‹ La jeunesse de Fléchier (volume 2)Chapitre 19 sur 63 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

M»»« 8CUDÉRI, SCUDÉRI, BERTRAND

Bertrand, à la fenêtre du cabinet.

Tout est pW^t, et s'ils veulent entrer... Mais que fo« Quels gestes ! Quelles contorsions !

StiCDÉRi, déclamant.

Madame, je l'ai vu... vu de mes propres yeux: Il n'en faut plu& douter, Arsace est en ces lieux.

Bertrand, (à part toute la scène,) Dans ces lieux ! Qui donc ?

M"« ScuDÉRi, répondant.

Je t'entends, Graphanor, Arsace est inlîdèle! Le perfide, il mourra

Ah çà, mais je fais une réflexion : faut-il absolumeat L^

ScUDÉRI.

Mais c'est indispensable : il n'y a pas à hésiter.

Bertrand.

Tuer quelqu*un en ces lieux !

M"« ScUDÉRt.

C'est avec peine que je vois tous ces meurtres-là. Nous tuoD trop de monde, et çà tournera mal.

Bertrand.

doute, ce sont des voleurs de grand chemin !

Mli» SCUDÉRI.

r exemple, n'avons-nous pas déjà assassiné Tiridate ?

Bertrand.

*e Tiridate !... Quelque honnête particulier, sans doute.

SCCDÉRI.

, mais c'est justement ce qu'il faut.

Air de M. Doche.

Il faut des poisons

Des trahisons,

Des pâmoisons,

Des attentats,

Des assassinats :

Conjurons,

Conspirons ;

Que le trépas Suive partout nos pas.

Bertrand.

irats! employer de pareils moyens pour s'enrichir!

M"« ScUDÉRI.

je me rends.

Sgudéri. {Ils écrivent.)

! qu'il meure. C'est une affaire faite, et je vous réussite.

Bertrand.

assez entendu. Sortons sans hruit; et si ceux-là ne

>uiit (AS pendas. je veux bien que... Grands dieux ! U porte est fermer : iU ont pris leurs précautions. Aucun moyen de sortir jl). Je suis perdu 7 (// raUrt dmu le nkimet.t

SccDÉai.

Mais de quelle manière le tnat>ns-nous ? Si nous le poignardions ?

Mite Sorocai.

Poignarder? Non, l'empoisonner.

ScuDÊai.

Le poison... oui, produira un effet plus sûr, plus tragique.

M»te SccDfcai.

Va pour le poison, il est mort.

Mort, c est convenu. Reprenons maintenant.

Beitriixd.

>i j»^ pouvais déoDuvrir à qui ils on veulent ! Si c'était a nioi Mai> je ne in'ap[»^lle pas Arsace. Ecoutons de toutes nos oreille-

Mi*« ScuDÉRi, déclamant.

Tendre et cher Graphanor, je rends grâce à ton zèle Mais, dis-moi, m'as-tu fait un rapport bien Gdèle?

SCUDKRI.

Madame, dès longtemps, en ce séjour, dit-on, 11 est seul, déguisé, cachant jusqu'à son nom.

(r Ds tva'ient fermé U porte do fond de la salle tfin de ne P^ dénngés.

èir

Bertrand.

déguisé, cachant son nom !

SCUDÉRI

fe Tai vu... sa jeunesse, et surtout son audace...

Bertrand.

eune homme ! Je n'ai ici que Florval.

SCUDÉRI

Sons rhahit d'un guerrier m'ont découvert Arsace.

Bertrand.

militaire ! c'est lui.

M"« ScUDÉRI.

C'en est fait! le cruel me quitte pour jamais.

Sgudéri.

D'une jeune beauté dont on vante les traits, l<e maître de ces lieux, m'a-t-on dit, est le père.

Bertrand.

ûlle!

Sgudéri.

li n'est ainsi caché que pour la voir, lui plaire...

Bertrand.

^'nierait!

Sgudéri.

''^ c'est pour elle enfin qu'un prince tel que lui...

Bertrahd.

Un prince!

SCUOÊRI.

Méconnaît sa grandeur, et s'oublie aujourd'hui; Lui, né du sang des rois! lui, parent d'Artamène!

Bertoard.

n paraît cependant d'une bonne famille.

BCUDÉRI.

Lui qui fut autrefois Tamant d'Hétérozène ! Qu'il périsse! formons un dessein généreux, Digue de Tun, de Tautre, et digne de tous deux.

M"« ScUDÉttY.

Bravo ! bravo ! beaucoup mieux que je ne croyais. Ma seule chose m'embarrasse : nous tuons Tamant, mais la fi

SCUDÉRY

Uioii do plus simple, je l'enlève.

Bertrand.

Ëulever ma ûlle !

Mi^« Sguoéri.

Et le i>ore?

Bertrand.

Aio. aio, m'y voilà ; ils veulent que toute la famille 5

ScL'DKRi, (Tune voix sombre.

J'y suis : à minuit, uuo lanlorne sourde, trois coups giiard... il aura voeu.

Mii« Scuoéai.

l'rès bien : ce sera un spectacle très gracieux.

BgRTRAND, frissonnant,

^^1 gracieux! je voudrais t'y voir. Je n*ai pas une seule '^ de sang dans les veines.

Wi^ SCUDÉRI.

*t charmant !

^is y être.

SCUDÊRI

Air

Lampe sépulcrale.

Viens guider mes pas.

La cloche fatale Sonne le trépas.

M'^^ ScUDÉRI.

A vos pieds, princesse,

Dit le ravisseur.

Je meurs de tendresse.

Bertrand, toujours à part.

Moi, je meurs de peur!

LE : SCUDÉRI, M"« SGUDÉhl, BERTRAND

SCUOÉRI ET M^l* ScUDÉRI.

Chacun en silence Ecoute en tremblant :

Je le vois d'avance.

Ce sera charmant.

Bbatkand.

Ixardoos le silence; Je sais tout tremblant.

Ton trépas s*avance.

Malheureux Bertrand !

ScUDÉBI.

Voilà donc qui est arrangé. Mais il y a longtemps que no^ chambre doit être prête. (// lui présente la main,)

BfimTiÂ5D, à part.

Gomment sortir sans être découvert?... Allons, faisons 1kmw« contenance. (Haut,) Monsieur, votre chambre est prête.

SCUOÉRI.

Ah ! bon. Mais qu'avez-vous donc? vous êtes pâle... tremWw^-

Bertrand, tt^nbiant de tous ses membres. Moi! je ne... tremble pas... au contraire...

SCUOKRI.

Mon Ion vous aura peut-être effrayé; mais rassurez-vou», J suis bon homme au ioud.

Bertrand, à part, Tudieu, quelle bonté !

SCUDÉRI

L'accident arrivé à ma voiture m'avait mis de mauvaise J^ meur; mais ce que je viens Je faire m'a rendu ma gaieté ^ relie.

Bertrand.

Il y a de quoi.

M"« ScuDéBi.

s genoux fléchissent... vous vous trouvez mal?

Bertrand.

effet, je ne me trouve pas très bien. Mais aliez-vous-en, s sera rien. Ah! mon Dieu! voilà qu'il tire ses pistolets!... c'est sa tabatière.

ScUDéRI.

is-Qous apporter à dîner ; et si nous sommes contents, je te npenserai d'une manière à laquelle tu ne t'attends pas. orient.)

Bertrand.

De m'y attends que trop.

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