SCÈNE X
M»»« 8CUDÉRI, SCUDÉRI, BERTRAND
Bertrand, à la fenêtre du cabinet.
Tout est pW^t, et s'ils veulent entrer... Mais que fo« Quels gestes ! Quelles contorsions !
StiCDÉRi, déclamant.
Madame, je l'ai vu... vu de mes propres yeux: Il n'en faut plu& douter, Arsace est en ces lieux.
Bertrand, (à part toute la scène,) Dans ces lieux ! Qui donc ?
M"« ScuDÉRi, répondant.
Je t'entends, Graphanor, Arsace est inlîdèle! Le perfide, il mourra
Ah çà, mais je fais une réflexion : faut-il absolumeat L^
ScUDÉRI.
Mais c'est indispensable : il n'y a pas à hésiter.
Bertrand.
Tuer quelqu*un en ces lieux !
M"« ScUDÉRt.
C'est avec peine que je vois tous ces meurtres-là. Nous tuoD trop de monde, et çà tournera mal.
Bertrand.
doute, ce sont des voleurs de grand chemin !
Mli» SCUDÉRI.
r exemple, n'avons-nous pas déjà assassiné Tiridate ?
Bertrand.
*e Tiridate !... Quelque honnête particulier, sans doute.
SCCDÉRI.
, mais c'est justement ce qu'il faut.
Air de M. Doche.
Il faut des poisons
Des trahisons,
Des pâmoisons,
Des attentats,
Des assassinats :
Conjurons,
Conspirons ;
Que le trépas Suive partout nos pas.
Bertrand.
irats! employer de pareils moyens pour s'enrichir!
M"« ScUDÉRI.
je me rends.
Sgudéri. {Ils écrivent.)
! qu'il meure. C'est une affaire faite, et je vous réussite.
Bertrand.
assez entendu. Sortons sans hruit; et si ceux-là ne
>uiit (AS pendas. je veux bien que... Grands dieux ! U porte est fermer : iU ont pris leurs précautions. Aucun moyen de sortir jl). Je suis perdu 7 (// raUrt dmu le nkimet.t
SccDÉai.
Mais de quelle manière le tnat>ns-nous ? Si nous le poignardions ?
Mite Sorocai.
Poignarder? Non, l'empoisonner.
ScuDÊai.
Le poison... oui, produira un effet plus sûr, plus tragique.
M»te SccDfcai.
Va pour le poison, il est mort.
Mort, c est convenu. Reprenons maintenant.
Beitriixd.
>i j»^ pouvais déoDuvrir à qui ils on veulent ! Si c'était a nioi Mai> je ne in'ap[»^lle pas Arsace. Ecoutons de toutes nos oreille-
Mi*« ScuDÉRi, déclamant.
Tendre et cher Graphanor, je rends grâce à ton zèle Mais, dis-moi, m'as-tu fait un rapport bien Gdèle?
SCUDKRI.
Madame, dès longtemps, en ce séjour, dit-on, 11 est seul, déguisé, cachant jusqu'à son nom.
(r Ds tva'ient fermé U porte do fond de la salle tfin de ne P^ dénngés.
èir
Bertrand.
déguisé, cachant son nom !
SCUDÉRI
fe Tai vu... sa jeunesse, et surtout son audace...
Bertrand.
eune homme ! Je n'ai ici que Florval.
SCUDÉRI
Sons rhahit d'un guerrier m'ont découvert Arsace.
Bertrand.
militaire ! c'est lui.
M"« ScUDÉRI.
C'en est fait! le cruel me quitte pour jamais.
Sgudéri.
D'une jeune beauté dont on vante les traits, l<e maître de ces lieux, m'a-t-on dit, est le père.
Bertrand.
ûlle!
Sgudéri.
li n'est ainsi caché que pour la voir, lui plaire...
Bertrand.
^'nierait!
Sgudéri.
''^ c'est pour elle enfin qu'un prince tel que lui...
Bertrahd.
Un prince!
SCUOÊRI.
Méconnaît sa grandeur, et s'oublie aujourd'hui; Lui, né du sang des rois! lui, parent d'Artamène!
Bertoard.
n paraît cependant d'une bonne famille.
BCUDÉRI.
Lui qui fut autrefois Tamant d'Hétérozène ! Qu'il périsse! formons un dessein généreux, Digue de Tun, de Tautre, et digne de tous deux.
M"« ScUDÉttY.
Bravo ! bravo ! beaucoup mieux que je ne croyais. Ma seule chose m'embarrasse : nous tuons Tamant, mais la fi
SCUDÉRY
Uioii do plus simple, je l'enlève.
Bertrand.
Ëulever ma ûlle !
Mi^« Sguoéri.
Et le i>ore?
Bertrand.
Aio. aio, m'y voilà ; ils veulent que toute la famille 5
ScL'DKRi, (Tune voix sombre.
J'y suis : à minuit, uuo lanlorne sourde, trois coups giiard... il aura voeu.
Mii« Scuoéai.
l'rès bien : ce sera un spectacle très gracieux.
BgRTRAND, frissonnant,
^^1 gracieux! je voudrais t'y voir. Je n*ai pas une seule '^ de sang dans les veines.
Wi^ SCUDÉRI.
*t charmant !
^is y être.
SCUDÊRI
Air
Lampe sépulcrale.
Viens guider mes pas.
La cloche fatale Sonne le trépas.
M'^^ ScUDÉRI.
A vos pieds, princesse,
Dit le ravisseur.
Je meurs de tendresse.
Bertrand, toujours à part.
Moi, je meurs de peur!
LE : SCUDÉRI, M"« SGUDÉhl, BERTRAND
SCUOÉRI ET M^l* ScUDÉRI.
Chacun en silence Ecoute en tremblant :
Je le vois d'avance.
Ce sera charmant.
Bbatkand.
Ixardoos le silence; Je sais tout tremblant.
Ton trépas s*avance.
Malheureux Bertrand !
ScUDÉBI.
Voilà donc qui est arrangé. Mais il y a longtemps que no^ chambre doit être prête. (// lui présente la main,)
BfimTiÂ5D, à part.
Gomment sortir sans être découvert?... Allons, faisons 1kmw« contenance. (Haut,) Monsieur, votre chambre est prête.
SCUOÉRI.
Ah ! bon. Mais qu'avez-vous donc? vous êtes pâle... tremWw^-
Bertrand, tt^nbiant de tous ses membres. Moi! je ne... tremble pas... au contraire...
SCUOKRI.
Mon Ion vous aura peut-être effrayé; mais rassurez-vou», J suis bon homme au ioud.
Bertrand, à part, Tudieu, quelle bonté !
SCUDÉRI
L'accident arrivé à ma voiture m'avait mis de mauvaise J^ meur; mais ce que je viens Je faire m'a rendu ma gaieté ^ relie.
Bertrand.
Il y a de quoi.
M"« ScuDéBi.
s genoux fléchissent... vous vous trouvez mal?
Bertrand.
effet, je ne me trouve pas très bien. Mais aliez-vous-en, s sera rien. Ah! mon Dieu! voilà qu'il tire ses pistolets!... c'est sa tabatière.
ScUDéRI.
is-Qous apporter à dîner ; et si nous sommes contents, je te npenserai d'une manière à laquelle tu ne t'attends pas. orient.)
Bertrand.
De m'y attends que trop.