‹ La jeunesse de Fléchier (volume 2)Chapitre 18 sur 63 · UX · texte numérisé non relu

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Et ceux enfin qui s'attachent plus particulièrement (^nsidération des merveilles de la nature et à la conilation des perfections de la Divinité, y entendent tout ae la physique a de plus admirable et tout ce que la physique a de plus élevé.

. pour ce que la plus grande partie des personnes )rit n'ont pas ordinairement la mémoire assez ferme 3sez propre pour la déclamation ; ou, pour ce que les es occupations les empêchent de bien apprendre le ours qu'ils ont composé, pour le bien déclamer; ou le, pour ce qu'ils n'ont pas la commodité de se trouver \ le Ueu où se forment les assemblées académiques, il

est libre de lire ou de faire lire dans le lieu de emblée le discours qu'ils auront préparé. t aussi, pour ce que la plus grande partie de ceux ne se peuvent pas trouver d'ordinaire dans le lieu de emblée, y veulent profiter de l'occasion avec autant antage que ceux qui s'y rencontrent ordinairement, le ideot de l'assemblée aura le soin de demander les inaux manuscrits des discours de ceux qui auront ié et de les faire imprimer, dont il leur fournira plurs exemplaires, après qu'il en aura présenté aux perdes de condition dont il aura reçu le sujet de la même ftrence (1) .

l) Discours académiques et oratoires.

on

AUTRE EXTRAIT DE RICHESOURCE. (Voy. p. 30.)

i^oici ce que dit Richesource en parlant des quaires parties ucipales de la philosophie :

le les fais si parfaitement connoltfe à tous ceux qui écoutent règlement l'espace de six mois, qu'ils peuvent, 1 fin de ce temps que je leur demande, traiter des quesas de philosophie dans les assemblées académiques se tiennent le jeudi ; et, quelque temps après, ils peuit déclamer avec applaudissement dans les assemblées toires et académiques ;jusques à ce qu'après quelque te de temps et d'exercice, ils puissent parler sur-lemp et sans aucune préparation bien particulière avec ant de facilité et de succès que ceux qui se préparent c beaucoup de peine.

^'est pourquoi, mes chers lecteurs, suivant l'ordre de tes les propositions précédentes, vous devez conclure, ic moi, que puisque les assemblées particulières ouvrent >prit, que les conférences philosophiques le forment, 'îue celles qui sont oratoires le polissent, le dessein que nae suis proposé en votre faveur vous est très avanta-

geux ; que les conférences académiques publiques et particulières vous sont très utiles; qu'il étoit l'aîsonnable que je vous découvrisse les choses qui me sembloient vous être le plus importantes, et qu'enfin je vous fisse voir que ceux qui se sont exercés, de la manière que je viens de vous représenter, dans ces trois diverses conférences, peuvent éclater dans les chaires, triompher dans le barreau; et que, joignant l'un et l'autre dans les conversations civiles, ou plus ou moins, selon la diversité des rencontres et des autres circonstances, ils peuvent exciter Tadmiration de tous ceux qui les entendent, qu'ils peuvent mériter Thonneur de tous ceux qui en oyent parler, et qu'enfin ils i)euvent gagner l'estime de tous ceux qui lisent leurs ouvrages, avec une satisfaction que je trouve d'autant plus grande et d'autant plus admii*able, qu'elle ne peut ùtre bien goûtée que de ceux qui la connoissent parfaitement, et qui ressentent en leur agréable ces agréables transports et ces douces émotions qui sont les divins elVets de la philosophie, les avantages du Portique, te charmes du Lycée, les fruits du jardin d'Épicure et les ravissements de l'Académie, qui étant accompagnés de quehiues faveui*s de la bonne fortune étabUssent liumainemeut notre plus parfaite félicité (1).

(1) Discoar:> acadv lit ùj lies et oratoires.

URAiT DE LA Rhétorique des prédicateurs. (Voy. p. 34.)

L^invention ou le dessein, dit-îl, doit être rare et imrtvu, c'est-à-dire que les pensées ne doivent pas être ommunes, mais qu'elles doivent être telles qu'elles puisait surprendre et donner de l'admiration, et principale- ^i dans la conclusion qui est la partie qu'on réserve ax mouvements, et qui doit être la plus surprenante et k plus animée.

Comme la surprise est la mère de l'admiration, l'admiitioD est la cause de l'aflluence des auditeurs et de la loire des plus célèbres prédicateurs ; et, parce qu'ils sont îdevables de leur estime et de leur réputation à la beauté B leurs prédications, nous devons avouer que l'excelncedu dessein, que la délicatesse des pensées, l'indusie de là disposition, la beauté des ornements et la race de l'action, sont le premier mobile qui donne le louveraent à toutes les langues qui font leurs éloges et à Otttes ces plumes qui travaillent à leur immortalité. Je *^ bien que l'invention doit être populaire, c'est-à-dire que les pensées ne doivent pas s'élever au-dessus de la capacité des auditeurs. Mais il faut aussi qu'on m'avoue.

— Bloque si les pensées doivent être fadles à cause des i auditeurs, elles doivent être brillantes en récompe^i de les surprendre agréablement par leur nouveauté leurs ornements. Et, comme les génies sont d'une nature, sans qu'ils soient tous excellents orateurs, prise des pensées faciles dépend plutôt de l'industi les inventer, et de Fart pour les disposer et p animer, que des choses mêmes. Ce qui fait qu l'excès de cette agréable surprise la plupart des au se sentent sollicités à se dire en eux-mêmes : Que dicateur me plait et que j'ai de plai^ à l'entendn tends tout ce qu'il dit ; mais ce qui me platt da^ et que j'admire le plus, c'est que son esprit surpi mien, qu'il le mène où il ne pense pas, qu'il le toi qu'il l'émeut sans qu'il s'en puisse défendre, par ( ventions si agréables que je ne puis imaginer, et p expressions si faciles que je ne puis assez admirer (1

(\) Rhétorique des prédicateur $, p. 18.

LETTRES INÉDITES DE FLÉGHIER, A.l'ABBÉ DE MOBILE.

(Voy. p. 188.)

A Nismes, ce 12 sept. 1700.

J'ai été fort touché du retardement de votre procès, msieur, tant parce que vous demeurez dans l'inquiéle que donne une affaire qui n*est pas jugée, que parce e nous serons plus longtemps sans vous voir. Il ne itètre surpris de rien dans les jugements des hommes, après avoir fait ce qu*on doit, il faut supporter avec tience tous les événements qui arrivent. Si votre partie )it moins féroce, et qu'elle voulût entendre à quelque commodément raisonnable I mais aussi, il ne faut pas i*il sente qu'on se décourage. Faites-nous savoir souvent i vos nouvelles, et de celles de nos neveux qui sont >paremment en vacance, et qui ont par conséquent le naps d'écrire quelquefois. Exhortez-les à bien étudier, t à conserver les bonnes impressioi^s de piété qu'on leur k données dans le séminaire.

Mon frère (1) se croit quelque chose dès qu'il se porte

I*) Philippe Fléchier avait épousé Elisabeth de Nobilé, sœur *6 l'abbé de NoLilé, que Fléchier va appuyer de soo crédit

un peu mieux. Il parle de venir me voir et de se divertir; trois jours après il retombe. Je lui écris toujours fortement qu'il se conserve, qu'il vive de régime; Dieu veuille qu'il suive nos conseils 1

Je crois que nos Messieurs vous mandent ce qui se passe en ces pays-ci. Je me contente de vous assurer que je suis toujours (1)...

Je vous prie de rendre à MM. les agents du clergé ce mémoire qui regarde l'affaire des clercs. Je travsdlle à, vous faire charger de cette affaire par les clergés d'Alais et de Nismes. Cela vous sera peut-être utile.

A Nismes, ce 12 octobre 1700.

A M. l'abbé de Nobilé.

Je suis bien aise, Monsieur, que vous ayez un Rapporteur qui ait de la droiture et de l'habileté, tel que vous

dans tous le cours du débat que ces lettres vont nous faire connaître. (Sur Philippe Fléchier, voy. plus haut, p. 274.) Une lettre de Fléchier, datée de Nimos le 31 mars 1701, nous apprend que son frère mourut vers cette époque; vol. X, p. 363. Voy. cette lettre un peu plus haut, p. 290.

(1) Cette lettre, et toutes celles qui suivent, sout inédites poui la plupart. Nous indi(iuerons celles dont quelques fragments ont été récemment publiés. Ces lettres sont autographes, et font partie de la collection que possèdes M. le marquis de Valfons, ancien député du Gard, qui a bien voulu nous les communiquer. On remarquera que souvent ces lettres sont sans adresse; mais il est évident qu'elles ont été écrites à l'abbé de Nobilé. A l'époque où commencent les premières difficultés, en 1700 et en 1701, l'abbé de Nobilé est à Paris, où nous le voyons occupé ^ solliciter pour son affaire . En 1707 et en 1708, le procès es alors engagé, et Fléchier lui écrit à Toulouse où il se trouve-

le pouviez souhaiter. II faut soutenir son droit avec courage. On n'est pas toujours malheureux, et les prédictions du sieur Filëre et de ses amis ne seront peut-être pas accomplies.

Mon frère a été une quinzaine de jours avec moi, et 8*est fort rétabli. Je l'ai tenu de court sur les règles de son régime, et je n'y ai pas eu beaucoup de peine. 11 s'est retiré en bon état, avant que les premiers froids le pussent incommoder.

M. Mathieu n'a que faire de craindre pour sa maison. Nous avons logé ou, du moins, nous préparons pour loger M. le prince Emmanuel dans ce pavillon où les .marchands alloient jouer (1). La maison est petite, mais agréable : joli jardin, bon air, communication avec le Séminaire, rien ne lui convient mieux. Cependant je le ïoge chez moi, avec un aumônier, un secrétaire, un valet de chambre et deux valets de pieds, jusqu'à ce que sa ïnaisoD soit en état.

M. l'abbé Ménard a passé trois jours ici avec moi (2).

Le prince Emmanuel de Lorraine, dit le Prince Emmanuel, ^ena une vie assez aventureuse; il était de la maison de Lor- ^ine, branche des ducs d'Elbeuf. Né le 20 décembre 1677; il Passa ea 1706 au service de l'empire. Louis XIV lui lit faire ^on procès, à la suite duquel il fut condamné à mort, et efligié. ^•D 1719, il obtint sa grâce, et put rentrer en France. On lit dans *^ Journal de Dangeau, à la date du 9 novembre 1719 : a Le Pnnce Emmanuel de Lorraine, frère du duc d'El])euf, est arrivé *<^i;il vit le matin M. le duc d'Orléans; il a été réhabilité, et P^^t demeurer en France présentement; il hériteroit du duc son I '"^re. s'il mouroit sans enfants. » (Voy. Moréri ; Article sur la f ïïïaisoade Ix)rrainc; Journal de Dangeau, W mars, 12 septembre t *'^<^6; 18 février 1707.)

'M l^arent de Ménard, le savant historien de la ville de Nîmes,

Il s'en i*etourDe à Paris ; il vous dira de nos nouvelles- Je Tai prié de dire à M. de Verthamon combien je lai suis et lui serai obligé de la protection qu'il vous donnera <* Je lui écrirai dans le temps.

Dites un peu à nos jeunes abbés qu'il faut qu'ils redou — blent leur diligence et leur aflection pour leurs études -^ et surtout qu'ils soient sages et pieux (1). L'atné a pré — sentement une chambre ; on lui a sans doute acheté ud^e tapisserie : excitez-le à travailler, et croyez-moi, Moiu— sieur. . .

A Nismes, ce 29 octobre 1700,

M. Novi, le chanoine, vient de mourir, Monsieur, daxzmi! la semaine de M. l'abbé Robert (2). Ainsi, voilà uijc canonicat entre nos mains, et un moven assuré.

et l'auteur de la notice sur Fléchier que nous avons citée bieo souvent. L'abbé Ménard était prieur d'Aubord, village à trois lieues de Nîmes. Fléchier avait pour lui une amitié particulière. (Voy. M. Delacroix, Histoire de Fléchier, p. 445.) Dans la correspondance de Fléchier, on trouve plusieurs lettres adressées al'abbé Ménard. Il mourut un peu avant l'évêque de Nîmes, I^ 6 ianvier 1710.

(!) Détail qui nous prouve que l'abbé de Nobilé était alors a Paris. Nous avons vu plus haut, p. 279 et suiv., par les lettres adressées à l'abbé Robert, que les neveux de Fléchier étaicut rlovés à Paris.

(2) On trouve dans les Œuv. compl. de Fléchier, vol. X, p. 365» une lettre de Fléchier, on date du 22 novembre, sans indication d'année, avec ce titre : A M. Novy, C. D. N. (chanoine de Nîmes). Fléchier le remercie des compliments de condoléance qu'il 1*^* a adressés, à l'occasion de la mort de sa sœur Agnès, religieuse de Sainte-Glaire, à Béziers. — L'abbé Robert était vicaire &^' livrai de Fléchier; nous avons publié plus haut plusieurs 1*^^' très que l'évêque de Nîmes lui écrivait à Paris.

semble, de vous tirer d'affaire. Il ne faut pas pourtant que vous fassiez connolfre au sieur Martin aucun relâchement, ni aucun doute de votre droit. S'il y a quelque négociation à faire, elle doit se faire ici. Tenez- vous en repos ; nous avons du temps, tout ira bien. Vous devez aller trouver le P. de la C4haise (1), lui renouveler le souvenir de la grâce que le roi vous a faite â ma recommandation, et par son entremise, de vous donner un canbnicat ; lui représenter qu'on vous dispute votre droit, et que vous êtes en procès pour cela, et le prier de faire en sorte que le roi ne fasse point de nouvelle nomination, ayant rempli son tour par la vôtre, ou vous la réservant pour cette présente vacance; car, si quelqu'un obtenoit encore un brevet du roi, ce seroit une horrible confusion. J'écris au Révérend Père ; donnez-lui ma lettre, ne vous expliquez point ailleurs, et croyez moi, Monsieur... Je vous prie d'aller rendre cette lettre à M"' de Lillebonne. Vous serez bien payé de votre peine par la connoissance de la plus aimable princesse, et de la meilleure

religieuse qu'on puisse voir (2).

(1) Le P. de La Chaise, né en 1624, mort à Paris le 20 janvier 1709. Il avait succédé, en 1675, au P. Ferrier, comme confesseur de Louis XIV, et garda cette fonction jusqu a sa mort. Comme le P. Ferrier, son prédécesseur, il avait été chargé par 'e roi de tenir la feuille des bénéfices.

(2) BéatriX'Hiéronyme de Lillebonne, fille de François- Marie ^e Lorraine, comte de Lillebonne, et d'Anne de Lorraine; elle étailnéele l" juillet 1662, et fut abbesse de Remiremont en ^ifn. Il y avait dans cette petite ville de Lorraine un monastôrc <îélèbre, où n'étaient reçues que des filles nobles, qui prenaient 1® titre de chanoinessos. On n'y était admis qu'en faisant dos preuves de fluatrc quartiers de noblesse, du côté paternel et du ^té maternel. Ce monastère, de l'ordre de Saint-Benoît, était

A Nismes, ce 14 nov. 1700.

Vous avez bien fait, Monsieur, de prendre vos devante auprès du P. de la Chaise, et je suis bien aise qu'il vou3 ait reçu aussi favorablement que vous pouviez le souhaiter à ma considération. 11 m'a toujours témoigna beaucoup d'amitié, et j'en conserve beaucoup de recon— noissance.

Je vois par la vacance de ce dernier canonicat, que l'accommodement de votre procès ne seroit pas diffidle à faire. Mais j'ai la même peine que vous de voir entrer dans mon Chapitre un sujet qui n'est pas en état de lui faire honneur, et qui, par ses manières rudes et son humeur intraitable, pomToit y troubler la paix que j'y ai heureusement établie. Il ne mérite pas même qu'on lui accorde facilement ce qu'il a si opiniâtrement refusé. Aussi, il n'est pas hors de propos de le poursuivre vivement, ou pour lui donner de la crainte, ou pour le réduire du moins à demander grâce, ou pour punir son inflexi-

gouverné par une abbesso qui ne pouvait quitter Thabit; mais les autres pouvaient sortir.et se marier. (Voy. Moréri, Dictionnavre historique. — Sur M™<^ de Lillebonne, voy. Lettres de M"^^ de Séviffné, \\ juillet 1677, vol. V, p. 20!), Edit Hachette, Gollect. des grands écrivains.) Dans ses Mémoires, Saint-Simon parle fréquemment de M''« de Lillebonne, plus tard abbesse de Remiremont, et de sa sœur, M"»^ d'Espitioy. — Le ii juillet 1705, Fléchier écrivait à la mère de Tabbosse de Remiremont, M"* àe Lillebonne, à Foccasion de la mort du prince d'Elbeuf, son neveu. Celle-ci mourut en 1720, à Tàge de quatre-vingt-deux ans. Il lui écrit encore le 22 janvier 170G et le 28 novembre»!^ la même année. (Voy. Œuv. compl. de Flcchier, vol.. X, p. 202, 216 et 239.)

ilité féroce par la vôtre qui est raisonnable. Il faut pour- LDt toujours entretenir le P. de la Chaise dans sa bonne >lonté, afin que personne ne surprenne de brevet du )î, et que vous ayez toujours cette ressource. Prenez de ODS conseils, au pays où vous vous trouvez, et croyez-moi, lonsieur, entièrement à vous...

A Montpellier, ce 6 déc. 1700.

Les ouvertures des états, et les harangues ou les Faires dont M. de Basville a été chargé, m* ont empêché, onsieur, de le presser sur les lettres de recommandation le je lui avois demandées pour vous. Il m'a promis écrire à M. Le Gendre, de Montauban, afin qu'il écrive rtement à votre Rapporteur, et me doit envoyer quelles lettres pour quelques-uns de vos juges. Pour l'attestation que vous me demandiez, on a jugé i qu'il valoit mieux que ce fût le syndic du Cihapitre ù attestât au nom du Chapitre, et j'ai mandé à M. l'abbé >bert de la faire faire par M. Magne, que j'ai fait syndic >rès la mort de M. Novi, à qui j 'avois appris qu'on •uloit substituer le sieur Filère (1).

Ce M. Filère souhaite fort l'accommodement, a écrit i sieur Martin, promet de s'en tenir à tout ce que je gérai à propos, offrant le canonicat sans pension, si 1 veut lui céder celui qui est chargé de trois ou quatre ûts livres. Il paroît y aller de bon pied, étant prêt

0 Ce Filèi-e est évidemment le chanoine, compétiteur de bbé de Nobilé.

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S '-tOÂ T'iuie: Il — iiimnwipy, TQîiâ one lettre poork 3. ?. fH ^ illiaise: ^ T.-JIIS T.jait2 plaider, ai Toici ooe >yir M. ie V^r'.jaimin 1 .

V ;ii-; m iiinTioa pape 1' : csia peut être de qaelqoB

'. '''i.A . ■»i:L.i'-in.' ïi :i ;r:«!v< pour lei^uel M. de Nobilc

'-<. 1 T.-; ■;- JC r::. z-.czitfïLtri? v»?re 1700. ne fut terminé

y--* :■■' :.: i.:* ipr^< > 15 ziarî? IT»J8. Les sieurs Filèrt^

}4of' /. :.-::.•.!.-:-■: i 1 lj oe :•? N-: ô ile an caaoaicat à Nini«* ;

^' ■- ..-• •., .-.c Li -a;!*.* :-» X. ie Nobîle, mais sans étreinte

r**- 'î.-',vrr.--r.: :az* L'a^aL-?. Voy. plus haut la lettre d»

' Iv ,;ifr,. -rr.^a: M; !hel-Fn::.^?i< de Verthamon, maître d^ ^''; . •''-. 'n 1^;::, plu? Ufl pr.?2ii«?r président du grand conseu *■': if/i: r, <'-uit le :Vrp de U seconde M"»' de Caumartin. Fié- 'în^r (in itiit tr.-s 11».- ave«: la famille de Caumartin, devait ftiti'iri'\ifffi(.ni avoir recojr< aux conseils et au crédit du preDHC** ItnnuU'fti,

i'h \uut,i'j'.ui XII t-tait mort le -27 septembre 1700, et renais d avoir pour «uccfs.scur Clément XI.

A Nismes, ce 21 janvier 1701.

Jfai vu ici par des lettres du sieur Martin, écrites au leur Filère, du 11 de .ce mois, qu'il a remis absolument es intérêts au P. de la Chaise, et je crois que votre affaire st présentement accommodée. Tout le monde le souhaite i pour votre repos, et pour ma consolation.

M. Filère m'a prolesté qu'il feroit faire au sieur Martin mi ce que je souhaiterois. Il s'engage et se rend garant le tout. Il m'a fait deux propositions : l'une de vous donner 50 écus de pension ; l'autre, de vous donner une somme de 500 écus de dédommagement, avec tous les revenus échus. C'est à vou? de voir de ces deux offres celle qui vous convient le mieux. La pension me choque, et ne me paroît pas dans l'ordre, et j'aimerois mieux les 500 écus qui sont sept années et plus de la pension.

11 faut enfîn finir cette affaire. Le procès ne donne que du chagrin, et cause de la dépense; mandez-moi |)fécisëment où vous en êtes, et ce que vous souhaitiez. h suis, Monsieur, de tout mon cœur...

A Nismes, ce 10 mars (i).

J'ai reçu vos deux lettres, Monsieur, et j'ai été bien *ise d'apprendre que vous soyez heureusement arrivé,

W Sans adresse et sans indication d'année. Les événements

âont il est parlé dans cette lettre, autorisent à fixer la date du

10 mars 1703. En effet, au mois de mars 1703, Roland fut battu

àPompignan par le maréchal do Montrevel. (Voy. M. Delacroix,

But. de FUchkr, p. 559.)

et que vous ayez déjà reconnu vos juges et l'état de votre procès. Vous en avez encore pour quelque temps. Mandezmoi, si vous voulez encore quelques lettres de recooi* mandation.

M. le maréchal de Montrevel vient demain de faire sa tournée dans les Gévènes. Il est tombé sur une troupe de mille fanatiques. Il en est demeuré près de cinq cents sur la place. Roland et quelques autres de leurs chels ont été tués ou fait prisonniers. Le nombre de ces rebelles grossit tous les jours. Ils brûlent, ils massacrent, ils pillent partout et tiennent tout le pays dans une grande consternation. On vous mande sans doute le détail de toute cette gueire. Je suis de tout mon cœur (1)...

A Nîsmes, ce 4 mai 1703.

A Monsieur tabbé de Nobilé.

Je ne me souviens point, Monsieur, d'avoir donné aucune attestation devant ici, après ses provisions, an sieur Martin. 11 faut découvrir s il en produit quelqu'une qui pourroit bien être fausse, car ces Messieurs ne font pas grand scrupule de ces sortes de fictions. Je sais bien que je la lui ai refusée, par le motif que je vous ai mandé, que je ne le connoissois pas assez.

Vous savez que M. Causse ne manque pas de subtilité» et quil éblouit par là une partie de ses confrères :.cela changera bientôt.

(I) M. Delacroix a publié un fragment de cette lettre, p. 55"» note 2.

Faites, je vous prie, mille compliments de ma part à le premier président. Je n*ai pas prétendu qu*il fit pense à ma lettre. La réponse de ces recommandations t la bonté qu'on a d'y avoir égard, et de rendre une stice prompte et honnête aux personnes recommandées, nrsonne ne l'honore plus infiniment que moi, et je >mpte sur l'honneur de son amitié.

On vous a sans doute mandé que M. le maréchal de ontrevel a défait une troupe de huit cents fanatiques ; a'il en est resté quatre cents bien comptés sur la place, ms compter les blessés, et que le reste s'est dispersé (1). 'enlèvement qu'on avoit fait quelques jours auparavant e plusieurs personnes dans les villages, et cette expédition enue après, a fort consterné ces gens-ci. A quoi (unmes-nous réduits? A nous réjouir de la mort de ces ludheureux qui, tout méchants qu'ils sont, sont une K)rUoDde nos troupeaux. Je suis. Monsieur, tout à vous (2),

Esprit, év. de Nismes.

A Montpellier, ce 24 décembre 1707.

J'ai reçu votre lettre du 21, Monsieur, par laquelle j'ai été bien aise d'apprendre que vous êtes heureusement

(i) Il s'agit ici ou de la défaite que Montrevel infligea aux Camisards le 20 février 1703, près de la Galmette, "village situé * une légère distance de Nîmes ; ou do celle qu'il infligea à Holand, lun des chefs des GamisurJs, au mois de mars 1703, près de Pompignan, village de l'arrondissement du Vigan. l^oy. M. Delacroix, Histoire de Fléchier, p. 55G et 559.)

P) H. labbé Delacroix a publié la lin de cette lettre. (Hiat. <^ffeAicr, p. 561, note2.)

L rTOiouse. ^ nie vous ipœ defà ^u M. le premier ji'igfaiggt sr e ^es » imr? adEure. Xxtqîs toojoois jif?! *m in m 1 lonnvfsmi ia:f loe j^alLeBe, ptnmb :niiie is iiauieoi^. iptst ramait x Païufience do Séoè- 'ziai \ . ^ jft n sas magme '|tK le pige s'oftant loiuroifî 1 T^-ur iDez mu :*cwiir 3iaa serment, et oe n r; inw ji:£s rœ ior «rs pusii-îa. due une joridictioi jLLKTjffir^ ii:-^-}unmiee i "srais saises^ il b' v aToit aucune iificuiD* se irBL. li 'ie mmscqœnce* ai aatoiie nécessité lie zurt ^m r^^tsmsic aomaïQqae : Taffure n'en vantpis !a peme. Liï ^por Finjinec xne chicane. La procédure •ïuai: inie et >irniee. %-a inmirere la hii ouvre. Il repréfence le •àn^m' ri il 5 i de venir dans ma maison : awD «ciââe. mam ricmescipesw pura s'en liant qu'il ne dise ma zxràes. Je a al jama& pastH* pour ai terrible. Xai coosuité M. 'ie Bar^vilk 1 . qni m'a donné les mêmes conseils, el ir^ m^miG mc'yens cpie tous me proposez, fort suipris q. .L Veuille ûire une grude affaire d'une petite. Mandez-

î I. y 11.: :r.:- f*?*!*?» •i»/ 1^ r^ langueJoc : l'un résidait 1 t^i.-ji.-- :.:.-. .1^:7^. X Etca-ii:r>?. le iroisième à Toulouse. » I^:.r j.ri.. :^â.^ :'-.L.-:::'-n> -.tAi: ce rvadiv la justice et de pr-;-. ■:•■.' i«r- 4<>«i«* ■;'< »«i ^^fUîC'i irA*^e, oouiposëes de seigneur» rt •:•■; ^ -r>..ô:.5-.:c5. 1.* oozir::j.-dAie^>t aussi la uoblesse de LW" g >-•:•>.. 1 -rï-j ; tr.îe patniî ei: oampa^iie. » Les appels de ces ■..'iù^ ..i-:x :'-r.-^: ;or:c5 ddL<.'ri au (>dr!emout de Paris, plu* Upl a.i {MflvmvLt de Toalouse. -Voy. M. Chéruel, DictwnMff* | htit/jnqtte dei institution^ de la ftance, article ; Sénéchaux du ÏM' ^

rit Nicolas do Lamoiimon do Bdviile. né eu 1648, mort efl 17t!i; coiiMMlirT au parU/meiii eu ir»7T, bientôt après maître de» rc.qut-Ua; siic»'e>sivoineiit intendant de Montauban, de Bêarn, de Poitou, et enliu de Languedoc pendant plus de trente ao^ de IG.'^i à 17i>j. Il avait été nommé conseiller d'Etat en 1685.

loi si le parlement peut ou veut se retenir le fond et le iger. J'en serois fort aise. Vous verrez ce qui convient. e suis, Monsieur. . . (1) .

Faites bien ma cour à M. le premier président.

Et au dos de la lettre :

A Monsieur^ Monsieur Fabbé de Nobile\ chanoine de Nismes^ chez M. Gruvel^ Procureur au parlement^ à Toulouse,

A Montpellier, co 9 janvier 1708.

Je viens de recevoir votre lettre du 7, Monsieur, et vous «vez sans doute reçu la mienne avec celle que j'écris à HoDsieur mon rapporteur.

f accepte avec plaisir l'expédient que vous me proposez pour mon procès ; le tour qui le fera plus tôt finir, et qui Bi'exposera le moins, sera toujours le meilleur. Je hais ■fe affaires, j'en crains les succès, et je ne cherche qu'à Bie tirer de l'embarras des chicanes et de l'incertitude des Jtïgements. J'enverrai une procuration pour prêter mon feraient, quand vous me manderez qu'il sera temps. Je ^is content, pourvu que je sois sans procès, et que ^n chicaneur soit un peu corrigé. Nous sommes encore ^ux Etats dix ou douze jours. Mille très humbles compliments à nos amis, juges ou non. Je suis. Monsieur, tout

* vous.

Esprit, év. de Nismes.

H) Un court fragment de cette lettre a été publié par croix. (Hùtoire de FUchier, p. 405.)

A Xismes. ce 54 fémor 1708.

Je suis Inen aise. Monsieur, que notre affaire avance^ et que nous puissions espérer de tous revoir bientôt id. Le sieur Fauquet n'a d'autre satisfaction que œlle favoir un procès ici et au parlement ^1). Il veut que je jure, je le veui. Il sait bien ce que j*ai à dire. Que ce soit dans ma maison ou dans une autre, que lui importe? Quand il obtiendroit tout ce qu'il peut demander, que gagneroit-il? Sera-t-il moins mon débiteur? Il dit qu*il m'honore beaocoup : et moi, je dis que je le plains fort. Tout le monde gronde hors de moi. Il a tant de honte, qu'il n*ose me regarder; jusque-là que le jour de la Chandeleur, etk premier jour du Carême, il a évité, étant à Téglise, de venir avec sa compagnie, prendre de moi les cierges elles cendres bénits, fonction où il ne pouvoit pas craifidie d'être rebuté, ni d'être battu.

Mille remerciements à Mgr de Saint-Papoul (2) de \\i^ neur de son souvenir. Je souhaite que son curé se convertisse, et qull soit humilié.

J'ai eu beaucoup de passages ou \îsites depuis les Etats: M. Tévèque de Montpellier, M. l'évêque de Castres (3)» M"* la comtesse de Calvisson, MM. de Nogaret et autres. M. l'auditeur de Rote et mes neveux sont ici. Je vw*

(Il Le parlement de Toulouse.

(•2) De novembre 1G77 à janvier 1716, Tévéque de S^»*' Pajioul fut François de Barthélémy de Gramont de Lauta.

(3) L'évêque de Montpellier était alors Colbert de Croisa' celui de Castres était Honoré de Quiquerand de Beaujeu.

rie d'assurer M, de Cappel de mai reconnoissance, et de le croire, Monsieur, de tout mon cœur, à vous.

Esprit, év. de Nismes.

fétois en état de vous envoyer de l'argent; mais j'ai •ouvé une lettre de change déjà faite par votre ordre, ous compterons tout cela (1).

A Nismes, ce 9 mars 1708.

A Monsieur F abbé de Nobilé.

Je ne reçus votre dernière lettre, Monsieur, qu'après 16 le courrier fut parti; ainsi, je n'ai pu y répondre l'aujourd'hui.

Je ne m'étoîs point attendu, non plus que vous, au iste succès de notre affaire, tant à cause de la bonté le je supposois en mon droit, qu'à cause des soins que m aviez pris de le faire connoltre, et d'en solliciter un 3te jugement. Mais je n'en ai pas été si surpris que- vous, »rès les avis que je venois de recevoir des mauvaises tentions de plusieurs juges, qui vous faisoient mille 'Unêtetés (2) .

Il) Lettre publiée en partie par M. l'abbé Delacroix. (Histoire fléchier, p. 405, en note.)

%\ Toute cette partie de la lettre de Fléchier est inédite; Ce i suit se trouve dans la Correspondance de Fléchier, vol. X, ^2. On ne comprend pas pourquoi Ducreux a supprimé ce Omencemcnt. Quoique la suite soit imprimée, nous la pu- )ns aussi, parce qu'elle fait bien connaître le caractère pacile de Fléchier.

Vous savez, Monsi^ir, raversiœi que j*ai toujours eoe pour les procès. Je les avois beuraiaement évités joscp id, ayant d'ailleurs des occupations plus convenables à mon ministère et à mon humeur. Il a fallu que j*aie trouvé on honmie, qui, sans honnêteté, sans rsûsoo, sans intérêt ni avantage pour sa cause, étant mon diocésain, veut ne faire conduire à la vue de tout mon diocèse au traveis d*une foule de plaideurs, pour jurer sur une chose doot il sait bien que je n'ai aucune connoissance, et qui na rien de commun avec le fond de Taffâdre, de laquelle je ne me suis point mêlé jusqu'alors; et qu'il se trouve des gens sages qui le soutiennent. Cette affectation de m*attirer à l'audience; cet appel de l'offre que le juge fait devenir recevoir le serment de son évèque, après mille sortes de chicanes précédentes, celte variation de moyens, ptf laquelle il se vante d'avoir rendu le parlement juge et partie, ne méritoient guère d'être approuvés. Je ne connoissois pas encore toutes les raisons que Jésus-Christ 01 saint Paul ont eues de nous défendre de plaider. S'il n'eût été question que de mon intérêt ou de mon honneur particuliers, je les aurois sacrifiés à mon repos, et Messieurs de Toulouse n'auroient pas eu la peine de méjuger, et de se partager leur jugement. Si ma partie, gardant quelque bienséance pour la dignité, m'eût proposé d'aller dans la maison du juge, je ne sais si je n'aurois pas doucement et sans bruit a<*quiescé à sa demande, quoique contraire aux exemples de mes prédécesseurs. Mais c'est la dignité commune qu'il vouloit avilir dans la mienne peut-être sans y penser. On dit que les évêques ont trop d'autorité : ils n'en ont pas trop s'ils en usent bien; et ce

*est jamais une raison de droit, moins encore de religion e vouloir les abaisser comme évêques. Quoi qu'il en soit,

faut prendre patience. J*ai d'abord pensé, comme vous, u'il falloit tout laisser là, et vous en revenir ici. Mais Q m*a conseillé aussi d'essuyer encore ce second jugelent, si vous connoissez qu'il puisse être plus favorable.

Je vous envoie une rescription sur M. Golomës. Je vous dadns, et je suis. Monsieur... (1).

A Nismes, ce 13 mars 1708.

A Monsieur F abbé de Nobilé,

Ne vous chagrinez point. Monsieur; que faire? quand des juges disent que ma cause seroit bonne si je n'étois pas évêque; quand ils se rendent eux-mêmes parties; (pand ils se font im point d^honneur d'humilier des gens que Dieu a élevés ; quand ils mettent (sic) que la vengeance à la place de la raison, de la religion et de la justice, il n'y a qu'à: prendre patience et tâcher d'honorer Tépiscopat par nous-mêmes, lorsqu'on cherche d'ailleurs à ie déshonorer par des ressentiments affectés. Il faut fmh: comme vous pourrez, et ôter à ces Messieurs l'occasion de se servir de moi pour faire de la peine à tous mes

l^) Ces deux dernières lignes manquent dans Ducreux. — « BfUTîption, terme qui se dit en parlant de finance, et qui «igûifie une ordonnance pour payer une somme qui a été assignée *tiuelque personne. » (Richolet, Dictionnaire français. Rouen, ^''l^, î vol. in-fo.) — « Synonyme de l'effet do commerce ûommé mandat. » (Dictionnaire de Littré,)

confrères. Vous avez sans doute reçu ma dernière lettre. Je vous attends, et suis de tout mon cœur (!)..•.

Lettre à M. d'Aldeguier, imprimée dans les Œuvm empiètes de Fléchier, vol. X, p. 332.

M. l'abbé de Nobilé (2), Monsieur, que j'avois chargé de la poursuite de mon affaire dans votre parlement, m'a fait connoître les bonnes intentions que vous avez eues de me rendre et de me procurer même la justice, que

(l) Lettre publii'C jiar M. Delacroix, Histoire de Fléchier, p. 406. — « Jean-Baplisle <le Nobilé, prêtre, issu d'une famille iUlionne établie à Pernes, dès le commencement du dix-septième siècle, naquit dans cette ville, vers 1668, de Balthazar-Anià» de Nobilé et de Marie Dallin, de BoUène. Sa sœur EUsahA ayant épousé un dos frères de l'illustre Fléchier (1), celui-a l'attira à Nîmes, lui donna une place dans son chapitre, elle nomma grand archidiacre (2). Après la mort de ce prélat, Nobilé, devenu l'objot de quelques tracasseries, se rendit à Rome où l'évoque de Sistoron, Lafitau, à qui étaient confiées les affaires de France, le prit avec lui et l'employa. Il fut ensuite lonj^temps directeur de la maison de Saint-Louis (3). Ses talent» pour la prédication, tant en français qu'en italien, lui acquirent une certaine réputation... Charg»'* d'années, et affligé de la goutte, il (juitta l'Italie après quatorze ans de séjour, et se retira, en 173'J, à Porues, où il décé<la lo 10 mars 1741. » (Barjavel, Diciiw* naire de Vaucluse, vul. II, article : Nobilé).

(*2) Dans l'imprimé, la lettre est sans date et sans indication d'année; mais elle est évidemment du mois de mars 1708, lorsque Fléchier eut déliiiitivemont perdu le procès qu'il avait au parloment de Toulouse. — Ducreux ne donne pas le nom lie M. de Nobilé : nous le rétablissons, parce qu'il est manifeste qu'il s'agit do lui.

(1) C'était Philippe Fléchier. (Voy. plus haut, p. 27 i.)

(2) En 1709, lions dit Gibertl : Histoire manuscrite de Poraes.

(3) n s'agit de Saint-Louts des Français, à Rome.

ois lieu d'attendre de tout juge aussi peu prévenu ;ussi équitable que vous. J*ai toujours honoré la magis- :ure, et j'étoîs persuadé que les mapstrats honoroient même TEpiscopa^, et que la Justice et la Religion itraidoient ensemble. Vous avez agi, Monsieur, et s avez parlé dans vos avis sur ce principe, comme beaucoup d'autres (1). Dès que vous êtes devenu 1 juge, vous ne vous êtes plus regardé comme ma Lie ; vous n*avez pas cru que ce fût un honneur pour s d'humilier les évêques, et vous avez soutenu les its et les bienséances de la dignité, sans vous arrêter ne sais quels mécontentements qui ne me regai*doient it, et qui étoient étrangers à mon affaire. Je sais la té que ces Messieurs ont eue de dire du bien de moi me condanmant. Je mérite moins les louanges qu'ils •nt données que la justice ou la grâce qulls pouvoient faire. Agréez donc que je vous fasse ici mes remerents, et que je vous assure qu'on ne peut être avec s de reconnoissance, ni plus parfaitement que je le j, Monsieur, votre. . .

luelle qu'ait été Tissue de ce long procès, il paraît que chier put conserver à M. de Nobilé une place de chanoine, «la fin de 1709, Tévôque de Nîmes se trouvait à Montfier, pour la tenue des États de Languedoc. « L'abbé de Wé, raconte M. Delacroix, page 623, se trouvait aussi Montpellier avec le prélat. Il paraît que la faveur dont ^^ avons vu que ce bon chanoine était l'objet de la part

i'iDucreux met : comme beaucoup d'autres, ce que nous no t^inpreaoïis pas.

de son illustre parent (1) et ami, ne lui fut jamais bien pardonnée à Nimes; et que Fléchier, à la veille de sa mort, avait encore à gémir de certaines susceptibilités à cet endroit; c'est ce qui nous semble percer dans une lettre qu'il écrit de Montpellier à son grand vicaire, l'abbé Robert, relativement à l'assemblée provinciale qui devait avoir lien en cette ville, le 14 janvier 1710 » :

... Gomme il est nécessaire de tenir les assemblées diocésaines, pour députer un ecclésiastique du second ordre à la provinciale, vous pouirez, en mon absence, convoquer celle de Nîmes, quand vous le jugerez à prcçoSi une de ces fôtes prochaines.

Je crois qu'il convient de députer M. de Nobilé. B se trouve tout porté ici... cela ne vaut pas la peine feu faire venir un autre. Je ne sache pas qu'aucun aitk droit de s'attribuer cette députation, conune je vois qn*» se l'imagine... (2).

(1) M. de Nobilé n'était réellement pas parent de Fléchier; seulement, sa sœur, Elisabeth de Nobilé, avait épousé PhUi^ le frère de rév«^quo de Nimes.

(•2) Lettre du 20 décembre 1709; inédite : communiquée i M. Delacroix par M. l'abbé de Cabrières, aujourd'hui évoque do Montpellier. A la mort de Fléchier, arrivée le 16 février M M. de Nobilé fut en butte à une multitude de tracasseries; il quitta Nîmes, et se retira à Rome. (Voy. plus haut, p. 328.) -* Nous aurions bien voulu publier le jugement rendu à Toutous» contre Fléchier, jugement qui doit se trouver dans les archiTe* de l'ancien parlement de Languedoc. Dans ce but, nous avons écrit à l'Archiviste de la Haute-Garonne, à Toulouse; notre Icltt* est restée sans réponse.

LETTRES DE FLÉGHIER A HUET. (Voy. p. 148.)

M. Gosson, que M. le duc de Montausier a toujours rotégé, et qui aura l'honneur de vous rendre ce billet, l'a prié de lui obtenir de vous, Monsieur, une recomlandation auprès de M. Léonard (1). Il y a quelque împs qu'il est employé à la correction en Timprimerie de I. Lecointe, dont M. Léonard est le maître, et il souhaisroit d'être continué dans cet emploi, qui, tout petit qu'il st, ne laisse pas d'être brigué. Je vous prie. Monsieur, îD considération et de son mérite, et de l'attachement {a'il a à M. le duc de Montausier, et, si j'ose le dire, à Doa sollicitation, de lui rendi^e ce bon office, et surtout de croire que je suis plus que personne... (2).

(l) C'était l'imprimeur principalement chargé de la publication Méditions Adusum Delphini, Montausier en parle dans plusieurs ^ 8es lettres à Huet.

'^] Correspondance de Buet, Bibl. nationale, n*» 15188, départeïûeiit des manuscrits; 3 vol. in-8*. Ces trois volumes ne sont <iu'une copie faite par un amateur normand, Léchaudé Danisy. « En 1859, la bibliothèque acheta 170 volumes ou portefeuilles choisis daus le cabinet de cet antiquaire. Ils étaient surtout composés de documents relatifs à la basse Normandie, et à la ^le et aux ouvrages de Huet, évêque d'Avranches. » (Inventaire

A laim^. ce I? septembre (1).

^ 5CLi> R wrsjaàè de h booté de votre cœur, que je r .-^^.«55 l*e ccdr^Izsrfc: qo? tous me dites sur ma Domioi- •*j:c. i î rv-^rbr <5e Xî^œs* noo pas comme un deY(Hrde

r>< nnitvr-::» --cv-ci/ i-r 1a : ibli-rîh'ètî'je nationale, par LéopoU 1^-15.-?. Pirli Ciinrira. î to'. in-.^.? — Cette correspondann :•■ zircvi: .i r-i:r.T'=^ T:i::3e. composé des diverses letiwi i-".:«mrcr:> i^ R-Lri M. C H-rcrv. dans le volume dont nom 1^ .Ci i: i zAT.-z. T. î'î ! , 1 i-wMit? huit lettres de Flédiîer, ei:rii:r« :•> li C/---?v'''^^'*^ ^ JTii^f. La plupart sont fort iz.T'rrr^si^-.Ai. — Al!i"*^:^jje=iez.: plusieurs étaient déjà imprizi-f^r:* i-ri-îf l.^A— :ê- La jr^zii-^re : « Ce n'est pas sans coq- :^î::i. :-f ;^ ^ -> rz^:-;? c»? z«?tit poème... » se trouve dins :-:> tE*r-fï - ..vJ':.« i? fVuf-. voî. X. p. 20; édit. Ducreni. l'irii, !T>i. V.:v. ;:-^> ia.:, r. 14^.^ — La deuxième: «Je ^:i< c-'v:!-? -jz :•?::: rt>i-? d-? ma fa»;on sur la naissance de r:. -><?:£::•? -r > I^turii- .. » se trouve aussi dans les Œuxrtt r -.y^;^ ii FJ^-ï '.if. v.i. X. p. il. .Voy. plus haut, p. 145.1- I^ ii:.::^—-. iiz* lir-e"-^ i! 5>ici:so de ne pouvoir faire

. :r-.:> :: :-.--": r? if .V"* :> .V:-n.v.^. avait été citée en partie :^r M. lirx rw.i — ii. Bif:::rt et Fifchier, p. 169, 1 vol. ;::->•. Pari>. Iv»" Mî:< î:i. -c*-5 avons à notre tour une rec- :.:"rj::. z î fjLÎr-'. P. !i.'. -.îe !. zous avons indiqué cette lettre ti-^ F.r-.iif: i H-r:. «vziz:? à r«?u pnès inédite; elle se trouve -:i..> 1 N.l-n^ v!- M. C HezTw o- 9.V — La huitième, dans li:: ;• F.-rhi-r A2-;r.>- à Ru*?: qu'il lui envoie l'oraison : .--; r-? :-? '.\ Diu:":::-^^ o: ooI> de Mo:r.au<ier, se trouve dans

! Li ':::rt* '.0 r:":?r:2 rr->r.î de Fîtvhier au roi, est datée .:u :: : *: îv^T. Œ.r. -:-u-:. di F.VVWr, vol. X. p. 53: édit. D-T^ :x. — >a r\7c::fo À M. d-? N.>bi!-\ sur ce sujet, est dat«« •î? Lav?. :r. .V 14 .«i-v .'v !r.<T. Œ*r\ compi., p. 53.) - ^^ rv:- -nso â-? F.tvh:-:*: A Hu-^: '^>: dr^c îu liî sfptembre 1687.

: r-, -T .l.r. *..->rifn^ •?,- r^c:if. h: ;:a^ d'Église, homme (Uccvr,

>3M-::î . :.::r\* :-<^i.:,^-* i^ v"' it .» FArciw. de M-' Dacler. de Bojsof^ *«

rtvhier. :e r^ocl-v-a. cx;rA.:cj & ".i C^t^^OmJ .née de ffuety pirC. Heary.

3éance, mais comme oflice d'ancienne et sincère amitié, iis regarder avec reconnoissance et avec respect cette {ue d'estime et de considération que le roi a bien a me donner en cette circonstance; mais je dois idre aussi la difficulté du travail où Ton m^engage. )is dessein d'aller faire un voyage à Paris, où j'aurois

plaisir de jouir, au moins quelque temps, de cette ersation si douce et si savante, dont j'ai si souvent té ; mais je ne vois pas d'apparence d'être libre aus-

que je l'aurois été ici, et il faut me réduire aux UDces que je vous donne d'être partout où je serai, leigneur, avec le même respect. . . (1)

L'abbé FiÉcmER, n. év. de Nismes.

Publiée par M. C. Henry : Un érudit, homme du monde, e d'Église, homme de cour, p. 98.

TTRE DE CHAPELAIN A FLÉGHIER. (Voy. p. 129.)

mr Fléchier^ prédicateur du roy^ à Clermont^

en Auvergne.

Monsieur,

e lettre du 26 janvier m'a donné plus d'une joie ieu des infirmités qui continuent à me travailler, a ôté la peine où j'étois, si celle que je vous avois il y a deux mois, ne vous avoit été rendue, ou Ique indisposition vous avoit empêché de m'en • la réception. J'y ai vu avec plaisir que mes et ceux de M. Perrault (1) vous y avoient trouvé e à votre ordinaire, et bien que nous n'en exins point de ressentiment, il m'a toujours été fort

larles Perrault (IG28-1703), l^auteur populaire des Contes qu'on lit encore. En 1662, Perrault fit la description du

al donné par Louis XIV, description qui fut imprimée belles gravures dans un volume in-folio, qui est à la

lèque nationale. Peu do temps après, Fléchier avait traprose latine le texte de Perrault. Ou trouve aussi cet

doux que vous ayez fait en cela ce que je n'aorois pis manqué de faire, si j'avois été seni aussi noblement qœ vous.

Xai eu encore un fort grand sujet de contentanent daos la lecture de votre poème latin sur la justice des Granéf- Joursj qui est, sans contredit, Tun de vos meilleurs, bien qu*il ne sorte rien que d^excellent de vous. Il n*eût été qœ bon, au reste, de m*en envoyer plus d*une copie, pour faire souvenir de vous où vous savez^ et tenir tOQJoois votre nom et vos talents en considération sur des fondements aussi solides que ceux-là. A quoi, Monsieur, ne seniroit pas peu encore quelque autre ouvrage latin oi franrois sur la nouvelle largesse du roy, dans la liberté qu il a procurée, par la terreur de ses armes et par Teffosion de ses trésors, aux chrétiens captifs en Barbarie, qu'on n*attend que l'heure de voir revenir déli>Tés par Si Majesté, à meilleur compte qu'aucun autre prince na racheté les siens. Vous pourriez aussi relever la gloire di roy, par FeiFet que ses forces maritimes ont produit sur le cœur de ces fameux pirates, en les forçant à convenu d'une paix fidèle, pour laisser exercer désormais sans trouble et sans crainte le commerce par nos marchanda Vous y songerez cependant.

Je vous dirai que M. Perrault a reçu votre compliiDCQ^ de la meilleure sorte du monde, et qu'il vous le reod E^

exemplaire à la Bibliothèque nationale. II est absolument st^ blable au volume précédent, avec cette dilTérence, toutefi^Vs-, le texte est en latin. Fléchier reprit ensuite ce travail, e tira son remarquable poème latin du Carrousel, qui a étt^ vi dans ses Œuvres complètes.

loi avec beaucoup d'affection. Faites en récompense es miens tendres et sincères à M. et M"*' de Gaumartin, |ui sont toujours présents à mon souvenir, et qui n*oht personne qui soit plus rempli de leur vertu que moy, ni p ait de plus véritable passion pour leur service.

A Paris, ce 11 février 1666 (1).

(1) Manuscrit de Chapelain; Bibliothèque nationale, vol. IV le la Correspondance, n» 1888.

riRE INÉDITE DU P. DE LA RUE A HUET. (Voy. p. 134.)

A Paris, 7 juin 1705.

' P. de La Rue (1) à l'ancien évêque d'Avranches.

Monseigneur, il vous plaît de vous divertir aux dépens • voire fidèle homme lige et très humble serf, et ajouter ce plaisir à tous ceux que vous goûtez dans votre Niable solitude. Je suis heureux de pouvoir contribuer ^ moins de cette sorte, quoique à mes dépens. Je ne Dge pas même à me défendre des reproches que vous e faites, si ce n'est à Tégard de la Pucelle de M. Cha- 1^. Je vous avois promis, dès le mois d'avril, Monigneur, d'écrire à M. l'évèque de Nismes, pour lui niander en vostre nom communication ou copie de ^teur. 11 me répondit sur ce qui regardoit mon retarde-

t) Charles de La Rue, né à Paris, en 1643, mort en 1725. a de lui nu Recueil de sermons, 4 vol. in-8*; des Panégyriques "faisons funèbres, 4 vol. in-8'»; Carminum libri IV, 1668. C'est ui que Ton doit Tédition de Virgile, dans la collection Ad mDeiphmi,

ment à lui envoyer Toraison funèbre de M. de Meaux,et m* en demandoit quelques exemplaires, sans me répondre un seul mot sur T article du manuscrit.

Ce silence m'obligea à lui récrire sur ce sujet, eu lui envoyant, par une occasion, les exemplaires qu il souhaitoit. Vostre lettre du 4 juin est parvienne dans cet intervalle. C'est depuis quelques jours que j'ai reçu la réponse ci-jointe (l), qui vous fera. Monseigneur, apparoir de ma ma diligence et des sentiments qu'il a pour vous. Vous verrez qu'il ne donne pas dans la proposition de la copie; cela, joint à l'oubli de cet article dans sa première lettre qui étoit du 5 mai, me fait croire qu'à moins d'un voyage • de Nismes à Paris, il ne faut pas compter d'avoir pièce de cet ouvrage.

Vous verrez, par ce qu'il en dit, que les sentiments qu'il en a, sont conformes à ce que je vous en disois. Faites-mw savoir si vous souliaitez que j'insiste sur la copie, et si vous jugez à propos de lui écrire un mot, par rapport à ce qu'il me charge de vous dire : je ne manquerai pas de le lui faire tenir incessamment.

Je ne vous dirai point de nouvelles. Le départ de l'armée de Malboroug, et la découverte de la conspiration d'Espagne, sont tout ce que nous avons de meilleur. Oa ne compte point sur le siège de Turin, au moins tant que le prince Eugène sera sur la frontière. Le roi se porte assez bien. La flotte ennemie a souffert en faisant route.

Toutes vos chambres voisines de la nôtre (2) sont

(1) La réponse do Fléchier au P. de La Hue se trouve vol. Xp. '200; édit. Ducreux.

(2) L'appartement qu'on venait de préparer à Huet, chezl^

:hev6es, et nous n'entendons plus coîgner. L'assemblée u clergé est tout occupée aux discussions pécuniaires. Ile ne sera pas si docte que celle de 1700. Croyez, Monîigneur, que si je me souviens du lieu de votre solitude vec plaisir, le souvenir du maître est tout autrement pravé dans mon cœur, et que je serai toute ma vie, avec jn parfait dévouement, votre...

P.. DE La Rue, J.

Je rouvre ma lettre pour vous dire que Ton fait le âège de Ghivas; qu'aux approches de la place, le jeune prince d'Elbeuf, fils unique du duc, a été tué (1). C'étoit le plus accompli prince de tous les Lorrains. Commercy Vaudemont, Elbeuf, voilà trois branches coupées (2).

Jésuites de la rue Saint- Antoine. Les Jésuites occupaient alors les bâtiments actuels du lycée Gharlemagne.

(1) Tué pendant la guerre de la succession d'Espagne, le 55 juin 1705, diaprés Saint-Simon, qui raconte comment il périt. (Voy. Mémoires de Saint-Simon, vol. III, p. 193; édit. de M. Ghéfuel. Paris, L. Hachette; 13 vol. in-12.) — Ghivas, dont le duc de Vendôme faisait alors le siège, et que les Italiens appellent Ckimso, est une petite ville d'Italie, à peu de distance de Turin.

l2) Correspondance de Huet, vol. I, p. 337. Lettre inédite; Bibl. nationale, n» 15188, départ, des manuscrits; 4 vol. in-8°.

LETTRE DE CONRART A HUET. (Voy. p. 128.)

Mercredi 21 août 1667.

Je suis honteux, Monsieur, d*avoir gardé si longtemps ^tre manuscrit ; ma mauvaise santé et mon peu de loisir ^ ont été cause, et vous savez, d'ailleurs, que ce n'est ^une pièce à lire en courant, mais qu'elle est digne une application particulière. J'y ai admiré votre profonde exacte érudition, et mon ignorance m'a fait cent fois 'pit en cette rencontre, parce qu'elle m'empêchoit de en voir toute la force des passages que je n'entendois •s. Je n'ai pas laissé d'y reconnoitre la vérité de la aange que vous donnoit cet illustre, je ne sais si je dois fe ami ou adversaire, que vous combattez si rudement, disoit souvent qu'il ne connoissoit point d'homme de ire âge, qui eût un savoir plus vaste ni plus univereel e le vôtre (1); et vous savez qu'il étoit capable d'en ger.

Cependant, Monsieur, quelque satisfaction que j'aie

I) Huet, qui était né en 1630, n'avait que trente-sept ans, 'sque Ck)nrart faisait ainsi son éloge.

eue à voir dans ce laborieux ouvrage combien vous êtes digne de cet éloge et du rang que vous tenez parmi les plus doctes de notre siècle, je ne vous cèlerai point que j'ai lu avec regret et avec douleur tant de choses, qui ont blessé et déchiré une des plus belles amitiés qui fût jamais, et qui méritoit d*ètre étemelle. Je n'entre point dans b question qui causa votre dispute, parce qu'elle n'est pas à ma portée; mais j'oserai bien dire qu'elle nedevoitpas . aller si loin, et qu'il eût suffi, d'un côté, de vous avertir eo particulier de l'omission que vous aviez faite en copiant; et, de l'autre, que vous eussiez suppléé de bonne foi ce qui avoit été omis. Au lieu de cela, les choses se sont divulguées, les esprits se sont aigris, les picoteries ont attiré des reproches, et les reproches des injures ; et tout cela a fait brèche à deux cœurs les mieux unis du monde, et a affligé les amis communs. Je voudrois que vous toqs fussiez souvenu, dès l'entrée de votre lettre, de la période qui la termine ; vos railleries eussent été moins piquantes, et l'ironie n'eût pas régné dans tout votre discours, en parlant à un homme que Tàge, le savoir, la bonté naturelle et l'amitié cordiale vous rendoient vénérable, de votre aveu même. Mais puisque cela n'a pas été, et que la mort lui a imposé silence, je crois que vous vous l'imposerez aussi à vous-même, et que vous donnerez à la mémoire de ce grand personnage la paix que vous ne lui avez pu donner pendant sa vie (1). Mon sentiment est

(i) « IIuGt et Bochart avaient eu, le IG mai l(i67, dans une séance de l'Académie de Caon, une discussion (jui dégénéra en dispute très vive, et qui roulait sur je ne sais quel point d'érudition fort peu important aujourd'hui, et même alors. L'alt^rca-

lussi que ceux qui sont les dépositaires de ses papiers loivent supprimer tous ceux qui concernent votre difféi-end, afin qu'il n'en soit jamais parlé, et que la postérité sache seulement que vous avez été tous deux célèbres entre les gens de letti-es, et tous deux intimes amis. C'est ce que je souhaite, Monsieur, et que vous me fassiez toujours la faveur de me croire (1)

tioQ fut si violente des deux côtés, que Bochart, dont la santé étoit depuis quelques temps altérée par Tétat de dépérissement et de langueur où il voyoit sa fille unique qu'il aimoit tendrement, se sentit, au fort do la querelle, frappé d'un coup d'apoplexie, dont il mourut à l'instant même, au milieu de ses confrères. Quelques mois après, Huet, qui croyoit avoir le bon droit de son côté, et qui ne pensoit pas que la mort de Bochart Ct rien au fond de la question, se mit à la traiter de nouveau, dins une dissertation qu'il envoya manuscrite à Gonrart. La ïéponse de celui-ci nous semble un modèle de toutes les bienséances. » (Note du manuscrit de Huet.) — Cette querelle eut lieu à l'occasion des Commentaires d'Origène, dont Huet préparait la publication. Bochart avait accusé l'irascible Normand d'avoir falsifié Origène. (Voy. Mémoires de Huet, p. 97, édit. de M. Ch. Nisard.) L'ouvrage de Huet, Origenis commentaria, parut en 1668, 2 vol. in-f*.

(1) Lettre inédite; Correspondance de Huet, Bibl. nationale, vol. I, p. 70.

LETTRES DE M"" DAGIER A HUET (1). (VOy. p. 196.)

A Paris, ce 19 mai 1680.

N'ayant pu avoir le bonheur de présenter mon livre ant votre départ, je n'ai presque pas pu entretenir M. le c de Montausier de ce qui regarde la rétribution que Q dois avoir. Gomme je sais que vous avez de la bonté iir moi, je prends la liberté de vous supplier très humment de vouloir lui écrire un mot en ma faveur, et pour ïsser cette rétribution, et pour faire que je sois payée is largement que par le passé. Vous m'avez fait la grâce me promettre de représenter à M. de Montausier, que sont deux auteurs (2), et je suis persuadée, Monsieur,

il) Aune Lefèvre, fille du savant et honnête Ïanneguy-Le- • re, naquit à Saumur en 1654, et mourut en 17-20. Aussi vante que son père, elle épousa, en 1683, André Dacier, l'un Bs collaborateurs de Huet pour les éditions Ad usum Delphini, i plus tard secrétaire perpétuel de l'Académie française. Basiage appela plaisamment ce mariage, le mariage du grec avec le ^m. M^'e Dacier a publié, dans la collection des éditions du l^^phia, Aurelius Victor, Florus, Eutrope, Dictys de Crète et ^^ fe Phrygien.

\i] M«»e Dacier parle sans doute ici de son édition de Dictys de

Crète

Cl de Darès, auteurs qui ordinairement sont reunis en-

que si vous avez la bonté de le faire, je serai payée sur ce pied-là. Je vous assure que s'il en étoit autrement, je ne saurois que faire, et que je n'aurois pas de quoi payer la moitié de la dépense qu*il m'a fallu faire en attendant rimpression de cet ouvrage.

(y est ce que je vous conjure de vouloir bien représenter à M. de Montausier, comme aussi qu'il me faudra venir id sur mes coiTies (1) pour faire imprimer Aurel. Victor (2).

J'espère que vous m'accorderez cette faveur; mais,» nom de Dieu, Monsieur, accordez-la-moi promptement, et me pardonnez l'embarras que je vous donne (3) .

A Paris, le 6 juillet 1680.

11 y a déjà quelque temps que j'ai touché une rétributioo et que, par conséquent, je devrois vous avoir rendu grâces de vos bons oflTices. Car, quoique cette récompense ne

semble. C'est en elTot en 1680 qu'Anne Lefèvre publia les deui ouvrages.

(l) C'est-à-dire à ses (léj)ens.

(•2) Sextus Aurelius Victor, historien latin, qui vivait vers le milieu du quatrième siècle. Ou a de lui : Origo gentis romam, en 34 chapitres; De Viris illustribus Romœ, en 18 chapitres, depuis Aupuste jus(|u'à Julien; De Ca'saribus, courtes biographies dei empereurs, depuis Auguste jusqu'à Constance. — L'ouvrip parut en 1681.

(3) Ces quelques lettres viennent d'être publiées par M. C Henry : Un rrudif, p. iO et suiv.; il y en a sept. Nous lesins^ rons ici, d'abord parce qu'elles sont encore peu connues; ensuite, afin qu'on puisse juger de la lourde prose de M™« Dacief. et de la part importante de Montausier dans la publication des éditions Ad usum Delphini. M'"«' Dacier n'écrit pas une seul* lettre à lluet, sans j)arler de Montausier.

Ai pas fort enrichie, cela n'a pas empêché que je ne Taie ne avec toute la reconnoissance que je dois, et que je ne \ persuadée que j*en dois une bonne partie à vos solli- ;tions.

Lu reste, outre les 2,000 livres qui m'ont été ordons, j'ai encore eu 10 pistoles (1) sur les 900 livres \ M. de Montausier a fait ordonner pour l'impriir, à qui je n'en ai donné que 800, suivant ce I vous lui aviez promis, et le traité qu'il ayoit fait avec .. Je crois que M. de Montausier ne sera pas fâché I j'aie eu cette petite douceur, le libraire gagnant assez, si est-il le plus content du monde. Je quitte la maison je suis, et je m'approche de la vôtre; je souhaite de s y voir bientôt, et de vous y pouvoir assurer que je

A Paris, ce 31 mai 1681.

e n'avois garde. Monsieur, de faire imprimer ma pré- )f sans savoir comment vous la trouviez, et sans avoir 1 les remarques que je vous avois prié d'y faire. Je Doissois trop le besoin qu'elle avoit que vous vous nassiez cette peine, et l'avantage qu'il y a de soumettre ouvrages à un jugement fin et délic/at comme le vôtre. rous rends donc très humbles grâces de vos bons avis, ;e la manière dont vous me les donnez ; et je vous puis tester, Monsieur, que les marques publiques que j'ai

I « Terme de compte qui se disait de 10 livres tournois, li se dit aujourd'hui de 10 francs. » (Littré, Dictionnaire de ngue française.)

données de la parfaite estime que je fais de votre m^te ne sont qu'un crayon de ce que je pense,

Vous voulez bien que je vous dise que Victor est presque achevé d'imprimer, et que je vous fasse souveoir que vous m'aviez promis d'écrire en ma faveur à M. le doc de Montausier. Il est temps, s'il vous platt, de me aire cette grâce. Je vous prie donc de vouloir bien loi mante que c'est vous-même qui avez fait le marché de Dkijfi et

de Victor^ et que M. Rouland a eu 900 livres poir ce premier. C'est sur cela que j'ai entrepris de faire ki avances de l'impression. La règle d'un louis d'or pir feuille n'a été faite, que longtemps depuis le marché de ces deux livres, que M. de Montausier a approuvé. JSi Tob me payoit selon cette règle, je ferois une perte considérable qui m'incoinmoderoit extrêmement, et il y auroit W* de l'injustice de me traiter moins favorablement qu'on imprimeur. M. de Montausier est équitable, et vous avei trop de bonté pour moi ; je suis donc persuadée que voos lui représenterez toutes ces choses, et je me repose entièrement sur votre sollicitude. Je vous prie aussi de parler de Tindice (1) que j'ai fait à Victor^ et d'avoir la bonté de m'en faire payer, et de représenter à M. de Montausier, que j'ai besoin de retirer l'argent que j'ai avancé. Je voos demande mille pardons. Monsieur, de la liberté que je prends. Je suis avec beaucoup de respect votre...

il) Dans le sens d^index, la table qu'on met à la fin d'un livre.

A Paris, ce 27 de juillet 1681.

J'ai enfin mon privilège, et jeudi dernier, je portai Viep i la cour ; mais, Monsieur, je m'aperçus bien que vous y étiez pas, et je n*ai jamais mieux connu ce que vaut protection d'un ami tel que vous. M. le duc de Monosier n'entendit point mes raisons sur l'impression de t auteur, et, si vous n'avez la bonté de lui écrire encore i ma faveur, je suis à la veille de faire une perte qui 'incommodera extrêmement. Je vous supplie donc, Monîor, de vouloir lui représenter de nouveau l'injustice l'il y auroit à me traiter plus mal qu'un imprimeur, et '' le faire souvenir que c'est un marché que vous avez itt et qu'il a approuvé, puisqu'il a iait payer M. Rouland r ce pied-là. Mais j'ai déjà pris la liberté de vous dire ites ces choses ; il n'est donc pas nécessaire de vous eu e davantage aujourd'hui. Je vous prie, au nom de m, de me faire la grâce d'écrire à M. de Montausier au is tôt, et lettre vue, si cela se peut, afm que votre lettre ive avant qu'il ait parlé à M. Colbert. M. Destancheau a promis de faire tout son possible pour empêcher qu*it lui parle avant qu'il ait reçu votre lettre. Faites -moi ne cette grâce, et soyez bien persuadé. Monsieur, que os n'obligerez jamais personne qui soit...

A Paris, ce li d^aoùt 1681.

Je suis bien persuadée. Monsieur, que vous avez de la ^té pour moi, et que mes intérêts ne vous sont pas in-

différents. C'est ce qui m*a fait prendre la liberté éd prier de vouloir bien solliciter pour moi H. le dv Montausier. Vous Tavez fait, Monsieur, et, quoique je bien que je ne gagnerai pas ma cause, je vous ai poc toute l'obligation imaginable, et vous rends très fam grâces de votre sollicitation et de la peine que vous bien voulu prendre pour moi. Cette petite disgrftc rendra plus soigneuse à l'avenir ; elle me fait voir qu faut pas s'appuyer si fort sur la justice des choses i les apparences, et qu'il n'y a point d'affaires à que ne doive apporter toutes les précautions. Quoique perte m'incommode extrêmement, je ne puis pourtai repentir d'avoir entrepris cette impression (1). De toi livres qu'on a faits pour Mgr le Dauphin, il n'y en a i de si bien imprimé que Victor^ et j'ai bien de l'i tience que vous l'ayez vu. Je crois que vous en satisfait, et je voudrois bien que vous puissiez l'ètr tant de ce que j'y ai fait. J'en serois, je vous assure, e mement glorieuse, car il n'y a point d'approbation q souhaite si passionnément que la vôtre. Je vous Monsieur, d'être persuadé . . .

A Paris, ce 25 septembre 1681.

11 n'étoit pas nécessaire. Monsieur, de me mand réponse de M. de Montausier ; il y a longtemps que je

(1) L'intrépide solliciteuse ne voulait pas se coiitenter louis <r or par feuille; cette fois, paraît-il, M. de Montausier: tait quelque peu à ses réclamations incessantes. (Voy. ui plus haut la lettre qu'elle écrivait le 31 mai 1681.)

ttis très sensiblement obligée de votre sollicitation^ et jerous prie de ^oire que lorsque je vous ai rendu grâces, l'iUÂi du meilleur de mon cœur, et après avoir été persuadée de toutes les peines que vous avez bien voulu prendre pour moi. Continuez-moi vos bontés, je vous prie, et me faites la grâce de ne douter jamais de ma recon* noissance.

H. Dacier m'a fait voir la belle ode que vous lui atnez envoyée; je vous remercie de la part que vous m'avez donnée à ce présent. Si Aunay est aussi beau que les vers qu'il vous inspire, je ne m'étonne pas que vous y alliez passer les deux tiers de l'année, et que vous abandonniez Paris pour lui (1) . En vérité, je n'ai jamais rien vu de si charmant que cette ode, et la description que fait Horace de son Tivoli, n'a garde d'être aussi belle que celle que vous faites d' Aunay (2). Quelque plaisir, néanmoins, que j'éprouve à lire les belles choses que vous faites dans cet agréable désert, je ne laisse pas d'être fâchée que vous les y fassiez ; car cela nous fait voir que vous vous y plaisez fort, et que nous devons appréhender que doré-

(1) « Aunay, abbaye de France, en Normandie, dans le Bo- ^1 canton le plus riant de la basse Normandie. Elle est de 'ordre deCîteaux, et non de Tordre de Saint-Augustin, comme le °it dom Beaunier. » {Dictionnaire de la Afartinière, 6 "voI. in f», ^^ris, 1768.) — Huet, qui avait été pourvu de cette abbaye, ^Oût il parie souvent dans ses Mémoires, y composa son livre Intitulé: Quœstiones Alnetanx, imprimé à Gaen, in-4', 1690. — ^tte localité est désignée aujourd'hui sous le nom d'AunaywusOdoa; c'est un chef-lieu de canton de 1800 habitants, ^lépart. du Calvados.

P) La future M"" Dacier ne garde pas plus de mesure dans ses éloges que dans ses réclamations.

navant nous ne vous verrons plus ici, que lorsque I& mauvaise saison vous obligera d'y revenir. Souvenez-yoïis pourtant que les muses se plaisent extrêmement dans votre belle bibliothèque. Revenez donc, et ne les en priTet pas davantage; mais surtout, Monsieur, croyez bien, je vous prie, que je suis avec beaucoup de respect (1)...

(i) Correspondanet de Huet, Bibl. nationale, vol. I, p. 125 et suir.

ÎTTBES INÉDITES DE MÉNAGE (1) A HUFr. (Voy. p. 195.)

t^oici un fragment de lettre que nous citons, à cause du ^il qu'il renferme, et qui honore infiniment celui auquel »e rapporte.

A Paris, ce 9 octobre 1661.

... Le Lucrèce de Tanaquillus Faber est ici public; l'a dédié à M. Pellisson (2). Cette action me paroît de

(1) Gilles Ménage, né à Angers, en 1603, mourut à Paris en % En 1650, il publia ses Origines de la langue françoise, in-4<>; y joignit une satire contre l'Académie, la Requête des diction^ ^i^fs; Observations sur les poésies de Malherbe, 1666, ia-8<>; Origini •^ Hngua ItaUana, 1669, in-4«; son édition de Laérce, 1663; ^^^trvations sur la langue françoise, 1673-1676, 2 \ol. in-12; ^w'oîre de Sablé, 1682, in.4o; Anti-Baillet, 1690, 2 vol. iQ-12; ^^*^imm philosopharum historia, 1690; un recueil de poésies ^lines et françaises; le Menagiana, 1693, in-12. On sait que 'olière s'est moqué de lui dans les Femmes savantes, et l'a mis ^f la scène sous le nom de Vadius.

i^l « Tanneguy-Lefèvre, en dédiant son livre à Pellisson 'ï&lheureux et captif, faisoit à la fois acte de courage et de ^nnoissance. Pellisson l'avoit fait exempter do toute impo- UioQ, et lui faisoit, de plus, une pension de 300 livres, qu'il

fort, bon exemple, et je ne puis vous dire combien j'en aime davantage M. Lefèvre.

A Paris, ce 25 octobre 1662.

Je pense que vous m*avez ouï dire autrefois que j*avois aimé M"'^ de la Fayette en vers, et M"' de Sévigné en prose (1). M"' de la Fayette m'a obligé de mettre cette pensée en vers, quoiqu'elle ne soit pas à son avantage.

De Parménis, de Timarète, A qui j'ai dit mainte fleurette, On fait cent jugements divers.

Pour moi, je n'en dis qu^une chose :

J'adorai Timarète en \ers, Et j'aimai Parménis en prose.

Vous me direz, s'il vous plaît, à votre loisir, si ce sizain peut faire le voyage de Hollande (2) .

touchoit chez Ménage, qui n'avoit été chargé de ce soin, qu'a la condition de taire le nom du bienfaiteur. L'emprisonnement de Pellisson ne lui ayant pas permis de payer le quartier d'octobre, Ménage se crut dispensé du secret envers Lefèvre, qui reconnut, du moins autant qu'il le pouvoit, un service aussi délicatement rendu. » (Note du manuscrit de Huet.)

(1) M™« de la Fayette et M°»« de Sévigné avaient été les élèves de Ménage, dans leur jeunesse.

(2) « G'cst-à-dire si on peut le joindre aux autres poésies de Ménage, qui s'imprimaient en Hollande. Il s'y trouve, sous ce titre : Jugement de Parménis et de Timarète; épigramme. • (Note du manuscrit.) — Nous croyons que presque toutes ces lettres de Ménage sont inédites. Mais nous n'osons pas l'affirmer. L'expérienc3 rend prudent, même à Texcès. Nous ne voulons pas nous exposer à une mésaventure toujours désagréable, quand on apprend qu'un document donné pour inédit est déjà imprimé depuis un certain temps.

Lettre sans date(l).

Comme nous avons eu quatre reprises d'hiver, j'ai eu

mssi quatre reprises de fluxions. Ma dernière n'a pas été

uissi dangereuse que les précédentes, mais elle n'a pas

^té moins incommode, et c'est ce qui m'a empêché de

îons écrire depuis quinze jours. Présentement, je me

[)orte assez bien, et j'espère, avçc l'aide du printemps, me

tirer d'affaire, et voir les premiers raisins mûrs. J'ai fait

tenir votre lettre au P. Rapin (2), Pour celle de M. Main-

dal, vous avez oublié de la mettre dans mon paquet.

L'élégie dont vous me parlez est d'un nommé Fléchier (3),

précepteur du fils de M. de Caumartin. A propos de M. de

Corneille, il fait imprimer sa Sophonisbe (4), avec une pré-

f^ice, où il répond à la critique que M. d'Âubignac a faite

contre lui, au sujet de cette pièce, mais sans le nommer.

(l) Cette lettre a été écrite entre le 24 février 1663 et le 23 mai de la même année. (Voir plus haut, p. 214, note 1.)

(^ René Rapin, né à Tours, en 1621, mourut en 1687. Ses poésies latines ont été publiées en 1681, 2 vol. in-12. De plus, nous avons de lui : Comparaison d'Homère et de Virgile , 1668; «'« J^mosthène et de Cicéron, 1670; de Platon et d'Aristote, 1671 ; ^fltxions sur f éloquence, 1672; Réflexions sur la poétique rf'Arw- ^^, 1674; sur la philosophie ancienne et moderne ^ 1676. Le ^' Rapin avait laissé aussi dos Mémoires publiés par M. Aubineau, 1866, in-8o.

(3) Voici le titre de cotte élégie : Plainte de la France à Rome^ ^^ f insulte faite à son ambassadeur, le 20 d'août 1662, élégie.

(^) Cette tragédie fut représentée en 1663; Œuv, compl, de Cor- ^^h vol. II. Paris, Didot, 2 vol. in-4*. — Cette date de 1663 nous prouve que la lettre de Ménage est bien de cette année-là, <^nime nous Tavons dit plus haut.

IL h.Lsrs. L iû: rt^s wnji'TTTMy mio Carpatùa sur le

P.rjr nx. lit TCDair^ & risL imjwîiiifa" jamiis, tant je «înif iflLjK f "nar hetoe k dinaiie Erre de nMm /tierce, -mt 'iTitt? €ï:t?i* si AiiiânBTf* il v a plus de trois

A Pui& V it3 mai 1663.

J.ïfyTiSff tu f«M.'faî rerooré mes p^Mers, et cette perwe iL'aff'ir^x: (f a:::;uii phzs que, outre le dixième livre, L y av:*:: slx ft-^dlks des nraf premiers fivres que je oeslre qu'oc rei.airâDe. à canse de quelques fautes que j'y &: fi:*.i!s. e: p.iiâears choses que j V ai changées. J'ai rendu Tccre leiine ea main propre à M. de Montansier. II Fa fon bka reigae, et il ne manquerm pas de vous écrire p>iir vous en remercier. Vous savez maintenaDt rr-e M. dr îlociausier n'esî ouTemeur de la Normandie ruef^r-ian: le his à« du cjmte de Saint-Paul (3). Je

î Ezirrr Bii::*. siz> diu:^, siviz: helléniste, né à Rouen en î' > . r*. :.:: rr.. jr.: ^l 1^>V. El Î^SJ. il publia le texte grec de !i V:î i; -ii-.: C •-.*..*::■ «^f, 7. ir Paliid: as. Sa correspondance, r:.: -le y-ar::-: \ r:- izizrizit^'. os; pivoieuse jwur l'histoire Lvvriir-'. — N-u- l^ ?av.:.-> ^jv^ es; ce PAiYo Carpaeius dont Mt-r.ij-? :^rlo ici.

•2 Lk?Z'-7.^: Li-r?* vi'vaiî au irjisième siècle aorès J.-C- > n •..uvraj-'. ^-3, 10 livres, es: iititule : De< vies, doctrines (^ op'j^ h t \ r 'j i/tf* -ifi / V ' < V ^' ^ f f ^ V W< . Se pt liv res sont consacrés aux phi!'.iSM;b-- '•? TI '::::* 0: d? la Gr^-o?, deux à ceux de l'Italie; 1 • «lixiO-me !'vr? e>t ■ ozs.icrc à Epicare. Ménage publia soQ L>itrct r-^-îr-j jv-'. en !»''••■>. \ \ *\ ia-f'. a voc commentai res.

i3' Fils du duc de LijiiiTjeville.G^lui-ci mourut le II mai 1663. M. de Monuusier devait être gouverneur de Normandie, jusqu*

1 ai promis de Faller voir à Rouen, et je vous promets issi de vous aller voir à Gaen, aussitôt que M. Pélisson sra hors de la Bastille (1). On continue toujours l'affaire e son patron.

A Paris, ce mardi 14 août (1663) (2).

Je reçus samedi votre lettre par laquelle vous me demandez de quelle façon je me suis comporté sur le donatif du roi, afin que vous suiviez en cela mon exemple. Je vous le dirai, mais non pas pour vous obliger de faire ce que j*ai fait, ne sachant si j*ai bien ou mal bit. Quand H. du Metz m'eut apporté les deux mille livres de la part du roi, j'en fus remercier quelques jours ^rès H. Colbert, qui me dit qu'il n'avoit aucune part en cela; que le roi, ayant voulu donner des marques de M estime et de sa libéralité aux gens de lettres, il Q) avoit trouvé en tète de la liste qu'on lui avoit donnée. Je fis, là-dessus, un second compliment à M. Colbert, ^ me retirai. Depuis ce temps-là, je l'ai vu deux ou trais fois, sans qu'il m'ait parlé de faire des vers pour le foi, ni sans qu'il m'ait donné un récépissé. Cependant,

^ que le comte de Saint-Paul fût ea àgo de diriger cette impureté province. (Voy. M. Amédée Roux, Montausier et son temps, P' 127 et 8uiv. et plus haut, p. 195.)

(1) Pellisson, eofermé à la Bastille en décembre 1661, n^en sortit qu'à la ûa du mois de janvier 1666, après plus do quatre *Q8 de captivité. (Voy. M. Marcou, Etude sur PelUsson, p. 202 et 250.) — Ménage vint voir Huet à Gaen en 1663; voy. plus haut, p. 194.

12) Le Mémoire de Chapelain, dont nous avons parlé, p. 127, ^<ie 1662; la lettre de Ménage est évidemment de 1663.

j*apprends qu'on a demandé des reças à plusieiirs personnes, comme à MM. de Valois, du Périer, etc. (l);et • que M. Chapelain leur a dit, de la part de H. Colbert, de faire des vers pour le roi. Pour un récépissé, je sois tout prêt d*en donner un, quand on m'en demandera; mais, pour des vers, je n'en veux point faire absolument en cette occasion; car, outre que ces remerciements sentent le poète crotté, les louanges ainsi achetées me semblent suspectes et sont mal reçues des lecteurs.

Pour ce qui est de la qualité qu'on donne à M. Colberti comme il n'a pas- celle de surintendant des finances, plusieurs personnes ne le traitent que de Monsieur; mais, comme il en a la fonction, d'autres lui donnent ceDe è Monseigneur. Il y a quelque temps que je lui rendis otf lettre de M. de Gombaud, qui le traitoit de Honseigneor; M. d'Ablancourt en a usé de même depuis ; et si je hfi écrivois, je le traiterois de même, surtout dans une lettre particulière qui ne doit pas être imprimée (^.

(2) Henri et Adrien de Valois, doux frères. Le premier, né à Paris ea 1603, mourut en 1676; le secoud, né en 1607, mounil en 1092. Henri de Valois a publié uue édition des Histoires eccitsiastiques d'Eusôbe, de Socrate, de Sozomène, de Théodoret et d'Evagre; Paris, 3 vol. in-f"*; uue édition d'Ammien Marcellin, 1636, in-io. — Adrien de Valois a publié : Cresta Francorvm^ Paris. 16i0-1658, 3 vol. in-f», de Tau 254 à 752 ; Notitia GalUffrM ordine litterarum digcsta, 1676, in-f*». — Charles du Périer, neveu de François du Périer à qui Malherbe adressa des stances célèbres ; il mourut en 1602. Il est connu surtout pour ses vers latins; il se vantait d'avoir formé Santeuil, et Ménage l'appelait k prince des poètes lyriques.

(1) Gombauld, de rAcadémio française, né en 1570, mort en .1666; on a de lui des poésies françaises fort médiocres: SoqûcUi cpigrammes; un poème pastoral, Amaranthe (1631), et unatiir

1. de HoQtausier retourne lundi à Rouen, où il m'offre me mener, et ensuite à Ciaen. J'attends des nouvelles Segrais, pour me déterminer (1),

A PariSi ce 17 novembre 1663.

... Je viens à nos discussions sur Tépigramme de nnbaud. De la manière dont vous en parlez» il semble le vous ayez gain de cause, et cependant vous avez \ condamné aux dépens et à l'amende, en toutes les idictions, par vos arbitres Gonrart et Rapin. Vos u autres arbitres, M"' de Scudéry et Pélisson (2), t prononcé contre vous. M"' de la Fayette, à qui vous 18 en êtes rapporté, vous a condamné, et sur votre idoyer, comme sur toutes les autres choses généralent qui étoient en contestation entre nous, et cela présence de M. de Segrais. A l'égard de l'Académie, vous prétendez que de dix personnes, il y en a eu pour vous, et quatre seulement pour moi, je vous li, premièrement, que je ne m'en suis pas rapporté Académie ; en second lieu, qu'il ne faut point compter roix de M. de Segrais, puisqu'il est paitie intéressée

;e, les Danaîdes (1658). — Perrot d'Ablaacourt, né en 1606, t en 1664, membre de l'Académie française, auteur de ces actions qui étaient si éloignées du texte, qu'on les appelait elUs infidèles,

I Segrais était compatriote de Huet; il naquit à Gaen, et rut en 1701. Eu 1648, il devint gentilhomme ordinaire do rande Mademoiselle, et resta près d'elle jusque vers 1672. me Ménage, Segrais était très ami do M™« de la Payette. Qqoique enfermé à la Bastille, Pollisson, on le voit, s'intélit aux débats littéraires de sesamiâ ,

et qu'afakâ Is toîx sont puUgèes; en troisièiiie fin, qii*il ne fut poîm iwnpifr b xéa de IL GndUe, qn a (ait h mètoe faute qae Malheriie, ci qui, conafeqMiment. e?t r^osabte: ec en dernier fiea, qaH n*T a eaqoe M. de Segnis pxir exposer ses raisons, et que vos messieurs u'oai point entendu les miennes. Pu* là, je sois cooTainco que vous êtes le plos opiniitre des bonuoes, et, comme dit 11. de M«xitaosier, le roî des opiniitrai; j'ajouterai même, si dêraisonnabie et de 9 mauvaise ti, que sans le plaisir que f ai à tous faire condamner, je n'entrerois jamais en ancune contestation a?ec IM» J'approuve fort, au reste, la poisëe que tous mii d'appeler votre académie TAcadémie des opintities,el je vous donne mon suffrage pour en être le dicUtear perpétuel.

A Paru, ce II juillet 1685.

Je réponds à votre lettre en même temps que je h reçois, étant persuadé que vous avez impati^ce de savoir ce qui s*est passé entre M. de Montausier et M.i0 duc d'izès. son genilre V. M. le duc de Montausier voul'.»it marier M '• dlzès. sa petite-fille, i M. d'Antin, fils de M. ei de M-' de Montespan (2); et le roi, en faveur de ce mariage, avoit promis à M"^ de Montespao de faire revivre, en la personne de M. dWntin, la duché de Montausier. que M. de Montausier donooiten mariage i

'Il Le coy.v.y d-^ l'.rll^^.ll avait ô{>ousé, le 6 mars I66i, Julie <!• Momau>ier. Voy. M. Am»Hl»v Roux. p. 136.)

r2f C était l'arâ'jue ti[< do M. el ilo M"* do Mouiespan; né vert H>65, il mt^urut en 1736.

sa petite-fille, et de conserver à M. de Montausier, pendant sa vie, les honneurs de la duché. M. d*(]zës n'a pas approuvé ce mariage, disant qu'il souhaitoit que son second fils fût duc de Montausier. A cela, M. de Montausler a répondu qu'il le souhaitoit aussi; mais que ni lui, oi H. d'Uzès, n'avoient pas assez de crédit pour obtenir du roi, qu'il fit revivre la duché de Montausier en la personne du second fils de M. d'Uzès. Ce dernier n'a pas ^prouvé les rdsons de M. de Montausier, et il s'est tellement emporté contre lui, qu'il lui a dit qu'il étoit méconnoissant de l'honneur qu'il lui avoit fait d'épouser 8a fille. Il est vrai que la maison de Basset, dont est ' U. d'Uzès, est plus titulée que celle de Sainte-Maure, dont est M. de Montausier; car M. le duc d'Uzès est le aixiëme duc et pair de père en fils; mais la maison de Sainte-Maure est beaucoup plus ancienne que celle de Basset. M. d'Uzès, d'un autre côté, piquotoit sans cesse W"« d'Uzès, en lui disant : « Madame, vous me regardez toujours de travers. » En un mot, il s'est tellement brouillé ^?ec sa femme et avec son beau-père, qu'il a quitté l'hôtel de RambouUlet(l).

(1) Lettres inédites; Manuscrit de ffuet, vol. II, p. 55 et suiv. ^oy. sur cette brouille de Moatausier avec son cendre, M. Amenée Roux, Montausier et son temps, p. 215. La réconciliation ^utlleule2i novembre de la môme année 1685, réconciliation incomplète, car, le 11 mai 1690, six jours avant la mort de "^"lontausier, nous voyons le duc d'Uzès refuser toute proposition d'accommodement avec la duchesse. (M. Amédée Roux, p. 2î4.) — Le mariage entre M' »« d'Uzès et le marquis d'Antin ^ullieu en 1686, comme le désirait Montausier. La noce se fit ^ l'hôtel de Rambouillet. (M. Amédée Roux, p. 218, et M. P. Clément, i/me de Montespan et Louis XIV, ch. x.)

LETTRES n^ÉDlTES DE MONTAUSIER A HUET

Ce 24 février 1675, à Baiat-Germain.

L'incommodité de M. de Gondom, dont on vous a pailé, a pas été assez considérable pour vous mander de venir i ; elle ne l'a pas empêché de faire étudier tous les jours grle Dauphin, mais de venir le soir seulement (1). Je iî pas voulu vous le faire savor, de peur que cela ne us obligeât de venir, et de quitter vos remèdes. Vous ' devez songer qu'à votre santé, et le meilleur service le vous puissiez rendre à Mgr le Dauphin, c'est de vous lérir.

Je suis bien aise de ce que vous me mandez de l'essai t M. Ceron (2) sur Pline.

(1) Bossuet, évéque de Gondum, était alors précepteur du iuphin; Huet en était sous-précepteur, (î) Ce M. Ceron, qu'on écrit encore Seron, doit être ce médecin ' Louvois, dont parle M™« de Sévigné, dans l'une de ses lettres, 'ol. VII, p. 303, édit. Hachette.) Fiéchier parle aussi de lui tus une lettre à M»*" Des Houlières. (Voy. Correspondance de ^échier avec M'^'» Des Houlières, p. 231.) En sa qualité de médeo, il s'était peut-être appliqué, pour les éditions Ad usum Del- ^tm, à un travail sur Pline le Naturaliste. — Dans la collection

O f T mar^ 167^ à Saint -Genniin.

Vous me faites tort. Monsieur, de iii*exhorter i iét quelques ciTilitésao bonhomme M. Halley (1), sorréfiâoi de ses poésies, car je ne manque jamais i ces sorts d*boQnétetés, qui sont un devoir indispensable i ceox^ n'ont pas sucé la barbarie avec le lait; et, ne pouvant ris faire de plus pour ce bonhomme, je lui écris, et je le flatte contre ma conscience, n*ayant, entre nous, rien tronié que de foible ei de languissant, et, pour le mieux, que ds très médiocre, en tout ce que j'ai lu de çà de lii<i feuilletant ce gros volume. Mais je crois qu'il y aurait phi de mal à être sincère, en cette occasion, qu'à ne Tel» pas.

Je suis au désespoir de toutes les lenteurs de I^ nard; cependant que pouvons-nous faire? Trouvez un bo remède, et je le pratiquerai.

Je vous suis bien obligé des li\Tes que vous m'indiqua

Ad u<um Delphini, le Pline est d'un jésuite, le P. Jean Hardomil 3 vol. Paris, Frani;ois Muguet, 1685. La préface renferme, to Tordro acooutumé, l'éloge dos trois promoteurs de cette eut* pris»» : Montausier. Bossuet et Uuet.

il) Né il Daziinville. village du Calvados, près de Bay«H( \«»rs l.yj2, mourut le 3 juin iG75. Il avait été le professeur* IIu^'l, à Caen. au collège du Bois. Huet. dans ses Mémoires, ^^ a fait uu fort bel éloge du bonhonune M, Halley, comme Tappd* (lédai^'ncus('nieut Montausier. Antoine Halley lui avait déP Miri rocuf'il ^W. poésies. Ménage, Huet, le P. La Rue, ontcomp<P (les vcrH latins en son honneur. Le recueil des poésies d'AntflW llalh'v a pour titre : Antonii Hallœi régit eloquentix professerii (^ Musœi Sylvani (le collège du Bois) gymnasiarcka, in Acaéa0 Cadomensi, opuscula misceUanea,

sur l'institution du prince. J*en ai vu quelques-uns, qui sont : Manuel Paléologue, à Jean, son fils; Bélisaire, Aquaviva et Hiéron. Osorius. Mais je n*ai point vu Constantin Ducas, à l'empereur Romanus, son fils; ni Vinstitution royale de Théophylacte pour Constantin, son disciple; et si tous pouvez me les faire voir, je vous en serai extrêmement obligé (1).

A Marly, le 9 décembre 1688.

Je reçus hier, en partant de Versailles, votre lettre avec la préface du livre que vous me faites l'honneur de me dédier (2). Je dois être honteux de tant de louanges que TOUS m'y donnez, et quand vous ne m'en donneriez que la

(1) Manuel II, Paléologue, empereur grec, 1391-1425; Jean VIII, Méologue, son fils, 1425-1448. — Bélisaire, 490-565, sans doute te célèbre général dont les victoires jetèrent un grand éclat sur le règne de Justinien. — Claude Aquaviva, célèbre général des Jésuites, né en 1543, mourut en 1615. En 1610, à l'époque de l'assassinat de Henri IV, il avait protesté contre la théorie du ïégidde, attribuée à certains membres de son ordre. — Jérôme ^rio, écrivain portugais, né en 1506, mort en 1580, évoque de SlYès. On a de lui : De rébus Emmanuelis virtute et auspicio gestis, Lisbonne, 1571. — Constantin XI, Ducas, empereur grec, 1059- 1067. —Romain IV, dit Diogêne, régna de 1068 à 1071. — Théophylacte, surnommé Simocatta, vivait vers le septième siècle après J.-C, et remplit plusieurs fonctions à la cour de Maurice, empereur grec qui régna de 582 à 602. Pauvre Dauphin ! comme il dut s'ennuyer en lisant ces diverses Institutions d' Aquaviva, de Théophylacte ou d'Osorius, lui qui déjà aimait si peu la lecture!

^) Censura philosopkiœ Cartcsianœ, ouvrage publié en 1689, et dans lequel Huct attaque la métaphysique de Descartes, avec sa vivacité accoutumée.

wfÀC^ re jeroix encore trap^ parce qœ je ne les méfîte pas: cak. BKXi» j'en »ê di^oe. plus je tous dob être MLst 1 . Cependant, poor on homme sincère, qu Càiies p^rofesâOQ de £re b Térité, tous devei prendre garde q« toqs ne %rex pas cru, disant tant de cbosesi QK^n avantage qui ne sont pas. Mais tous ne dites rien de mon Ténubie métier, auquel j'ai employé toute ma vie, jusqu'à ce que j'aie été auprès de Mgr le Dauphin, qui est celui de la guerre, et auquel je m*étois uniquement emplo} é : et, si j'ai mérité quelques grâces du roi, ce ni

! En !^*>. M"« de Scndêry écriTail à Hoet qui lai tuit eD\ôy^ aa»i $oc tJttHail otcrrii^, uae jolie lettre; on it li* ave»: plaisir :

* ... Je vo-dr:»L- :«ien cep>adanl que tous meussiex enTOi* quelque habile tra>iucteur. alia de ne rien perdre d*UD livre qu L •='^l [«x? fdvorALle d certaines machines cartésiennes, conW l»=--iuvll'?s je me sui> déclanv? hautement il y a longtemps, fil* employer fiourtant contre le philosK^phe, que mon chien, Btt guenon et mon perroquet. Mais comme il y a certaines cboitf qu'on emend pl-js facilement que les autres, j'ai fort bi^ entendu les louanges que vous donnez à M. de Montausier di*

^ol^e préface, et quelques autres petits endroits dont je n'oseroii parier en détail de p-eur de m égarer. Le philosophe que vooi attaquez si vivement a une niîHre que j'aime beaucoup, et ([^ii infiniment de mérite; mais elle entend raillerie sur la philos pbie de son oncle, comme vous le verrez par un midrip qu'elle m'envoya au commencement d'avril, lorsqu'elle sut q* la pauvre fauvette étoit revenue dans mon petit bois, suivintu

coutume.

Qaand la plus belle des ftDTettes

Je vis reTenir où tous 6te9{ Ah! m'écriai-je alors avec étonnement, N'en déplaise à mon oncle, eUe a du Jo^ment... ■

Correspondance de Uuct, Bibl. nationale; citée par MM. iUtW et Boutron : Madanoiselle de Scudéry, sa vie et sa corresftonéfi^ p. 312. Voir dans ce très intéressant volume plusieurs lôt^ inédites de M»»« de Scudéry à M»« Descartes, p. 393 et soi^.

par là. On ne peut, cependant, vous être plus ae je le suis de l'honneur que vous me faites, dont e la reconnoissance possible. C'est de quoi vous re persuadé, depuis le temps que je fais profession

A Versailles, le 19 mai 1689.

D retour de Rambouillet, Monsieur, j'ai trouvé ici plaires de votre livre (1) , et je me suis inconti- [uitté de la commission que vous me donnez de 3nter de votre part au roi et à Mgr le Dauphin, îté fort bien reçus de l'un et de l'autre, avec ordre en remercier de chacun d'eux. Le roi me demanda il traitoit; je lui répondis que c'étoit de matières es, auxquelles je n'entendois rien, et il se mit à ir Mgr le Dauphin, je lui demandai si je ne vous lis pas qu'il s'engageoit à le lire ; mais il entendit raillerie, et il me dit que non, mais que je vous sse bien de sa part. Pour moi. Monsieur, je ne issez vous rendre d'actions de grâces de l'honneur 3 me faites de me l'adresser, et de ce que vous Q voulu vous charger du blâme de flatteur, en nt de bien de moi, qui n'est pas véritable, au livre, je vous dirai ingénument que je n'y rien, et que le latin que je trouve extrêmement 3oli, me fait croire que ce qu'il explique est admiû beau m' appliquer, je n'y comprends rien, sinon

mra philosophùe Cartesianœ,

que Descartes y est traité comme il le mérite, ce dont je suis ravi (1). Mais il faut que vous vous prépariez à une aussi rude guerre que celle que nous avons avec toute TEurope, car je pense qu'il vous tombera sur le corps autant â*auteurs que de régiments contre la France (2).

Pour changer de matière, je ne saurois m'empêcher de vous dire que je vous trouve heureux d'avoir si bonne compagnie en prenant des eaux, et que je me réjouis aussi avec M"* de Montespan de vous avoir aux heures que ses occupations lui laissent libre (3). Obligez-moi de voos servir de toute votre éloquence pour lui persuader que toute sa beauté, tout son esprit, et tout son mérite oe lui ont jamais acquis un ser>'iteur si assuré, si affectionfié i et si respectueux que moi, et vous. Monsieur, assu^e^ vous de Testime et de la considération que j'ai pour vous.

A Versailles, le i*»" juin 1689.

J'ai reçu, Monsieur, votre lettre du 26 de l'autre mois* Quand je vous ai mandé (|ue je n'entendois rien aux in.itières de votre livre contre Descartes, il ne faut ptf,

(1) Moiitausier n'était pas aussi enthousiaste de DescarW^ (jiu» M"'" de Sévi{j:iié cl M'"' de Grignan.

(•J) On ('lait alors en pleine guerre de la ligue d'Augsboufgi rominencée en 1688, celle guerre ne se termina qu'en 1697, P*' le Irailr de Uvswick.

{',)) o M"'« de Montespan avait été des premières à appn)uv«f !«' elioix de M. de Montausier pour la place de gouverneur do Dauphin, choix (jui elVanuichoit un peu les courtisans. » ^^^^ du manuscrit.) — Voyez dans M. Amédéo Roux, Montamiff^ sim temps, p. 151, jjounjuoi M"'<" de Montespan avait été k?^ nnvrt' à a])prouver le choix du roi. On ne peut i)arler de M""'" Moiitesjian, sans citer Texcellent ouvrage do M. P. Clémeo''

s'il vous plaît, que vous croyiez que j'aie été assez peu dûscret pour en parler d'une autre manière qu'en riant, et seulement à quelques amis particuliers, au sujet de la préface. Vous n'avez pas dû, je crois, non plus prendre sérieusement ce que vous a écrit M. de Meaux, lorsque vous lui avez envoyé le même livre, en l'accompagnant de la lettre que vous me dites. Comme vous vous êtes depuis expliqué, par la réponse que vous lui avez faite, de votre pensée, et que vous y avez donné le sens véritable qui le doit contenter, voilà la chose bien réparée.

11 m'a envoyé son Apocalypse que je présentai hier, de sa part, au roi (1) . Je n'ai fait encore que jeter les

jeux dessus, et ce que j'en ai vu me paroît fort beau. Vous

aurez déjà appris par d'autres que le roi a eu deux petits accès de fièvre tierce, et qu'aussitôt il a pris du quinquina, si bien qu'on espère que ce ne sera rien. J'eus aussi, il y a cinq jours, un peu de fièvre de rhume, lequel me dure encore, et m'incommode un peu. Je vous supplie, Monsieur, d'assurer M™® de Montespan de mes respects, çioiqu'il soit assez inutile, parce que je m'assure qu'elle ïaefait la justice d'en être persuadée, et vous ne devez pas l'être moins de la parfaite estime et amitié que j'ai pour vous (2).

i Madame de Montespan et Louis XIV. Paris, Didier, 1868. Voir

[ ^ cet ouvrage bon nombre de lettres de M™o de Montespan à

\ B'iet, p. 307 et suiv. édit. in-12.

h (Ij Cet ouvrage de Bossuet fut publié en 1689.

\ (^ Lettres inédites; Correspondance de Huet, Bibl. nationale;

I" ^1- II, p: 17 et suiv. On trouve dans cette correspondance

^ ^l^^inuite-trois lettres de Montausier.

EMARQUES SUR LE TÉRENGE , L'hORAGE , ET LE VIRGILE DE LA

COLLECTION ad tisum Delphini. (Voy. p. 198.)

On a vu, page 198, par la lettre de Montausier à Huet, 1 date du 15 octobre 1674, que Fléchier avait travaillé à ^Ure et à la préface de Térence,

Or, ici se présente une difficulté. Le nom de Fléchier ne ' trouve, ni en tète du volume (c'est celui d'un certain «coto Camus); ni dans VEpître^ qui est signée : Frédéric ^onard; ni dans le privilège qui est du 20 août 1674, où n'est fait mention que de ce même fAonard. Voici le ^ du volume : « Publii Terentii sex comœdias interpréta- ^ et notis illustravity Nicolaus Camus, jussu christiassimi régis in usum Delphini. Parisiis, apud Fredericum îonard, typographum, via Jacobaeâ, 1675. » f^kolas Camus a donc préparé l'édition de Térence. Mais ors pourquoi le nom de ce dernier ne flgure-t-il ni dans 'pitre ^ ni dans le privilège? Et pourquoi Montausier dit-il Huet : « M. Fléchier a déjà travaillé à Tépître et à la préce de Térence, et aura bientôt, achevé? » Voici, croyons- ^us, l'explication de ce fait. Elle nous est fournie par un issage de la préface de Térence. L'auteur de la préface, îst-à-dire Fléchier, après avoir fait l'éloge de Montausier,

de Bos5uel et de HneU ajoute : « Ce commenUiK serû certainement plas parfait, si le sons-précepteur daDuplôt rillnstre Huet, cet homme d'une science immense, é fi dirige celte grande entreprise, avait pu reroir les putiesè cet ouvrage. Songez, lecteur, que ce Térence panMepttmier, avant tous les autres auteurs latins : c*est, pour ai dire, un coup d'essai: de plus, à cause de la mort préoir turée du commentateur, rou\Tage a été imprimé aurt qu'on ait pu le rendre parfait. »

Voilà donc ce qui est arrivé : Nicolas Camus, dont k^ nom est en tète de Tédition de Térenc^, est mort ivâ d'avoir achevé son œu\TC. Fléchier fut prié alors de «■• | poser Cépitre et la préface. Mais, afin de ne point pinltR s'approprier l'œuvre d'un autre, il ne mit pas son dois 0 bas de Tépttre, qui fut signée simplement Léonard^ da fioA de rimprimeur. D'autre part, coomie Camus avait ^ son travail inachevé, le nom de celui-ci ne parut pasdtti le privilège, où l'imprimeur seul est désigné.

Nous ne savons pourquoi le dictionnaire de biograpto^ MM. Dézobry et Bachelei nous dit que l'édition d*Bv09 dans la collection du Dauphin, est du P. de La Rue. Ce» une erreur ; elle est d'un certain Louis Desprez, ancien professeur d'éloquence au collège du Cardinal-Lemoine (l).IW la préface, L. Desprez nous apprend que, sept ans aupartTa>*t il avait travaillé à une édition de Perse et de Juvénal. Voaï le litre île Touvrage : « Quinfi Horatii Flacci operaintBrfi^

jli Lv collt'pe lin Caniinal-Lemoine était rue SaintAicW» II" 70. Coiit' nie (:i»mnn'D«-ait jailis rue île Seine-Saint-Victor,* finissait ruo do la Monta/LMie Saiute-Goucviève.Elle necomDi«o* ; plus aujimrtriiiii que rue dû Gardinal-I^moine, près del*'** de Jussieu, et fiait rue Monge, près de la rue de la Monti^ Saiiit(»-Geneviêve. — « Le collège fut fondé, en 1302, p*^ cardinal Jean Lemoine, et bâti sur l'emplacement des ïïOi^

atione et notis illustravit Ludovicus Desprez Gardinalitius

lodus ac rhetor emeritus, jussu christianissimi régis in

mum serenissimi Delphini. Parisiis excudebat Fredericus

Léonard, 1691. d •— Le privilège est du i4 novembre 1675.

CSette édition d'Horace, comme celle de Térence, eut peu

de chance. Dans sa préface, après avoir fait Téloge de Mon-

tansier, de Bossuet et de Huet, L. Desprez nous apprend

fie ee travail fut confié successivement à deux personnes

d'une grande érudition. Mais la mort les enleva Tune et

Fantre, et alors ont eut recours à lui : ce qui ne peut être

foe préjudiciable au public, ajoute-i-il avec modestie : n Ecce

yfsth anam, dm et alterum abstulit invida mors. Tandem

tes ad me delata, damno, fatebor enim, publico. »

ffestle Virgile qui est du P. de La Rue : Paris, Simon Bénard, rue Saint-Jacques, 1675. Le privilège est du 1" no- Wwfcv 1674; r achevé cT imprimer du 30 octobre 1675. La fettre de Montausier, en date du 15 octobre 1674, que nous (Tons citée page 483, semblerait indiquer que la rédaction du privilège fut faite par Huet.

La préface contient aussi un éloge de Montausier, de Bussiietet de Huet. La réunion presque constante de ces trois Doms dans la plupart des préfaces montre que, dans cette pande entreprise, on ne doit jamais les séparer. La Rue déclare que ce travail lui a été demandé, non par une seule personne, mais par plusieurs personnages éminents : « Id

chapelle et cimetière qui avaient appartenu aux religieux Au- ÎDstius. En 1757, on y fit des réparations et reconstructions ^^ïisidérables. » (Voy. de la Tyuua, Dictionnaire des mes de '^flm, 18i2.) Il ne reste plus rien de ces anciens bâtiments, ^•ïiporiés par la rue Monge et la rue du Gardiual-Leraoine qui *^ïnmeiice au pont de la Tournelle, traverse le boulevard Saint- ^erinaln, et finit place de la Contrescarpe.

de préparer à son jeune élève un chemin st pour le faire arriver aux mêmes connaissances. L Gondom, Jacques-Bénigne Bossuet, cet homme ment versé dans les sciences divines et humaine vait manquer non plus de chercher tous les i plus capables de conduire le prince à un solide sa vais-je résister a'ix prières, aux ordres, aux conse de ces grands personnages auxquels un illustre n confié son (Ils unique, son espoir, et Tespoir de D'autant plus que, pour ce travail, je pouvais quemmcnt recours à Pierre-Daniel Huet, qui i fonctions de sous-précepteur du Dauphin. Sa i son savoir, lui donnent un grand crédit auprès il en a un plus grand encore auprès de moi, grâce ceur de ses m<purs. Par toutes les séductions d par bon nombre de notes sur Virgile qu*il a I me communiquer, il a fini par me persuader serais pas trop au-dessous d*une si grande tâche.

Le privilège du Virgile, dont Montausier par

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ntribuer à la bonne éducation de notre très cher et très Qé fils, le Dauphin, et considérant que son avancement ins Fétude des bonnes lettres en fait une partie, Nous vons jugé que rien ne lui seroit plus utile pour cela, que e lui faciliter la lecture et l'intelligence des anciens uteurs de la langue latine par des moyens plus prompts t plus commodes, que ceux dont on s'est servi jusques û, et nous nous sommes d'autant plus porté à l'exécution le ce dessein, que Nous avons compris en même temps [oe le public en recevroit beaucoup d'avantages. Ainsi, fous avons jeté les yeux sur plusieurs personnes savantes, ant de notre royaume que des pays étrangers, pour nmdller sur ces anciens auteurs de la langue latine, y usant des notes et des explications qui pussent en tenner l'intelligence, sans avoir besoin d'autres commentûies, et, dans la distribution qui a été faite de ce travail. Nous avons chargé le P. de La Rue, de la Compagnie de Jésus, de travailler à l'explication des œuvres de Virgile, iont il s'est acquitté à notre satisfaction.

L'achevé d'imprimer est du 30 octobre 4675. Voyez plus haut, page 196 et suiv., ce que nous disons des éditions Ad WMm Ddphini.

NOTE SUR M. DE BRIEUX. (Voy. p. 211.)

Lcques Moisant de Brieux était de Gaen. Il était calvi- 3. n avait été avocat au parlement de Rouen, et fut lant quelque temps conseiller au parlement de Metz, int démis de sa charge, il se retira à Gaen, sa patrie, et dans sa maison une académie de gens de lettres, où it l'honneur de recevoir M. le duc de Montausier. 11 init en 1674.

Q a de M. de Brieux deux volumes de poésies latines, t le second parut à Gaen, en 1669, in-12; Les Origines uelques coutumes anciennes et de plusieurs façons de parier ^MÎes; Gaen, 1672, in-12; (fluet, Comment, de reh, ai pertinentibus.) Les divertissements de M, de 5., Gaen, K Jean Ghevalier, 1673, in-12. G'est un recueil de lettres, ie poésies françaises et latines. (Voyez Moréri, Dictionre historique, vol. II. Paris, édit. de 1759.)

crge ou les brigands sans le savoir, comédie- vaudeville, par • Scribe et Delestre-Poirson ; Paris, Barba, Palais-Royal ; ^ 1 vol. ia-32. Représentée, pour la première foi», à Paris, le théâtre du Vaudeville, le 19 mai 1812. — (Voy. p. 239.)

' ^cène se passe dans une auberge au milieu des Pyrénées,

déry et sa sœur, en voyage, sont arrivés dans une Je des Pyrénées. Pendant que Taubergiste, Bertrand, *e la chambre des voyageurs, Scudéry et sa sœur eot dans la salle commune. Pour occuper le temps, ^vaillent à une nouvelle pièce, la tragédie d^Arsacsy i du roman d'Artamène ». Us reprennent leur derscène, qui nest pas encore finie, celle oh Hétéroxènc id qu'Arsace est infidèle, et oti elle ordonne le trépas li-ci.

ibergiste a déjà été effrayé de Vair rébarbatif à& fts. « Ils peuvent être d'honnêtes gens, a-t-il dit; mais, p sûr, ce n'est pas écrit sur leurs figures. » va voir comment les auteurs dramatiques ont dévela narration de Pléchîer,

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