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Antoine de Lorraine et de Claude, Duc de Guise, ïssu de Yolande, fille du « bon roi René » , il prétendait à l'héritage de Naples : il tomba devant les murs de cette ville en 1528, lorsqu'il l'assiégeait avec le Maréchal de Lautrec.
On fit aussi une faible tentative pour un prétendant anglais. Sir John Russell , envoyé de Henri VIII auprès du Pape, proposa, en 1527, le Duc de Richmond comme fiancé, dans un temps où les Médicis abandonnés devaient considérer comme avantageuse une alliance avec l'Angleterre 1 . On ne sait guère, cépendant, si l'on a eu égard un instant à cette proposition. Henri, Comte de Nottingham et Duc de Richmond , fils naturel du Roi , était Grand Amiral d'Angleterre. Lors de l'entrevue de François I er et de Henri entre Boulogne et Calais, ce dernier avait avec lui et près de lui ce jeune seigneur. « Le Roi d'Angleterre, raconte du Bellay 2 , offrit hier au Roi de mettre à son service son fils naturel, le Comte de Richmond, un jeune homme de quinze à seize ans, et h; Roi lui fit présent de plusieurs beaux chevaux
1 Sir John Ru.ssell (le premier Duc de Bedford) au Roi Henri VIII; Home, 11 février 1527. State papers , etc., pari. V, vol. VI, n« U9.
9 Mémoires de Messire Martin du Bellay, p. 506. Édition Jiuclion.
de ses écuries, chevaux de courses et autres. » Richmond épousa plus tard Lady Mary Howard, fille du duc de Norfolk, et mourut dès 1536.
Lorsque Catherine fut à Rome , il ne s'offrait rien moins que trois partis. Frédéric Gonzafpic, premier Duc de Mantoue, rechercha la main de la Duchesse '. C'était le même qui, en 1522, après s'être brouillé avec François P r , avait renvoyé à l'Amiral Bonnivet l'ordre de Saint-Michel que le Roi lui avait donné. L'Empereur lui voulait du bien et le considérait comme le soutien principal de sa politique dans l'Italie supérieure : le Pape, par raisons politiques, lui était défavorable, et ses rapports scandaleux avec Elisabeth Boschetti, comtesse deCalvisano, n'étaient point pro- • près à donner du poids à sa demande en mariage 4 . En 1531, après avoir refusé une alliance avec la fille du malheureux Roi de Naples, Frédéric Gonzafjue épousa l'héritière de Montferrat, Marguerite Paleoloça, et par ce mariage il apporta à sa maison , pour quelque temps du moins, de belles possessions sin- {pilièrement enviées par le Piémont et Saluées. On parlait aussi d'un Délia Rovere, Guidubaldo, Prince
1 Voyez aux Appendices la citation de quelques dépêches intéressantes à ce sujet et récemment trouvées par nous dans les archives de Mantoue. (Note du traducteur.)
* Antonio Soriano, Relazùmc , série II , vol. III, p. 283,
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héréditaire d'Urbin. L'ambassadeur vénitien Soriano pense qu'on ne pouvait trouver un parti plus convenable. De cette façon on assurait à Catherine le titre de Duchesse d'Urbin que le Pape et le Roi Très -Chrétien continuaient à lui donner, au {jrand dépit de François-Marie délia Rovere. Mais ce dernier n'était point favorable à ce dessein ; le Pape l'était peut-être encore inoins. L'ancienne rancune bouillait trop encore dans le cœur des Médicis et des Délia Rovere. Le Duc ne pouvait oublier qu'un jour, sur les instances de Clément, alors Cardinal, et sur celles de l'aïeule de Catherine, Léon X lui avait enlevé son héritage et l'avait chassé et pour- ■ chassé à l'étranger. Le Pape, de son côté, n'oubliait point (pie le Duc d'Urbin, capitaine général de l'armée alliée, avait pu sauver Rome, et qu'il l'avait laissé piller par les hordes du Bourbon! Guiduhaldo épousa l'héritière de Camerino, Julie Varano, sans hériter de la principauté : et ce ne fut qu'un siècle plus tard, tout étant changé en Italie, qu'un mariage unit les de'ix familles des Mcdici et des llovcreschi : le fjrand-duc Ferdinand II épousa, en effet, Victoire dclla Rovere, dernière enfant de cette belle et renommée maison d'Urbin.
Mais Catherine ne fut point consultée pour tous ces partis.
Parlons donc d'un autre projet, qui fut le seul où sa propre inclination fut en jeu. Hippolyte de Médicis, que nous avons déjà nommé plusieurs fois, avait été revêtu, contre son gré, de la pourpre en 1520, après, que le Pape eut résolu de faire Alexandre, et non point lui, Seigneur de Florence. Il était alors âgé de vingt -ans. Hippolyte n'était encore qu'un enfant lorsque son père avait déjà songé pour lui à une alliance avec Barbara Pallavicini, plus tard l'épouse du comte Lodovico Itangoni'. En 1520, il avait été aussi question, pour cet Hippolyte, d'un mariage français par l'intermédiaire du lloi de France : la fiancée en vue était une» fille de la maison de Civry, parente de l'amiral de Brion et du futur Cardinal de Languy. On parla aussi de le marier à l'unique fille du Seigneur de Fondi, Vespasiano Colonna, la même qui épousa plus tard Charles de Lannoy, fils du Vice-Roi de Naples *. Il ne sortit rien de tous ces projets, sauf un chapeau
1 Projet forme pondant l'année 132 r *. Voyez Ardiivrs des J.VV/iV/v. Papiers tics Slrozzi.
1 A. Coppi. Mcmorie Cofonncsi. (Koina, 1855), p. 290, 301. Isabella y est donnée par erreur comme la fille de Julie Gonz;i{;iie. Sa mère fut Ilcatrix Appiani di Piombino, première femme de Vcspasiano Colonna. (Voyez Litta, Famùjlia Colonna. Tableau IV.)
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de Cardinal pour cet Hippolyte. Lui, cpii se tenait pour fds légitime du Duc de Nemours, regardait en vérité son cousin Alexandre avec un sentiment de fierté mêlé de quelque dédain : il disait, avec raison, que les Florentins le verraient bien plus volontiers au milieu d'eux comme chef de leur État, que celui qui était né d'une servante africaine. Et, d'ailleurs, si douce, si bienfaisante et si honorable, la renommée glorieuse que le père avait laissée dans sa chère patrie de Florence ne paraissait-elle pas faite pour soutenir le fils dans l'affection du peuple? En voyant les portraits des deux jeunes hommes, on reconnaît à l'instant la différence des deux natures Hippolyte, peint par Titien, est dans le costume hongrois de velours rouge, qu'il avait l'habitude de porter comme Légat auprès de l'armée contre les Turcs, et ses traits fins et nobles ont une expression sérieuse et mélancolique; Alexandre, de la main de Georges Vasari, est en armure complète; son regard dur, ses cheveux crépus et ses grosses lèvres trahissent son origine. Hippolyte était ambitieux, aimant la pompe, généreux, magnanime, passionné et inquiet. Il ne pouvait
1 Le portrait <1' Hippolyte est au palais Pitti, relui d'Alexandre cm! dan.s la galerie des Offices, à Florence.
se faire à l'idée d'être voué à l'état ecclésiastique. Clément VII le savait et le surveillait de près, sans jamais pouvoir donner un autre cours à ses inclinations. Sa conduite n'était point celle d'un Prince de l'Église. Lorsque après la mort du Pape, Pierre Strozzi, le futur maréchal de France, et Jacques Nardi, l'historien, vinrent à Rome au sujet des affaires florentines, il se présenta à eux avec un chapeau de peluche de soie rouge , un habillement militaire, un manteau flottant aux épaules, et une épée au côté; les visiteurs ne le reconnurent qu'après qu'il leur eut dit : « Je suis le Cardinal. » Il était en grande intimité et en grande amitié avec sa cousine Catherine. « On se dit à l'oreille, raconte l'Ambassadeur vénitien, que le Cardinal a l'intention de laisser là son chapeau et d'épouser Catherine, pour laquelle il a l'inclination la plus vive et dont il est tendrement aimé. Elle n'a de confiance en personne qu'en lui, et elle ne s'adresse qu'à lui soit pour les choses qu'elle désire ou pour ses affaires personnelles »
Hippolyte vit cependant Catherine épouser le prince français, et il mourut bientôt après , à Istri, sur le chemin de Rome à Naples. Étranges vicissi-
' Nardi, II, 271). Anto:iio Sorinno, lU'lazume, 282.
tndes du sort! Il était alors en visite chez lu belle* mère de celle qui lui avait jadis été destinée, la belle Giuiia Gonzaga Colon na, dont la résidence de Fondi était voisine. On prétendit qu'il fut empoisonné par son cousin le Duc de Florence, ce même Alexandre qu'il aimait si peu.
FRANÇOIS SFORZA F.T HENRI p'o RI.KANS AUTRES PRÉTENDANTS.
Catherine était encore une jeune enfant, que déjà la mort lui avait enlevé plus d'un de ses prétendants. Deux seulement survivaient lorsqu'il s'agit sérieusement de la marier : François Sforza, le jeune et pauvre Duc de Milan, et Henri de Valois, fils de France, Duc d'Orléans. Les partis, du reste, étaient inégaux, quoique le Prince français ne fût point encore si près du trône où devait le placer la mort prématurée du Dauphin, en 1536.
Ce ne fut point par un sentiment de préférence
particulière que Charles- Quint chercha a donner
Catherine de Médicis pour compagne au Duc de
Milan : ce n'était que dans l'unique hut et désir
de contrecarrer les plans français. François Sforza
n'avait pas eu de plus terrible adversaire que l'Empereur. 11 était le fils de Ludovic le Maure, de celui qui, plus que tout autre, avait péché contre sa patrie, et il avait succédé à son frère, exclu pour cause de son incapacité trop démontrée. Faible et malheureux, il fut entraîné, comme la plupart des Princes italiens, dans les agitations de cette funeste politique que Clément VII croyait diriger, et dont il était la victime. Ballotté entre les deux pôles du monde politique d'alors, entre l'Empire et la France, le Duc avait déjà cherché, en 1525, à s'entendre avec l'Empereur. Charles- Quint exigea alors six cent mille ducats pour l'investiture, la renonciation au Duché de Bari et le monopole du sel dans la Lombardie'. L'entente ne fut que d'un instant. L'armée impériale occupait les villes milanaises et retenait le Duc comme prisonnier dans la forteresse de la capitale. Sous le commandement du Connétable de Bourbon , elle dévasta pays et villes avant de se diriger sur Rome. En désespoir de cause, Sforza, ainsi que le Pape, s'était rapproché de la France , et par suite de cette alliance , il fut mis au ban de l'Empire. L'Espagnol Antoine de Leyva, qui
1 Lettre de Charles-Quint au grand-Duc Ferdinand; Tolède, 31 juillet 1525. Bradford, Correspondence of the Emperor Chartes V; Londres, 1850, p. 142.
commandait à Milan , n'était certes pas homme à ne pas exécuter les ordres de son souverain. Mais toute cette affaire traînait en longueur. En octobre 152Î). le Roi Henri VIII, étant à Windsor, fit cette question à l'ambassadeur impérial Eustache Chapuy : « Ditesmoi, Ambassadeur, que compte-t-on faire de ce pauvre Duc, et quel dommage peut-il vous causer? » Puis il continua : « Peut-être pense-t-on à porter cette cause devant un tribunal que le faible Duc, bien probablement, ne tiendra pas pour composé de juges tout à fait impartiaux? Quelle honte pour l'Empereur d'accabler ainsi des Princes chrétiens, tandis que, au sein même de son Empire, les Turcs dévastent la Hongrie 1 ! »
La réconciliation se fit enfin lors du couronnement de l'Empereur, à Bologne, le 23 décembre de la même année. L'Empereur renouvela l'investiture, et le Duc promit de payer neuf cent mille ducats. Malgré cette somme énorme, les pauvres Lombards poussèrent des cris d'allégresse. Ils avaient encore un reste de dévouement pour le Duc, malgré ses défauts. N'était-il pas le dernier de cette race, sous le premier Prince de laquelle Milan avait connu des jours meilleurs, et d'ailleurs n'avaient-ils pas souffert
• Bradibrd, ihid., 278, 279.
ensemble? Et maintenant les Milanais vivaient avec l'espoir d'être délivrés du persécuteur espagnol. « Le pauvre peuple, dit un chroniqueur de ce temps simple boutiquier, témoin de la fin de Sforza, le pauvre peuple espère, par la grâce de Dieu, que le Seigneur le délivrera cette année des nombreuses épreuves que nous avons supportées jusqu'à présent. » Les nombreuses épreuves! ce n'étaient pas seulement les Italiens qui en écrivaient ou en parlaient. Écoutons Nicolas Carewet Richard Sampson, envoyés au Congrès de Bologne : « Sire, écrivent-ils à Henri VIII, nous croyons que jamais, dans la chrétienté, on n'a vu misère pareille à celle de ces pays-là. Les villes sont détruites et désertes; en certains endroits, on ne trouve d'aucune espèce de viande. Entre Vereelli et Pavie, le pays le plus fertile du monde, tout est désolé sur un espace de quinze milles. Plus de vin ni de froment. Personne ne travaillait dans les champs ; nous n'avons vu aucun être humain , si ce n'est dans une vigne, où trois pauvres femmes récoltaient quelques restes de raisin. On n'a ni semé ni récolté. La vigne est devenue sauvage; les raisins pourrissent sans que personne s'en inquiète. Dans
1 Giovanni Marco R»iri{;o/./.o , dans les Cronache milancsi, éditées par Canin; Archivio sfor. ital., III (Florence, 18V2), p. 501.
cette contrée se trouve Vigevano , autrefois un village aisé avec un château. Maintenant tout est ruine et désolation. L'aspect de Pavie éveille la pitié. Dans les rues, les enfants pleurent, (lcmandcnt du pain et meurent de faim. La population de ce pays et d'autres contrées de l'Italie a été exterminée par la guerre , la famine et la peste. Nombre d'années peuvent s'écouler avant que l'Italie prospère de nouveau, tant le manque d'hommes est grand »
Tel était le pays qui devait rassembler neuf cent mille ducats pour l'investiture de son Duc; et encore, ce Duc, en quel état se trouvait-il? Lorsque François Sforza parut à Bologne devant Charles-Quint et qu'il lui rendit la lettre de sauvegarde qu'il avait reçue?, en lui disant qu'il n'avait plus besoin d'autre protec-
1 State Papers. Pari. V, vol. VU. N° 266. Compare/. la description des misère» de la Lombardie, au temps du dernier Sforza, avec celle que Gottifmlo de Viterbo fait de cette même province et en de semblables circonstances, au temps de Frédéric Rarbcrou.sse :
« Turgida messis vrai y quam curitt perdere tpterit y » Arma prémuni segetes , aite non potuere tueri , » Terra iucel sterifis , J) uctus ubique péril. « Surgit ait obsesxis, postait a m péril undiiptv messis, » Civibus oppressis , ad proxima castra récessif , » Qua requiem uuerat , frigus et imber crat. i
Oodefridi Viterb., Carmen tle yestis Vritlerici 1 imp., edil. Fieker, V, 472-477. înspruck, 1833, p. 37.
1« LA JKITKESSE
tion que la justice de l'Empereur et son innocence , il était dans un état si pitoyable , que tous ceux qui le virent furent émus de compassion 1 . Le Duc de Milan avait alors trente-sept ans a .
« Sire , — écrivit François Sforza à François I er , le premier jour de l'an 1530, de Bologne, — comme il est de mon devoir d'instruire Votre Majesté Très- Clirétienne, mon maître et seigneur, de tout ce qui m'advient d'heureux ou de triste, je n'ai point voulu vous taire qu'il a plu à l'Empereur, mon souverain , après la connoissance de mon innocence, de me reprendre en grâce, ce qui, je n'en doute pas, causera une véritable satisfaction à Votre Majesté. » Tris étaient alors les rapports qui existaient entre un Duc de Milan et un grand souverain tel que le Roi de France 3 .
Il en était bien autrement de Henri d'Orléans. Né le 31 mars 15] 8, il était donc alors à peine jeune homme. L'Ambassadeur vénitien Giovanni Soranzo et Brantôme 4 nous ont donné le portrait de l'homme
1 Pielro Verri, Storia tti Milano, cap. xxvi.
f François Sforza, fil* de Louis le More et de Rcatrix d'Esté, était né à Vij;rvano, en 1V92.
3 Lettre publiée par Molini dans se* Pocumeitti tii storia italiuna, t. Il, p. Î07. •
* Giovanni Soranzo, ambassadeur, à Henri II, 1558. Jietuzioni venete , aerio I, tomo II, 124. Brantôme, Hommes illustres et grands Caftihtines f'rum ni<.
mûr; d'autres nous l'ont dépeint dans les années de la jeunesse, mais toujours cependant après le temps de son mariage. « Monseigneur d'Orléans, écrivait Marino Giustiniani en l'an 1535 est âgé de seize à dix-sept ans, et il est d'un tempérament mélancolique comme le Dauphin (François); mais il passe pour avoir plus de raison que ce dernier. » Marino Cavalli, du temps de la paix de Crespy, s'exprime ainsi sur Henri : « Le Dauphin, par ses qualités excellentes, donne aux Français l'espoir de trouver en lui le roi le plus vaillant qu'ils aient eu depuis des siècles. Ce Prince a vingt-sept ans, il est d'une constitution très-robuste et maître dans tous les exercices militaires. Son tempérament incline à la mélancolie. Il n'est pas éloquent, mais ses réponses sont claires et précises, et il tient ferme à ses idées, ferme à ses décisions. Ses qualités spirituelles ne sont point brillantes , et il est plutôt lent que prompt dans ses conceptions, mais de telles natures offrent souvent des avantages : elles mûrissent lentement comme les fruits d'automne , qui sont toujours meilleurs et plus durables que ceux du printemps et de; l'été 4 . »
1 Marino Giii.stiniaui ^ ambassadeur, à François l fr , 1535. JU'Utzioniy etc. Marino Gavalli, 1546) ibid.
* Voyez. Eiiç. Albèri, Relazioni deyli AmbasciatoriYencti,
HV LA JEUNESSE
Orand et majestueux, préservé d'embonpoint par son activité continuelle, les cheveux noirs, « il estoit beau Prince, comme dit Brantôme, encore qu'il fust un peu mouricaud; mais ce taint brun en effaçoit bien d'autres plus blancs : il estoit fort agréable, bien adroict, fort dispost 1 , » expérimenté dans tous les exercices du corps , excellent cavalier dès sa jeunesse, habile à l'escrime, à la chasse, au jeu des cerceaux, à la danse, à la balle; patinant et sautant parfaitement, toujours actif, soit en affaires, soit autrement; à la guerre toujours en avant, pendant les sièges toujours clans les tranchées, si bien que pendant la guerre allemande le Connétable de Montmorency s'écria un jour : « Sire, Sire, si vous voulez faire ceste vie, il ne faut plus que nous facions d'estat de roy non plus que d'un oyseau sur la branche, et qu'ayons une forge neufve pour en forger tous les jours de nouveaux, si tous les autres veulent faire tout de mesme que vous. » Il n'était point, comme
Florence; X. Tominaseo, Rapports des Ambassadeurs vénitiens an retour de leurs missions, Paris, 1846, et Armand Ilasehet, De la Diplomatie vénitienne, les Prinees de t Europe au seizième siècle, p. 430, 431 et suiv. 3 e partie, ehap. vi.
1 Vies des tjrands Capitaines estratwers et franeois, £• livre, i.xxin.
DK CATIIKHINK HE MKÏHCIS.
, son père, connaisseur et amateur passionné de littérature et d'arts, niais cependant protecteur de ceux qui les exerçaient, et en particulier de Ronsard, le poète favori de son temps, cpf il nommait sa nourriture, et qu'un envoyé vénitien estimait au-dessus de Pétrarque 1 . Tel était Henri de Valois, qui dans un de ces exercices chevaleresques , dont il faisait sa passion , devait trouver une mort prématurée , fatale à sa famille, à son peuple et à son pays.
1 « Si faut-il que je die ce mot «le M. <!c Ronsard — c'est Brantôme qui parle avec son apparente et piquante ingénuité, — que moy estant un jour à Venise clic/, un des principaux imprimeurs, ainsy que je lui demandois un Pétrarque en grosse lettre, grand volume, et comment»;, il y eut un grand magnifique près de moy, s'amusant à lire quelque livre , qui, in'oyant, me dit, moictic en italien, moictié en assez, bon François, car il avoit este autrefois ambassadeur en France, qui me dit : « Mon gentilhomme, je m'entonne comment vous estes curieux de chercher un Pétrarque parmy nous, puisque vous en ave/, un en vostre France plus excellent deux fois que le nostre, qu'est M. de Ronsard. » Et là se mit à l'exalter pardessus tous les poètes qu'il avoit jamais leus, et m'entretint tout un long temps, non-seulement de ce subject , mais de plusieurs autres beaux, aveeques certaine douce courtoisie et affabilité de leur nature. Voilà le bel honneur que déféra ce bon vieillard magnifique à M. de Ronsard, comme il avoit raison. (Brantôme, le Grand Henry II.