PAR
FRANÇOIS GUICH ARDIN.
(OEuvres inédites.)
Côme l'Ancien et Laurent le Magnifique sont les deux grands de cette maison de Médicis, grands par la vigueur de l'esprit plus encore que par les biens de la fortune, laquelle d'ailleurs ne leur fut pas toujours constante. Pour qui se plaît à l'étude des caractères et des natures qui se sont appliqués à la politique comme un artiste s'applique à l'art, je connais peu de physionomies dans l'histoire plus intéressantes à voir que celles de ces deux hommes. Guichardin eu a reproduit les traits avec un talent supérieur, et, dans une de ses œuvres, publiée seulement depuis deux années, dans son Histoire florentine depuis les temps de ce Côme jusqu'à ceux du gonfalonier Soderini, il consacre un chapitre à la mémoire de ces deux Médicis, que j'estime être l'un des plus beaux de toute son œuvre. 11 s'agit ici des aïeux de Catherine; nous ne sommes, dans ce livre, que chez les Médicis, et pour ces motifs, qu'on ne dira pas être sans valeur, il m'a semblé que ce n'était pas atteindre à des sujets
étrangers au fond principal du récit que d'essayer l'interprétation de cette grande page d'histoire.
Guichardin, dans sa diction si belle et dans ses périodes hardies , vous rappelle Tacite et Plutarque : il a de la grandeur de l'un et de la finesse de l'autre. Reportez -vous à l'édition originale pour connaître la beauté et la fermeté de ses aperçus 1 .
u La paix régnait dans Florence; étroitement unis étaient les citoyens dans l'État, et le gouvernement avait un tel pouvoir que nul n'eût osé le contredire. Le peuple se délectait chaque jour dans les spectacles, les fêtes et les nouveautés. Abondante en victuailles, la ville respirait le bien-être; toutes les industries florissaient ; et comme les
1 Cette édition, très-belle et très-soignée, illustrée de notes par M. Canestrini , est tonte récente et due aux soins des comtes Pierre et Louis Guichardin, possesseurs et héritiers directs de tous les papiers et autographes de l'immortel historien florentin dont ils portent le glorieux nom. L'ouvrage comprend déjà cinq volumes grand in -8°, parus à Florence, sous ce titre : Opère inédite di Francesco (iuicciardini , illustrate da Giuseppe Canestrini, e pubblicatc per cura dei conti Piero c Luigi Guicciardini. (Firenzc. Barber), Kianchi e Comp., tipografi - editori , via Faenza.) Les matières générales des volumes déjà publiés sont les suivantes :
1 er volume. Considérations relatives aux Discours de Machiavel sur la première décade de Tite-Live ; — Souvenirs politiques et civib; — Discours politiques.
2 e volume. De l'administration de Florence; — Des change' ment s et des réformes dans l'État.
3 e volume. Histoire florentine depuis les temps de Côme de Médicis jusqu'à ceux du gonfalonier Soderini.
Les Légations forment quatre volumes.
La Correspondance et quelques Œuvres diverses complètent cette publication si méritoire et si honorable.
lettres, les arts et tous les talents trouvaient accueil et condition, les natures d'élite et les esprits cultivés vivaient dans la prospérité. Florence donc à l'intérieur goûtait une tranquillité et un repos universels, et au dehors se sentait au suprême de la gloire et de la renommée. Pour avoir été en grande partie cause du salut de l'État de Ferrare, puis du Koi Ferdinand ; pour avoir acquis à sa disposition entière le Pape Innocent; pour être entrée dans une alliance étroite avec Naples et Milan; elle était regardée comme étant la balance de l'Italie entière, lorsque survint ce malheur si grand qui bouleversa toutes choses, et non -seulement apporta le désordre dans l'État, mais dans toute l'Italie. Et ce malheur fut que, dans le cours de l'an 1491, Laurent de Médicis, atteint d'un mal jugé tout d'abord par la science comme étant de peu d'importance, et non soigné sans doute avec tout le soin qu'il réclamait, finalement, en avril 1492, passa de cette vie dans l'autre. Et cette mort avait été notée comme imminente d'après de nombreux présages : une comète avait apparu; on avait entendu les hurlements des loups; une femme en furie, dans Sainte-Marie Nouvelle, s'était écriée qu'un bœuf avec ses cornes enflammées avait incendié Florence; plusieurs lions s'étaient mis en fureur, et celui de tous le plus magnifique avait succombé dans la lutte; un jour ou deux avnnt la mort du Médicis, la foudre avait donné dans la lanterne du dôme de Santa-Liperata et en avait arraché des pierres énormes, qui étaient tombées du côté de la maison des Médicis; on retint aussi comme un dur présage que Lione de Spolète, le premier médecin d'Italie, chargé de soigner Laurent, s'était, dans son désespoir, précipité dans un puits et s'y était noyé, bien que cependant on ait dit aussi qu'il y avait été précipité.
» Laurent de Médicis avait atteint sa quarante-troisième
année lorsqu'il mourut; et il avait présidé au gouvernement de l'État pendant vingt-trois ans. Lorsqu'était mort, en effet, Pierre de Médicis, son père, l'année G9, il n'avait que ses vingt ans; et malgré tant de jeunesse, et pour ainsi dire sous la tutelle de messer Thomas Soderiui et autres anciens dans la République, il avait pris en peu de temps un tel pied et avait atteint à une telle réputation , qu'il avait gouverné le pays selon ses intentions. Cette autorité s'était accrue chaque jour, el était devenue si grande avec les événements de l'an 1478, à son retour du royaume de Naples, qi:e l'on peut dire que Laurent vécut jusqu'à sa dernière heure gouvernant la ville selon sa volonté et son arbitre, absolument comme s'il en fût né maître et seigneur. Et puisque la grandeur de cet homme fut telle que jamais Florence n'a connu un citoyen qui lui pût être égalé, et sa renommée fut si étendue, après comme avant sa mort, il ne me semblera pas hors d'à propos, il me paraîtra même utile de décrire particulièrement ses qualités et ses habitudes. Si je ne me trompe, ce que j'en érrirai sera la vérité, non pas que le portrait que j'en ferai aura été dû à ma propre observation, puisque je n'étais qu'enfant au temps où Laurent mourut , mais parce que j'en ai référé à des personnages véridiques et dignes de foi et d'un jugement sûr.
» 11 y avait en Laurent beaucoup et de très- illustres vertus; il y a eu aussi quelques vices, les uns naturels, les autres nécessaires. Il avait une telle autorité, qu'on peut dire que de son vivant , l'État n'a jamais été libre; car bien que pourvue de toutes les gloires et des félicités qui peuvent se rencontrer dans une patrie, celle-ci fut libre de nom, mais, en réalité et en fait, dominée par son propre citoyen. Les choses qu'il a faites, bien que méritant le blâme en quelques endroits, furent néanmoins trèsgrandes, et si grandes, qu'elles commandent l'admiration
plus encore à les examiner qu'à les entendre. C'est aux conditions du temps où il vécut, et non pas à lui-même, qu'il s'en faut prendre, si elles manquent de ces bruits d'armes, de cet art et de cette science militaires auxquels les anciens sont redevables d'un si grand renom. On ne lira point dans sa vie la défense admirable d'une ville, non plus que l'attaque remarquable et la prise d'un lieu fortifié, non plus qu'un stratagème habile dans un conflit, non plus qu'une victoire remportée sur l'ennemi. Mais bien que ses actions ne brillent point par aucun cliquetis guerrier, on trouvera en elles tous les signes et tous les indices du courage et des qualités qui se peuvent désirer et qui doivent apparaître dans la vie du citoyen. Aucun de ses adversaires, aucun de ceux qui l'ont combattu, n'ont refusé de lui reconnaître un esprit très -grand et rare. Avoir gouverné l'État vingt-trois ans durant, et toujours avec la croissance de son pouvoir et de sa gloire, n'est-ce pas là un témoignage? Insensé serait celui qui le nierait! Et surtout avoir gouverné pareillement Florence, ville au langage si libre, pleine d'esprits subtils et prompts à se tourmenter, et l'avoir gouvernée en ne disposant que de moyens assez restreints pour ne pas pouvoir satisfaire également tous les citoyens, puisqu'il est nécessaire que si une part d'entre eux est admise aux bénéfices et aux largesses, l'autre en soit exclue! Quels témoignages encore de cette gloire que l'amitiéct le grand crédit qu'il eut avec les Princes d'Italie et au dehors, avec le Pape Innocent, avec le Roi Ferdinand, avec le Duc Galéas, avec le Roi de France Louis XI, et jusque avec le Grand Turc et le Soudan, lequel, dans les derniers temps de sa vie, lui fit hommage d'animaux singuliers, girafe, lions et autres bêtes fauves; amitié qui n'avait d'autre source que dans l'extrême dextérité et l'esprit habile qu'il apportait à l'en-
tretien de ses relations à l'étranger. Quels témoignages encore que ses discours en public ou en particulier, pleins de finesse et d'à -propos, en tant de lieux et de circonstances divers, et surtout à la Diète de Crémone, où il se fit tant d'honneur! Quels témoignages enfin sont toutes les lettres qu'il a dictées, pleines de tant de sens et de talent qu'on n'en peut désirer plus; le tout paraissant d'autant plus beau, qu'une éloquence admirable et une élégance extrême dans l'expression accompagnaient ses pensées !
» Il eut le jugement sain et d'un homme sage, sans qu'on puisse cependant le mettre au pair de son esprit, car plus d'une de ses actions fut téméraire. Après les affaires de l'année 78, si son attitude avait été sans colère avec le Pape et avec le Roi, lui auraient- ils déclaré la guerre? Mais avoir voulu agir comme se trouvant outragé et n'avoir pas voulu dissimuler l'injure reçue, étaient choses faites pour occasionner une guerre pleine de périls et de dommages pour la ville et pour lui. Son départ précipité pour Naples fut tenu pour une entreprise beaucoup trop hardie, étant allé se livrer ainsi aux mains d'un Roi plein de soupçons, de nulle parole et son plus grand ennemi. Et, bien que la nécessité de la paix pour l'État et pour lui l'excusât, néanmoins l'opinion fut qu'il aurait pu conclure cette paix en se tenant à Florence, avec plus de sûreté pour sa personne et non moins d'avantage pour les conditions.
» Il fut avide de gloire et de prééminence plus qu'aucun autre, en quoi l'on peut lui reprocher d'en avoir poussé trop loin le désir pour des choses relativement minimes; car il ne voulait ni en poésie, ni dans les jeux, ni dans les exercices, qu'on lui comparât aucun de ses concitoyens, s'indignant contre qui agissait autrement. Pour les grandes
affaires, cette vanité de la gloire était extrême en lui, puisqu'il voulut être l'égal de tous les Princes d'Italie et lutter de pair avec eux en toutes choses, ce qui déplut fort au Seigneur Ludovic. Toutefois, in universum, louable fut cette ambition, et elle fut cause que son nom et sa gloire furent célébrés en tout lieu, hors même d'Italie, car il Ht en sorte que de son temps tous les arts fussent plus florissants à Florence qu'en aucun autre État. A Pise, il érigea sur de nouvelles bases une université de droit et un enseignement pour les arts; et comme on lui démontrait que, pour beaucoup de raisons, il n'y pourrait concourir un nombre aussi grand d'étudiants qu'à Padoue et à Pavie, il répondait qu'il lui suffirait que le Collège des Professeurs surpassât les autres par le mérite; aussi y entendit-on les leçons magnifiquement rétribuées des hommes les plus célèbres et les plus érudits de l'Italie, car il n'était peine qu'il ne prit et dépenses qu'il ne fit pour les attirer près de lui. Ainsi fleurirent les humanités avec messer Ange Politien; les études grecques avec messer Demetrius et Lascaris; les sciences philosophiques et esthétiques avec Marcile Ficin et maître Georgio Bcnigno, Pic de la Mirandole, et autres esprits éininents. Il tenait en la même faveur les vers, la musique, l'architecture, la peinture et la sculpture, et tous les arts intellectuels et industriels; en sorte que la ville regorgeait de tous les plus beaux produits, abondants d'autant plus que Laurent étant universel, savait les juger et les apprécier, et qu'il distinguait les inventeurs, qui tous, pour mériter son suffrage, luttaient et rivalisaient à l'envi l'un de l'autre. Il trouvait une aide dans son infinie libéralité, et par elle il comblait de bien-être les hommes de valeur et il leur fournissait tous les instruments nécessaires à leurs professions : ainsi fit-il lorsque, voulant fonder une bibliothèque gréeque, il envoya Lascaris, homme de grand
savoir et professant les humanités à Florence, rechercher jusqu'en Grèce les livres anciens.
» C'était à cette même libéralité qu'il devait et son renom et ses amitiés chez les Princes, car ce lui était coutume de ne négliger aucune occasion de magnificence pour s'attacher les grands et les puissants; en sorte que, multipliant à Lvon, à Milan, à Bruges et dans les endroits où étaient ses comptoirs, les dépenses pour ses libéralités et ses dons, tandis que ses bénéfices diminuaient sous la gestion d'hommes aussi peu suffisants que Lionetto de Rossi, Thomas Portinari et autres, les comptes étant mal rendus, son aptitude au commerce étant plutôt faible, il atteignit plusieurs fois à un tel désordre qu'il fut à la veille de faillir, et que, pour se venir en aide, il dut recourir aux deniers de ses amis et aux deniers publics. Ses besoins, l'année 1484, furent si grands, que, pour ne pas voir sa faillite déclarée, force lui fut d'emprunter au Seigneur Ludovic quatre mille ducats et aliéner pour une somme égale sa maison de Milan, donnée à Corne, son aïeul, par le Duc François, chose qu'il faut croire n'avoir faite, eu égard à sa nature aussi magnifique que libérale, sans les humes dans les yeux.
» Il était d'un naturel superbe, au point que non-seulement il n'aimait pas à rencontrer d'opposition , mais il voulait encore qu'on s'en rapportât à lui sans réserve, usant en matières importantes de paroles brèves et incertaines. Dans l'ordinaire de la conversation, agréable et charmant; dans sa vie habituelle, plus civil que somptueux, sauf dans ses festins, avec lesquels il honorait fastueusement les nobles étrangers qu'il accueillait à Florence. Il fut libidineux et tout porté aux femmes, assez constant dans ses amours, durables quelques années. De l'avis d'un grand nombre, cet excès de ses passions lui affaiblit assez le physique pour qu'il en mourût jeune
peut-on dire. Son dernier amour fut pour Bartholomée de' Nasi, la femme de Donato Benci, de peu de beauté, mais douce et distinguée; et il en était si épris, qu'un hiver, cette femme étant dans Tune de ses villas, il partit de Florence en poste à cinq ou six heures de la nuit, avec plusieurs des siens, et l'alla trouver, pour la quitter cependant à une heure si peu avancée, que le matin même il était à Florence. Louis de la Stuffa et Butta de Médicis, ses compagnons, s'en plaignirent; elle s'en aperçut, et les mit en une telle disgrâce dans l'esprit de Laurent, que, pour lui plaire, il envoya Louis ambassadeur au Soudan et Buda au Grand Turc. Chose folle, quand on considère qu'un homme de tant de grandeur, de réputation et de prudence, âgé de quarante ans, fut épris à ce point d'une femme de peu de beauté et plus âgée que lui, qu'il en arriva à de folles extrémités et à des choses que l'on estimerait déshonnêtes même chez tout homme jeune.
» Il fut réputé par quelques-uns de nature cruelle et vindicative, en raison de la dureté dont il usa dans l'affaire des Pazzi , quand il emprisonna de jeunes innocents et qu'il interdit le mariage à des jeunes filles non plus coupables, et cela après tant de meurtres accomplis en ces mauvais jours. Cependant cette entreprise avait été si cruelle, qu'il n'y a pas lieu de s'étonner de son ressentiment extraordinaire, et on a vu aussi qu'adouci avec le temps, il permit à ces jeunes filles de se marier, et consentit à l'élargissement des Pazzi avec condition de se retirer hors du territoire; on a pu voir aussi que dans d'autres procès il n'avait usé d'aucune cruauté et ne s'était point montré sanguinaire. Mais ce qui fut en lui moins supportable et plus inquiétant que tout autre sentiment , ce fut la suspicion. Elle ne tenait pas tant à son naturel qu'à la connaissance qu'il avait d'avoir à gouverner une cité jouissant d'institutions libres
et dans laquelle il était nécessaire que ce qui se décidait fût approuvé par des magistrats, selon les statuts de la commune, et avec les apparences de la liberté. Aussi, dès qu'il commença de prendre pied dans l'État, il tendit à faire ses dépendants tous les citoyens qu'il savait ou par la noblesse, ou par la fortune, ou par l'autorité, ou par la réputation, avoir acquis l'estime publique. Bien qu'à de lois hommes , s'ils étaient de maisons et de souches dévouées à l'État, il leur accordât largement les places, les charges, les ambassades et autres honneurs; néanmoins, ne se fiant point à eux, il faisait chefs des scrutins et des impôts, et des commissions secrètes, des créatures à lui, qu'il mettait eu réputation, bien que sans qualité aucune pour la mériter hors de son appui. Ainsi fut créé Antonio di Bernanlo, qui d'artisan qu'il était fut promu à la gestion du Monte, avec une telle autorité qu'on peut dire qu'il gouvernait les deux tiers de Florence; ainsi s'éleva Messer Giovanni, chancelier des Riformagioni, fils d'un notaire de Prato Vecchio, qui fut à ce point dans sa faveur, qu'ayant passé par toutes les charges, il serait devenu gonfolonier de la justice; messer Barthélémy Scala, fils d'un meunier de Colle, étant chancelier de la Seigneurie, fut fait gonfalonier, au grand scandale et dédain de tous les gens de bien. En somme, bien que des hommes de grande qualité sociale intervinssent dans les affaires, néanmoins, dans le conseil des Cent, dans les scrutins, dans les directions de l'impôt, il y mêlait force hommes de peu, avec qui il s'était ménagé toute intelligence, qu'il avait fait patrons et maîtres du jeu.
» Cette même inclination à la suspicion lui fit veiller à ce que beaucoup de citoyens, jouissant d'une autorité personnelle, ne contractassent pas d'alliances entre eux, et il s'ingéniait à les apparenter de manière à n'en point
avoir ombrage, et, en somme, la chose en était venue à ce point qu'il ne se faisait point de mariage, plus que médiocre, sans qu'il y participât ou qu'il y consentit. Pour que les ambassadeurs qu'il envoyait au dehors ne sortissent point du cercle de ses volontés, il ordonna qu'à Rome, à Naples, à Milan, résidât un chancelier payé par l'État, qui fût au service de l'ambassadeur, et il tenait avec lui compte à part, et était informé privément de tous les faits courants. Je ne veux pas mettre au nombre de ses soupçons le soin qu'il prenait de se faire accompagner d'un grand nombre d'estafiers armés qu'il favorisait de donations d'hôpitaux et de lieux sacrés', sous prétexte que la conjuration des Pazzi l'y avait autorisé; néanmoins ce n'était point choses pertinentes à une ville libre et à un citoyen privé, mais plutôt à un tyran et à une ville asservie. 11 faut toutefois reconnaître que, si, sous lui, la ville ne fut pas libre, il eut été difficile de rencontrer un maître meilleur et mieux fait pour être aimé. Par son inclination et sa bonté naturelles, Florence lui a dû de grands biens, et par nécessité de domination, quelques maux , mais modérés et limités selon les circonstances. Peu d'inconvénients sont résultés de son aulorité, et, bien que ceux qu'il avait dominés se soient réjouis de sa mort, néanmoins les hommes d'État, voire même ceux qu'il avait blessés quelquefois, la déplorèrent, incertains qu'ils étaient où en viendraient les choses dans une si grande mutation. Cette mort fut -singulièrement pleurée par l'universalité des citoyens et par le menu peuple, auquel, sans cesse, il avait procuré l'abondance, les plaisirs, les divertissements et les fêtes. Combien aussi elle fut pleurée |>ar tous ceux qui, en Italie, excellaient dans les lettres, en peinture, en sculpture ou en tous autres arts, soit parce qu'il les avait appelés à lui avec dos émoluments considérables, soit
parce que les autres princes les tenaient en considération plus grande, ceux-ci craignant que s'ils ne savaient pas les retenir, ils ne s'en allassent à Florence, près de Laurent.
» Il laissa trois enfants mâles; Pierre, l'aîné, d'environ vingt et un ans; messer Jean, le Cardinal, qui peu de semaines avant sa mort avait reçu le chapeau; puis Julien, encore enfant. Il fut de stature moyenne, laid de visage et très-brun; cependant son air était noble, sa prononciation était rauque et de peu d'agrément, car il semblait qu'il parlât du nez.
» Beaucoup se sont demandé lequel fut meilleur, ou Côme ou lui, car Pierre, bien que supérieur à eux en piété et en clémence, leur fut à n'en pas douter très-inférieur en tous les talents. Dans cette question, il me paraît que l'on peut conclure que Côme avait plus.de fermeté et de jugement , car ce fut lui qui fît sa posi tion , et après qu'il l'eut faite, il en jouit pendant trente années avec sécurité, l'on peut même dire sans contradiction, car il a su soutenir la rivalité des Neri et des autres qu'il pouvait redouter, sans venir à rompre avec eux et sans en paraître inquiété. Au milieu de toutes les occupations de l'Etat, Côme ne négligea pas ses intérêts commerciaux et privés, et il les administra même avec une attention et un savoir-faire si grands que sa situation privée était plus grande encore que sa situation publique, toute dominante cependant qu'était cette dernière. Force ne lui fut pas d'avoir affaire aux deniers publics, non plus qu'à usurper ceux des particuliers. Dans Laurent, il n'y eut point un si grand jugement, bien qu'il n'eût qu'à veiller à la conservation de sa fortune trouvée toute faite! Et s'il la conserva, ce ne fui pas sans d'étranges dangers, tels que ceux de la conspiration des Pazzi et du voyage à Naples. Dans le commerce et dans l'administration de ses intérêts, il ne sut pas se
gouverner : mené à mal, il fut contraint de se prévaloir du public, et peut-être, en certaines choses, du bien privé; ce ne fut pas sans grande honte et ce lui fut un grand tort. Mais en lui abondaient l'éloquence, la dextérité, et une aptitude universelle à se délecter de toutes les choses intellectuelles et à les favoriser.
» De l'un et de l'autre, la magnificence fut très-grande, mais en façons diverses. Cônie édifia des palais, des églises, dans sa patrie et dehors, et fit des choses durables, propres à manifester sans cesse la grandeur de son renom; Laurent entreprit au Poggio, à Cajano, une construction magnifique qu'il ne finit pas, prévenu par la mort; et bien que par elle-même ce fût une chose grandiose, néanmoins, eu égard à tant et tant de constructions de Côme, on peut dire qu'il ne construisit rien, mais il fut grandement libéral, et, par les dons et la munificence, se valut les plus étroites amitiés chez les Princes et s'affectionna ceux qui l'approchaient. Pour ces raisons, on peut, à mon sens, décider que, toutes choses bien considérées, Côme fut un homme de plus de valeur, mais que, par les qualités et la fortune, l'un et l'autre furent si grands, que depuis la décadence de Rome jusques aujourd'hui , il ne s'est pas rencontré en Italie un citoyen qui pût leur être comparé.
» La nouvelle de la mort de Laurent aussitôt apprise à Florence, car il était mort à Carrcgi , dans sa villa , un concours nombreux de citoyens alla visiter Pierre de Médicis, auquel, étant l'aîné, appartenait la succession. Ses funérailles furent ensuite célébrées dans la ville, sans pompe ni faste, mais avec tout le peuple assemblé, chacun portant un signe de deuil, chacun manifestant qu'un père du peuple et de l'État n'était plus. Et comme durant sa vie, à tout bien examiner, Florence avait été heureuse, et qu'après sa mort elle tomba en des calamités et des
épreuves immenses, tout s'accorda pour accroître le reçret qu'on avait de lui, et rehausser plus encore la grandeur de son nom ». »
1 Storia Jiorentina dei tempi di Cosimo di Medici a quelli del Gonfulonivre Soderini ; chapitre ix; de la page 82 à la page 94. Opère inédite di Franceseo Guicciardini , volume III.
Commynes, qu'il fait toujours bon à entendre quand il s'agit de jugements, d'avis et d'opinions, consacre dans son livre VII (chapitre vi de ses Mémoires) des lignes notables à l'endroit des Médicis. « Ayant occasion de parler de l'une des négociations qu'il eut a besogner avec Pierre de Médicis en 1494', au temps de nos guerres en Italie... :
u Eulx parlans, dit-il, par le commandement de Pierre » de Médicis, homme » jeune et peu saige, filz de Laurent n de Médicis, qui estoît mort et avoit esté des plus saiges n hommes de son temps, et conduisoit cette cité comme » seigneur, et aussi faisoit le filz : car ja leur maison avoit m ainsi vescu la vie de deux hommes paravant, qui estoient n Pierre, père du dict Laurens, et Cosme de Médicis, qui •i fut le chief de ceste maison et la coinmencea, homme n digne d'estre nommé entre les très grans. Et en son cas
1 Commynes avait déjà négocié pour le Roi de France avec des Médicis seize ans auparavant. Louis XI l'avait envoyé, l'an 1478, en avril, à Florence, et on sait, d'après certaines de ses lettres récemment trouvées dans les archives de Toscane et de Milan , qu'il y était encore en juillet de la môme année. Los recherches de M. Eugène Benoist, à ce sujet, méritent d'être appréciées et louées. De son côté, M. Kcrvyn di* Lcttenhove, de l'Académie royale des sciences et lettres de Belgique, prépare en ce moment un recueil de pièces inéditeg relatives à Commynes, et nous ne doutons pas qu'il consacrera aux voyages et missions du grand écrivain de nombreux et désirables éclaircissements.
qui estoit de marchandise, estoit la plus grant maison » que je croy qui jamais ait esté au monde; car leurs »» serviteurs ont eu tant de crédit soubz couleur de ce nom » Medicis, que ce seroit merveilles à croire ce que j'en ay » veu en Flandres et en Angleterre...
»> Il semble que ceste lignée vint à faillir, comme on » faict aux royaulmes et empires; et l'auctorité des prédécesseurs nuysoit à ce Pierre de Medicis, combien que » celle de Gosme, qui avoit été le premier, fust douce et n amyable, et telle que estoit nécessaire à une ville de » liberté. Laurens, pere de Pierre, dont nous parlons à » ceste heure, pour le différent dont a este parlé en aucun » end roi et de ce livre, qu'il eut contre ceux de Pise 1 et » autres, dont plusieurs furent pendus (et y fus en ce »> temps-là), avoit prins vingt hommes pour se garder, par » commandement et congié de la Seigneurie, laquelle corn- » mandoit ce qu'il vouloit. Toutesfois modereement gou- » vernoit ceste grant auctorité (car, comme j'ay dict, il » estoit des plus saiges en son temps); mais le fils cuydoit »> que cela luy fust deub par raison, et se faisoit craindre » moyennant ceste garde, et faisoit des violences de nuict » et des bateries lourdement, de leurs deniers (à lui) coin- » mis : si avoit faict le pere, mais si saigement qu'ilz en » estoient presque contens. »
1 L'annotateur de l'édition des Mémoires de Commynes (édition de la Société de l'histoire de France) dit avec raison : « Nous croyons qu'il faudrait lire des Pazzi, bien que toutes le» éditions portent Pise.
Voici le texte des considérants par lequel Côme l'Ancien fut déclaré Père de la Patrie, le 20 mars 1464 Ce décret reçut une consécration nouvelle Tannée suivante, après la mort de ce glorieux homme :
Cosmus Medix Pater patrie ex publico decreto 1 :
Quam çratae deheant esse respublicœ, prudentissimi viri, er#a eos cives, qui bene de sua patria meruerunt, ex antiquorum litteris et monumentis, facile intell igi licet; quorum tempestate, consuetudinem fuisse tradunt in bene moratis, beneque constilutis civitatibus, ut praestantibus virtute viris, ac praeclare de sua patria meritis, publici deferrentur honores, qui ad celebrandam eorum inemoriam pertinerent. Nam et in Graecia ab Àtheniensibus, Thebanis, Lacedœmoniis, Rhodiis, et in Italia a Romanis hune morem sic servatum accepimus, ut fréquenter aliis in foro statuas, aliis sepulohra in campis, aliis, aliud honoris genus ob bene çestam rempublicam ex senatus populique auctoritate décernèrent. Censebant enim nihil esse in hac vita praeclarius, nihil excellentius, nihil sanctius, quam in administranda republica patria? sua? pietatem , officiumque praestare. Vos autem, prudentissimi cives, qui originem Florentini çeneris in Romanos refcrtis, non solum oportet, sed etiam decet in decorandis civibus vestris, qui bene de republica meriti sunt, majorum vestroruin consuetudinem imitari. Sed si fuit unquam civis ullus,cui aut in vita aut in morte iusti honores habiti sint, procul
1 Archives ok Florksck, Carte strozziane, filza 10.
dubio Cosmo Medici ob egregia in rempublicam mérita, maximi aniplissimique debentur, qui paucis ante mensibus vita fiinctus et autoritatis et prudentiae sua? ingens nobis dcsiderium reliquit. Erepta est enim nobis humanitas, sapientia, virtus illius optimi patris, in quo omnia bona reperiebantur, quod ab bominibus expeti soient. Nam ut omittauius illius opes, nobilitatem generis, parentes, maiores, qui bello et pace magna bénéficia in banc rempublicam contulerunt, ut posthabeamus etiam amicos, affines, famam, dignitatem, muneraque praeterea, quibuscum natura vebementer ornaverat, alia majora sesc offcrunt nobis, quibus maxima? ac verissimœ laudes continentur,liberalitas,ma{}nificeutia, sapientia, doctrina,animi magnitudo, constantia, gravitas, fides, cœteradque virtutes eiusdem generis, quac sibi, atque huic urbi famam, ubique gentium peperere. Veruin, prœstantissimi cives, ante omnia in oculis, atque animis vestris habere vos decet illius perpctuiim studium in libertate servanda, a morem et propensam voluntatem in reptiblica tuenda, atque in ea tianquillitate locanda, quain sapientes viri, optimis renim publicaruin gubcrnatoribus, propositam esse voluerunt. Sempercnim, ut scimus, ille optimus pater de sainte reipublice cogitavit, semper huic patria? opéra, consilio, diligentia adfuit, et quod mirum videri débet, in gravissimis periculis civitatis, sa?pe togatus et incrmis, armatos exercitus auctoritate et prudentia sua ex finibus vestris [nostris (?)] eiecit. Vidimus aliquando potentissimos hostes huic reipublica? arma inferre, eadcm civibus, incendia agris patriae denique tain pulchrai, tarnque egrcgiae servitutem minari. Vidimus ex altéra parte Cosinuni velulî optimum gubernatorein huius navis magnoanimo his tempestatibus obviam ire, ex maximisque periculis civitatem eripere, ac in eam tranquillitatem perducere, qna nec major
crut, ncc lutior a suis civibus expetenda. Repressi sunt enim consilio suo potentissimi hostes, gravissima bella rcstincta, pax non solum per oinnem Italiam parta, sed etiain veterum a mi cor uni societatc firmata; ipsi deniquc cives talem concordiam, consensioncmquc amicorum in republica gerenda consequuti sunt,qualem nunquam maiores nostri videre potuerunt. Haec cura ita sint magnifiai ac excelsi domini priores libertatis et vexillifer justitiae prudentissiini viri, civitatis nostrae, cum liorum beneficiorum non velint esse immeinores, çratiam si parcm [si non parem (?)] meritis suis, eam tamcn quam possunt, refercndam pu tant; idque honoris çenus tribuendum arbitrantur, quod maxime ad noraen illius honestandum, et amorem suorum civium indicandum pertineat. Quare ita censent cum Cosmus Joannis filius Medix summa atqtie amplissima bénéficia in rempublicam florentinam bello et pace contulerit; semperque patriam suam omni pietate conservaverit , adiuverit, auxerit, eique magno usui et ^loriae fuerit, usque ad supremum vitae diem, placerc ex vestra auctoritate et huius ordinis sententia deccrni, ut deinceps Pater patrt/E vocitetur, atque hoc eyregium nomcn, publicis institut ionibus inscribatur, impereturque decemviris, quibus huius honorandi cura publiée commissa est, ut hoc decretum, ubicumque eis visum fuerit honorificentissimis verbis scriptum locetur, idque extet ad perpetuam suorum meritorum suaeque pietatis memoriam, et çrati populi testimonium et posterorum exemplum, quod eos excitet, alacrioresque reddat ad libertatem patriainque tucndain, cum viderint vos quam giati, quamque memores sitis erça eos cives, qui de republica bene mereantur.
DoNATLS ÀCCIAIOLLS.
x* Mari i»
Zte /a nécessité et un recueil complet des documents en tous genres de la provenance des Médicis.
Je voudrais voir la commune de Florence aux temps sans doute prochains et assurément heureux où les finances de l'Italie permettront à ses communes des dépenses aussi pacifiques que celles qui ont pour objet les arts et les lettres, voter la publication complète de tous les documents relatifs aux premiers Médicis, documents de tout genre et de toute nature, papiers commerciaux, papiers de famille, papiers politiques, lettres, mémoires, conventions et inventaires. Je voudrais que ladite commune nommât une commission dont ferait partie tout le personnel si érudit et si distingué de-scs notables archives d'État si glorieusement rétablies — disons fondées — par l'honorable commandeur F. Bonaini. Que la commune de Florence puisse entendre un tel vœu ! Rien ne lui fera plus d'honneur, car alors, après F édification d'un si grand monument historique, il sera possible de composer, comme il convient qu'elle le soit, une histoire véridique et complète de cette maison célèbre pour avoir été si active dans l'industrie, dans le commerce, dans la politique, dans les lettres et dans les arts. Il y a à Florence des travailleurs et des compulseurs méritants , d'une érudition solide , d'une patience éprouvée, d'uue intelligence longtemps exercée; employez-les et rétribuez avec largesse leurs fatigues et leurs labeurs. C'est du patriotisme le plus
pur que de travailler à produire tous les titres nécessaires à répandre la lumière sur l'histoire de la patrie. Si cruelles que puissent être certaines pages, il les faut révéler. Ce qu'on veut aujourd'hui dans et pour l'histoire, c'est la vérité. Rien n'est à dissimuler ni à être réservé. Manifestez le bien comme le mal. Ce qu'on vous demande, ce sont les pièces authentiques produites sans commentaires, sans réflexions, rapportées avec ordre, précision et sécurité. Alors il vous naitra des historiens; car ils auront de quoi bâtir et construire sans la crainte continuelle de s'engager dans l'erreur, sans la nécessité si vaine de chercher de misérables ressources dans les conjectures. Alors se prononceront des jugements irréfutables, et vous aurez glorieusement pris part à l'anéantissement et à la dispersion de l'erreur, du préjugé, des fausses idées, des interprétations incertaines, et des traditions folles, dont tant de livres sont pleins. Qu'elle a laissé de richesses manuscrites, cette Italie municipale du quinzième et du seizième siècle! Et que de vigoureux esprits ont écrit de grandes et curieuses choses en matière politique, demeurées enfouies dans des cartons devenus chose publique, comme sont ceux des archives d'Etat, ou demeurées chose privée près d'illustres familles ! Avec la paix, — car elle a ses gloires, la paix, — cherchez comme jadis la gloire dans les lettres, produisez ce qui veut la lumière : c'est le plus grand honneur faire à la liberté, et c'est le témoignage le plus sûr dont vous puissiez user pour manifester au monde que vous tenez ferme enfin cette liberté si longtemps, si âpremeut et si justement convoitée !
Les Médicis revinrent ensuite, et peu de temps après, Jean, âyé de trente-sept ans, fut élevé à la plus haute dignité de la chrétienté, le II mars 1513.
De nombreuses lettres furent écrites par les Médicis dès leur rentrée à Florence Tan 1512, à la fin d'août. Julien de Médicis, le meilleur de tous et celui qui mérita d'être regretté , annonçait ainsi son retour dans sa patrie à l'illustre et ingénieuse marquise de Mantoue, Isabelle d'Esté, qui l'avait accueilli diverses fois pendant le temps de son exil.
u II H et Ex™ Dîia Obser" 1 ,
» Io so bon cbe V. Ex* se allegrerà de ogni commodo et bene inio, corne cl i vero S" suo, et pero la aviso come con satisfactione et contento di tucta la città di Firenze Mons r K mo padrone et fratello mio et io domane sene tornamo in patria, et in casa nostra, et a questo effecto son venuti qui mandati da quelli Mag" et Exc 01 ' Sig ri tre oratori. Infiniti cittadini son venuti qui a congratularai con noi de tanto ben nostro, del quale sono certiss™ 0 V. Ex« dover pigliar piacere grande insieine con lo Ill mo S ,e suo consorte, et pero li inando aposta et présente bomo mio in formate* délie particularité di queste cose nostre. Pero non dico altro a quella se non che quanto più posso me li offero et raccomando, ricordnndoli che di tanto più potrà V. Ex* valersi et servirsi quanto io più potrô in casa mia cbe nel lungo exilio. Alla mia M M Aida et al mio Equicola me raccomando et a tucta la sua virtuosissima corte... si fa el
Mocrisoa 1 vero servo di V. Ex ,u . Servitor Julianus de Medicis *. » Ex Prato, die ult' Augusti 1512, hora viiij noctis. E. Ex. V.
Julien de Médicis aussi fut celui qui reçut le premier, de Rome, la nouvelle de l'élection du cardinal Jean de Médicis, son frère, au pontificat; il en eut avis le jour même, et avisa le chef de sa chancellerie, Messer Ardinghello, par ce billet dont voici la teneur :
m Piero amicissimo. In questa hora che siamo a hore 3 di notte in circha, avemo adviso chôme questa mattina a hore 13 in circà è stato creato'et publicato nuovo pontefice El Reverendissimo quondam Cardinal de Medici mto Signor Padrone et fratello dal che per nostra consolatione ine e parso darvene adviso. Et bene valete. Florentin, xi martii; hora 3 noctis 1513.
» Juliano de Medicis*.
n Spectabili viro Petro Ardinghello Civis Florentinus amicho mio. »
* Nom de comédie ou fictif qu'il avait sans doute porté à la Cour de l'Isabelle.
2 Archives de Mmtoue, E. xxvir. Voyez aussi dans l'intéressant ouvrage do M. Eugène Behoist, Guichardin , historien et homme d'État italien au seizième siècle (Paris, Durand, 1862), les pièces justificatives. Commissione data a Messer Francesco , oratore in Hispagna , die xxm januarii mdxi (more toscano).
3 Archives de Florence, Carte strozziane , 3, H. L. 138. 11 y a de nombreuses lettres de Julien et Laurent de Médicis dans ce registre.
Faits particuliers aux Médicis, depuis tavénement du Pape Léon X jusqu'aux négociations entreprises avec Clément VU pour te mariage de Catherine.
A dater de ce jour, on peut dire que l'histoire des Médicis se passe à Rome, et qu'elle est dictée par les volontés du pontife qui y règne sous le nom de Léon X. Pour bien connaître ce curieux pontificat, ce n'est pas dans les livres écrits jusqu'à ce jour qu'il faut en chercher les appréciations plus ou moins justes, mais c'est dans les dépêches originales et pour la plupart inédites jusqu'à présent, dues aux nombreux envoyés des cours d'Italie près Sa Sainteté. Les dépêches du protonotaire Caracciolo sont aux archives de Milan, celles deGabionetta, archidiacre de Mantoue, et d'autres de Mario Equicola sont aux archives de la maison de Gonzague, et c'est à elles et à tant d'autres, toutes italiennes, qu'il convient de se reporter pour entrer dans la vie intime et politique de Léon X. Je voudrais que tant et de si intéressants documents fussent réunis et publiés. Nous avons formé ici un sommaire chronologique destiné à faciliter les recherches relatives aux Médicis depuis la création de Léon X jusqu'à l'époque des négociations du mariage de sa nièce Catherine de Médicis. En matière de recherches , la précision des dates est d'une importance extrême, et elle est du plus grand secours pour le bonheur et la rapidité des découvertes. C'est
à quoi nous avons particulièrement pensé en réunissant chronologiquement renonciation des faits et le texte de certains documents italiens inédits jusqu'à présent.
1513. Du 1 1 au 20 mars. — Julien de Médicis se rend de Florence à Rome, auprès de son frère le Cardinal, élu Pape à la date du 11. Home est pleine de Florentins; il n'est ni office ni bénéfice qu'ils ne demandent. Aucun d'eux n'en a encore obtenu.
Bembo, Sadolet, Bibbiena sont en cour. Mario Equicola y est arrivé le 19 mars.
23 mars. — « La santità di Nostro Signore sta sana et non opéra ochiale, si leva ad bona hora, siccome era gia di suo costume, da audientia grandissima e gratissima, disna in publico e poi da di novo audientia, fa cantar sino a Ibora che van no Cardinali li quali ogni di fanno congregatione, cbel tuto se comunica con loro Signorie. » (Equicola.)
Les cardinaux favoris sont Aragon, Volterra et Sienne.
Les cérémonies de la promenade du pontife à Saint- Jean de Latran sont merveilleusement préparées, et Messer Mario Equicola écrit à ce propos les détails suivants à la marquise de Mantoue :
« Signora Mia Ex%
n Nel borgo non era se non uno arco con lettere Leone X. P. M. laudatarum artium reslilutori. Il ponte di Santo Angelo tntto parato di tapczaria : al fine verso Uoina uno arco grande con lettere Leoni X. P. M. qui se ipsum iussendo omnia vicit. In tela li era pinto un Papa che univa
li christiani, che gente le era d'inlorno che brusavano et spezavano arme, alabarde, et spate : de sopra doj gran Lconi et doj imaginj che una teneva la mitra in una inano, in laltra la palla, et laltra lechiavi, etsimilmente la palla : in bancho era quel D. Auçustino Gisi con versi , olim habuit Cypris sua tempora, tempora maiorum olim habuit, sua nunc tempora Pallas, et con imaçini grande. Pero qui avanti cran doj vinti superbissimi con 1 et 1ère Leoni X. P. M. cives gentilesque, etc.
n Va nel mezo Mirabilis Deus in sanctis suis : Eravi Saul con lettere et versi et tante altre tavoloze per la strada di Monte Jordano, che séria uno straciar lo calamo, et le orecchie de V. S. In casa del Voltcrra ve era uno fusto picno d'imaçini, et Teste antique chel più bel spectaculo non si potea far. Similmente in casa di Rossi : ho fatto copiai- tutte le cose poste le portaro in Mantua. Intratanto ad V. S. me recomando.
» Servo,
» Mario Equicola. »
In Roma, xj di A p ri le 1513 f .
15 avril. — Messer Jules de Médicis, fils bâtard et posthume de Toncle du Pontife (et plus tard Pape sous le nom de Clément VII), est fait archevêque de Florence.
Julien de Médieis, alors chef suprême à Florence, où
1 Mario Equicola. Il était d'Alveto, dans le royaume de Xiples. Fut le maître d'Isabelle d'Esté et plu» tard secrétaire de ses commandements. II remplit diverses missions, et connut la Cour de Rome et la Cour de France. Il a beaucoup composé. Sa vie est encore à écrire, et elle serait un sujet à dissçrtation très - curieuse sur la Cour lettrée de Mantoue au temps de l'Isabelle. On trouvera différentes lettres de lui, écrites de divers endroits, conservées dans le.< Archives de Mantoue.
on ne l'appelle autrement que il Maynifico, est appelé à Rome, où il arrive le 7 mai.
Négociations en cour de Rome pour réavoir Parme et Plaisance; messer Hieronimo Morone vient à Rome pour en traiter. L'insuccès des armes de Louis XII en Italie, à cette époque, remplit de joie le cœur du Pontife, très-antifrançais alors. « Nostro Signore non ne fa demonstratione alcuna, ma in secretto fa conoscer lanimo suo de non voler francesi per conto alcuno. » (Gabionela.)
26 septembre. — Jules de Médicis, Innocent Cybô, neveu du Pape, et Bernardo Dovizii da Bibbiena 1 sont créés Cardinaux.
1514. 9 janvier. — Départ du Pape pour Viterbe, Montefiascone et Corneto, avec dix-huit cardinaux, pour assister aux grandes chasses du Cardinal Farnèse. u Qui in Roma si fano mascare e feste asai, imo più che il se prépara moite belle comédie e rapresentationi per il ritorno del Papa e per questa invernata non si dara opéra ad altro che a solazi e piaceri. » (Chieregato.)
30 janvier. — Retour du Pape à Rome.
20 février. — Le Cardinal de Gurck parlant du mode de négocier du Pontife avec l'Ambassadeur de Mantoue, dit : u Ponit res in magno laberinlo. »
12 mars. — Le Pape marie une Ridolfi, sa nièce, au seigneur de Piombino. Bruit d'un mariage pour messer Julien de Médicis.
2 mai. — Tremblement de terre dans Rome : ruines de la Maison d'Adrien.
3 juin. — État d'incertitude politique dans laquelle est
1 Bernardo Dovizii, né à Bibbiena en Casentino en 1470, l'ami et le familier du Pontife. Légat en France en 1518, mort en 1520. H pratiquait Raphaël, aimait les arts et les lettres, fut l'auteur aV la comédie de la Calandra, représentée au Vatican.
le Pontife. Monsignor Louis de Canossa, évêque de Tricarico 1 , est envoyé en mission secrète ou en France ou en Savoie.
Messer Serapica est le camérier le plus intime du Pape; « atteso la grandissima et unicha intrinsechezza che ha el Pontefice cura M f Serapicha. »
Laurent de Médicis (le futur père de Catherine), alors dans sa vingtième année, était comme le maître et le seigneur dans Florence; une lettre adressée de cette ville à la marquise de Manioue, en date du 3 juin 1514, donne cette indication, qui est presque un 'ablcau : « Ritornassimo a casa a piede per il merchato vecchio et novo, intrando in Santa Li para ta et Santo Joanne. Incontrassimo il magnifico Lorenzo catervato da più de cento citadini, che lo accompagna vano a palazo. Lui condui veghii inanti al paro, ma in inegio era perô il più vecchio, veslito col lusso alla fiorentina, parmi veder Messer Joan Bentivolio quando andava a Palazzo : havea cerca octo stafferi, che da ogni canto de la via la accompagnavano con arme : è honorato et obodito corne sel fusse Signore... » (Codetovo.)
\9juin. — Julien de Médicis se rend à Florence poulies joutes et cérémonies.
15 octobre. — Sa rencontre à Viterbe avec l'Isabelle d'Esté, marquise de Mantoue*, qui se rend à Rome.
3 novembre. — Préoccupations du Pape pour les affaires
1 II fut plus tard Évêque de Bayeux et Ambassadeur pour le Roi Très-Chrétien à Venise. La bibliothèque de Vérone possède de nombreuses lettres et dépêches écrites par lui et restées inédites.
2 La marquise de Mantoue avait quitté sa résidence pour son voyage à Rome le 5 juin 1514, elle fut à Milan en juillet, août et septembre, et en octobre en Toscane. Elle arriva à Rome le 15, fut à Naples en décembre, revint à Rome, et fut de retour à Mantoue en mais 1515.
turques et pour celles des Bentivoglio, dont il désire le rétablissement dans Bologne.
16 novembre. — Acquisition que fait le Pape de la ville de Modène à l'Empereur, au prix de quarante mille ducats. Grande surprise que cause cette nouveauté.
30 novembre. — Bruit d'un mariage qu'aurait fait contracter le Pape, en Espagne, pour Laurent de Médicis, son neveu .
2 décembre. — Mission de Bembo à Venise.
9 décembre. — Julien de Médicis recevra le bâton de général de la sainte Église, et se rendra ensuiteen Piémont pour y épouser, en grande pompe, Philiberte de Savoie.
1515. 10 janvier. — La nouvelle de la mort du roi de France Louis XII arrive à Rome. Confirmation des bruits d'un mariage espagnol pour Laurent de Médicis. Rupture morale du Pontife avec les Vénitiens. Bembo est de retour de sa mission. Chasses continuelles du Pontife à Campo Salino et a sa terre de la Magliana.
4 février. — « Monsignor Caincrlengho me ba dito e certato clic questi di, cssendo Nostro Signore in castello, cbe fu alli 29 del passato, firmô li capituli del parentato de Spagna tra li quali sono quelli che la maestà cattolica promette di darli per dote stato nel Reaine per x mille ducati, et el Papa proinete 100 mille ducati da comprar uno altro stato per ad une ta et essendo questo vero coino teugo per certo cbe sia, se po credder quel lo me stato dito. Hozi Nostro Signore ha fatta la liga cum la Cesarea Maestà e Re di Spagna stipulata e firmata sotto colore perenno délia storia antiqua de voler far guerra contra infcdclli, subjecto pertinente a un Papa. » (Gabioneta.)
Messer Alberto Pio da Carpi était alors en négociations continuelles et secrètes au palais, avec le Pontife.
20 avril. — Julien de Médicis est à Rome avec Phili-
berte du Savoie, sa femme. « Et parmi conoscere in lei una singularhonesta modestia e humanità,di bellezza nondico.»
6 mai. — Le Pape a quitté Rome pour se rendre à sa villa de la Maiana avec les Cardinaux de Ferrare, Aragon, Sienne, Julien de Médicis et Laurent, venu de Florence.
C'est l'époque des négociations curieuses engagées entre l'Empereur, le Roi d'Aragon, le Duc de Milan, Florence et les Suisses, pour former ligue contre la France et Venise. Le Cardinal Jules de Médicis est envoyé Légat à Bologne, et Laurent de Médicis élu général des milices florentines pour les nécessités de la guerre engagée, mais rapidement terminée par le fait de la victoire de Marignan, le 14 septembre. Nouvelles négociations entre le Pape et la France pour un accord entre eux (22 septembre.)
29 septembre. — « La Maestà Cesarea ha mandato qui un suo secretario in posta a la santità di Nostro Signore quel si dimanda inesser Aloyse Borgognono per inteuder la volouta de Sua Santità circà lo acordo in Frauza e promette mirabilia in casu discordiœ. » Canossa, évêque de Tricarico, négociait et traitait alors avec le Roi de France, dans Milan, pour hâter cet accord, lequel, en effet, fut accompli, et décida de la prochaine entrevue du Pontifo et du Roi à Bologne.
18 octobre. — Laurent de Médicis portera le traité au Roi avec une suite nombreuse, et lui présentera deux mille bras de brocart d'or.
24 octobre. — Son départ de Bologne pour Milan.
2 novembre (Milan). — « Jeri ogni santi Sua Maestà andô alla chiesa maggiore di Sancto Ambrogio accompagnato da tutti signori francesi e italiani. Ragionamento più d' una ora col Maguifico Lorenzo. »
10 novembre. — « Il Mag° Lorenzo a Pavia ha preso licenza del Re e si diceva che landava in posta dal Papa. »
Machiavel termine son livre « du Prince » et le dédie à Laurent de Médicis.
Novembre. — Le Pape est à Florence se rendant à Cologne pour l'entrevue.
8 décembre. — Il entre dans Bologne, où le Roi, arrivé le 9, est reçu au Consistoire le 10. Les conférences furent de peu de durée, et le Pape revint à Florence avec Julien et Laurent de Médicis le 22 du même mois.
1516. Janvier. — Maladie extrême de Julien de Médicis. Connaissant les intentions du Pape son frère contre le Duc d'Urbin François-Marie de la Rovère, de qui sa famille avait été l'hôte au temps de son exil, il fait instances, sur son lit de mort, auprès du Pontife afin que Sa Sainteté s'arrête dans l'exécution de pareils desseins. Mais le Pape l'a refusé, disant : « Che attendi pur ad guarire e non se metta fastidio de altra cosa. »
12 février. — Le Pape était encore à Florence, lorsque vint la nouvelle de la mort du Roi d'Espagne, ayant fait son héritier universel l'Archiduc Charles, qui fut plus tard l'Empereur de ce nom. Le Roi de France écrivit alors la lettre suivante à Laurent de Médicis, lettre curieuse et qui laisse entrevoir ce dont le Roi Très-Chrétien avait pu traiter, entre autres choses, avec le Saint-Père dans son entrevue de Bologne : « Mon cousin , présentement ay sceu pour vérité la mort du Roy Darragon , que Dieu absoille. Jescrips a notre Sainct-Pere le Pape affin que Sa Saincteté ait en mémoire et souvenance ce quelle me promis! dernièrement a Boulongne comme savez, je vous prie tenir la main que le plustost que faire se pourra sa dicte Saincteté se declaire, car la matière requiert scelerité. Mon cas sera
1 Voyez De inyressu S. P. Leonis X Florentiam descriptio ParidÎ9 de Grassis et noiis illustrata a Dominico Moreni.
prest bientost, jay envoyé quérir mon cousin Prospère Col Ion n a qui aydera bien a laffoire, je tiendray le royaume de Sa Saincteté et je accompliray entièrement ce que luy ai promis, et quant a vous, me trouverés tousiours prest a vous faire plaisir ainsy que vous dys a mon parlement, je vous prie de rechef prandre mon affaire a cueur et cognoisses par effaict que aurez faict plaisir à ung Iloy qui le recognoistra. Et adieu, mon cousin, quil vous ait en sa garde. A Tarrascon , le iiii' jour de février.
» François.
» Deneufville. »
19 février. — Départ du Pape pour Rome.
i mars. — Voyage de la Duchesse d'Urbin à Rome pour supplier le Pontife de renoncer à ses entreprises contre sa maison. — 6 mars. Sa première audience. — 10 mars. « Per la terza vol ta la Duchessa è stata a N. S. Sua Santità si è inonstrata più austera e difficile, non stando salda in proposito, variando el parlare de volta in volta in omne parte, salvo che in quella de voler castigar esso Signor Duca ove sta fixo e immobile corne un saxo. » (Carlo Agnello.)
En nulle occasion plus qu'en celle de l'affaire d'Urbin, le Pape Léon n'a rendu plus manifeste et plus sensible l'extrême ambition qu'il avait de dominer en Italie et de donner un duché à son neveu Laurent de Médicis. Les supplications de la Duchesse d'Urbin ne furent d'aucun effet sur l'âme du Pontife : elle quitta la Cour de Rome entre le 9 et le 20 avril, pour apprendre, à peu de jours de là, que l'ambition de Léon X à l'endroit de la possession d'autrui était irrévocable. Laurent de Médicis fut élu gonfalonier de l'Église : « Nostro Signore fa tante provisioni che non se po expectar altro che la ruina et exterminio de questo povero giovine Duca de Urbino passato. »
19 mars. Lettre adressée à la marquise de Mantouc par le Cardinal Dovizii da Bibbiena, pour lui annoncer la mort de Julien de Médicis :
« Mag?° M. P. Tolomeo mio,
» Io risposi ultimamente alla lettera di V. S. et le dissi corne el S or Ioliano stava gravissimo. Piacque poi a N. S. Idio quella sera medessima che fu alli xvn di questo ad hore quattro di notte quella candidiss* anima chiamar ad se, lasciando tutti noi altri in tante lacrime, et sospiri, quanto forse apieno creder non si puô. Hoggi si son fatte le exequie molto honorate. Tutto hieri stclte il corpo suo nella cbiesa di S. Marco ove per vederlo concorse tutta la città di Fiorenza, che mai non si vide la maggior cosa. E un seculo che non mori mai in questa città persona che fosse più grata universalmenie a ogniuno, ne délia quale la morte più dispiacesse a ciascuno. La l\\ mt olim sua consorte è tanto afïlicta, che non ù possibile consolarla in parte alcuna, dispostiss* secondo che Ici mi dicc, a non pigilar mai più marito. Non ha voluto partirai di questa Abbatia di Fiesole, ove è morto il marito : expecteva il Go. di Ginevra sub fratello per rimenarla in Savoja, et N. S. anchora mandera in compagnia sua dui o tre Prélat i...
» Pr° ut Fr. B. Car 111 S 4 M fl in Porticl.
» Fesulii, die xix Martii 1516. »
1517. 18 janvier. — Départ de Laurent de Médicis, nouvellement créé Duc d'Urbin, pour Florence, avec tous les autres capitaines. Un ambassadeur, annonçant sa présence à Rome, disait : « El novo Duca de Urbino è qua e fa grandissima pompa et c fatto gran signore, e capo di tutta questa faction gel plia. » Et ce même observateur des choses qui se passaient à Rome et qui en écrivait au Marquis
de Mantoue, beau-père du légitime Duc d'Urbin, déclaré si injustement déchu par le Pontifie, lui adressait ce conseil, que lui dictait la politique plutôt que le sentiment : « Signor 111"*** Nostro Signore è giovine, el S or Duca de Urbino giovine, Dio ha mandato la occasione de unir li atiinii nostri in perpetuo et pigliar la via a una medema fortuna, segnitamola, lei stia constante e perseveri, per che Nostro Signore e Monsignore Revercndissimo de Medici quale e de grand issima fede et auctorità, lo desideranno, et a questo modo V. S. conseguirà ciô che la vorrà, et Nostro Signor ultra la naturale inclination sarà sforzato a pensar a tuti li comodi etaugmentide V. E. » (Gabioneta.)
28 février. — Affaires intérieures. A la mort du Cardinal de Saint-Pierre aux Liens se présente la question de la chancellerie pour le Cardinal de Saint-Georges, et celle de la dignité de camerlingue pour le Cardinal d'Aragon; le Cardinal de Médicis, Madonna Alfonsina, et le nouveau Duc d'Urbin, en avaient écrit au Pape des lettere affocade pour détourner le Pontife du choix qu'il voulait faire : u II Papa fete il terribile. »
30 mars. — La guerre d'Urbin continuait, et ce jour fut celui de la bataille de Mondano, où fut blessé le Duc Laurent, conduit alors à Ancône pour y être soigné, d'où il revint à Florence trois mois après, en juillet. C'est à cette époque que doivent remonter les premières négociations en France pour le mariage du neveu du Pape, entreprises et soutenues par le Nonce Stafileo et Paul Vettori, l'un et l'antre en résidence à la Cour de François I".
L'idée de marier un parent du Pape en France n'était du reste pas nouvelle dans l'esprit du Roi, car il avait de lui-même exprimé cette intention à Laurent de Médicis dans une lettre qu'il lui avait adressée d'Amboise l'année
précédente, en septembre, à l'occasion du compliment qu'il lui adressa sur sa prise de possession du titre de Duc d'Urbin conféré par le Pape son oncle. « Mio eugino, avait écrit le Roi, io ho saputo chel Ducato di Urbino •insieme con le sueappartenenzeet similmente la prefectura de Roma ve stata data et ne siate stato investito per ISostro S 10 Padre et per il S' 0 consistorio di Roma per il clie ne sono stato si .gioioso corne se il bene fusse venuto al più proximo parente cbe io habbia. Iddio per sua gratia ci voglia mantenere lungamente in tutte le felicità e prosperità et spero con laiuto del Greatore e del nostro Santo Padre il Papa e de nostri buoni amici e collegati voi havete ancora più grande e grosse cose, il che per la parte mia inolto desidero e di aiutarvene a mio potere et anchora di maritarvi a qualche bella et buona dama di yrande e yrosso parentado et mia parente affine che lamore che io vi porto si augumenti et
rinforzi più forte » (26 septembre, Amboise'). Et
Laurent de Médicis, en répondant au Roi, disait : « Quello che la M.V. dice del darmi donna humilmente e quanto posso ne la ringratio et corne del numptio di ÎVostro Signore e dallo oratore fiorentino quella debbe haver inteso. Io non ho allro desiderio che pujliarla per le mani délia Maestà Vostra, etc. » (6 octobre*).
17 octobre. — Mandat de procuration de Laurent de Médicis pour la négociation et la signature de son contrat de mariage.
1518. Dernier jour de février, à Amboise. — La Reine de France, entre quatre et cinq heures du jour, met au monde un fils auquel le Roi destine le Pape pour parrain.
Décision, à cette époque, de la cérémonie du baptême et du mariage de Laurent de Médicis avec Madeleine de
1 Archivc3 do Florence, Carte strozziane, 9.
2 Archives de Florence, id. y ibid.
la Tour d'Auvergne. On avait hésité longtemps à la Cour sur le choix d'une fiancée; de nombreux partis se présentaient pour divers princes d'Italie; un familier du marquis de Mantoue avait écrit précédemment les détails suivants sur les deux jeunes femmes que le Roi voulait marier et dont l'une fut Madeleine, que le Duc d'Urbin épousa : « Madamosella di Bologna putta di xvi anni di bona indole et volto piu presto bello che sodo. La forma sua si po chiamar stata : è limnana e gentil et quiète in effetto, si corne si monstra nel volto, ha boni modi et gratiati, persona conveniente alla ctà, ella è nutrita in corte non molto superbamente ne sumptuose, et stassi contenta de dui o tre donne al più in corte, magna continuamente con la Regina alla tavola, et più da altri è istimato che da lei istessa, et credemo séria putta che se lassara governare : non lia molti grandi parent i di la casa sua de Bologna, perche lei et un altra sorella sono restate herede de tutti li beni del pâtre per la morte de soi et per quanto intendeino essa lia de entrata di stato dodecimillia franchi danno che la porta ra seco a marito et la sorella che è maritata nel Duca di Albania. Àlquanto piu dentrata ha per esser la prima, la quai quando mancassi senza figlioli coine se dice potria accadere, per esser tanto grossa questaltra, succederia a tutta la heredità che séria eirca vinti otto in trenta millia franchi Ianno dintrata, secundo intendemo, ma non lhavemo perho per certo, la casa sua è nobile et li soi erano Signori de Bologna terra grossa et forte in Picardia, ma per esser cascata in mani de donne, il Re passato pigliô la terra in se et li ricompensatti in altri terre è castclli de liquali ne cavano la detta entrata, havendo lei le terre et Stato suo separato da quai di la sorella.
» L* altra è una figliola de la Regina di Navarra, la-
quai a quattro figlie, una de quali è bcllissima secondo intendo. Il parenlado è nobile dal canto del pâtre che è de Àlbrctto et la maire è di Fois laquai è Regina di Navarra corne lierede del Re suo pâtre, ma non gode al Reaine se non una piccola partieella di qua li monti Pirenei perche il Catholico Re Y occupa et tiene e per quanto si pô intender sono in gran povertà secundo la condiction de Régi per esser forausciti et havendo ricercato il Re X w che essa Regina venga in corte instato da lambasator fiorentino per il parenta che voria far il M 0 Lorenzo pigliando una de soi figliole, lei ha risposto che la non lia modo di poter venir in corte, aspettando forsi chel Re li doni il modo, pur è detto che almeno la mandara le figliole, si che pensati che dote si potria sperar da costei , et che spesa temerc da colui che la pigliasse per moglie essendo nata di Re et nutrita regalmente et per conséquente li voria vivere. Àmbosa. 1516. 24 novembre*. >»
Il mars. — Laurent de Médicis revient de Rome à Florence pour se préparer à partir pour la France, où se doivent faire les cérémonies de son mariage.
10 avril. — 11 est arrivé à Roanne et se rend à Amboise, où est la cour.
25 avril. — Cérémonies du baptême du fils de France, dont le Duc d'Urbin est l'un des parrains et représente la personne du Pape, son oncle.
2 mars. — Cérémonies du mariage du Duc d'Urbin, Laurent de Médicis, avec Madeleine de Boulogne et d'Auvergne.
Détails envoyés par un témoin vénitien, Bernardino Chiozo, à Ser Antonio Bataglia, à Venise, sur la cérémonie du mariage de Laurent : « Aviso corne el secondo del présente fu facto el maridazo del Ducha di Urbino in
1 Archives de Mantoue, E. xv, 3.
uua chiesia poi la messa dovc el Re gli conclusse la sposa a brazo, e poi ancora simelmente la conclusse a la casa de la Résina, la quai disnô con la prefata Regina et lo Ducha disnô a la sua caméra, et la sera cl Re fece uno banchetto et fece fare una gran sala di asse alta braza do di terra con le girlande de busso involtato per tutto coperte, poi le sole di tapezarie et similmente tutto circondato con dui capuzelli di brocato d' oro T uno da uno canlo, et 1' altri da l'altro di la dita sala al mezo di la tavola stava lori a canto a lui, da man drita gli stava lo Ducha de Orbino, poi el Cardinal Boissy, poi lo ambassador del Santo Padre, poi lo Cardinal de Bourges, poi lo Àmbassator de Spagna, poi lo Cardinal de Bourbon, poi lo Ambassator sive segretario di lo Imperadore, poi lo Ambassator florentin, poi quel di Ferrara, quel di la lll m » Signoria non veera per esser amalato albora. Ma adesso è risanato, e da la man stancha stava lo Re di Navara, poi Monsiguor di Lanson, poi Monsignor lo Contestabile , poi Monsignor di Vandomo, poi lo Ducha di Lorena, poi Monsignor di Ginevra, poi Monsignor di Nevers e poi Mons' di Saint Paul; poi soto Taltro capuzelo stava la Regina, et con essa stava apresso la matre del Re : la matre consorte di Monsignor di Lanson, la Duchessa di Orbino, la consorte di Chateaubriant, quale e so relia di Mons* de Lautrecb, et moite altre gentildone, et magnando si sonava di molti varii suoni, che veramente il Re ha fato grande honore al prefato Ducha di Orbino, et steteno a tavola circà hore 3, poi balorno altre bore do, et poi la Regina condusse la s posa al lecto, dove lo Ducha e stato laudato di aver bene lavorato lo possesso'. n
1 Extrait des Diarii de Marin Saniito conservés à la Bibliothèque de Saint-Marc à Venise. Anno 1518.
19 mai. — Le Roi quitte Amboise pour aller au voyage de Bretagne, et le Duc cTUrbin est en sa compagnie pour quelques semaines; il a présente* à Sa Majesté trois coursiers, dont un turc, recouverts d'étoffes d'or pour la valeur de 2,000 écus.
25 mai. — Le Roi étant à Tours, le Duc d'Urbin va en poste à Amboise pour y voir la Ducbesse, et rejoint ensuite, la Cour.
9 juin. — Entrée à Angers du Cardinal Légat Bernardo Dovizii da Bibbiena, Cardinal de Santa-Maria in Portico.
25 juin. — Le Duc d'Urbin quitte la Cour el se rend à Amboise pour y prendre la Duchesse, et visiter ensuite ses possessions en France acquises par mariage. Avant du partir, il avait été le médiateur de l'envoi par le Pape des deux tableaux de Raphaël , la Sainte Famille et f Archange saint Michel.
Août. — Le Duc et la Duchesse d'Urbin quittent Lyon pour se rendre en Italie, à Florence.
20 août. — Sont à Bologne, le 30 à Poggio, et le 7 septembre entrent à Florence.
30 septembre. — Laurent de Médicis se rend auprès du Pape, à Montefiascone, et revient promptement près de la Duchesse sa femme.
La nouvelle Duchesse avait amené avec elle une maison presque entièrement française et aussi complète que celle d'une princesse régnante. Une feuille des cartons des Strozzi nous en précise le détail :
Saint-Chabt, gouverneur;
Gonzelles , gouvernante des demoiselles;
Six demoiselles;
Gillette , fille de chambre ;
Pages ;
Dubouschet, aumônier et chapelain; Plysguillon, maître d'hôtel ; Vanderacher, maître d'hôtel ; Grenelles, écuyer d'écurie; Cheïssac, maréchal; La Guesle, échanson;
Le jeune de Villemontets, écuyer tranchant ;
Saturnin Boy sset, trésorier secret ;
Bartholomeo Serritio, secrétaire et intendant des dépenses ;
Michelet, marchand, fourrier des logements:
G ciller me , valet de chambre; Rebequet, valet de chambre; Un estafier;
Pierre Maréchal, économe; Le Bergier, cuisinier; IIerpin, sommelier; Ruberto, Florentin, secrétaire.
Un passage d'une dépêche de l'Ambassadeur de Venise Marco Minio près la personne du Pontife, indique que la nouvelle de la grossesse de la Duchesse d'Urbin était venue de France à Sa Sainteté : 14 juin 1518, de Rome : « Da poi
essendo stato cum Sua Santità, me disse
pretereà per lettere ch' el haveva de Franza corne credevano chela Duchessad' Urbino fusse gravida, ma non affîrmavano questo. Me alegrai cuin Sua Santità, la quai demonstrava baver grandissima satisfattione et desiderio de ditta gravidanza, et in questo se dilatô dimostrando délia satisfattione che si ha délia postérité. Da poi questi ragionamenti li dimandi si el Signor Duea seguiria la Christianissima Maestà in Bretagna, etc., etc. » — Autre, 22 juillet : «« De Franza haveva adviso el Papa corne il Duca era giunto nel
stato délia moglie cum la quai se ne ritorneria de qui, tenendo il camino per terra et chè cosi l' haveva consegliato per magyior commodità délia moglie 1 ... »
Décembre. — Commencement de la maladie de Laurent de Médicis. Le 21 de ce mois, il se fait transporter à la villa Sassetti, sur les collines de Montughi. Est ramené dans Florence en avril, au moment des couches de la Duchesse.
1519. 13 avril. — Madeleine de la Tour d'Auvergne, Duchesse d'Urbin, accouche d'une Bile, qui fut Catherine de Médicis.
16 avril. — Baptême de la Duchessina dans l'église de San-Lorcnzo.
18 avril. — La maladie de la Duchesse, sa mère, se déclare.
28 avril. — Mort de la Duchesse, et lettre du Duc, son mari, malade lui-même, pour en annoncer la nouvelle à Rome au Cardinal de Santa-Maria in Portico. Mais l'avis en était parvenu le jour même à Rome, car, à cette date précise, l'Ambassadeur vénitien Marco Miuio avisait ainsi la Seigneurie : « 28 aprile, Roma.... La illustre Duchessa de Urbino è morta, par non fusse ben purguta dapoi il parlo. Lo illustre Ducha ancor lui si sente alquanto gravare, mai si ha potuto risanare del tutto, si dubita per la morte de la Duchesa non habia perovare perché graudemente l'amava : per tanto la Santità del Pontefice ha ma rida to di Fiorenza il R° Cardinal de Rossi , in quai questa matina è partito per le poste J . »
1 Dépèches de l'Ambassadeur Minio. (Papiers et documents possédés par M. Rawdon Rrown à Venise.)
2 Copies des dépêches de Marco Minio, chez M. Rawdon Rrown, à Venise.
4 mai. — Mort du Duc d'Urbin, Laurent de Médicis, père de Catherine.
L'Àrioste, le célèbre auteur de YOriando, que le Duc de Ferrare avait chargé de se rendre en mission de condoléance auprès de Laurent de Médicis, au reçu de la nouvelle de la mort de la Duchesse sa femme, arriva le jour même de la mort du Duc; aussi écrit-il à son Prince les lignes suivantes : « Illustrissimo mio Signor, Hor hora, che son xix hore, son giunto in Fiorenza, et ho trovato che questa mattina il Duca d'Urbino è morto. Per la quai cosa sono assai in dubbio di quello che ho a far e perché andar a condolermi de la morte délia Duchessa non so con chi; maximamente che mi par che la morte del Duca importi tanto, ch' abbia fatto scordare il dolore délia Duchessa. Finalmente mi risolvo di as pet (are nova cornmissione da Vostra Excellentia, et in questo mezo starmi nascoso con messer Pietro Antonio, acciô parendo ch 1 io mi condoglia col Card 1 de Medici et con quel de' Rossi, de quali V uno o l'altro s' aspetta oggi o domattina '. »
Machiavel a cru devoir résumer en quelques lignes, conservées originales dans les Carte Strozziane, les qualités de ce Médicis; mais comme ces lignes étaient destinées à être mises sous les yeux du Pape, oncle du Prince dont il est question ici, il est permis de se demander si le caractère de Laurent n'est pas décrit ici d'une manière exagérée pour la part du bien :
« Io non voglio lasciare indiefro di darve notitia del modo del procedere del Magnifico Lorenzo, che è suto infino ad qui di qualilà, che gli ha ripleno di buona speranza tucta questa città; et parc che ciascuno cominci ad riconoscere in lui la felice memoria del suo avolo; perché
1 Voyez Opère minori , t. II, p. 535.
Sua Magnificentia è sollecita aile faccende, libérale et grato nella audienza, tardo et grave nelle risposte. El modo del suo conversare è di sorte che si parte dagli altri, tanto che non vi si riconosce drento superbia, nè si mescola in modo che per troppa familiarità, generi poca reputatione. Con i giovani suoi equali tiene taie stilo, che non gli aliéna da sè, nè anche dà loro animo di fare alcuna giovinile insolentia. Fassi insu m m a et a m are et reverire, piuttoslo che temere; il che, quanto è più difficile ad observare, tanto è più laudabile in lui.
n L'ordine délia sua casa è cosi ordinato, che anchora vi si veggha assai magnificenza, et liberalita, nondimcno non si parte da la vita civile. Talmente chè in tucti e progressi suoi extrinseci et intrinseci, non vi si vede cosa che offenda, o che sia reprensibile, di che ciascuno pare ne resti contentissimo. Et benche io sappia, che da molti intenderete questo medesimo mi è parso di scrivervelo , perché col testimone mio ne prend iale quel piacere che ne prendiamo tucti noi altri, e quali continuamente l'observiamo; et possiate, quaudo ne abbiatc occasionc, farne fede per mia parte alla Santità di Nostro Signore'. »
4 mai. — La nouvelle de la mort du neveu du Pape parvient à Rome le jour même, et le lendemain, 5 du mois, l'Envoyé de Mantoue rapporte en ces termes les impressions douloureuses de Léon X, si cruellement frappé par des malheurs si rapides : « Eri me transfcritc a palazzo e benche tuti aditi fusseno reclusi per la nova de la morte de! Ducha Lorenzo, niente de meno per bénignité del Nostro Signore, per amor de Vostra Eccelenza, incontinente fui intromesso, la quale subito me pigliô
1 Archives de Florence, Carte Strozziane, filza 381, inscrto 13, d'après l'original autographe.
pcr la mano dicendomi con gran pietà che l'era pur morto suo nepote e cuin gran confidentia si sfogô asai eu m me, ... H disse che Dio non haveva mai abandonalo quel la in ogne fortuna e che era comune opinione de tutta la corte che Dio havesse fatto questo per ben suo, me respuose che Dio e IS T ostra Madonna e li Santi Apostoli sapevano quai fusse stata sempre la sua volonta e bon animo suo, benchè qualche volta se havesse lassato vincer a la carne como fanno gli altri siche de omnibus rengratiava la bonta divina demostrando al fine de tutti li ragionamenti uno grande animo e non prosternato.
» Hozi essendocum M. Pietro Ardinghello quai fu secretario del Duca Juliano, et quale è quello che fa tutte le expeditione secrète intesi da esso che essendo questa mattina a bon hora cum Nostro Signore la Santita sua, dapoi lungi discorsi de la morte del nepote disse queste parole : Dominus dederat, Dominus abstulit, et subiungendo che ringratiava Dio de ciô che piaceva alla Maesta Sua a che como homo de la casa de Medici haveva sentito grand issimo dolor de vedder la poster i (a de casa sua quasi a modo extincta, ma como Papa Leone era contentissimo perche Dio lo aveva ca vato de servitu de principi de li quali non ha più de bisogno, ma essi si ben de lui, cum moite altre parole tendenti che non vuole più pensar ad altro che alla Exaltatione et utile délia Sede apostolica.
» Cum Monsignor R° de Medici non ho potuto far quello che me scrive V. E. per esser andato a Firenze dove s tara qualche mesi, me sta detto che S. R* Signoria era in opinione chel Duca Lorenzo sposasse quel la villana da Sanio Àngelo loeo vicino qua a Roma xx mi lia, de la quale essendo fantescha di Madonna Alfonsina sua matre ne hebbe uno figliolo maschio quai è vivo per che la predetta Madonna Alfonsina non habia voluto consentir per non
voler per nuora una villana sua fantescha. Ancora non si sa che habia fiito testamento e che dispositione habia fatto de le cose sue; de questa morte « muiti gavisi sunt et n muiti contristabuntur 1 . »
12 mai. — La nouvelle de la mort de Laurent de Médicis arrive le soir à la Cour de France.
15 mai. — Le Roi envoie un de ses gentilshommes au Pontife, pour se condouloir de la mort du Duc d'Urbin et le prier de penser à marier sa fille Catherine au fils bâtard de Julien de Médicis, pour l'investir du duché d'Urbin.
Mai. — Départ de Rome du Cardinal Jules de Médicis, créé Légat en Toscane, pour aller prendre le gouvernement de Florence. Il y séjourne jusqu'en octobre, et vient momentanément à Rome, y amenant Madonna Àlfbnsina, grand'mère de Catherine de Médicis, et Catherine ellemême, ne comptant alors que six mois.
12 juin. — Dimanche, à une heure et demie, naît Cosimo Giulano Romulo de Médicis, fils de Giovanni délie Bande nere et de Maria Salviati, à qui les destins réservaient de devenir le second Duc de Florence le 21 juin 1537, et le premier Grand-Duc de Toscane par bulle du Pape Pie V, le 27 août 1569».
19 août. — Mort du Cardinal de Rossi, l'ami dévoué et intime du Pape, représenté dans le célèbre tableau de Raphaël. «Il Cardinal de Rossi è passato alPaltra vita, una sua bona abbatia che è in Fiandra estimati chel Cardinal Salviati l'havera. Un altro assai buon beneficio che
1 Archives de Mantoue; E. xxv, Roma. Dépêches de Gabioneta, Archidiaconus Manluœ.
2 Voyez Giornale storico degli Archivii di Toscana, anno II, 1858, p. 13; Alcuni farci délia giovinezza di Cositno I di Medtci illustrait con i document! contemporanci.
credo sia in Savoia havera Monsignor de Medici. El Papa ha pianto e piange e dice pu bliea mente che la morte del fratello e quella del nepote non si dolsero più di quello che se habbi fatto questa K » (Gabioneta.)
27 août. — Des nouvelles viennent de Florence affirmant au Pape que sa nièce, la jeune Duchesse d'Urbin, Catherine de Médicis, est à toute extrémité. << Heri venue nuova che quella puttina restata dal M 0 Lorenzo stava per morir e credo che a quest' ora la sia morta. El Papa ancor di questo ne ha mostrato dcspiacer assai , atteso al modo che Sua Santità tiene in simil cose che suole passarsi assai legiermente. »> (Baldassare Castiglione.)
2 septembre. — Autres nouvelles de Florence annonçant que la santé de la jeune Duchesse est à la veille d'être rétablie.
Il septembre. — Le Cardinal de Cortone part de Rome pour aller remplacer à Florence le Cardinal de Médicis.
C'était le temps des négociations si actives de l'élection à l'Empire, à laquelle aspiraient le Roi de France et le Roi d'Espagne. Rome y avait la main, et cette note sur les intentions et les inclinations du Pontife se rencontre dans une dépêche de l'Envoyé de Mantoue, le célèbre Castiglione : « Francesi sol ici t an o quanto che possano il Papa che se declari et offeriscono assai e se mettono moite gelosie. 11 Papa de natura sua e pur inclinato a Spagnoli che a Francesi, aborisce et ha in odio e terni questo nome de tmperator massimamente in costui che è tanto potente. » Alberto Pio da Carpi était alors chargé, en Cour de Rome, des intérêts français, « maneggia le cose de Francia et sera questo Ambasciator résidente del Re Christianissimo. »
1" octobre. — Arrivée du Cardinal de Médicis à Rome.
1 Archive» de Mantoue. xxv, Roma.
29 octobre. — La preuve de la présence de Catherine à Home est dans l'extrait curieux de cette dépêche de l'Ambassadeur de Venise : « Heri ritornai a palazo per essere cum la Santitâ del Pontefice e ritrovai Sua Santità che vada audientia... Dapoi me fece chiamare. Io le disi che era venuto a far riverentia et alegrarme de la sua ritornata incolume et cum optima dispositione de corpo corne la vedeva et che aveva differito a far questo offitio, per non esserli molesto. Subito me rispose « Sapemo che heri fussi » qui ma convenissemo stare cum M adonna Alfonsina et « Recens fert œrumnas Danaûm » et questc parole, le dise cum le lacrime neli ochii et me dise alcun cose in questa materia et che la puta al quondam D. Lorcnzo era bella e grasola 1 .
1520. — Le Pape et la Cour romaine avaient passé la fin de l'automne et les premiers temps de l'hiver dans les divertissements et les plaisirs à la mode sous ce pontificat, c'est-à-dire en représentations de comédies antiques et en chasses au cerf, tant à Corncto, chez le Cardinal Farnèse, qu'à la Maçliaua, cette belle et somptueuse villa des Médias ; mais Léon fut attristé dans ses joies par la mort soudainement arrivée de Madonna Alfonsina, mère de Laurent et tfrand'mère de Catherine. « Lunedi di sera M" Alfonsina morite, et il Papa in questa hora faceva recitare una comedia. — Essa fu sepulta al Popolo, nullo adhibito honor per che cusi ordinô nel suo tcstamento in cl quale ha lassato suo herede la Santità di Nostro Sonore. In la hérédité sua de cose immobile se sono ritrovati xi mille ducati et polize per 4 mille arçenli , per x mille zogliecum altre belle cose per 100 mille e più*. »
§ février. — Florence ayant prié le Pape de rappeler
1 Papiers et documents veritiens possédés par M. Kawdou Brown.
2 Archives de M an loue, E. xxf.
m APPENDICES ET COMMENTAIRES.
de ses fonctions de gouverneur de l'État le Cardinal de Cortone, le Cardinal de Médicis reçoit charge de l'y remplacer, et part de Rome pour se rendre à Florence.
Le même jour, le Cardinal de Sainte-Marie in Portico, revenu de sa légation de France, fit son entrée publique dans Rome, et reçu en consistoire publie, selon l'usage, le 11, il prononça en consistoire secret la relation pertinente aux affaires qu'il avait négociées.
7 avril. — Mort inattendue de Raphaël d'Urbin.
10 avril. — Mort d'Augustin Chiggi, grand financier de Léon X.
7 mai. — Arrivée à Rome du Duc d'Albanie, beau-frère du défunt Laurent de Médicis et oncle de Catherine. Le Pape le reçoit avec de grands honneurs, et lui donne amicil au Vatican, dans les chambres qu'occupait le Cardinal Cybô (appartements du Pape Innocent;.
17 mai. — Arrivée à Rome de l'Ambassadeur de France, Mons r Du Pin.
13 octobre. — Départ du Pape pour Monterosato, lieu de plaisance du Cardinal de Médicis.
24 novembre. — Voyage du Pape à Corncto pour les chasses habituelles. Le Cardinal de Médicis vient de Florence avec une suite de 300 chevaux, pour se rendre ensuite à Rome avec le Pontife, et séjourner auprès de lui jusqu'à l'Epiphanie.
Novembre. — Maladie et mort du Cardinal Dovizii de Ribbicna.
29 décembre. — Projet du Pape de se rendre à Florence et d'y déclarer le mariage entre sa nièce Catherine et le fils bâtard de Julien de Médicis, llippolyte « de la quai cosa V" Eccellentia puo fare de molti disçorsi e iudici de moite cose che poteriano in futurum succedere. » (Gabioneta.)
4521. Mars. — Tourments et inquiétudes que cause Martin Luther à Léon X. u II Papa sta cou inolto fastidio délie cose di Martino Luther et l'estima assaissimo. » (Castiglione.)
Les vers du Pasquinio étaient alors recherchés dans les cours d'Italie, et Castiglione donnait à cette époque, a la marquise de Mantoue, cette information : « Li versi che quel la mi domanda di Pasquinio non se haveranno insino al ii di de maggio, perché cosi è la usanza; de quelli che gli anni passati , non saprei dove trovarne uno : perche ordinariamente fanno, come foco di paglia e scritti e dati fora, non si riveggon più, perche in vero al più délie volte sono ancor quasi come cose fatte ail' improviso »
10 avril. — Entrée du Cardinal de Lorraine.
8 mai. — Alliance de Léon X avec Charles-Quint et les Suisses.
Mai. — Le Duc d'Alhanie, oncle de Catherine, convoite près la Cour de Rome le titre et la charge de gonfalonier de l'Eglise, ayant pour concurrent le marquis de Mantoue.
28 juin. — Léon X était redevenu acerbe ennemi des Français : « Anchora Sua Santità se dolecte in concistorio de moite cose gli hanno fatto francesi contra Ihonor suo e de la Sede apostolica in modo che scopramente non înanchara dogni opéra per la ruina loro. » {Castiglione.)
\' T juillet. — Consistoire dans lequel le Marquis de Mantoue est nommé gonfalonier de l'Église.
Mort du Cardinal de Saint-Georges.
Le Pape passe une partie de l'automne à la Magliana, et il y apprend le 25 novembre, avec un plaisir indicible, l'expulsion des Français que Lautree commandait à Milan, laquelle eut lieu le 19.
1 Archives de Mantoue, E. xxv.
27 novembre, — Indisposition du Pontife. Consultation des médecins.
29 novembre. — Les affaires sont suspendues. « Questa poca di indispositione di Nostro Signore tiene intenebrati tutti noi altri e non lassa che si possi negotiare ne far cosa alcuna. » (Castiglione.)
2 décembre. — Baldassare Castiglione annonce, par la lettre ci-jointe, la mort de Léon X, advenue dans le cours de la nuit précédente. On retrouve dans la forme et le style de cette dépêche, si brève qu'elle soit, l'élégance et la distinction habituelles au célèbre et populaire auteur du Cortegiano :
u Illustrissimo et Ex mo Signor et Patron mio. Heri e questa notte ho scritto a V. E. corne Nostro Signore stava in gran periculo délia vita : hora gli aviso come pur questa notte aile nove hore è passato contrà la espettatione de ognuno, cioè che dovesse morir cosi presto. Tutta questa corte è consternata. Hoggi sono otto giorni che ritornô dalla Magliana con tanta allegrezza (secondo che diceva Sua Santità) quanta fu quella quando fu fatto Papa. E vencgli incontrô tutto il mondo a congratularci , e H fanciulli con rami d'oliva in ma no. Hoggi sera un altra pompa molto diversa da quella. Cosi fa la fortuna de quelli tratti quando gli piace. Nostro Signor Dio rompe li nostri vani dissegni come allui piace... In Roma, al secundo di décembre MDXXI, due hore inanti giorno, de V. S. I. fedellissimo servitor.
v Baldassare Castiglione 1 . »
La lettre suivante, du même jour, adressée à la Marquise de Mantoue, sa souveraine, est plus précise encore :
1 Archives de Mantoue, E. xxv, Roma.
« Il Pontefice si confessé heri devotissimamente e stava in termine che ne li medici ne altri pensavano che Sua Santità dovesse morir, almeno questi di. In un subito li manchô la virtù : è cosi se ne andô : è parso il più strano caso del mondo : domenica passata hebbe la nova délia presa di Milano è questa altra domenica è morto : la infirmita è stata doppia tertiana, ma sempre tanto legiere che non è mai stato persona che se ne habbia fatto caso , excetto chel sabato venendo la domenica che è quella notte aliéné la virtù in quanto se diria un Pater Noster : li cadde mirabilmente. Pur la dominica mattina stava tanto bene che non pareva che li fosse un suspetto al mondo e cosi stette infino a l'Ave Maria, che li cominciô un poco di freddo e a quella hora che di sopra ho detto si spazzo. Tutta la notte hebbe affano assai de non voler star coperto : altro accidente non havea di sete, ne doglia di core ne di testa ' talhor alienava un poco : queste grandezze mondane fano cosi e (;ià cominciasi a preparar qualchuno che spera il Papato, ma chi siano non lo dico à V. E. perché poco mancha che non siano tutti... di Roma il 2 di décembre MDXXI.
» Baldassare Castiglione '. »
1522. 12 janvier. — Trois jours après l'élection du nouveau Pontife Adrien VI, le Cardinal de Médicis quitte Rome pour retourner à Florence; il est en juillet à Bologne, ayant jusqu'alors conservé le titre de Légat. Conjuration dite de 1522. — Retourne à Florence en octobre *.
1 Archives de Mantoue, E. xiv, Roma.
2 Voyez dans le Giornale storico dcgli Archivii Toscani, année 1859, 4. Documenti délia congiura fatta contro il Cardinale Giulio Medici, publiés par l'érudit C. Guasti.
1523. 18 avril. — Le Cardinal de Médias habile Careggi, ayant demandé dès janvier, au Pape, à résider continuellement en Toscane. — Il tient auprès de lui Messer Pietro Àrctino.
14 septembre. — Mort du Pape Adrien VI.
19 novembre. — Le Cardinal de Médicis est élu Pape et prend le nom de Clément VIL
1524. 18 mai. — Entrée à Florence du Cardinal de Cortone, chargé du gouvernement de la Toscane. — Hippolyte, fils naturel de Julien, y arrive, présenté et reçu comme un héritier des Médicis.
2 septembre. — « Due giorni sono entré in Fiorenza il Signor Ippolito 1 a mezza hora di notte : non volseno li andasse a incontrarlo. La mattina seguente che fu Mercore andô a visitare la signoria vestito alla fiorentina, accompagnato da molti cittadini a pie sempre : cosi andô a torno per la terra. E stato visto molto volentieri e si ne aspetta buona speranza, è di gentile aspetto, buonissimo parlare e modestissimo f . »
Les années 1524, 1525 et 1526 se passent, pour le Pape Clément VII, en négociations aussi inconstantes dans les effets que variées dans les formes, et qui mériteraient qu'on leur consacrât une histoire particulière sous le titre de Manétjes politiques du Pape Clément VII. Les archives de France, d'Espagne, d'Angleterre, et toutes celles des anciens États d'Italie abondent en documents d'un intérêt
1 Le fils naturel de Julien de Médicis, et cousin de Catherine, élevé à Rome avec elle, et celui que plus tard elle eût voulu épouser. Mais il fut fait cardinal en 1529, bien qu'il n'eût aucune inclination pour les ordres. H mourut à Itri, dans le royaume de tapies, en 1535, empoisonné, dit-on, par commission d'Alexandre de Médicis, Duc de Florence, son cousin.
2 Archives de Mantouc, E. xxvu, Firenze.
extraordinaire. La diplomatie universelle avait l'oeil fixé sur Rome, et jamais époque ne frit plus féconde en tergiversations singulières, traversées elles-mêmes par des faits d'une importance et d'une conséquence insolites, se résumant d'ailleurs en ceux-ci :
« 1523. Reprise de possession du Milanais par François II Sforza, et retour des armées françaises en Italie avec l'amiral Bonnivct. Siège de Milan. Le parti de l'Empereur soutenu contre le Roi, par Charles de Bourbon. — 1524. Défaite de Bonnivet et sa retraite de la Lombardie. Nouveau retour des Français après le soutien de la lutte contre les Impériaux, en Provence. Union, puis désunion du Pape et de l'Empereur. Le Pape se tourne du côté des Français. Lutte ouverte en Lombardie. — 1525 , 24 /tfvrier. Bataille de Pavie. Le Roi prisonnier. — 1526, 17 janvier. Traité entre l'Empereur et le Roi dans Madrid. Retour du Roi en France. Guerre nouvelle en Lombardie. Siège de Milan par les Impériaux, et prise de la ville le 24 juillet. Affaire du Pape et des Colonna, appuyés par l'Ambassadeur impérial (20 septembre). Charles de Bourbon marche sur Rome. — 1527. Guerre active des Impériaux contre le Pape. Trêve du 25 mars, puis sac de Rome le 6 mai. — 1528. Guerre dans le royaume de Naples. Défaite des Français. — 1520. Guerre dans le Milanais; la paix de Cambrai (5 août). Négociations à Bologne, entre le Pape et l'Empereur, et la ligue perpétuelle des États Maliens avec l'Empereur, les Florentins exceptés '. —
1 « Pace più funesta, dit Giuseppe Cainpori, d'ogni crudel g u erra ail' Italia. » La paix de Bologne, étudiée avee conscience et sangfroid, serait un des beaux sujets d'étude politique qui pourraient être traités en ce moment. Une base excellente pour un tel travai' est le « Maneggio tlella pace di Boloyna (1529) tri Clémente VII, Carlo V, la Heppubliea di Veuezia, e Franeeseo Sforza » par le Doge
1530. La coronation, dont on peut dire que la cérémonie fut la journée finale de cette terrible période de la vie politique et militaire de l'Italie, déchirée et ruinée plus qu'elle ne l'avait jamais été depuis l'invasion des Barbares 1 . »
1525. — Peu de temps après la journée de Pavie, le Pape fait quitter Rome à Alexandre de Médicis, fils naturel de Laurent, à Catherine de Médicis, pour rejoindre Hippolyte et le Cardinal de Cortone à Florence. Éducation de Catherine confiée à Madonna Clarice Strozzi, dans le palais des Médicis de la Via Larga.
1527. 26 avril. — Tumulte dans Florence contre les Médicis et leurs partisans. Tentatives du Cardinal de Cortone, appuyé par le Duc d'Urbin et l'Ambassadeur de Venise, pour empêcher l'éclat d'une révolution.
II mai. — La nouvelle du sac de Rome arrive à Florence et fait reprendre courage à la faction adverse aux Médicis.
16 mai. — Succès de cette faction , dû en partie à la faiblesse du Cardinal - gouverneur des jeunes Médicis déclarés exilés.
17 mai. — Départ des deux Médicis, Alexandre et Hippolyte.
Niceolô da Ponte, publié dans le volume IX des Reiaxioni degli Ambasciatori Vcneti, p. 141 à 2V7.
1 François Sforza annonçait ainsi de Bologne aux Milanais la date désignée pour cette cérémonie si pompeuse : « Et per che la Cesarea Maesta ni ha fatto intender che alli xxiiii di questo (febraro) che è il suo giorno natale e nel quai ha recevuto infinité vittorie , è per prender la corona sua del imperio, ci siamo risoluti non partirsi de qui sin che non sia seguitta la coronatione di S a M fc in laqualc intervenerano il S. Duca di Savoia S r Marchese di Mantua e Mo n fera to. »
Faction des Ottimati dominante avec Niccolô Capponi.
Mai. — Catherine de Médicis, qui avait été envoyée dès les premiers troubles à la villa de Poggio Gaiano avec Madonna Clarice Strozzi sa tante, est enlevée de cette villa des Médicis par ordre de la Seigneurie, et confiée aux Nonnes du couvent de Sainte-Lucie, dans la Via San Gailo.
Madonna Clarice Pen retire de sa propre autorité, puis, redoutant une sédition plus violente, la reconduit au cloître qui fut sa résidence jusque vers la fin de cette année 1527.
Décembre. — Catherine est retirée du cloître de Sainte- Lucie pour être confiée à celui de Sainte-Catherine de Sienne, où le sieur de Vely, ambassadeur de France, obtient de la Seigneurie de la retirer pour la conduire au couvent des Murate.
1528. 7 décembre. — Entrée de Catherine de Médicis dans ce couvent dit delta Santissima Ânnunziata dette Murate.
1529. 17 avril. — Avec l'exclusion de Niccolô Capponi, et Pélection de Francesco Carducci, le parti des modérés succombe, et la faction démocratique — Arrabiati — est au pouvoir.
29 juin. — Traité de Barcelone, conclu entre Clément VII et Charles-Quint, lequel promet sa fille naturelle Marguerite à Alexandre de Médicis.
Ilippolytc de Médicis est créé Cardinal.
Armements des Florentins.
5 août. — Paix de Cambrai entre l'Empereur et le Roi, qui ne comprend pas les Florentins dans ses articles.
12 août. — Charles-Quint s'embarque en Espagne sur les galères d'Andréa Doria pour se rendre en Italie. Il arrive à Gênes et se rend de là à Plaisance, Reggio et Modène, se dirigeant vers Bologne, où devait avoir lieu
l'entrevue avec le Pape, la négociation de la paix et le couronnement.
Le Prince d'Orange, sur l'ordre de Charles-Quint, à l'instigation de Clément VII, se prépare à envahir la Toscane.
Août. — L'Empereur arrive à Gênes; les Florentins lui envoient quatre ambassadeurs, dont la mission fut sans succès.
Septembre et octobre. — Premiers temps et apprêts du siège de Florence, dont la défense est acharnée.
5 novembre. — Entrée de PEmpereur à Bologne, où il trouve le Pape Clément VII.
1530. — Continuation du siège de Florence. Epuisement et famine. Longueur extraordinaire du siège de la ville.
22 février. — Charles-Quint reçoit du Pape la couronne lombarde, et le 24 la couronne de l'Empire.
22 mars. — L'Empereur quitte Bologne, et arrive le 25 à Mantoue.
9 avril. — Retour du Pape à Rome.
20 juillet. — Salvestro Âldobrandini est chargé de retirer Catherine de Mèdicis du cloître des Murale, que l'on considère comme trop partial pour les Médicis, et elle est conduite au cloître des Nonnes de Sainte-Lucie.
12 août. — Florence, épuisée, consent à traiter avec Ferrante Gonzaga, qui avait succédé au Prince d'Orange, et avec Baccio Valori, commissaire de Clément VII. Elle ouvre ses portes, et en septembre, le retour des Médicis est décidé.
Octobre. — Dés les premiers jours, Catherine de Médicis est retirée du monastère de Sainte-Lucie et conduite à Rome, près de Clément VII. Elle avait alors onze ans et six mois.
1531. 12 mai. — Avis du prochain retour d'Alexandre
de Médicis avec l'Évoque de Vasone et les autres procuratori pontefici qui étaient partis en septembre pour Augsbourg et pour les Flandres, afin de rendre hommage à l'Empereur, qui avait déclaré cet Alexandre chef de la république de Florence
1 er juin. — La Seigneurie élit quatre Ambassadeurs pour aller au-devant du Médicis (alors fait Duc di Citta di Penna).
3 juillet. — Arrivée de Mussetola, ambassadeur de l'Empereur à Florence, pour installer le Médicis, qui entre le 5 et prend possession. « Al v di présente, el Duca Alcsandro entrô in Firenze honoratissimamente, smontô in casa sua el di seguente andô a visitar la Signoria in Palacio, el S or Mussetola fece un oratione corne oratore Cesareo, costituô el predettoDuca primariodi questa republica corne erano stati Cosmo, Lorenzo, et altri soi predecessori. (G. Ândreasi.)
1 Les Archives de Milan renferment de très- intéressantes dépêches sur le séjour de l'Empereur dans Augsbourg et dans les Flandres. Ces documents méritent une attention particulière. L'Envoyé était Bernardin ils Ghilinus.
Pièces et documents consultés, relatifs aux négociations du mariage de Catherine de Médicis.
Ces documents sont très-nombreux et appartiennent à des archives de différents États. L'indécision du Pape, ses tergiversations, son instinct inné à ne jamais donner une réponse positive aux négocialeurs,ont occasionné un nombre in6ni de dépêches qu'il serait d'ailleurs inutile de reproduire en entier, tant elles sont pleines de redites ou de détails déjà connus. Nous ne signalerons donc ici que les passages qui nous ont paru mériter quelque intérêt, soit parce qu'ils touchent à la personne même de Catherine, soit parce qu'ils mettent à jour le mode et la façon ambigus avec lesquels le Pape, son parent, traitait cette affaire dite le mariage de sa nièce.
Dès 1524, au mois de mars (Catherine n'ayant encore que six ans) , apparaît pour la première fois dans les documents le projet de la déclaration d'un mariage entre la petite Médicis et le second filb de France. Le Roi Très-Chrétien avait alors un puissant intérêt à se concilier l'esprit. du Pape, et il avait cherché à séduire sa politique en caressant son ambition au moyen d'une alliance grosse de promesses. Castiglione, toujours digne de créance et le mieux informé de ceux qui approchaient Clément VII, dit, à la date du 30 mars : « 11 Signor Alberto (da Carpi) offerisce al Papa per parte del Christianissimo di far Re di Napoli Hippolito, figlio del M 0 Juliano, et la figliola del Duca Lorenzo,
darla al secondogenito et farlo Duca di Milano'. » La confusion des événements avait ensuite détourné le cours de ces négociations, qui furent reprises six ans plus tard, vers la fin de 1529.
Pendant l'hiver de 1530, Francesco Gonzaga, Ambassadeur de Frédéric, Marquis de Mantoue, avait donné suite à quelques ouvertures pratiquées par son collègue Malatesta auprès du Pontife, à Bologne, pour une alliance à contracter entre Catherine et son Souverain; mais elles furent tôt abandonnées à la suite d'une conversation qu'il avait eue le 18 janvier avec l' Évoque de Vasone, confident de Sa Sainteté pour ses affaires de famille, lequel répondit : « Che ben era vero che quando Sua Signoria ne parlé col
1 Baldassare Castiglione était alors à Home, pour la troisième fois, au service de son souverain le marquis de Mantoue; il partit peu de temps après Nonce du Pape en Espagne, et y mourut. Il est l'un des plus célèbres Italiens qui à cette époque aient honore les belles-lettres et les négociations diplomatiques. Son goût poulies arts lui valut l'étroite amitié de Raphaël. Né en 1468 à Casatico, près Mantoue, il fut chargé d'une mission en 1506 auprès du Roi d'Angleterre, fut un des hôtes les plus assidus de la célèbre Cour d'Urbin, et fut envoyé à Rome, Ambassadeur de Mantoue, en 1519, au mois de mai; sa première dépèche est du 27 de ce mois. Parti pour Mantoue pendant l'hiver de 1520, à l'occasion de la mort de sa femme, il revint à Rome au mois de juillet, et y résida jusqu'en février 1523. Revenu à Mantoue, il repartit pour Rome en novembre, pour y saluer Pape celui qu'il avait tant connu comme Cardinal de Médicis et près duquel il resta jusqu'au 8 octobre de l'année 1524. En 1525, au mois de mars, Baldassare Castiglione partit Nonce du Pape auprès de Charles-Quint, alors en Espagne, et mourut en avril 1529, à Tolède. Les Archives de Mantoue renferment de nombreuses dépêches, la plupart autographes, dont un grand nombre ont été publiées à Padoue en 1769, par Serassi.
Ponteficc retrovô Sua Santità meglio disposta et più pronta à questo parti to che ad alcun altro che li fosse apparso, per li respetti che gia anche sono stati scritti, ma se propose il passarsene per hora senza farne altra demostration ne pratica, per csser la putta in Firenze in un monasterio, et non nelle forze de Sua Santità che corne si havesse punto di sentore di questo mottivo, non è dubio che Fiorentini non facessero di Lei quello che anche Y altro di vi scrissi. » Le but et le désir de la Maison de Mantoue aurait été d'obtenir avec la main de la Médicis la possession du petit État de Carpi, occupé alors par le Duc de Ferrare. Mais telle n'était pas l'intention du Pape, dont la volonté n'était pas moins grande de bien doter sa parente. « Perché Sua Santità, ajouta l'Évêque, la ama molto teneramente et la tiene cara al possibile et ch'el sia il vero, Vasone me ha giurato che una délie cause de far ingrossar tanto mnggiormente Y animo di Sua Santità verso Fiorentini et accendersi in più sdegno et odio contrà de loro è stata lo haverli denegato de darli nelle mani questa figliuola, che infinité voltc Sua Santità gli ne ha fatta instantia ma mai non la hano voluta compiacer di modo che gli è parsa troppo strana simil renitentia tanto injusta et deshonesta et fuori d'ogni termine de humanità. v> (Francesco Gonzaçja.)
Les précieux documents conservés aux Archives de Milan dénotent que le Roi de France avait réentrepris la négociation du mariage de Catherine avec l'un de ses fils. Il n'a ait pas alors proposé le Duc d'Orléans, son second fils, mais Charles, son troisième. Le Pape avait recommandé le secret le plus entier, dans la crainte que sa divulgation ne persuadât aux Florentins de tenir la jeune héritière sous une surveillance plus jalouse. Le Cardinal de Gramont, présent à Bologne, et qui accompagna ensuite le Pape à Rome et s'y tint jusqu'en octobre, eut dans ses mains tout le
manège de cette alliance. Un concurrent plein d'ardeur alors, et le seul dangereux pour le fils de France, était le Duc de Milan François II Sforza, et la négociation de sa demande et de ses propositions fut confiée au Protonotaire Georgio Andreasi, dont les dépêches contiennent à la fois l'historique de toute cette affaire en Cour de Rome, tant pour la part de son Souverain que pour celle du Roi Très- Chrétien. C'est à ces dépêches que nous avons dû les détails successifs dont voici, pour ainsi parler, le résumé chronologique :
1530. 30 juillet. — Conversation de l'Envoyé de Milan (Andreasi) avec le Cardinal Salviati relative à la demande formelle de la main de Catherine pour son Souverain. Le Cardinal entre dans des considérations politiques à l'égard de la France, dont le Roi fait traiter le projet de mariage pour le Duc d'Orléans. Le Duc de Milan peut cependant espérer, car il a les sympathies du Pontife. Obligations à la plus grande réserve et au silence absolu , la jeune fille étant encore aux mains des Florentins rebelles.
13 septembre. — Nouvelle de l'arrivée du Duc d'Albany, oncle de Catherine de Médicis et son tuteur du côté de sa mère. « El Duca de Albania vene per concordare con Nostro Signore soprà li frutti percepti del stato délia nepote de Sua Santità e sua, et anche per parlar de maritarla nel Duca de Orliens, la quai pratica, per quanto intendo serra vana. N. S. ha ordinato ferla condurre a Roma. n (G. Andreasi.)
17 septembre. — Florence est abattue et rendue. Les instances du Duc de Milan ont lieu d'être plus vives. Il y va de tout son intérêt de se marier et de laisser au Duché un héritier. Audience du Pontife donnée à ce sujet à Andreasi. Il lui importe d'en parler à l'Empereur, auquel il n'a jusqu'à présent communiqué que la demande faite par
le Roi de France. La prudence de cet Envoyé lui indique que cette réponse est une fin de non-recevoir. Il n'a point dit au Pape les choses piquantes que lui avait précisées le Duc son maître, pour le cas où la réponse du Pape manquerait de franchise, car il sait trop combien le Duc aura besoin du Pape dans les occasions les plus diverses. « La ri s posta del Imperatore, dit-il, à Sua Santità soprà la pratica del Duca d'Orliens, fu che conoscendo Sua Santità per sua prudentia a quai camino mira el Christianissimocon questa oblatione de parentella, se sapera bene governare senza che Sua Maestà li dia la norina de quello habbia da rare, ma se remette assolutamente al giuditio di Sua Santità la quai con sua solita solertia se governarà prudentemente. Et revoltando poi el parlare al suo oratore dice che stia ben attento à quello seguirà più avanti et advisi con diligentia 1 . »
20 septembre, — L'Envoyé de Milan était aux écoutes du Vatican, et dès les premiers jours où Clément VII songea à dominer de nouveau Florence avec un gouvernement de famille, il en fut avisé. Ce passage de sa dépêche a de l'intérêt : « Ho inteso parlar fra denti da un huomo da bene che Nostro Signor tratta de redur Firenza in feudo sotto la casa de Medici, cominciando con el Duca Alexandre) quai è stato mandato a César più per questo che per altra cosa. Non l' ho per causa certa, ma lo credo in bona parte per qualche corrispondentia che ne ho havnto poi. Supplico V. Ex' far la tenir ben sécréta, perché o vera o falsa , la potria suscitar molti mali offitii como credo che la farà se per caso la vorrà poner in executione Firenza con Ferrara. Potriano anchora con l'adiutto de chi cerca garbuglii causar gran foco in I ta lia, quod Deus averlaO. »
1 Archives de Milan. (Carteggio Borna, 1530.)
2 /</., ibid.
5 octobre. — Le Cardinal de Gramont est à la veille de partir. Le Comte Pierre-François de Pontremoli demeurera en qualité d'Ambassadeur pour le Roi jusqu'à l'arrivée de celui qui aura été désigné.
Même date (autre dépêche). — Le Pape se joua d'abord des propositions que lui fit le Cardinal de Gramont touchant le mariage de sa nièce. Ce fut une façon pour lui de promener la question et de connaître à fond les intentions du Roi en demandant une héritière que Sa Sainteté feignait de croire de trop humble naissance : « Sua Santità rispose non creder che Sua Maestà attendesse a tal cosa se non per burla , allargandosi quanto più posseva da la pratica et lei (il de Gramont) tanto più instava, dicendo che la nepote di Sua Santita era nobilissima et oltrà la sua hérédité, Sua Santita gli potria aggiunger Parma et Placentia, al che Sua Santità meggio in colera rispose che ne a ley ne ad alcuno homo di casa sua un merlo di quello di la giesia. Sua Signoria Révérend issima disse che corne Ecclesiastico, laudava quello suo bono concetto, ma che s'haveria possuto dar contracambio équivalente altrove alla giesia, instando et pregando Sua Santità che gli facesse gratia de darli sua paroi la perche teneva carissimo che gionto che fosse in F ranci a subito la conclusione. Sua Santità non H volse dar parola, giocando sempre sul largo 4 . »
Entre cet avis du départ effectué de Rome par le Cardinal de Gramont pour la France et celui de l'arrivée à Rome du Duc dAIbauy, venant de France, la jeune parente du Pape, Catherine de Médicis, était partie de Florence et avait fait son entrée dans cette même Rome à la date du 12 octobre : « Heri venne la Signora Duchessa nepote di
1 /</., ibid.
JVostro Signore qui in Roma et sta alloggiata in palazzo di Medici. Io non Iho per ancor vista, ma intendo esser stata assai grande e bel] a 1 . »
5 octobre. — Une autre dépêche (celle de l'Envoyé de Milan) dit : « Doman deve intrar la S' nepote del N. S. allogiara in casa del S. Jacobo Salviati por ha ver la compagnia de M* Lucretia moglie del predetto Salviati quai è tenuta mol ta donna da bene et de ottimi coslumi. »>
28 octobre. — Dépêche très-curieuse de l'Envoyé du Duc de Milan. Son entretien avec le Pape sur le mariage de Catherine demandé par la France. Sa Sainteté maintient que la chose lui paraît être une plaisanterie de la part du Roi. Messer Andreasi termine par quelques détails sur la personne même de Catherine, désignant les personnes attachées à sa maison dans Rome.
Ill no et Ex ao S or et Patrone mio unico.
Ileri trovandomi con N. S. mi fece cadere in proposito dirli che V. Ex ,u per risposta de la prima letlera ch'io gli scrisse sopra la resolutione de la pratica del Matrimonio de sua Nepote se contentava expettare la resolutione che doveva venire dal Imperatore per aviso del Duca Alcxandro, 'ma che la desiderava bene quanto più presto la fosse venuta la ne fusse chiarita. Sua Santità disse che la credeva non dovesse tardare; et gionta me ne daria notitia perché oltra la prima instructione havea anchora fattoli scrivere conforma mente che con instantia se volesse chiarire de la mente de Sua Maestà sopra qucsto passo, del quale haveva anchora fatto scrivere per altri in adiuto di questa materia. Il che al mio juditio è stato per mezo de
1 Archives de Mantoue. Déjiêche, de Francesco Gongaza, 13 octobre 1530.
questi oratori faccndoli gelosia del X™ 0 pcr conto del Duca d'Orliens suo figliuolo. Io dissi a Sua Santità havere inteso che la havea data qualchc speranza con bone parole al ReV" Âçramonte. Sua S u non lo negô, ma disse : « Sarestï tu di parère che recercandone il Christianissimo una nosira Nepote per m o y lie de uno suo fiyliolo yli la dovessemo negarePn Io resposeche in caso che la recercasse per volerla, el parère mio séria de darglila, ma che io pensava che li effetti fossero contrarij assai da le parole. Sua S" disse che la era de quella medema opinione, et perô havea resposto al predicto Âçramonte che non voleva che la tenessero cosi simplice che la non cognoscesse che la sua Nepote non era recercata da Sua M" Ghristianissima per volerla , ma per molti rispetti che alhora non çli occorreva dirli, ma in ispecie chel non era partito pare per uno figliolo de Re, ma se conveneria più per uno serviiore, et respondendo el predetto Agramonte che contentandosene Sua Maestà come se contenta chel partito era assai pare, Sua Santità respose che la non vedeva se non parole, ma che vedendo de li effetti , à quali la potesse prestare fcde che la parlaria d' un altro modo. Io allora disse : se adunque venesse resolutione dal Imperatore, Sua Santità haveria poi anchora ad aspettare risposta dal Christianissimo. Essa mi rispose che non perché è certissima quella pratica essere per hurla, et perô non resta ri a uno ponto per questo ad risolversi con vostra Excellentia havuto el consenso da Cesare : M'è parso debito fare sapere a vostra Excellentia questo poco di più, adciô che la sappia quello che s'è a(;itato doppo che fu scritta Y ultima mia sopra questa materia.
Come per altre mie scrissi la predicla Nepote di Sua Santità è quà già qualche di. La ho vista due volte a cavallo, ma non a mio modo per darne juditio; per la età
m' è parsa assai grande, de belleza conveniente, senza alcuno fuco, dico netissima de beletti , biancha di sua natura, grassotta nel viso, ma a me pare molto tenera, nè credo se potesse congiongere con uno homo convenientemente che non gli corresse spacio de uno anno e mezo almanco da) di de hoggi; se dice essere di bon sentimento, et de ingenio molto acuta, et accorta per la età. Allogia in la casa del Duca Alexandro. Quando cavalca è accompagnata da paggi del predicto Duca con li suoi cavalli grossi et altri Gentilhomeni, et con el Vescovo de Forli mastro di casa del Rêver" 10 Medice che va in sua compagnia hora che el Vescovo Tornaboni che l'ha condutta da Firenza, et al mio credere ha la cura sua, si trova indisposto. Cavalcano anchora con essa tre matrone florentine di età. Baso la mano de vostra Ex"* et in sua bona gratia humilmente me ricomando. Rome, xxvm octobris MDXXX.
De vostra IIl nu et Ex»* S.
Humil" 0 servuo Zobzo Andreasio.
Allô IU mo et Ex mo S 0T et Patrone mio unico lo S ot Duca de Mitano, etc. 1 .
Jusqu'alors, on peut dire qu'en fait de négociations pour ce mariage, la question en avait seule été posée, mais qu'elle n'avait pas été traitée. Le Cardinal de Gramont avait rempli le premier office, le Duc d'Albany, oncle de Catherine, s'occupa du second.
5 novembre. — Arrivée du Duc d'Albany et son entrée dans Rome. Les voitures des Cardinaux et des Ambassadeurs, de César et du Roi de Hongrie, vont à sa rencontre.
1 Archives de Milan. (Carteftgio Roina , 1530 : chiffres de l'Andreasi.)
Il vient ambassadeur du Roi Très-Chrétien ; est logé au Monte Jordano.
10 novembre. — Le Duc d'Albany s'entretient continuellement avec le Saint-Père, et le presse beaucoup pour consentir au mariage de sa nièce.
15 novembre. — Entrée de Don Pietro délia Cova, Ambassadeur de l'Empereur. Son audience. Arrive chargé d'instructions, parmi lesquelles quelques-unes touchant le mariage projeté de la Médicis.
16 novembre. — « Lo Signor Duca d'Albania hyeri alla Signora Duchessina présenté doni di gioie manilie et altre galanterie di valu la che passa ducati et di più gli fa fornire tre achinee bellissime con richissimi fornimenti che bastarebbono a ogni gran Regina corne forse ella sara, pero che secondo io intendo si tratta 'lmaritaggio di lei per il Re di Scocia non senza volunta del Re Christianissimo, è cosa che facilmente puô riuscire eccetto che se rimanesse per non dar sospetto et ombra al Re Anglico et credo ancor che l'Impcrator non lhavesse molto caro ne gli piacesse troppo 1 . » (Fabritio Peregrino.)
18 novembre. — Le Pape donnait ce jour plus d'espoir au Duc de Milan pour obtenir la main de Catherine, allant jusqu'à dire : « E se non chel cognosca chel saria impossibile tenere la cosa sécréta lhaveria già conclusa sécréta mente J ... »
27 novembre. — Changements et mutations à prévoir dans l'esprit du Pontife. Le Cardinal de Mantoue étant arrivé à Rome, peut-être a-t-il demandé la main de Catherine pour le Prince son frère.
1531. — Catherine de Médicis put connaître, pendant
1 Archives de Mantoue. E. xxv. lloma. Divers».
2 Archive» de Milan. (Carteggio Andreasi.)
son séjour à Rome, cette année-là , ce qu'il en était des fêtes, en cette ville, à l'époque du carnaval, signalées en ces termes par l'Envoyé de Milan : « Âncora che se mora de famé e di sete per la mala stasone del recolto del présente an no, per la perdita grave e générale fotta dal diluvio et per ossidione che fano sette fuste de mori per tutta questa spiaga, tum dopoi se comincia a far maschare, che fu alli v del présente, se vedeno tante feste, conviti di Cardinali con far amazzar tori, giochi de cane, correr li palii soliti, preparamenti de comédie et altre simile cose de tal modo che par che ad ogni uno sia tornato un altro cor et un altro animo ma per ciô non cessa la carestia de ogni cosa de sorte che par cosa miraculosa quella alegria fora de tempo e di ragione '. »
25 février. — Les demandes du Duc d'Albany au Pontife étaient exorbitantes. Giovanni Robio, envoyé du Duc de Milan au Roi de France, et qui avait causé longuement avec le Nonce, rapporte dans sa dépêche : « Esso Duca di Âlbania non è mancato di diligentia et Sua Santità glt ha dato sempre orechie, perô corne de cosa che non potesse seguire... E se Vostra Eccelentia vol che li scriva de le chimère del Duca de Albania per satisfattione sua li dirô che esso aveva preposto maritandose la nepote di Sua Santità nel figliolo del Christianissimo, Sua Sanlità li dovesse dare in dote Parma et Piacentia, Regio et Modena, et nominava Pisa et Ravenna, et chel Christianissimo fosse tenuto adiuttore chel Duca nepote di Sua Santità se facesse Re de Toscana. Nostro Signore ha resposto mai essere per alienare alcuna cosa applicata alla giesa poi non volere assentire ad ulla cosa contro la capilulatione di Bologna, di manera che quando se ne parla
1 Archives de Milan. (Id., ibid.)
pare se facia per uno spasso'... » Cependant, bien que le Pape ait constamment feint de ne pas prêter une oreille trop bienveillante à la demande, Sa Sainteté en usa différemment avec le Cardinal de Gramont, nouvellement envoyé de France à Rome.
10 mai. — Entrée à Rome du cardinal de Gramont.
L'activité donnée aux négociations fut telle, que dès le 3 juin suivant on en venait à dire dans Rome que le Pape était tellement lié par la promesse qu'il avait faite de la main de Catherine, qu'il ne se pouvait plus dédire sans occasionner de grands troubles.
4 juin. — Le mariage avec le Duc d'Orléans est admis en principe, mais le contrat rencontre encore des difficultés. Le Roi voudrait que la jeune Médicis fût aussitôt envoyée en France, quoiqu'elle ne fût pas encore en âge d'être mariée. Le Pape s'y refuse absolument. « Nostro Signore non volendo dar la nepote in la loro mano sin chel Duca di Orliens non ha compito la eta di posser contrahere per verba di présente. Et la instructione del di Gramonte non si extende ad contraher nisi per verba de futuro 2 . »
17 juin. — Départ du Cardinal de Gramont pour la France, où il arrive le 2 juillet.
19 juin. — L'Envoyé du duc de Milan en France lui donne avis que les nouvelles de Rome sont toutes favorables au mariage.
Pietro Francesco de Pontremoli, parti le 10 de Rome avec les dépêches, doit rapporter les réponses du Roi Très-Chrétien sur tous les articles.
23 août. — Arrivée de l'Évêque d'Auxerre à Rome comme ambassadeur, pour appuyer le Duc d'Albany.
1 Archives de Milan. (Carteggio générale. Francia.)
2 Archives de Milan. (Cart. Borna.)
26 août. — Audience curieuse donnée à l'Envoyé du Duc de Milan, dans laquelle le Pontife explique ses doutes et ses inquiétudes. Il ne voudrait, en somme, dire ni oui ni non à aucun des prétendants, dans la peur de mettre le feu à l'Italie, et de suscitera Rome de nouveaux ennemis. Toute la dépêche du Protonotaire est en chiffres, et telle en est la traduction :
u Intendendosi chel Duca de Albania col Vescovode Uscera (Âuxerre) Oratore Francese novamente gionto instavanoimportunamente Sua San" ad volere de présente fare il matrimonio de la nepote col Duca de Oriens per verba de futuro, lassando essa nepote qua, et con tutti )i altri partiti che ricerchava Sua San ta non rebattendo alchuno. Et sopra ciô havendo amplo mandato de concludere cerchavano acuratamente venire alla conclusione con animo che se publicasse immédiate li Caesarei non ben securi che li grandi partiti che offeriscono essi Francesi non potessero fare prevaricare Sua San ta fecero dispositione de reparare in opposito. Et comenzando con il Musetola, et la matina sequente per il Rorgho, poi con il Mayo et ultimo per il Rev™ 0 Osma non mancorno ogniuno d'essi separatamente de fare quello bono ofificio che sia possibile per interrumpere tutto il tractato in questa materia. A me parse ben lassare procedere tutte queste digestione de materia prima che comparesse ad Sua San'* per vedere se possibile fusse havere qualche bona resolulione. Slando in questa expectatione gionse la de vostra Exc tu de 19 con uno Capitulo, quale inteso me cohortè il di sequente andare ad Sua San". A la quale havendo facto intendere con quelle più accomodatc parole che mi parseno convenire ad questo proposito il continente in essa zifra, Supplicai ad Sua San" che se dignassc darme qualche resoluta res posta per possere consolarc vostra Exe 1 ' 01 '* del suo intenso et justo desi-
derio, ad fine che la potesse accomodare alla sua bon a voluntà. Alla quale in ogni caso la se voleva conformare. Sua S u respose che vostra Ex u ' non era sota che ricerchasse questa resolutione la quale era difficile et periculosa ad chiarirla cosi con essa, corne anche con Francesi : perché undique erant angustie discorrendo che li predîcti dui Oratori Francesi la stringevano con tutte le vie del mondo ad venire alla conclusione, lassando hora ad parte el volere la nepote in Franza, et ogni altra difficulté, nè parlando de alchuna cosa se non del puro matrimonio. In excusatione del quale per non possere chiarire la posta per molti respetti, gli haveva risposto che non gli pareva bene di farlo se non in tempo chel Figliolo fusse in età légitima di possere contrahere validamente. In la quale se hora se gli trovasse non gli denegaria essa nepote per condurla poi dove volessi fatto il matrimonio. Ma perché gli corre tempo , et le gelosie che ha ogni Principe et Potentato de Italia che non gli sia perturba ta la quiete in la quale hora se ritrovano, non possono stare senza suspecto
de questa Parentela, anchora non conclusa. Et
? che de presenti Genovesi et Venetiani 1* ha-
vevano già motegiato de suspetto. Tamen chel dubtta sel venesse hora ad alchuna conclusione, chel séria abhorrito da tutti corne destruttore de la pace et quiete de Italia, et temeria, che non gli havesse ad succedere ad damno ultra il carico, non ha voluto in questo nominare lo Imperatore per non accendere più foco, perché havendo già datoli il consenso, pareria che hora el disentesse dal gia approbato, quale perô fu pensato ad bonofine, credendo con questo mezo de parentella un ire il Ghristianissimo in pace, et ben unito con sua Maestà, almeno per qualche tempo nel quale se potesse stabilire meglio le cose de Italia, asscttarc la secta Lutberana, et fare qualche provisione a le cose
del Turcho, per pace o per guerra : Ma vedendo che quello che se credeva dovesse essere causa di pace era fomento di rixa, et di guerra, fa hora mu tare opinione per contrario; che se vol esse hora resolvere ad concludere con vostra Ex u ' il matrimonio, veneria ad condure il Christianissiino ad u na despcratione manifesta, per la quale el non lassa ri a alchuna cosa intemptala per fare apizare foco in tutti li loci chel potesse a danno de Christiani, ultra che la dubita che a sua Santità levaria la obedienlia, et faria de li al tri mali quanto gli ne potesse venire in mente per tutte le vie del mondo. Perhù pareva bene ad sua San u lassare partire prima il Duca de Àlbania di quà. Il quale per monstrare de fare qualche cosa insta assai questo matrimonio più che de laltro, havendo più qualche longa confidentia si per la affinité, como anche per havere pratichata la cosa più longamente con sua Santità. lo gli dixi : « Adunclw per havere risolutione bisognarà expeclare chel venesse la età de questa Duca de Oriens : Et pot in caso chel venesse al affetto nui saressimo exclusi. » Sua San u disse credere che non. Ma che la credeva non se possere resolvere al manco fin che lo Impcratore non venesse in Italia, per la prescntia del quale potria essere che sua Santità se resolvesse in bene per nui. Io penso che sua Santità voglia per scotto lo Impcratore per monstrare che per satisfactione d' esso, et per"levare in tutto la gelosia alli Principi Italiani era stata necessitata ad concludere con vostra Ex ,u questa parentella, a ciô che Francesi se la comportasses più facilmente per fugire la rottura con esso, incolpando la necessità. Questo è quanto io ho possuto cavare da sua Santità. Hora tentarô li Cesarei et Salviati et altri per intendere qualche cosa più ultra s' el sarà possibile : benchè mi peisuado possere havere poco più ultra parendome che sua Santità se sia largata assai confi-
dentemente circa lo effetto conclusivo se ben la se liavessc retenuto qualche particulari in se, etc. *. »
17 septembre. — Le Duc d'Albany se prépare à quitter Rome sans emporter aucune conclusion.
27 septembre. — Départ du Duc d'Albany pour France, où il arrive le 15 octobre.
14 octobre. — Lettre très-rationnelle du Duc de Milan à son Envoyé à Rome, par laquelle il montre de vouloir abandonner la demande, la voyant engagée à ce point du côté de la France. Il a trente-huit ans, la nièce du Pape en a treize. S'il obtient sa main, le Roi lui cherchera querelle, comme à quelqu'un qui aurait enlevé la femme de son fils.
30 décembre. — Sa Sainteté prend plaisir à ne pas se résoudre « vedendo anche che la nepote più presto guadagna andando inanti per qualche anni che la perda presuponendo sempre che vivendo Sua Santità non gli possi mancare parlito conveniente ». (G. Andreasi.)
1532. 15 février. — Catherine assiste aux fêtes du mariage du Signor Cagnino Gonzaga avec la fille du Signor Palavicino, neveu de Jacques Salviati : « El convito s'è fatto questa mattina in casa dcl Révérend 0 Salviati dove habita anche il padre e la matre con q' figliola erano li R mi Ravena, Ursino, Cesarino, Ridolfi, Mantua, li dui Oratori Cesarei, el Francese, el Cavalier Casale et Firentino, con la sposa era la Signora Duchessa, la moglie del Signor Sciarra Colonna, la sposa del Cesarini, la Signora consorte del Oratore Burgo. » (G. Andreasi.)
Avril. — Changement de gouvernement dans Florence.
1G avril. — Résolution du Pape d'envoyer Catherine de
' Archive» de Milan. Copié sur le déchiffrement original. Ex iiîr'ii D. Georg. Audreasii. Roina;, die 20 auyusli 1531.
Médicis à Florence, son frère naturel Alexandre de Médicis y étant le chef du Gouvernement. « Farta la festa di San-Marco, partira la Duchessa per Firenze. >* Elle dut quitter Rome dans les derniers jours de ce mois, et depuis elle n'y revint jamais plus.
15 mai. — Hippolyte de Médicis, persuadé par le Pape, consent à rester Cardinal avec de grands bénéfices, et le 20 juin est nommé Légat contre le Turc, en mission près l'armée impériale en Hongrie. — 26 août. Son entrée solennelle à Ratisbonnc, où il est rencontré par le Roi des Romains.
4- septembre. — L'Empereur aurait voulu s'opposer, à celte époque, aux conclusions du contrat de mariage entre la jeune Médicis et le fils du Roi de France, prétendant u che nulla lo fa più star ncllc sue chimère chc la pastura che gli da Sua Santità » . (Georgio Andreasi.)
Octobre. — Projets et négociations d'une nouvelle entrevue du Pape et de l'Empereur. Don Pietro délia Cueva négociait à Rome les grandes questions qui étaient pertinentes à cette Cour, et avant tout la question du Concile.
1 er novembre. — L'avis parvient à Rome que l'Empereur viendra à Bologne pour s'aboucher de nouveau avec Sa Sainteté.
18 novembre. — Départ de Sa Sainteté pour Bologne par le chemin des Romagnes.
10 décembre. — Arrivée de l'Empereur Charles à Modène venant de Mantouc, où il était depuis le 6 novembre.
12 décembre. — Son entrée à Bologne *.
1533. 4 janvier. — Entrée à Bologuc des Cardinaux de Toiirnon et de Gramont, accompagnés au Consistoire par
1 Voyez dans Y Arch'wio slorico italiano, t. VI de V Appendice, p. 189, le curieux commentaire historique Carlo V in Modena, par le Marquis Giuseppe Campori.
tous les autres Cardinaux présents. Le séjour du Pape et de l'Empereur dura jusqu'au mois de mars.
27 février. — Traité signé à Bologne par le Pape et l'Empereur.
28 février. — L'Empereur part de Bologne pour Modène, puis pour Reggio, voulant aller à Crémone, Pizzighctone, Lodi, Pavie, Vigevano, Vallenza, Alessandria et Gênes, où il fit son entrée le 30 mars.
22 mars. — Le Pape, parti de Bologne pour Àncône le 10 mars, va à Lorette, d'où il part le 25, prenant la route de Camerino, pour venir ensuite à Rome à petites journées par Todi et Cività-Castellana.
3 avril. — Retour du Pape dans Rome; sa rentrée sans aucun cérémonial.
29 avril.—- Le Cardinal de Gramont, retenu malade à Ancône, s'était fait porter à Rome et y arriva ce jour.
3 mai. — Sa longue audience avec le Pape, accompagné du Cardinal de Tournon, pour traiter de la prochaine entrevue de Nice avec le Roi Très-Chrétien.
25 mai. — Consistoire tenu sur la convenance ou la nécessité de cette entrevue : « Caesar secondo ho inteso rende alla lcttera de Sua Santità soprà questa sua rechiesta havergli detto el parer suo in Bologna, ma poi chel par a Sua Santità voler andar, se remette a lui, recordandegli ad voler rnantenire la quiete d'Italîa et de osservare quelle parole che la gli disse poco avanti de la sua partita da Bologna. El timor del concilio causa tutte queste impertinentie. » (G. Andreasi.)
7 juillet. — Départ du Cardinal de Gramont pour France.
17 juillet. — Le voyage de Sa Sainteté à Nice est résolu. Le Pape enverra Ja fiancée en avant, et Philippe Strozzi, chargé de disposer toutes les choses qui lui seront nécessaires, est parti pour Florence.
19 juillet. — On dit à Rome que la dot de Catherine sera de cent mille ducats comptants, des joyaux pour trente mille, parmi lesquels un rubis acheté jadis par le Pape Jules, des vêtements, des tentures de lit, des crédences et autres choses, le tout compris pouvant s'élever à la somme de deux cent mille ducats.
23 juillet. — Un avis parvient en Cour de Rome que le Roi Très-Chrétien, parti de Lyon, est tombé gravement malade. On désire vivement ici que le voyage de Sa Sainteté soit empêché pour divers motifs, les uns politiques, les autres privés. Le Cardinal de Gramont parle d'aller à Florence pour accompagner la Duchesse et s'embarquer avec elle pour Nice. On dit qu'à l'instance de la République de Venise, Catherine renoncera à son titre de Duchesse d'Urbin et à ses prétentions sur cet État.
29 juillet. — La date du départ de la fiancée pour Livourne et la Spezzia sera, dit-on , dans douze jours, le rendez-vous étant indiqué à Nice pour le 3 septembre.
G août. — Lettre de la Duchesse de Camerino à la Marquise de Mantoue pour la prier de faire broder à Mantouc les robes et parements de la fiancée :
« 111°» et Ecc™ Sig M mia Op»*,
» Ependo io venuta qui in Firenze per ordine di N. S. pcr accompagnar la Ecc ,M Mad^ d'Orlicns in fino a Niza, ho trovala S. E. molto sfornita di tut te cose necessarie, et max e per la persona sua et per lo suo vestire, et per non si trovar qui maestri che sappino lavorar di recami che sieno al proposito, siamo state forzate mandar costà due vesti, et due sottane a farle recamar, et acciô che detta Madama sia ben servi ta ho voluto usar questa prosuntion et villania di drizzar questo messo a V. E. che so, che è tanta la sua humanità et corlesia che la si dignerà a m met-
terini la sensa, et cosj le mando detti vesti et sottane supplicandola che clla mi facci gratia di farle dar a qualche buon maestro, che le lavori secondo la intromessa Poliza, et mando anche tre lib. d'oro, duc lib. d'argento, et due lib. di seta : et si per sorte non bastasseno per far fare talj lavori, quella sevogli dignar farmelo intendere, che se mandera più; et se fosse anche costi qualche bel lavoro di seta nera o di cremesino d'oro et di seta, quella mi farà gratia di farli dare al portator di questa, che posta dinari da pagar il tutto, et detti lavori hanno da servir per lenzuoli, et per moschetti. Et di gratia V. E. mi perdoni s* io uso tanta prosuntione, che corne ho detto la sua grande humanilà et la servitù che le tengo ne son cagione, et cosi reverentemente le bacio le manj. Et perché la prcfata Madama ha da partir di certo, bisognaria che le veste fusseno lavorate il più tosto, che fusse possibile, acciô se le potesse portar con esso Ici : quando non si potesseno far a tempo, daremo ordine poi che se le portino a Niza.
» Serva Duchessa di Camerino. »
Di Firenze il vj di Agosto 1533.
Alla IIH et Ecc™ S™ mia Op™.
La Sig n Duchessa Isabella di Mantova
12 août. Rome. — Un retard sera apporté au départ du Pontife et à celui de Catherine. Les lettres de France manquent, et le Cardinal de Tournon est dans Pincertitude sur ce qu'il doit faire. Il s'engage des paris dans Rome sur la volonté qu'aurait le Pape de ne plus effectuer son départ. On parie quinze pour cent.
15 août. — Nouvelles du prochain embarquement en
1 Archives de Mantoue. E. xxvu. Firenze. Diversi.
France du Duc d'Albany avec soixante-dix gentilshommes, pour venir prendre sa nièce a Florence et la conduire solennellement à Nice. Pour la première fois, on dit dans Rome que le Pape n'ira pas à Nice, mais à Toulon ou à Marseille, l'Empereur ayant obtenu du duc de Savoie de contester l'élection de Nice pour l'entrevue du Saint-Père avec le Roi de France.
28 août. — Le comte de Tonnerre est envoyé à Florence par le Roi, pour visiter la jeune Duchesse et lui offrir des joyaux.
1 er septembre. — Catherine de Médicis quitte Florence et va à Poggio-Caiano, le 5 à Carrare, et le 6 à la Spezzia.
3 septembre. — Nouvelle reçue à Rome de la présence du Duc d'Albany, arrivé à la Spezzia avec dix-huit galères, trois navires et six brigantins. C'est à Marseille qu'auront • lieu l'entrevue et les cérémonies. A la fin d'août, Catherine avait été atteinte d'une fièvre, et on avait craint à Rome qu'elle dût retarder son départ pour la France. Àndreasi écrit : « La Signora ne pôle di Sua Santità non puô partire de présente per indispositione fébrile clie novamente gli è venuta, non scio se la allegria del sponsalitio et consumation del matrimonio che se gli apropinqua la fara miraculosamente guarir. »
6 septembre. — Mort de Jacopo Salviati à Rome, âgé de soixante-treize ans. Toute la Cour le regrette. Sa femme et lui avaient été chargés de prendre soin de Catherine de Médicis pendant son séjour à Rome.
9 septembre. — Le Pape effectue son départ à la vingtième heure (style ancien), pour aller ce premier jour all'Isula, possession des héritiers de Giordano Ursini, à neuf milles de Rome. Il est le 20 à Poggibonsi, le 21 à Castel Fiorentino, le 22 à Pise, où il séjourna dix jours. Le 4 octobre il fut à Livourue, et s'embarqua le 5, salué
dans sa traversée, à Portovenere, par le Prince Doria et les galères d'Espagne. « Sua Santità s'imbarcô alegra e di bona voglia, con essa si trovorno ad imbarcarsi questi Reverendissimi Siena, San Severino, Il Camerlengo, Santa Groce, Tournon, Ridolfi, Trivulzio, Pisani, Medici quali si trovarono allo convito de la festa di sanlo Cosmo celebrato in Pisa per Sua Santità secondo il costume antico di sua familia. n (G. AndreasL)
« La corte di Sua Santità, écrivait Âgostino Spinola, per quanto si e stato scritto è molto magra et vi vanno solamente xm Cardinali tra li quali il Medici, e molto bravo, havendo tutti li paggi vestiti in casache di veluto verde appomellate a la Turchesca, con tela d'oro in campo bigio, capelli délia medema foggia, et archi ancora : e si stima habbino anche lecimiture '. n
7 octobre. — Sa Sainteté s'arrête à Villefranche jusqu'au 9.
13 octobre. — Àndreasi, en écrivant de Rome que Sa Sainteté avait envoyé au Duc d'Orléans, par le comte de Tonnerre, une riche et belle croix montée en joyaux et en perles, fait cette remarque sur la munificence exceptionnelle du Pontife pour cette occasion : « Ultra di ciô ho inteso doppo sua parti ta che lha portata una infinità di bellissime cose per presentar, il che è parso troppo estraneo, perché le due voltc che vene a Bologna Sua Santità non fece provisione de alcuna cosa onorevole per sua persona, ne per donar corne se la fusse ita ad dir la missa a Viterbo et hora non ha studiato in altro che de andar et comparer pomposissimo facendo provisione de moite e ricche cose donative, non scio se li serano grandi reconipensate et per esser in tuto alieno da sua natura ne ho
1 Archives de Mantoue. E. xxi. Gcnova.
voluto far motto à V. E. hora che lho intcso da asai bon loco afinchè la sapia quanta sia difcrentia da fer una cosa volontaria ad una forzata l . »
11 octobre. — Samedi. Après un jour et demi de navigation, depuis Villefranche, le Pape arrive à Marseille et descend dans une villa en dehors de la ville, où le Grand Maître vint lui présenter les clefs.
12 octobre. — Entrée solennelle de Sa Sainteté.
13 octobre. — Le Roi le vient saluer avec les Princes ses fils et six des principaux gentilshommes de la Cour.
14 octobre. — Sa Sainteté tient un consistoire public pour recevoir la Reine et les Princes.
23 octobre. — Entrée de Catherine de Médicis comme fiancée du Duc d'Orléans. Le Roi reçoit le Pape à souper.
26 octobre. — Cérémonie du contrat de mariage entre Catherine de Médicis et le Duc d'Orléans.
28 octobre. Mardi. — Cérémonie de la bénédiction nuptiale.
20 novembre. — Embarquement du Pape à Marseille pour retourner à Rome.
28 novembre. — Retour à Rome de F. Guichardin, qui avait accompagné le Pontife à Marseille et avait rédigé le contrat de mariage de Catherine.
10 décembre. — u Gionsi nostro signore x del présente cireà xxn bore in Roma, con buonissima valetudine, coine se tornasse de la sua vigna 5 . »
1 Archives de Milan. (Cartrgyio générale. Roma.)
2 /</., ibid.
Extraits des documents diplomatiques français relatifs aux négociations du mariage de Catherine.
Les documents français traitant des négociations ouvertes entre le Saint-Siège et la Cour de France pour arriver aux conclusions du contrat de mariage entre Catherine de Médicis et le second fils du Roi sont peu nombreux. Les pièces les plus intéressantes à connaître devraient être les dépêches adressées de Rome par le Duc d'Albany d'une part et le Cardinal de Gramont d'une autre. Nous n'avons rencontré ni les unes ni les autres. H y a lieu de penser que les dépêches du Cardinal doivent se trouver, soit en minutes, soit en copies, dans les papiers de l'illustre maison de Gramont, conservés par M. le Duc de Gramont, Ambassadeur de France près la Cour d'Autriche. La curieuse lettre au Roi écrite en avril 1530 par PEvêque de Tarbes , nous montre assez tout le parti que l'on pourrait tirer d'une telle correspondance, si elle était connue et publiée 1 .
1 Cette belle et curieuse lettre a été publiée dans le tome I er de Y Appendice à YArchivio storico italiano, 1842-1844, p. 473. La conversation que le Cardinal eut avec le Pape au sujet des affaires d'Italie et de celles de Florence en particulier est rapportée avec une vivacité et un entrain qu'on est peu habitué à rencontrer dans les dépêches françaises à cette époque.
Les quelques pièces que nous avons pu trouver appartiennent à des registres du fonds Clérambault et du fonds Béthune au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale. Ce ne sont que dépêches assez confuses , dues à un secrétaire de France , Nicolas Raince, résidant alors à Rome pour y traiter les affaires et en écrire selon que l'occasion le requérait. Nous les avons rapportées ici comme pièces et preuves à l'appui nécessaires plutôt que comme documents diplomatiques empreints d'un intérêt véritable.
« Je vous puis bien dire, Monseigneur, et soubz vostre correction, que, considéré ce que jay veu et entendu par le passé, je n'auroys creu que nostredit S 1 Père et mondit S r d'Albanye eussent pu estre si bien ensemble, ne que Sa Sainteté y eust prins si bon goust et se feust tant ouvert à luy, mais il l'a trouvé si chault au service du Roy et en si grant désir de les veoir eulx deux en parfaictc et bonne amytié, quil luy porte une parfaicte foy, et en viendra peu d'autres qui soicnl mieulx à propoz : ce que jay bien voulu, Monseigneur, vous cscripre pour mon devoir et pour le service du Roy, pour ce qui] est ainsy. Et encores hier soir, après que le secrétaire d'Escosse eut esté depesché et prins congé de Sa Sainteté, s'entra en quelque propoz des affaires, sur lequel Sa S' é entra en paroi les de Madame d'Urbin, me demandans si javois faict faire ses armes, et que je n'oublyasse dy faire mectre celles du Duché d'Urbin ; et sur telles paroles fut devisé de luy faire aprendre à parler frauçoys; et Sadite Sainteté, parlant à mondit S f d'Albanye, de son propre mouvement, dict que le cas advenant quelle eust d'estre conduicte en France, quil la mectroit plustost entre ses mains que de nul autre; ce que
je croy bien, Monseigneur, quil nauroit pas si facilement faicl avant que mondit S r d'Albanye veinst par deçà, et croy aussi , Monseigneur, quil le doist pour ce que encores nagueres sest escript icy que à la Court se disoit que Sa Sainteté ne la luy bailleroit jamais entre ses mains, car depuis deux jours Sadite Sainteté ma tenu ce mesme propoz et dict franchement quil la luy bailleroit très voulontiers et quil auroit plaisir quil la conduiseist, et est merveilleusement content de la peyne que prend souvent mondit S r d'Albanye daller visiter Madame sa niepce et la mener aux stations et pardonnances de ce quaresme; et disnent souvent lesdits S r Duc et Duchesse de compaignie avec Sa Sainteté. Jay bien voulu, Monseigneur, vous en faire le discours dessusdit, ayant entendu de Sadite Sainteté quil aura plaisir qu'on en soit encores adverty
» Monseigneur, je prie à Dieu le Créateur quil vous doint très bonne et longue vye.
» De Rome, ce mercredy matin xxii 0 jour de mars 1531.
» Vostre très humble et très obéissant serviteur,
» Nicolas Raince 1 . »
u Et la chose de quoy ils cherchent le plus de scavoir est si le mariage de Monseigneur d'Orléans et de Madame d'Urbin sortira effect, et si labouchement du Pape et du Roy et de l'Empereur se fera, de quoy ilz sont en une anxiété, crainte et peur la plus grande du monde, et depuis que la nouvelle est venue icy de la coronation de la Reyne, leur Ambassadeur va la taiste baissée et se monstre tant estonné qu'on s'en apperçoyt, car ilz avoient semé icy et aussy s'estoit escript de Ferrare et par aucuns Italiens quy sont en Court que ladite coronation se différoit
1 Lettre au Grand Maître. Fonds Béthunc, 3040, ù la Biblothèque impériale. Manuscrits.
et que le Roy nestoit en propoz de la faire, estant mal content de l'Empereur, se voullant rompre avec luy. Vous ne pourriez croire, Monseigneur, les estranges sortes de nouvelles que telz gens vont sèment et qui aussi s'escripvent de la Court, tant plaines de malignité et chouses faulsement controuvees , que si la prudence navoit lieu par deçà et la bonne disposition en quoy continue notredict Saint Père, cela pourroit estre cause bien souvent de tout plain de petites fascheries à quoy par Mons r de Corne est bien obvyé par le bon office quil faict continuellement par ses lettres, et encores a faict dernièrement par celles du quatriesme de ce moys, qui est venu fort bien à poinct et mesmement pour le long temps quil y a quil nest riens venu du Roy ne de vous, Monseigneur. Pareillement mondit S r d'Albanye continue de son cousté si très bien envers nostredit Saint Père pour le service du Roy et pour entretenir Sa Sainteté, qui lentend et voyt de jour en jour plus voulontiers, que toutes ces choses ensemble sont ung bien gros service, car tout plain d'autres qui sont importunement et quasi a toute heure aux aureilles de Sa Sainteté ne faillent pas de faire leur possible pour tousjours entretenir, allécher et tirer Sadite Sainteté de leur cousté, combien que les ministres imperiaulx nont riens de l'Empereur leur maître qui soit de conséquence depuis le xvii" jour de février, sinon bien peu de chouse du dernier dudit moys, et nen a pas plus nostredit Sainct Père des siens '. »
« Monseigneur, Nostre S 1 Père a veu et entendu bien au long ce quil a pieu au Roy escripre à Monseigneur le Duc d'Albanye des xiiij* février et xvij* mars, et ne pouvoit Sa Sainteté avoir eu plus grant contentement et satis-
1 Nicolas lluince, secrétaire. (Fonds Bé thune, 3040.)
faction que d'avoir veu et entendu les bons propoz ausquelz il plaist audit Sg r continuer envers Sa Sainteté, qui je vous prometz, Monseigneur, nen fàietz pas moins envers Sa Majesté; mais cest de si très bonne sorte quon ne pourroit mieulx souhailer; et quant au faict du mariage de Monseigneur d'Orléans et de Madame d'Urbin, sa niepee, je ne faietz aucun doubte selon le propoz que encores ce jourd'huy matin il a pieu à Sa Sainteté m'en tenir à son lever, sil y avoit icy mandat et povoir pour y besongner et confeser par escript que Sadite Sainteté ne feust tout prest d'y procéder, sen estant tant avant declaire l'Empereur quil ne sen peult plus retirer, et scayt très bien notter cela, et que tel marchant ne se doyt laisser aller sans estre prins au mot, et desja par autres deux foyz je l'ay trouvé en ceste oppinion, comme jescriptz a Monseigneur R mc de Gramont par une myenne lettre hier soir
» Seullement diray, Monseigneur, soubz correction, que seroit trez bien a propoz avant le partement «1 icy de mondit S r d'Albanye donner quelque chose de ferme et sceur arrest quant au faict dudit mariage, si cest chose que Ion congnoisse estre selon la fin à laquelle Ion vouldroit tendre, et au propoz du bien et service du Roy, comme se persuadent beaucoup de gens de bien estre; et ce, Monseigneur, pour obvier à tout plein de cas qui ne sont pas fondez sur pillotiz, puisque aultrement je ne puis dire, nayant chiffre, laissant cela à mondit S r d'Albanye, qui est informé '. »
« Monseigneur, hier, après le disner de Sa Sainteté , mond. S r d'Albanye, qui de présent est logé au palais, se
1 Nicolas Raince, secrétaire à Home, au Grand Maître en France, 14av.il 1531.
trouva devers icclle, et me fcit lu y faire lecture de ce que avoit apporté le ehevaulcheur d'écurye avec les lettres dud. premier de ce moys. Sa Sainteté trouva le tout tant bon, et eu demeura si très satisfaict que plus ne pourroit, mesmement du dernier article de la response faicte à M r de Praet, qui est totalement conforme à l'intention et fin de Sadite Sainteté et aux propos qu'il a faict tenir a l'Empereur, que Sa Sainteté a eu merveilleusement grant plaisir quil ait pieu au Roy et à Messeig™ de son Conseil les trouver bons, et sur toutes choses s'est grandement contenté que led. Sgr se soit délibéré d'envoyer par deçà Monseig 1 " Reverend ,M de Gramont, et vous puis assurer, Monseigneur, que cela a rendu Sa Sainteté tant certain du bon vouloir que le Roy a d'estre son bon et vray amy, quil en est de présent sans aucun doubte ne scrupule, et tant joyeulx que plus ne pourroit, et tient la chose du mariage de Monseigneur d'Orléans et de Madame sa niepee pour totalement arrestée et faicte, et hier, sur le soir, me demanda encores de rechef, par deux fois, si je n'avois pas leu en la lettre du Roy que mondit Seig* Révérend" 8 de Gramont apporterait les mandats et pouvoirs pour le faict dudit mariage, et l'attend Sa Sainteté en singulière dévotion, et subito me donna charge commander de sa part sur l'heure de faire ordonner le logeiz de mondit Seig r Révérend 1 " de Gramont au palays, le plus joignant de mondit Seig r d'Albanye que faire se pourroit, et a trouvé fort bon que aussy il ait pieu au Roy que mondit Seig r d'Albanye soit et demeure icy pour quelque temps, affin de négocier avec ledit Reverend B,e de Gramont, et par ensemble avec Sa Sainteté 1 . »
1 Nicolas Raince au Grand Maître, 14 avril 1531. (Fonds Clérambault, 46.)
« Monseigneur, depuis le xxn e du moys passé que je vous ay dernièrement escript nest pas survenu grant chose de nouveau, et de ce peu quil y a ne faictz aucun doubte que Monseigneur d'Àlbanye, bien informé de tout, nescripve au long au Roy et à vous et mesmement des propoz encores euz avec nostre S 1 Père, tant sur le faict du Turcq et du Concilie que du mariage que vous scavez, qui nest seullement que par manière de deviser et entretenir Sa Sainteté en la bonne disposition en quoy il continue, en attendant Monseig. le Cardinal de Gramont, sur le retardement duquel sescript de Court et se dit aussi par deçà tout plain des beaulx propoz accoustumez par Mess™, qui vont devisant sur les choses du monde 1 . »
Stipulations du contrat de mariage entre Catherine de Médicis et le Duc a" Orléans, proposées par le Roi.
Nostre Sainct Père et le Roy Très Chrestien, et un chascun deux de sa part, jureront et promettront en bonne fby et paroi le asçavoir de procurer effectuellement le mariage de Mgr d'Orléans, fils puisné du Roy Très Chrestien, et de Madame Catherine, Duchesse d'Urbin, niepce de nos t redit Saint Père, pour iceluy contracter et consommer entre eulx quand ils seront parvenus a laage pour ce faire.
Apres que les presens articles auront esté concluz, arrestez et accordez entre lesdits Seigneurs et leurs procureurs ayans pouvoir suffisant quant à ce, et les espousailles par parolles d'avenir faictes ainsy quil sera requis, ladite Dame Duchesse d'Urbin sera traduite et amenée en France et délivrée es mains dud. Seig. Roy, tant pour
1 Nicolas Raincc, k mai 1531. (Fonds Bcthunc, 3040.)
icelle faire nourrir et endoctriner avec Mesdames ses filles que pour parachever le demeurant de ce qu'aura esté traicté.
En faveur et contemplaôn dudit mariage, aura icelle Dame Duchesse d'Urbin, qui est dame de ses droits, tout et chascun les biens, soit meubles et immeubles, qui luy compétent et appartiennent à cause de la succession de ses feuz père et mère et tante Comtesse d'Auvergne, tant deçà que delà les monts, et sera fait un inventaire de tous ses biens meubles, tant deçà que delà les monts, par celuy ou ceulx qui a ce seront commis et députez par nostred. S* Père, et seront iceulx meubles mis en seureté et garde entre les mains de celuy ou ceulx que Sa Sainteté commettra pour iceulx bailler et délivrer csdîts mariez, quand leur mariage sera par parolles de présent fait, solemnizé et consommé.
Et quant aux biens immeubles, ils seront baillez à régir et gouverner par bon et loyal inventaire à ceux que nostredit S' Père ordonnera, soit deçà ou delà lesdits monts, et sera ordonné des fruits, et comme ils seront distribuez un chacun an par les mains d'iceux commissaires, c'est ascavoir pour lentretenement délie, payement des debtes si aucunes en y a , entretenement et réparations des chasteaux, maisons et autres choses requises et nécessaires, et le reste sera mis es mains de celuy ou ceux qui auront les meubles en depport, pour les délivrer avec iceux meubles au temps que dit est: et sera advisé quelle somme se prendra sur lesd. meubles et le reste desd. immeubles le jour de la consommation dud. mariage, pour vestir et enjoailler ladite Dame Duchesse, attendu son Estât et Maison où elle entre.
Et led. Sgr Roy donnera à sond. fils, pour la part et portion qui luy peut competer et apartenir, tant pour la
succession de feue de bonne mémoire Dame Claude de France, et de luy en avancement de houairerye, et pour entretenir son état et de sa femme et des en fans que deux, avec layde de Dieu, pourront yssir, la somme de trente mil livres de rentes au tiltre de Duché.
Et succédera esdits biens paternels et maternels laisné masle qui yssira et naistra deux , lequel sera tenu de partager les autres et marier les filles, en regard au nombre quelles seront et faculté des biens, et deffaillant l'aisné masle sans enfans viendra icelle succession au second , et ainsi de l'un à l'autre l'ordre successif et de primogeniture gardez.
Et ou laditte maison, a faute de maslcs viendroit à filles, elles diviseront laditte succession par egalle portion, hors lapanage qui seroit provenu de la Maison de France, qui retournera où il doit retourner, selon luzage et loy du royaume de France.
Et baillera et constituera en douaire led. Sgr Duc d'Orléans sur son avancement de houairerie, et ce du consentement dud. Sgr Roy son père, à lad. Dame son espouse la somme de dix mil livres de rente annuelle, ou il y aura chasteau ou palais suffisamment meublé pour son état, qui ne sera précompté sur lad. rente, duquel douaire elle commencera à jouir advenant dissolution dudit mariage, et elle survivant à sondit mary, en jouira durant sa vie tant seulement.
Et nostredit S 1 Père donnera à sad" niepce, en augmentation de dot, ayant regard à la maison ou elle entre, ce qu'il plaira à Sa Sainteté.
Et au cas que led. Sgr Duc d'Orléans survive à lad. Gonsorte et ny ait enfans dud. mariage, tous les biens meubles luy demeureront, ensemble les acquêts et conquets, et il sera tenu de payer les debtes, et le propre
immeuble délie sera rendu à ses hoirs et héritiers, si autrement elle nen avoit disposé, et au contraire où elle survivroit sond. espoux et ny auroit enfans dud. mariage, elle recouvrera son dot soit meuble ou immeuble, et quant au meuble telle quil sera lors et si aura son douaire tel que dessus, duquel douaire elle jouira sa vie durant ; et esdits deux cas de survivance, s'il y a enfans, ils succéderont à leur père et mère ainsi que dit est cy dessus. Fait à Annet le 24« jour d'avril, l'an 1531.
Autres articles secrets.
Plus diront lesd. Sgrs d'Albanye et Cardinal de Gramont à nostrc Saint Père que le plaisir de Sa Sainteté soit leur bailler par escript et signer de sa main, seulement affin que la chose soit secrète, les promesses quelle fait et veut faire à sa niepce, en faveur et contemplation du mariage, scavoir outre le contenu aux autres articles pour icelles promesses mettre en exécution quand Sad. Sainteté verra et cognoistra, et aussi led. seigneur, que le temps sera à propos pour ce faire, et reviendra le tout à la gloire, honneur et exaltation de la maison de Médicis et fortification d'icelle.
Premièrement, donnera à sad. niepce et par conséquent à son futur époux, en augmentation de droit, Pise, Ligorne (Livourne), Rege (Reggio), Modene et Rubiere, et promettra les délivrer en temps oportun et convenient ainsi que dessus.
Promettra aussy de donner ayde et secours tel qu'il sera advisé entre Sa Sainteté et lescl. Duc d'Albanye et Cardinal de Gramont aud. futur époux pour luy aydcr a recouvrer l'Etat et duché de Milan, et la seigneurie de
Gennes, qui luy appartiennent comme appert par les investitures cy devant faites par l'Empereur, à feu de bonne mémoire le Roi Louis dernier, décédé, avec la cession qu'il aura de Messeigneurs ses frères.
Donnera aussi Parme et Plaisance sils ne sont du patrimoine de l'Église, et là où ils en seroient baillera récompense.
Plus, promettra Sad. Sainteté de donner ayde telle quil sera advisé comme dessus, aud. futur époux, pour recouvrer Urbin.
Fait à Annet le xxmj jour d'avril, l'an 1531.
Ainsi signé :
François.
Et plus bas :
Breton * .
Nostre Saint-Père te Pape Clément Vil 0 de ce nom, après avoir veu la forme du contract apporté par Mons r d'Auxerre, Ambassadeur, signé Breton, pour le traicté de mariage d'entre Monseigneur le Duc d'Orléans, fils du Roy, et madame d'Urbin, niepee de nostredit Saint-Père, Sa Sainteté a trouvé bonne ladite forme du contract, sinon en ce qui contient lad e dame d'Urbin devoir estre menée et conduite en France le mois de may prochain, et aussy par ladite forme les biens de Florence à icelle Dame apartenans de son patrimoine, ne sont compris en la somme de cent mille ecuts que Sa Sainteté donne à ladite Dame pour augmentation de dot; et sur les deux points dessusdits s'est arrestée Sadite Sainteté sans vouloir passer plus avant au faict dudit contract, disant n'avoir jamais entendu ny accordé icelle Dame sa niepee,
• Fonds Clérambault, 40, F» 4499.
devoir estre menée en France que quand préalablement le mariage ne soit consommé, et que, à ces fins, il avoit tenu et arresté ce mesme propos avec Monseig' le Cardinal de Gramont. C'est asseavoir que madite dame d'Urbin, passé que fust le moys de may, que mondit S r d'Orléans seroit en estât de pouvoir accomplir et consommer ledit • mariage, seroit conduite sur les confins de France, en quelque lieu qu'il seroit convenu et advisé entre Sadile Sainteté et ledit Sgr Roy, là où se trouveroit mondit Sgr d'Orléans pour ledit effect, et de là ledict mariage fait et consommé, seroit conduite en France, au bon plaisir dudit seigneur Roy, et non autrement et suyvant ce que dit est, lacceptant et approuvant ledit seigneur Roy comme dessus, Sadite Sainteté incontinant le moys de may prochain venant passé, sera contente et promet envoyer madite dame d'Urbin, sa niepcc, bien accompagnée de gens et serviteurs de Sadite Sainteté en la ville de Nice ou autre lieu qu'il sera convenu entre icelle Sa Sainteté et ledit S r Roy, a leffect et condicion que dessus, ou pour ce faire la bailler et mettre èz mains de mondit S r d'Albanye; si ainsy semblera bon à Sadite Sainteté et audit S r Roy, et quil luy plaise envoyer ledit S r Duc par deçà pour ce faire, et voulant, ledit S r Roy, se contenter de ladite condicion en la manière que dict est, et ne voullant pas différer les fiansailles jusques audit moys de may, renvoyant Sa Majesté ledict S r d'Àlbanye ou autre personnage par deçà pour faire lesdictes fiançailles, Sa Sainteté sera contente qu'elles soyent faictes avec le temps et condicion qu'il sera advisé entre Sadicte Sainteté et Jedict S r Roy avant ledict moys de may a ce consentant ledict S r Roy de différer lesdites fiançailles jusques audict moys de may, ce que a Sa Sainteté semble estre pour pour le mieulx, ne de Sa Sainteté veult et entend que les-
dictes fiançailles et contrat soyent lors faicts et solemniscz publiquement, en la manière et forme que dessus, priant et requérant icelle Sa Sainteté audict Sgr Roy que en ladicte somme de cent mille escuts pour augmentation de dot, soit entendu estre comprise la part et porcion des biens de Florence à ladicte Dame, appartenans pour les causes que dessus, et iceulx biens, décharges et quicter au bon plaisir de Sa Saincteté, suyvant ce quil en a tous pour ce entendu, et quil en dit et arresta avec mondict Sgr Révérend"" de Gramont, et que Sa Sainteté a encores dit et chargé à mondict S r d'Àlbanye dire de sa part audict S r Roy quil espère Sa Majesté trouvera raisonnable et ne leur refusera, actendu que ladicte part et porcion est dassez inoindre valleur que Ion ne pense, remectant cela à en faire à ce bon plaisir de Sa Majesté, et entend Sadicte Sainteté le contenu en ce présent escript durer et estre vallable pour tout le moys de juillet prochain venant. Ainsi signé :
Raince ».
Notre Sainct Père ayant veu les articles secrets concernant le fait du mariage, signez de la main du Roy, à Annet, le xxmj jour d'avril 1531, contresignez Breton, les a trouvé et trouve très-raisonnables, et en désireroit l'exécution dès à présent, si, sans altération de la chose publique chrestienne, se pouvoit faire; toutefois, Sa Saincteté, espérant que le temps pourra produire quelque bonne et juste occasion, connoissant ainsi le grand honneur et bien que la maison de Médicis aura du mariage de madame d'Urbin sa niepee avec un fils de France, pour de sa part donner occasion audit Sgr Roy de plus se con-
1 Juin 1531. (Fonds Clérambault, 46, f° W29.)
tenter, et aud. Sgr d'Orléans de mieulx traiter sad. niepee
ù l'advcnir, est content donner, comme dès à présent
il donne à saditte niepee et par conséquent à son futur espoux, en augmentation de dot, Pise, Ligorne, Modene, Rege et Rubiere, et promet sur sa foy les délivrer loyaument et de fait, quand Sad. Sainteté verra et connoistra, et aussi ledit Seigneur, que le temps sera à propos pour ce faire la consommation dudit mariage, toutefois préalable.
Et dautant que Sadite Sainteté voudroit plus accommoder sadite niepee et son époux, et quelle ne voit chose plus à propos pour ce faire que les villes de Parme et Plaisance, lesquelles elle ne pourroit purement ne simplement donner pour icelles estre du patrimoine de l'Eglise, Sadite Sainteté sera content en faire eschange avec ledit Seigneur Roy en faveur dudit époux.
Toutefois, et en prendre récompense a lequipollent, selon quil sera advisé et conclut entre Sad. S u et led. Sgr lloy ou leurs commis ayant de ce faire pouvoir suffisant, lesquelles villes de Parme et Plaisance Sad. S 1 * sera tenue et promet délivrer en luy délivrant aussy de la part dud. Seigneur Roy la récompense qui par entre eux aura esté adviséc au contentement de lun et de lautre.
Item et dautant que le duché d'Urbin apartient à lad. Dame Duchesse sa niepee, et que de pût elle se trouve occupée par le Sgr Francisque Marie, si led. Sgr Roy veut faire entreprise aucune en temps qui sera jugé oportun par Sad. S ,é et led. Sgr Roy : comme dessus Sa S'* sera content frayer, et est tenue a la moitié dautant de la dépense que fera led. Sgr en lad. conqueste, en ce non compris la solde des hommes d'armes françois pour iceux estre ordinaires dud. Sgr.
Fait à Rome, en la chambre de notre Saint Père, estant avec Sa Sainteté pour le Roy Messeigneurs les Cardinal de
Gramont et Duc d'AIbanye, le vendredy ix e jour de juin 1531. — Moy soubsigné p" 1 ,
Raince,
Double de la condition des articles secrets baillez à M. dAlbanye par Nostre S 1 Père le Pape.
Aujourd'huy 14 de juin 1531 , nostre Saint Père le Pape baille à Mons r d'AIbanye, présent M r le Cardinal de Gramont et le secrétaire Raincc, la response signée de sa main, aux articles secrets que ledit S r Cardinal de Gramont a apportez à Sa Sainteté de la part du Roy, et icelle response close en cire rouge, et scellée de deux cornalines avec condicion que si led. S r est contant de se fier à la parolle de Sad. Sainteté quant au contenu desd. articles, led. S r Duc sera tenu les luy rendre, et au cas que led. S r Duc fust content en partie, et en partie non, led. S r Duc fera entendre à Sad. Sainteté le vouloir et intention dud. sieur, suyvant lesquels Sa Sainteté accordera ou desniera lesd. articles, et en cas de dénégation, led. S r Duc sera tenu de les luy rendre, les parolles du mariage et articles veues demourans de nul effect et valeur, si comme dit est, suyvant le commandement dud. S r Roy, autrement n'est convenu entre Sad. Sainteté et led. Duc, et sera aussy tenu led. S r Duc rendre lesdits articles à Sad. Sainteté, au cas quil n'ayt response dud. S r Roy, dedans le temps de deux mois. — Ainsi signé :
Raince 1 .
1 Rome, 14 juin 1531. (Fonds Clérambault, 46, f> 4497.) Voir an même fonds, même numéro, f 6 4881, une longue lettre de N. Raincc au Roi en date du 20 septembre 1533.
Minute du texte du contrat de mariage de Catherine de Médicis, avec les corrections et les additions écrites de la main de François GuichardinK
Cum diutius inter Sanctissimum D. Clementem VII Pontificem Maximum ex una parte, et Excellentissimum potentissimumque Principem Franciscum Dei gratia Francorum Reçem Christianissimum ex altéra parte tractât uni fiierit de matrimonio contrahcndo ac celebrando inter Illustre m Principem Henricum Ducem Àurelianensem Christianissimi Reçis filium, Illustremque Principem Catherinam Ducem Urbinj , ipsius Summi Pontificis neptem secundum carnem, cupiantque nunc prefate Sanctitas et Majestas, annuente Deo, tractata perficere in conditiones, capita et pacta infrascripta concorditer et unanimiter consensere.
In primis inter Sanctitatem et Maiestatem prœdictas pactum et conventum extitit, ut matrimonium inter prefatos Illustres Henricum Ducem Àurelianensem et Catherinam Ducem Urbini contrahatur quamprimum per verba de presenti in facie Sancte Matris Ecclesiae, et inde quamcilius ad consumationem matrimonij inter eos deveniatur.
Promittit autem Summus Pontifex tum pro sinçulari suo in praedictain Ducem Urbinj neptem suam amore, tum etiam habita ratione splcndoris ac fortunarum domus,
1 Archives de Florence. Carte stt ozzianc, filza I, appcndix n° 19.
in quam recipitur, se ei dotis nomine et in accessionem dotis persoluturum Gentil m millia aureorum solarium ejus estimationis, bonitatis* ac ponderis, quibus statu to cavetur in Gallia : que Gentummillia sibi persolverint ultra ius hereditatis materne predicte Duci competens, et ultra ius etiam paterne bereditatis : quam paternam hereditatem pro maiori commoditate omnium predictorum Sanctissiinus Pontifex et Rex Gbristianissimus cum consensu eorundem Ducis Âurelianensis et Ducis Urbini estimaverunt trigintamillibus aureorum solarium eiusdem quali- . tatis : quam et quantitatem aureorum Triçintamillium Summus Pontifex promisit persolvere, pro pretio omnium et quoruncunque bonorum, que ad eam pervenire possent ex hereditate paterna. Et idcirco praefata Dux Urbini sentiens et cognoscens sibi de hereditate praedicta abunde satisfactum interveniente auctoritate, venia et consensu praefatorum Summi Pontificis et Refjis Ghristianissimi ac etiam Ducis Âurelianensis futuri coniugis sui eidem hereditati paterne, ac omnibus, et quibuscumque bonis, in ribus et actionibus sibi eius occasione obvenientibus et quae obvenire possent, renuntiavit ad commodum Summi Pontificis, in quem cessit et transtulit omnia iura et actioncs tam di recta s, quam utiles et mixtas sibi ad bereditatem praedicta ni compétentes ita tainen quod tali renuntiatione et cessione non comprehendatur ius quomodolibet sibi competens in Ducatu Urbini.
Vel sic pollicetur autein Rex Gbristianissimus quod quandocumque voluerit Summus Pontifex prcfala Dux Urbini interveniente auctoritate, venia et consensu utriusque ac etiam Ducis Âurelianensis futuri coniuçis sui eidem hereditati paterne, ac omnibus bonis, iuribus et actionibus sibi eius occasione obvenientibus et que obvenire possent, renunliavit in forma iuris valida ad commodum Summi
Pontificis cum cessione etiam omnium iurium et actionum et cum pacto etiam de ulterius non petendo.
Quam quantitatem aureorum Centum trigintamillium debitorum ex causa dotis et pro pretio kereditatis paterne promisit idem Summus Pontifex hoc modo solvere et erogare Régi Christianissimo recipientî nomine predicti Ducis Henrici (seu predicto Duci recipienti cum con sensu Régis Ghristianissimi). Quinquaginta millia aureorum Massiliae sive Lugduni, uti commodius visum fuerit : intra... Quadraginta vero millia aureorum solarium intra sex menses post primam pensionem : Reliqua autem quadraginta millia infra sex menses a die sec un de pensionis : De quarum pecuniarum solutione ut cautum sit Régi Christianissimo Sanctitas Sua promittit idonee cavere per aliquem numularium, qui sit solvendo in Civitate Lugduni.
Quantum vero attinet ad cultum muliebrem Summus Pontifex UJustrem neptem suam arbitratu suo ornabit vestitu, mundo ac gemmis : quae gemmae estimari debéant ac de earum estimatione confici publica scriplura, ut si evenerit casus restitutionis , consultum sit eidem nepti suae.
Àpponantur nunc Capitula pertinentia ad assignationem fiendam Duci Aurelianensi per Regem Christianissimum et ad successionem Bliorum E.
Postremo Illnstris Dux Âurelianensis ex supradicto annuo redditu sibi assignato constituit iamnum de consensu Régis Christianissimi nomine dotalitij Illustri Domina? futures consorti suae decemmillia librarum an nui proventus cum Palatio oppidi Gyeini convenienti supellectile adornato pro ipsius constituentis dignitate : quod palatium non imputabitur in buiusmodi proventu : quae quidem bona dotalitia si fortasse Dux Aurelianensis prior e vita migravcrit, eidem Duci Urbini statim soluto matri-
monio assignabuntur, ut cis ad libitum utatur et fruatur, quoad vixcrit dum taxât.
Sequentur nunc Capitula concernentia restitutionem , seu lucrum dotis et aliorum bonorum in casu soluti matrimonij. de quibus est concordandum.
Subsequuntur conditiones, capita, et pacta inita, transacta et conclusa inter Sanctissimum D. Glemcntem VII Ponteficem Maximum ex una parte, et Excellentissimum , potentissimumque Principem Franciscum Dei gratia Francorum Regem Christianissimum ex altéra etiam parte, super matrimonio quod annuente Gbristo contrahendum est ac celebrandum in praesentia, inter lllustrem Principem Ilenricum Ducem Aurelianensem Christianissimi Régis Blium, IUustremque principem Catherinam, Ducem Urbinatem, ipsius Summi Pontificis neptem secundum carnem.
In primis pactum est, convenitque inter Sanctissimum Pontificem Maximum , et Regem Christianissimum ut matrimonium, cumpuimum aller ab altero id petierit, contrahatur per verba de presenti, in facie Sanctae Matris Ecclesiae inter supradictum lllustrem Ducem Âurelianensein, et Dominam Ducem Urbinj.
In cuius matrimonij favorem et contemplationem Summus ipse Pontifex spopondit et spondet se dotis nomine persoluturum praedicte nepti suae, praeter ius materne liereditatis et paterne, quoad mobilia illi competentis, Centum et triginta millia aureorum solarium eius aestimationis, bonitatis, ac ponderis, quibus statuto cavetur in Gallia : videlicet Triginta millia aureorum, loco bonorum immobilium, quae ex hereditate paterna eidem obvene-
runt; Gui quidem bereditati Illustris ipsa Domina Catherina idcirco renuntiavit ad coinmodum Summi Pontificis interveniente auctoritate , venia, et consensu praedicti Summi Pontificis simul et Régis Christianissimi. Quae vero restant Centum inillia aureorum Sumraus Pontifex nepti suae donavit, atque etiam donat in accession cm dotis, tum pro singulari suo in illam amore, et cbaritate, tum etiam habita ratione splendoris et fortunarum domus, in quam eius neptis admittitur.
Rex vero Christianissimus dédit et assigna vit, dat itidemque assignat illustri Domino Henrico filio suo pro ea parte ac portione bonorum quae debcntur ei iure hereditario ob felicis inemoriae dcfunctam Claudiam mat rem Francis Reginam, et quae possunt eidein contingere post obitum patris Régis Christianissimi, donec ad ipsius patris hereditatem perveniat, tum ut intérim habeat, unde dignitatem, coniugemque et futuros liberos decenter alat, assignavit in qua Dominiuin Ducatus Aurelianensis : a quo singulis annis proveniant quinquaginta millia librarum Turonensium, alioquin promisit Rex Christianissimus se aliunde praestiturum siquid de annuo illo redditu dcfuerit.
Pecuniae autem su m ma doti su péri us constituta per Summum Pontificem hoc modo debebit erogari, ut quinquaginta millia aureorum solarium pendantur seu Massiliae, sive Lugduni uti commodius visum fuerit : pars vero, qua? supererit, numeretur scilicet dimidia, idest quadraginta millia aureorum solarium intra sex menses post primam pcnsionem : reliqua autem quadraginta millia, sex aliis mensibus elapsis, persolvantur, ita tamen, ut uni versa stimma pensitetur non aliis nummis quam aureis eiusdem xstimationis, conitatis et ponderis, quibus ex statuto aurei solares cuduntur in Gallia. De cuius quidem
pecuniae repraesentatione ut cautum sit Régi Christianissirao, Summus Ponlifex curabit numularium quempiam , qui sit solvendo, vadem fieri Lugduni.
Maior natu filius ex hoc futuro matrimonio oriturus, modo militiœ aptus existât, neque sit sacerdotio addictus, paternam pariter ac maternam adibit hereditatem bac condictione, ut reliquis fra tribus suis légitimant eorum bonorum partem concédât, sorores vero in matrimonium rite collocet, dotemque assignet tum pro earum numéro, tum pro copia rei familiaris.
Hereditati fil t i maioris natu destituti proie mascula ex Jegitimo matrimonio suscepta succedet proximus frater, nisi fuerit ecclesiastico ast rictus vinculo, et ad arma minime idoncus : Deinccps mort ni bona excipiat alius ordine successivo semper et primogeniture servatis : Et, si continuât, ut nullis existentibus maribus hereditas cadat in filias filiae bona inter se partiantur ex aequo praeter cam portionem seu appanagium, quod provencrit ex Corona et patrimonio Regni Franciae : quod appanagium quidem restituetur, unde profectum fuerat, secundum consuetudinem et legein Francorum.
Quantum attinet ad cultum muliebrem , Summus Pontifex Illustrem suam neptem arbitratu suo ornabit vestitu, mundo ac gemmis; aestimabuntur autem gemmas, idque scripto constabit, ut si forsan ipsa marito superstes fuerit, illas, aut illarum pretium possit recuperare.
Postremo Illustris Dux Aurelianensis ex supradicto annuo redditu sibi assignato de consensu Régis Christianissimi iam nunc constituet nomine dotalitii sive dovarii Illustri D. futurae suae consorti decem millia librarum annui proventus cuin palatio oppidi Giemy convenienti supellectilc adornato pro ipsius consortis dignitate : quod palatium non imputabitur in huiusmodi proventu. Quibus
quidem bonis dotalitiis prœdicta Dux Urbinj si maritus fortasse prior de vita miçraverit, statim perfruetur post dissolutum matrimonium, et quamdiu ipsa vixerit dumtaxat. Si vero Illustris Dux Àurelianensis, extincta uxore supervixerit nullis ex ea procreatis liberis, lune universa bona mobilia et quaecumque obvenerint partaque fuerint stante matrimonio retinebit sibique habebit, creditoribus tamen tenebitur satisfacere : quod autem fuit proprium immobile predictae Domine Ducis Urbinj videlicet Triginta millia aureorum semel soluta pretium bonorum immobilium aestimate paternae hereditatis, simul et iuris materne succession is reddetur eius heredibus, nisi aliter ipsa disposuerit : Contra vero si ea superstite maritus prior mortem obierit, nullis ex hoc coniugio relictis liberis, tune ipsa recuperabit praedictum suum proprium et bona materna, de quibus açat, ut libuerit; pariter recuperabit vestimenta, mundum, et gemmas cum dimidio praedictorum Centum millium aureorum.
No 11.
Lettre italienne écrite de Marseille au Duc par un témoin des cérémonies qui eurent lieu pour célébrer le mariage de Catherine de Médicis avec Henri d'Orléans 1 .
Àlli 23 (octobre) fù, intrô la Duchessina domesticamente; quai intrata fù molto bella. Prima li erano otto pagii del ReverendissimodeMedici molto ben vestiti soprà octo cavalli molto ben forniti, cosa che fo molto bella. Dapoi seguivano la famiglia di Cardinali como da viagio, dapoi 6achinee de la Duchessina quale hereno menate a mano e fra le quelle li hera una biancha tuta fornita de tela d'arçcnto molto ricba.
Dapoi vene la Duchessa sopra una chinea tuta coperta
1 Ce document, écrit sans apprêt de style ni sans égard pour l'orthographe contemporaine, est le plus précis de tous ceux qui sont venus à ma connaissance. Il est curieux à consulter pour le cérémonial en usage alors à la Cour, et pour l'indication des costumes des personnages. Un peintre d'histoire pourrait surtout l'utiliser. J'ai rencontré et copié diverses autres lettres, dans différentes archives, concernant les cérémonies de ce voyage du Pape avec Catherine de Médicis; il m'a paru inutile de reproduire ces copies. Citons seulement pro memoria i n les Avvisi conte nuti in le lettere delC orator Cesareo appresso il Papa a di 20 ottobre da Marsiglia al Signor Protonotario Caracciolo; 2° Avvisi mandati al Signor Protonotario Caracciolo da Genoa da un gentilhomo che scrive haverli havuti da la corte; 3° Avvisi del matrimonio seguito in Marsiglia contenuti in lettere di 30 ottobre da D. Antonio Sacco scritti al M<* Présidente de Milano. (Archives de la maison Donà délie Rose à Veuise.)
de tella doro tessuta de seda carmexina; cosi hera la veste de dita Signora. Appresso li hera la Signora di Camerino, la S™ Maria de Medici che fu moglie del Signor Jobane et altre damiselle tute ornate a la italiana molto richamente vestite.
La Signora Duchessa dismontata che fu andô a basar li pedi a Nostro Signore in caméra sua dove hera il Re e Monsignor d'Orlians et Monsignor Dangolleme. Basato chebbe li pedi a Nostro Signore, Il Re la prcso e la baso, poi la fece basar a M r d'Orlians quai è suo marito e Mons ? Dangolleme. Dapoi se parti e andô visitar la Résina.
Quella sera il Re vene a cena con Nostro Signore e al lavar de le mane si lavarno in uno medesiino bacino; Mons r Dorlians detc la servieta a Nostro Signore, Mous* Dangolleme al Re, e non cenô a la tavola de Nostro Signore se non il Re. À una altra tavola in un altra salla cenorno Mons r Dorlians, Mons r Dangolleme, lo Reverendissimo Cardinal de Lorena, Mons r il gran maestro di Franza, Mons r Ladmiraglio, lo Signor Cagnino de Gonzaga e doi altri baroni de Franza. Al levar de la tavola de Nostro Signor, ognuno lavô al suo bacino e li medesimi li deteno le serviete. Da poi vene una bellissima musicha et uno clavacibele et uno a lyra, dapoi li piffari di Castello fra li quali li lie uno che si domanda Moscatello che stava cum il Duca de Milano quai sona de corneli e sa cose maravigliose. Poi sopravenc uno buffone del Reverendissimo Signor Medici quai ba!!ava et faceva cose inirabile, dove il Re ne pigliava gran piacere. Finita la musicha, ogituno andô a la suà caméra. Nostro Signore accoiupagno il Re fino a la porta de la salla dove mangiorno, et il Re cou granda reverenza se partite.
Ali 26 che fu Domenica cenorno ancora tuti inseme e conclusseno lo matrimonio del Mons r Dorlians cou la
S - Duchessa. El lu ni sera fu fato il contrato : fato dilo contrato in caméra de Nostro Signore, présente il Re, Regina e molti altri Signori, tuti de compaçnia andorno nela sala del concistorio. Et Nostro Signore prese per la ma no Mons r Dorliens et Mons r il gran maestro pigliô la S" Duchessa. Da una banda hera il Re, dalaltra la Regina, et Mons r Cardinale de Borbon dise le parole del matrimonio e dite le parole e data la fede, Mons r Dorlians basé la Signora Duchessa e comenzorno a sonare pifferi , tromboni, corneti et altri soni, cosa molto delletcvole da sentire e comenzorno a ballare. Et hereno tanti li signori e dame che ballavano che non se podevano voltare per la salla. Mons r Dangolleme ballô con la S* Duchesa, Mons r Dorlians con una dainisella spagnola, e finito il ballo ognuno andô al suo logiamento.
El marti damatina N. S. andô ala messa in capella per benedire lo ancllo alla Signora Duchessa e Mons r Dorlians. Il Re inenô per la mano la Signora Duchessa quai hera molto ben orna ta. Haveva una veste di brocha to rizo soprà rizo, da poi una veste de vclluto pavonazzo fodrata a la ducale de armellino che la domandano veste ducale. Lornamento délia testa haveva una corona doro tonda una scufBa tanto richa che vale uno regno. Cosi Nostro Signore fece la beneditione c Mons r dise la messa. La regina hera tanto richamentc vestita che non se posseva conoscer di quai collor fusse la veste : tante hereno le gioie che li haveva intorno. Al basar lo Evangelio da poi che N. S. hebe basato per mane del Cardinal di Sena, fu portato da uno vescovo di Franza al Re, quai non lo volse, et volse céder al Papa, cosi de la pace. Dapoi finita la messa, el Papa mené a disnar seco Mons r Dorlians e Mons' Dançolleme. El Re menô a disnar seco la Siçnora Duchessa, M r de Medici, Mons r Salviati e M r Rodolphi.
Alla sera Nostro Signore fece il bancheto gênerai al Re, ala Regina, a Mons r Delfino, a Mons r Dorlians, a Mons r Dangolleme, a la figliola del Re, a Mons r Cardinal de Lorena, a Mons r Cardinal de Rorbon, a Mons' Cardinale Ridolfi, a Mons r Cardinal Salviati, a Mons r Cardinal Medici, al Duca d'Albania, al Re de Navarra, al S r Marchese di Sallucio, al S r San-Pol, a Mons r de Vandomes, a Madaina de Vandomes, a la Signora Duchesa nostra, quale se domandô la Signera Duchessa Dorlians.
Lordine de la tavola : hereno tre tavole, la prima la tavola del Papa e délia Regina liera in capo délia salla, dove non hera se non il Papa e la Regina a mano drita, liera la tavola del Re quai sedeva in mezo de Mons r Reverendiss 0 Cardinal Ridolfi e Mons r Révérend 0 Cardinal de Medici, dapoi la prima fiola del Re, dapoi Mons r Dangolleme; dapoi la seconda fiola, dapoi Mons r de Vandomes, el Cardinal de Borbon, il Re di Navarra, la S a Duchessa Dorlians, el Duca d'Âlbania, il S. Marcliese di Sallucio, et al fronte al Delfino, lo R° Cardinal Salviati.
De le sorte de le vivande non m' extendero in scrivere che séria tropo lungo. Fu cosa molto richa e superba , più che cosa mai fata a mia veducta con tanta moltitudine de la gente che non se poteva finire.
Finita la cena, subito parti lo Re e primà parti Lorena.
Dapoi comparsero da 40 inaschari molto ben ornati et se comenzô a bal lare a la gagliarda.
Subito vene il Re e Cardinale de Lorena e Cardinale de Medici tuti tre a una livereya fata a onde a la impresa del Re, de tella d'argento e tella doro, texuta de seda cremesina e velluto pavonazo, li capelli a uno medemo modo con penaci grandi tuti a la impresa tanto grande che coprivano da noi quando se parlavano a concluder mai fu vista tanta superba de maschari, ne séria possibile de
farla più sumptuosa. Il più débile hera roxo longi imo in terra con li capuci a la medema imprcsa, salvo quelli del Re e de Lorena e de Mons r de Medici quali hereno de filo fato a trcze doro e darzento molto superbi, he se ballô fino a meza notte, dapoi ognuno andô al suo logiamento et bereno tanto stracbi che non volseno aspeltar la collacionc.
In un altra sala furono aparate tre tavole dove mangiorno le damiselle e molti gentilhomeni qnali se levorno de tavola (che non sera mezo servito), tanto berano fastidhi da le vivande cbe se portavano in tavola, dapoi finita la festa il Papa se retiré. 11 Re sera retiralo in inascbara, la Résina con tutte le damiselle acoinpagnô la S" Ducbessa in caméra sua dove liera preparalo uno letlo tanto richo che se extimato 60 millia scudi; la caméra dove hera dilo letto tuta tapezata de brochato rizo soprarizo. Cosi questa note pasata hano dormito insema e consumato il matrimonio '.
Questa matina la Santità de Nostro Signore li he andati visitar al letto a bon hora, e li a trovati molto de bona voglia luna présente e laltra, e Nostro Signore sta tanto allegro che mai vidi tal cosa, cosi fa lo Re e tuta la cortc maxime la corte del Papa quai sta allegra de la partita nostra quai sara fra 4 giorni al mancbo avanti sancto Martino et torneremo per mare fino a Villafrancha con le galère de Franza dapoi se monterà sopra quelle de Andréa
1 Dans une lettre à Ja date du 30 octobre, écrite par un D. Antonio Sacco au Président de Milan, je rencontre ce détail sur le fait de la consommation de ce mariage : « Finito di danzare, et ito ciascuno alli loro allogiamenti , il Re volse lui proprio mettere a letto li sposi, et alcuni dicono, che li volse vedere giostrare, et clie ciascliuno di loro fu Valente in giostra. » (Miscellanec manoscritte aux archive» de la maison Doua dcllc Rose à Venise.)
Doria. Se dice se mandata a stampar tuto questo triumpho Venendo prima de la nostra parlita, ve ne manderô una dozena. Preço ne fati far copia e prima Ta manderete da mia parte a Monsijjnor de Vcrcelli con le mie recomendatione.
Da Marsilia ali 29 dotobre 1533.
1 II résulte de ce passage qu'on aurait imprimé à Marseille ou à Paris le récit de tout ce cérémonial. Cette plaquette existe-t-elle? Je ne l'ai jamais rencontrée.
Projet de traité secret entre François I' r et le Pape Clément VII pendant son séjour à Marseille
tan 1533.
(Chapitre XVII, page 182.)
Ce curieux spécimen de traité secret existe en original autographe de la main du Roi au département des manuscrits à la Bibliothèque impériale. Il est à croire que si le Pape l'eût signé et qu'il n'eût pas ensuite mis obstacle à son exécution, l'Italie eût été de nouveau et témoin et victime de luttes plus acharnées encore que les précédentes entre l'Empereur Charles et la Roi François. Le cinquième et le sixième point, en effet, n'auraient pu que faire éclater de violents orages sur le Milanais, déjà si éprouvé depuis l'idée malheureuse qu'avait eue Louis XII de s'en emparer, sous le vain prétexte d'une hoirie rien moins que justifiée. Signé ou non signé, il est certain que ce traité n'a pas même reçu un commencement d'exécution. Catherine de Médicis ne fut point en effet la duchesse de Milan, et le Pape son parent mourut environ un an après le voyage de Marseille , jeune encore , peut-on dire, pour un Pontife.
Le premyer poynt. — Le temps est lymyté de dyx-huyt inoys pour entendre à la payx par la mayn de Nostre Saynt Père.
Le second poynt. — Que au boult dudyt terme de dyxhuyt moys lardent que chascun doyt fournyr et mectre ensemble soyt prest, quy est, des troys pars, les deux pour le Roy.
Le tyers poynt. — Que Nostredyt Saynt-Père ne se déclarera ouvertement mays de conseyl et d'ayde, secrètement, de tout ce qu'yl pourra.
Le quart poynt. — Que Nostredyt Saynt-Pere peult estre asseuré qu'yl a entièrement ledyt Roy à son commandement, pour luy et sa mayson, deslybere d'employer sa personne et toute sa puyssance, tant pour deffendre et conserver Sa Saynteté et mayson que pour ycelle acroistre et augmenter.
Le cinquiesme. — Que la conqueste de la duché de Mylan se fera pour le duc Dorleans... (une ligne et demie effacée)... en laquelle duché Nostre dyt Saynt-Père pourra commander et estre obey, comme père des Duc et Duchesse.
Le sixiesme. — Que la conqueste fayte, Nostredyt Saynt- Père ne fera dyffyculté de Parme ne de Playsance.
Le VU"* artycle. — Que à la conqueste de Vrbin, Nostredyt Saint-Père et le Roy contribueront chascun par moytyé 1 .
1 L'analyse des dépêches de l'Envoyé de Milan à Rome, en date des 12, 13 et 14 décembre 1533, contient un paragraphe qui semblerait assurer que le Pape ne voulut rien entendre sur le fait de la cession du Milanais. L'Andrcasi, en effet, en annonçant à son maître le retour du Pape dans Rome, à la date du 10 décembre au soir, dit qu'il est allé à son audience du lendemain, et qu'entre autres choses Sa Sainteté lui parla de la volonté qu'avnit le Roi de France de reprendre Milan et de l'y faire accéder. « Che îSostro Signore li disse chel primo ragionamento havuto il Christianissimo in Marsilia con Sua Santità fù soprà la pratica del stato di
Milano, ma che essa trovando la Maestà Cesarea constantissitna al stabilimento di V a Excellentia non volse passar più oltrà in questa pratica del Christianissimo quale sta di questo con pessima satisfattione, et quando havesse potuto havcre la investitura in caso chc V a Excellentia fusse manchata senza legitimo herede si séria contentato, Laveria aiutato contra infideli et haveria fatto tutti li altri partiti. » (Archives de Milan. Ex litteris Andreasi, 12, 13, 14.)
Il convient du reste de faire observer que, politiquement, le Pape, en admettant même que ses intentions véritables ne fussent pas stables , ne pouvait parler autrement au personnage qui représentait le Duc de Milan à la Cour Pontificale. Rien n'obligeait, en effet, le Saint- Père à mettre cet Envoyé dans la confidence de ses affaires secrètes avec le Roi Très-Chrétien.
Lettres de Catherine de Médicis à Mesdames des Murales,
à Florence '.
(Chapitre XI, pages 109 et 110.) ï.
Madame des Murâtes. Ayant Francisque le pellissc présent porteur si a propos quil sen va par delà il ma este grant plaisir pour le désir que javons (sic) tousjours do vous faire savoir et entendre de mes nouvelles qui sont si bonnes quil est possible pour la très bonne santé de Monseigneur et de moy grâces a Dieu. Vous priant que vous et vostre bonne societte de religieuses vueillez tousjours avoir en singulière affection de voz dévotes prières mon dit Seigneur et moy pour recommandez, me faisant savoir de voz estât et disposition et si aucune ebose soffie ou je vous puisse faire plaisir je my emploieray de très bon cueur. Priant Dieu vous avoir avec vostre dite compaignyo en sa très saingte et digne garde. Escript a Escleron le XII e your de juing MDXLII.
La byen vostre Catf.iunf.
a Madame des Mnraltes de Florence.
1 Ces lettres se trouvent aux Archives de Florence, dan* le« tarions de.* « Couvents supprimés, monastère délie Murate. » Elle* ont été publiées pour la première fois par M. de Reumont, saut la lettre IV, ■ De par la Roy ne > » que nous avons rencontrée dnn« le cours de nos recherches à Florence, en avril et mai 1865, ain»i que le document : Donation aux dames des Murâtes.
Madame Labbesse jay receu voz lettres par lesquelles jay bien cogneu que je nay point este froustree de mon oppinion que jay tousjours eue que vous faysiez prier Dieu et Nostrc Dame de la conception pour moy vous priant bien affectueusement de vouloir continuer et que voz Relligieuses a qui je men sens tant atténue vueillent persévérer les asseurant comme vous devuez estre de vostre part que je noublieray point le playsir que vous et elles mavez faict et que jespere feront encore et le recoçnoistray vers vous et elles en telle manière et endroict que me vouedrez employer soit en gênerai ou particulier. Vous remertiant aussi du beau présent que vous mavez envoyé que jextime beaucoup, la recompence du quel jespere vous donner a coçnoistre en lieu, ou vous apersceverez que jay eu souvenance de vous et que je vous feray tousjours tout le plaisir que je pourray. Priant Dieu Madame Labbesse après mestre recommandée a vous quil vous donne ce que desirez. Escript a Paris le \i me jour de Juillet MDXLiiij.
La bien vostre Caterinf...
A Madame labbesse des Immurates de Florence.
De par la Royne,
Clieres et bien amées, nous avons receu par raesser Nicole de Mcdicis présent porfeur, les lettres que nous avez escriptes, et enlendu par lu y ce quil nous a dict de votre part, înesmes la volante en laquelle vous persévérez ordinairement de pryer Dieu pour la prospérité du Roy
Monseigneur, de nous et de noz enffans, vous prians bien fort de voulloir continuer, estans asseures que nous les recognoistrons vers vous, nous )uy auons donne charge de vouz dire de notre part quelques choses. Vous nous ferez bien grant et singullier plaisir de le voulloir entendre et croyre pour estre homme de foy et créance, asseures comme vous mesmes le congnoissez de bonne et entière suffisance. Et a tant chères et bien amées, nous prions Dieu vous avoir en sa saincte et digne garde. Donne à Lyon le premier jour d'octobre mv c xliiii.
Caterine.
Bertauld.
Madame Délie murate jay receu les lettres que vous mavez escriptes qui mont este fort agréables tant pour avoir entendu par jcelles de voz bonnes nouvelles et de tout votre monastère que pour la bonne souvenance que vous avez de moy en voz bonnes prières et oraisons des quelles je masseure pour estre continuelles et assidues faictes par vous de bonne et devotte affection ne peu van t faillir destre agréables a nostre seigneur. Je vous prie do continuer tousjours et vous souvenir de moy et de tous mes enffans eu vos très oraisons, affin que tout ainsi que en mes jeunes ans jay este conservée en vostre monastère je puisse a présent par voz bonnes intercessions et prières estre conservée en la grâce de Dieu le quel je prie vous tenir en sa saincte garde. Escript À paris Le xxij"» jour de Septembre 1573.
Caterine.
CffANTEREAU.
Madame Vabbesse délie Murate de Florence.
Rev d ' Madré in Christo. Il raro et continovo zelo al servitio di Dio con la honestà et integrita di vita che sino dalla mia tenera età io ho veduto et inteso regnare nel vostro Monistero, dove forse anchor vive qualcuna di quelle che mi vi veddono giovinetta, Mi hanno indotta a mostravimi çrata verso il vostro Convento délie continove et dévote orationi che voi havete fatte et fate per il Re mio Signore et per me, et a darvi occasione di perseverare in quelle per l'avvenire col donarvi per sei mila scudi di beni stabili nello stato del mio Cugino il Gran Duca di Toscana , che io intendo di comperare et donarvi , corne io scrivo con questa al detto mio Cugino, pregandolo per amor mio affinche voi habbiate quel più di liberarvi dalla çabella délia compera de detli beni cir io intendo donarvi e di più sgravarli in perpetuo délia décima, secondo che più ampiamente lo contengono le lettere che sopra ciù (jlene scrivo, et vi mando con queste, le quali da mia parte voi çli farete presentare et procurerete di haverne risposta che voi mi manderete sperando ch'ella sarà taie che io la desidero, dovendo ridondare tal çratia in utile et honore del vostro Monistero. Hauta con la vostra, sua risposta, io vi dichiarero che uffity et che orationi io voglio si celebri et faccino perpetuamente per l'anima del Re mio Signore et per la mia ogni an no nel vostro munistero con gli paramenti et ornamenti che io vi donerô destinai i a taie effetto. Et qui senza più farô fine R* Madré pregando Iddio che voi con tutta la vostra devota compagnia conservi nella sua santa gratia. Da Mesieres alli sei di Luglio 1583.
{De la main de ta Reine) R d< Madré questi pochi versi da
m APPENDICES ET COMMENTAIRES.
mia ma no sieno per acertarvi più de la mia buona volontà verso dcl vostro Munistero et del desiderio che io ho che voi eontinoviatc de prépare Idio per cl Re mi Siçnore et hi Re mia fillouli et per questo che vive et per me et perchio posa vedere avanti morire questo regno ritornato per 1' honor de deo et toute laltre cose come io lo trovai quando ci venni, con darmene ocasione mediante la elemosina che io intendo di farvi per farvi piacerc.
Caterîne.
Alla R** in Christo Madré V Abbadcssa del Munasterio délie Murate
a Fiorenza.
Mes dames je vous envoie présentement le contract de lachapt et acquisition que jay faicte des S™ Del Benne, de* possessions et héritages, que je vousescrivis lannee passée que je vous voullois donner avecque mes lettres pa tan tes contenant le don et délaissement que je fais a toujours a vostre Couvent des dites terres. Je vous prie agréer en cclla mon zellc et pieté et recepvoir la dite donation aux charges et conditions qui y sont contenues les quelles je désire que vous exécutiez en mémoire de moy et de l'amitié et bonne volunté que je vous porte. Oultre colla Jav faict reinectrc en la banque du S r Martelly la somme de mil escnz d'orditalie des quclz jentendz quil en soit emploie par vous cinqcent escuz en achapt de bestial pour garnir les dites Mestairies, et le surplus au paiement d'une statue de marbre qui me represantera la quelle sera mise ru vostre église suyvant le pourtraict que jen envoie a Mon Cousin Monsieur le Grand Dur de Toscane au quel jrsrrip* pour le prier de \oulloir descharger les sus dites jmtvm >-
sions que je vous donne de toutes charges et gravesses tant ordinaires que extraordinaires. Et mesmes de tout ce que pourroit monter la Gabelle de lachapt d'icelles, tant pour le regard du vendeur que de lachepteur. Chose que je masseure quil fera bien voluntiers pour lamour de moy a qui il a desja par ses lettres donne espérance de vous gratisficr en cella. Je suis ben marrie quil ne sest pas présente meilleure occasion de vous faire parroistre l'amitié et grande affection que je vous porte a toutes et le désir que jay d'estre continuée en voz bonnes saintes et dévotes prières et quelles je vous recommande a tousjours la bonne santé et prospérité du Roy Monsieur mon Filz de la Royne Madame ma fille et de moy, priant Dieu mes Daines vous avoir en sa s u garde. Escript a Paris le xiiij* jour d' A oust 1584.
Caterine.
De Laubespine.
Mes Dames les Abbessc et Religieuses des Immnrees de la ville de Florence.
1 présentera moien de vous pouvoir faire paroistre
l'amitié et bonne volunte que je vous porte. Ainsy que jay faict alendroit de Mon Cousin Monsieur le Cardinal Grand Duc de Toscaine (Ferdinando I) aiant donne charge au Sieur Iloratio dcl Monte luy parler en mon nom pour vous donner et remectre les gabelles que vous luy debuez. Je vous envoie une lettre que je luy escrips encores a cest effect la quelle je suis daduis que vous luy faictes presanter. Masseurant que vous trouverez en luy
1 Le commencement de la lettre a été lacéré.
.m APPENDICES ET COMMENTAIRES.
toute la ^ratification que vous pouvez espérer. Je donneray ordre a faire envoier en vostre Couvant ainsy que je la vous ay promise, non ma statue de marbre pource que cela est tropmalaize mais un portraict au vif de moy très bien faict. Le quel sera mis et a pose dans peu de temps eu vostre Eglise vous recommandant en voz prières La santé du Roy monsieur mon filz et de la Roine ma fille. Et quil plaise a Dieu leur donner des en f fans, au bien de cest estât et de toute la Xpient (Chrétienté). Je prie Dieu Mesdames les abbesse et religieuses vous avoir en sa s" et digne garde. Escript a Paris le iij Jour de Jauuier 1588.
Caterine.
De Laubespine.
Mes dames les abesse et retligieuses des enmurates de Florence.