envoya une lettre circulaire à ses alliés, se plaignant de la déclaration du Saint-Père, de l'alliance avec l'Empereur, et de ce qu'il faisait avancer vers Bologne les troupes pontificales, celles des Florentins et les Espagnols qui se trouvaient à Naples, avec l'intention de l'attaquer dans ses Etats du Milanais et de Gênes. « Avec l'aide de Dieu, de mes amis et de mes alliés, dit-il, le Roi espère se protéger et déjouer les malins projets du Pape, de telle sorte que la trahison de ce dernier ne lui portera ni avantage ni honneur. Cette rupture s'est d'ailleurs faite sans que le Roi y ait donné le moindre motif, ayant toujours été un fils bon et obéissant de l'Eglise, et désirant encore l'être et ne faire que ce qui, d'après ses idées, soit compatible avec l'honneur du Saint-Siège, du Pape et de toute sa maison. Il ne peut donc comprendre ce qui a pu causer l'inimitié de* Sa Sainteté, dont il ressent une si grande douleur, mais à laquelle il résistera de toute sa puissance 1 . »

François Guicciardini , d'après les communications intimes que lui fit Clément VII, le successeur de Léon, jette une vive lumière sur les intentions et

1 Duvumeuli. Molini, I, 97.

50 LA JKIWKSSK 1)K CATIIKHLNK I)K MÉDICIS.

les espérances de ce dernier. Après avoir chassé les Français de l'Italie supérieure avec l'aide des Impériaux, il pensait venir également à bout de ces derniers à Naples, « revendiquant ainsi cette gloire de la liberté <!e l'Italie à laquelle avait aspiré si ouvertement son prédécesseur 1 . » Il pouvait, jeune encore, espérer de pouvoir effectuer ce qu'avait tenté en vain le vieillard Jules II. Le malheur de l'Italie voulut qu'il en fût* autrement. L'évacuation de Milan par les troupes françaises sous le commandement du maréchal de Lautrec fut le dernier triomphe de Léon X (le 19 novembre 1521), car le Pontife mourut douze jours après, à{;é de quarante-cinq ans.

1 ("iiicuar.Imi, xiv, 1.

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