CHAPITRE IX
[ii« Dupré (suite). — > Ëllo est liée particulièrement avec Goarart. — Elle le met eu relation avec Bussy-Rabutin et fait durer ces relations. — Vers inédits de Gonrart à M"« Dupré. — De l'époque à laquelle on peut faire remonter la liaison de Fléchier avec M"» Dupré. — Elle obtient que Bussy donne sa voix à Fléchier pour l'Académie. A partir de 1073, Fléchier n'a plus aucunes relations avec Bussy-Ral)utin. — Du caractère général de la prose et des vers de M»i« Dupré.
L'an des meilleurs amis de M"'' Dupré, celui dont Ue parle constamment, c'est Gonrart, le protecteur claire de presque tous les écrivains de son temps. Grâce
la correspondance de Bussy-Rabutin, nous pourrons
onner, sur les rapports de M"° Dupré avec le secrétaire
^rpétuel de l'Académie française, quelques détails que
On chercherait vainement ailleurs. Nous l'avons dit,
l^^' Dupré se plut à rapprocher les différents amis qu'elle
Vait. C'est ainsi que nous la voyons d'abord servir II 1
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e: loa côûjectc-rt aleL: ^l heureuàemeat réussi pocr ek e; pr.'î-r moi. Ses s-jias ofiicieui m'oc: pcomrê J'hoflUBï de voire amîiié, et vo:re gécen>sitè me l'a accorda .!•* Loe liaison ainài improvisée ne reposait pas àor ^^ baâes bien solides; aussi était-il fort à craindre queb corres[/jndance ne se ralentit bientôt, et que l'on œ finit par s'oublier de part et d'autre. Mais M^ Dufiri était là qui veillait sur son œuvre, et qui san»
{{) O'XW lettre pon- U date du 13 octobre 1669. iCorres^J** de Ba^vj, vol. V,f.. 10^. — Cest I;i r»'po:iso à la lettre quoBu!?*y lui j'rcrivait le 'lï s»^j.iembre 1069. «Voy. celte lettre, un peu pl»s loin./
drter habilement tout ce qui aurait pu amener de idîfférence ou de la froideur. Ce n*est pas sans ention, croyons-nous, qu'elle parle souvent de Cont, et qu'elle profite de toutes les occasions pour dsolider de plus en plus cette amitié qui commenit à peine. Conrart vient de faire un madrigal; e l'envoie à l'exilé en exprimant, en termes flatteurs, regret de ne pouvoir davantage pour le distraire dans k solitude : « Nous avons bien résolu, M. Conrart et K)i, d'essayer à frais communs de vous divertir ; mais i saison est fort stérile; il n'y a que vous, monsieur, pn ayez le secret de faire naître des fleurs parmi les iJaces (1). h Un jour, c'était un madrigal qu'apportait b courrier de Paris ; quelque temps après, c'était tout •n paquet de lettres et de vers que M"* Dupré envoyait, ot dans lequel Conrart avait placé, en outre, un petit présent, l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre par le P. Senault (2). Bussy, satisfait de toutes ces attentions, rtftondsdt à M^^*" Dupré, et la chargeait de transmettre K8 remerciements à l'obligeant secrétaire : « Je rends ïûle grâces à M. Conrart de ce qu'il m'envoye. L'oraison bnëbre est belle ; les stances ne valent pas grand'chose ; lâis le soin qu'il a de moi, et son souvenir m'obligent
(i) Lettre du 26 décembre 1669, vol. m, p. 172.
ftVoir la lettre de M"« Dupré, Correspondance de Bussy, *I.III, p. 198. Cette lettre est datée du 8 mai 1670. — Voir ûcore à ce sujet une autre lettre de M"« Dupré, datée de Paris, ■ 1" mars 1670, vol. V, p. 136. La réponse de Bussy à cette emière lettre, porte la date du 25 février 1670 : évidemment fôt une erreur de l'éditeur. (Voyez ce que nous disons vol. I,
266, note 2.)
infiniment, et je l'aime autant que je l'estime (l). » Cette lettre, paralt-il, ne parvint pas à BF^* Dupré. Le 8 mai 1670, elle se plaignait de n'avoir rien reçu, au sujet du paquet de lettres et de vers qu'elle avait fait partir près de deux mois auparavant. Ce fut pour Bussy une occasion d'exprimer de nouveau la reconnaissance qu'il devait à Conrart, et l'afTection qu'il avait pour lui. Le 11 mai 1670, il écrivait à M^^" Dupré, et lui disait combien il était surpris que sa première lettre ne lui eût pas été remise. « Du reste, ajoutait-il, je m'en vais vous mander ce que je vous maodois alors : ce qui vous fera voir que je conserve vos lettres. Je vous disois que l'oraison funèbre m'avoit fort satisfait ; que je n'estimois pas les stances de M. **% que je rendois mille grâces à M. Conrart des soins qu'il avoit eus de m'envoyer tout cela, et que j'étois fort aise
que ses douleurs fussent moindres
(( J'écrirois à M. Conrart, si je savois qu'il eût mains; mais sachant combien il est honnête, j'auroispeur de lui donner de la peine sur ce qu'il ne pourroit me faire réponse. Cependant il verra ici, s'il vous pM» que personne, pas même vous, ne l'aime plus que je fais (2). »
C'est là précisément ce que voulait M"' Dupré, ^ c'est dans ce but qu'elle s'acquittait vaillanunenl de son rôle de secrétaire, contente d'être payée de ses peifl^ en voyant unis ensemble deux honmies dont elle apprt-
(1) Lettres de Bussy, vol. III, p. 184.
sprit et le savoir. C'est à elle, en effet, que Gonrart ous les paquets qu'il veut envoyer en Bourgogne; le aussi qui est chargée de répéter au secrétaire adémie tout le bien que disait de lui le cousin de ! Sévigné. 11 n'y a presque pas de lettres de pré, dans lesquelles il ne soit question de Conrart : it même que le scrupule va chez elle, jusqu'à ne jamais écrire sans parler un peu de l'excellent iden.
673, après de nombreuses sollicitations, l'ancien le camp général, qu'une lettre de cachet tenait depuis ips éloigné de Paris (1), obtint enfin la permission ir y faire un séjour de quelques mois. A cette ;e nouvelle, elle envoie ses félicitations à Bussy; sn même temps, elle a soin de faire intervenir , qui joint ses compliments à ceux de son « Trois semaines de campagne m'ont différé la e j'ai aujourd'hui de votre retour, monsieur;
1659, Bussy-Rabutin fut exilé dans ses terres de BourouT avoir composé une chanson satirique sur les amours XIV et de M'»» de la Vallière. Il proGta de ses loisirs ire, en 1660, son Histoire amoureuse des Gaules. Ce pam- .'il ne destinait à aucune publicité, fut bientôt connu, une trahison de la marquise de la Baume, à laquelle il
prêté le manuscrit. Au commencement de 1665, les
le Liège répandirent le scandaleux libelle. Cet ouvrage
i ia colère de Louis XIV. Bussy-Rabutin fut arrêté le
1665, et jeté à la Bastille, où il demeura treize mois. Ce
août 1G66, qu'il reçut la permission d'aller prendre F air
en Bourgogne. Pour ces dilférents détails, voir la re- )le édition de M™' de Sévigné, publiée sous la direction d. Régnier, vol. I, p. 78 et suiv. Paris, Hachette, 1862. in-8«.
croyez bien que personne ne la sent mieux que moi. M. Gonrart, à qui j*ai dit cette bonne nouvelle, me TOukHt disputer quelque chose sur les sentiments ; mais après quelques réflexions que je lui ai fait faire, il est demeuré d'accord qu'il me devoit céder, à condition que je vous manderois de sa part, qu'après moi, personne ne s'intéresse plus que lui à tout ce qui vous touche. Tous vos amis vous attendent avec autant d'impatience que j'en ai (1). » De son côté, Bussy-RabuUn, touché de tant d'égards, ne manquait pas de répondre par un autre compliment à de si aimables paroles : « Je sais bon gré à M. Conrart, écrivait-il, de vous avoir voulu disputer quelque chose sur cela, et à vous de l'avoir emporté. C'est beaucoup pour lui qu'il approche de votre amitié pour moi. Je vous prie, mademoiselle, de Feo bien remercier (2) . »
Les lettres de Bussy nous montrent combien furent suivies les relations de Climène et de TAeodamaSi relations qui durèrent jusqu'à la mort de ce dernier, arrivée en 1675. Nous avions déjà vu, par les manuscrits de Conrart, que celui-ci avait été particulièrement lié avec M"* de la Vigne, l'amie de M"* Dupré; et dès lors, on pouvait supposer que l'estimable secrétaire n'avait piS
eu de rapports littéraires avec l'une, sans en avoir aussi avec l'autre. Nous avions bien trouvé aussi, à la Bibliothèque de l'Arsenal, quelques pièces adressées par Conrart à M"* Dupré; mais ces documents n'étaient ni assei
(!) Lettre du 20 juillet 1673, vol. V, p. 312, i2) Ibid. du 23 juillet 1673, vol. V, p. 313.
obreux, ni assez importants, pour nous permettre dlnaer avec précision le rôle littéraire de MP'* Dupré, le ire de ses occupations et le caractère de ses amis. A titre, la correspondance de Bussy nous a été très utile, [lomme M"* de la Vigne, M"* Dupré fut au nombre ces femmes distinguées que Conrart rencontrait d'oraire chez M"* de Scudéry, qu'il visitait souvent luime, avec lesquelles il vécut dans une agréable intité, et qu'il aimait à recevoir dans la maison qu'il postait aux environs de Paris. Voici un billet inédit que nrart adresse un jour à M"* Dupré et à M"* de la Vigne, lur les engager l'une et l'autre à venir le voir à Athis : nvitation est collective et nous prouve, une fois de lUS, l'étroite liaison qui existait entre les deux amies (1). ette lettre, en vers et sous forme d'épltre, ne resemble assurément en rien pour la grâce naturelle nx épltres d'Horace; ce sont simplement des vers de odété, nullement destinés à voir le jour, dont tout le Dèrite était de venir à propos, et de n'avoir pas grandes ^rétentions. Tel était alors le genre de ces missives, Mir badinage dont on excluait avec soin tout ce qui ^t pu coûter du travail ou de la peine ; on plaitriait, on riait de ces légères compositions improvi- ^ à la bâte, sans s'inquiéter beaucoup si les vers en étaient corrects, élégants ou harmonieux.
On se trouvait en automne. Cionrart était retiré à Athis, où il jouissait du repos de la campagne et goûtait à son
La pièce porto l'adresse suivante : à 3r'«» Dupré et de la ^'^»e. (Manuscrits de Conrart, vol. X, p. 83; in-f». Bibliothèque ^e l'Arsenal.)
aise le charme de cette belle époque de Tannée. Hais 'hiver est arrivé subitement et a chassé le soleil des jardins et des bois :
Cette semaine tout entière, Du soleil la vive lumière Sur notre coteau, sans mentir.
Ne s'est fait voir ni sentir.
Conrart prie alors ses jeunes amies de venir le visiter, dans l'espérance qu'elles ramèneront la gaieté autour de lui. Jouant sur le nom de Tune et de l'autre, il leur dit d'une façon assez galante :
• Nos pauvres Prés, nos pauvres Vignes N'ont plus d'influences bénignes; Les uns n*ont point donné de foin ; Et les autres, malgré le soin Que Tété s*est donné pour elles.
Ne sout ni bien faites ai belles.
Mais vous me forez voir un pré.
Fleuri, gai, paré, diapré; Une vigae délicieuse.
Do qui la vue est amoureuse :
Et le cœur encor plus content.
S'il osoit, en diroit autant.
Conrart aimait beaucoup, paralt-il, la société des deux femmes poètes, si nous en jugeons par les vers suivants qu'il envoyait à M'*' de la Vigne, à peu près vers la \s^^^^ époque, et qui sont écrits dans ce ton de préciosité dont il ne se défit jamais :
Iris, pour trouver lo temps doux.
Il faut se rapprocher de vous
Et de Totre chère Glimène (1).
Je suis toutefois bien en peine, 811 n'est point un peu hasardeux De s'approcher tant de vous deux.
On dit que la moindre étincelle.
Qui sort des yeux de cette belle, Est capable, jugez quel jeu !
De mettre les cœurs tout en feu (2).
Une fois en veine de galanterie, un bel esprit ne s*ar-
e pas volontiers, et Conrart moins que tout autre :
puis trop longtemps, il était habitué à ce langage de
litesse amoureuse, pour y renoncer dans ses vieux
irs. A cette date, c'est-à-dire en 1665, le soleil jouait
core un rôle très actif dans toutes les harangues, et c'est
loi que des orateurs, même célèbres, empruntaient leurs
us fastueuses comparaisons. Mais dans le genre galant
rtout, le soleil était du plus grand secours, et fournis-
t les rapprochements les plus flatteurs : astre vraî-
Qt débonnaire, et qui se pliait si bien à toutes les
:ences, que Mascaron et Voiture pouvaient Tem-
er avec une égale facilité. C'est ainsi que, dans une
î pièce, adressée encore à M"* de la Vigne, Conrart
re que, par leurs regards charmants et doux^ la
Iris et Climène ont effacé l'éclat du soleil, qui,
leur départ, a perdu sa clarté :
Il la perdit par votre absence ; Et j'ai fait double pénitence, Depuis alors jusqu'aujourd'hui.
Eloigné de vous et do lui.
e ithère Climène désigne très probablement M"« Duprc. it. (Manuscrits de Conrart, vol. X, p. 84; in-f».)
Conrart les engage donc à retourner à Athis; seules, dit-il, elles sont capables de lui rendre la vie, et cette lumière du soleil qu'il regrette de ne plus voir :
Puisqu'en tous lieux il veut vous suivre, Et que sans lui je ne puis vivre»
Sans vous je ne puis vivre aussi.
Iris, revenez donc ici !
Pour empêcher que je ne meure ;
Ou j'en partirai tout à Theure,
Pour revoir le soleil et vos divins appas,
Et pour éviter le trépas (l).
Nous ne citons pas ces vers de Conrart, parce que nous y attachons un grand prix. Nous croyons juste, cependant, de ne pas les apprécier trop sévèrement : prenonsles pour ce qu'ils sont en réalité, pour des vers de circonstance, écrits couramment, et dans le seul but d'égayer quelques amies. Au lieu d'une invitation banale, ou d'un compliment en modeste prose, on avait ainsi le plaisir de recevoir une petite pièce d'allure assez libre, presque négligée, dont la gaieté faisait tout le fonds et qui n'était pas tout à fait dépourvue d'esprit. A ce titre, ces vers de Conrart méritent quelque indulgence. De plus, comme ils nous permettaient de compléter ce que nous avions à dire sur M"' Dupré, nous avons cru devoir en citer quelques-uns.
Et maintenant, à quel moment commencèrent les relations de Fléchier et de M"' Dupré? Il est difficile de l'indiquer avec précision. Si, comme nous le croyons, ce fut Conrart qui servit d'intermédiaire entre l'abbé et la
(1) Manuscrits de Conrart, vol. X, p. 84, in-f«.
eune fille, la liaison remonterait au plus tard ï ou 1665, époque à laquelle il invitait M"" Dupré teigne, à venir passer quelques jours à Athis. Ce certain, c'est qu'en 1669 Fléchier connaissait ré, à qui Huet donnait le titre de docte, virgo et dont on vantait déjà le savoir et le talent
A cette date, nous trouvons Fléchier au milieu e ces cercles d'amis et d'amies, où il venait lire -unes de ses compositions, jetant ainsi discrètesans bruit, et comme à huis clos, les premiers its de sa réputation de poète et d'écrivain. Voici "• Dupré écrivait au comte de Bussy, le 27 dé- 669 : <( Un de mes amis me donna, il y a deux
petit régal qui eût été bien à votre goût, mon-
fut de me lire, et à quatre ou cinq autres per- )rt éclairées, une 'traduction faite de latin en de la vie du cardinal Commendon, Vénitien, qui is grand homme de son siècle, dans lequel il se LUtité de beaux événements que le même historien
Cet ouvrage n'est que manuscrit, et ne sera pas imé; mais il est fort de saison aujourd'hui, car i promotion de deux ou trois papes, et nous jans une conjoncture toute semblable, jusques instances (1). »
ique où cette lettre fut écrite, Fléchier n'avait
?s de Bussy, vol. III, p. 172. — L'ouvrage de Fléchier 'la première fois ea 1671, chez Sébastien Mabre-Craprivilègo est du 24 février 1669. Cette Histoire du carnendon est imprimée dans le second volume des Œu- Hes de Fléchier, Edit. Ducreux.
encore aucune relation avec Bussy; mais lûssons Ure M"" Dupré, et bientôt, grâce à ses soins officieux, l'abbé et r ancien courtisan seront tous deux en correspondance: « Je suis depuis un mois en Beauce, écrit-elle à Bussy, chez une belle et jeune veuve de 30,000 livres de rente, qui me fait, et à une autre de mes amies, la plus grande chère du monde. Nous goûtons mille plaisirs innocents qu*on ne connolt point à la cour, et qui ne liassent pas de suites fâcheuses. » Puis, sans avoir Tair â*y prendre garde, elle glisse sa petite recommandation pour Taini qu'elle veut obliger : « M. l'abbé Fléchier, ajoute-t-elle, est sur le point d'entrer à l'Académie, à la place de H. Godeao; il seroit bien glorieux, s'il pouvoit avoir votre voix (1). »
La réponse ne se fit pas longtemps attendre. Après loi avoir adressé quelques compliments au sujet des dames qu'elle voit à la campagne, sur la société qu'elle a le plaisir d'y trouver, et à laquelle, dit-il, « un honnête homme ou deux ne gâteroient rien », Bussy disait à M"' Dupré : « Je ne doute pas que M. Tabbé Fléchier n'ait dans l'Académie la place de M. Godeau : personne ne la pourroit mieux remplir que lui. Je lui donne ma voix de tout mon cœur. Je lui envoyerois en écrit, si on comptoit les absents pour quelque chose (2). »
Quelque temps après que cette lettre eut été écrite, presque au lendemain de sa réception à l'Académie» Fltehier, sous le patronage en quelque sorte de M"' Dupré»
(1) Lettre du 15 juillot iG72, vol. III. p. 506. — Fléchier i^^ roru à l'Acad^niio française le 1*2 jauvier 1073: Bussv-RabuU^ avait été roru eu 10(15.
(2) Lettre du 22 juillet 1672, vol. III, p. 507.
iyit à son tour à Bussy-Rabutin, pour le prier de accorder son amitié. « Monsieur, la grâce que Mesurs de l'Académie viennent de me faire en me donnant e des places vacantes de leur compagnie, et la bonté e le roi a eue d'approuver le choix qu'ils ont fait, m'a iché très sensiblement ; mais ma joie n'est point acnplie, et je ne me tiens ni bien choisi ni bien reçu, qak ce que vous ayez eu la bonté de confirmer . mon ction et ma réception. Je sais de quel poids doit être jre suffrage ; et je serai bien glorieux, quand je serai 3 encore de votre main dans la place qu'on m'a donnée, spère que vous ne me refuserez pas votre agrément, .yant pas l'honneur d'être connu de vous : vous jugerez orablement de moi, et vous voudrez bien vous tromper ma faveur, après que tant d'autres, de qui j'ai l'honur d'être connu, s'y sont trompés eux-mêmes. Ce qui 3 donne encore quelque confiance, c'est que M"* Du*** (1), 1 qui vous en avez beaucoup, vous dira hardiment que ne suis pas indigne de la grâce qu'on m'a faite, et 3 croira point charger sa conscience quand elle cor^ «npra votre jugement. Je l'ai priée de mêler à ses méninges officieux au moins quelque vérité, en vous assunt, comme je fais ici, qu'il n'y a personne au monde ù vous honore plus que moi, et qui soit plus sincénent et plus respectueusement, etc. (2). »
J) M"« Dupré. — Ce nom est écrit en toutes lettres dans l'édi- •11 publiée par M. Lud. Lalanne, vol. LQ, p. 212. l^) Correspondance de Bussy-Rabutin, vol. IV, p. 20. — Cette '^re, datée de Paris, le 28 janvier 1673, ne se trouve pas dans 8 GHuvres complètes de Fléchier.
A ce compliment de son noaveau canfrère, Bussy- Rabutîn répondit par an autre compliment, loua beanooap le mérite du jeune académicien, bien persuadé, disait-il, « que Messieurs de TAcadémie ne pouvoient choisir on plus digne sujet ». Puis, avec sa vanité ordinaire, vanilé qu*il laissait toujours éclater dims ses paroles, il ajoutait : « Quand je vous parle ainsi, ne croyez pas que ce soit par reconnoissance : ce qui doit faire estimer les louanges que je donne, c'est un peu de connoissance et beaucoup de sincérité. Je ne suis ni flatteur, ni tout à fait ignorant, et vous me devez croire quand je tous assure que vous êtes à mon gré un des hommes de France dont j'estimerai autant la beauté de Tesprit» et que j'aimerai autant, etc. (1). »
Vers les premiers jours du mois suivant, Fléchîcr le remerciait de ce qu'il voulait bien lui accorder son sefrage et lui promettre son amitié. « Je vous envoyé k discours que j'ai prononcé dans TAcadémie, et je vous prie de le recevoir non pas comme un ouvrage qui mérite d*(tre estimé, mais comme une marque de l'estime et do respect que j'ai pour vous. Je m'assure que lorsqnc j'aurai F honneur d'ôtre plus connu de vous, vous vous détromperez peut-être de la bonne opinion que ^"ous avez de moi sur le bel esprit ; mais vous trou^'crez (p^ j'ai le C(rur bon, et que personne n'esta vous avecpto (le zèle, plus d estime et plus de respect que moi (2). »
(l) Lottro du e février 1G73, vol. IV, p. 23.
f:» Datée (le Versailles, le *♦ mars 1G73. Correspondant ^^ //Mvçy. vol. IV, p. -41. — Cette lettre ne se trouve pas non pl^' dans Ui corrcs^H)ndance de Fléc^aer.
Fléchier eût-il voulu être pris au mot? N'aurait-il pas été fâché, au contraire, que Bussy-Rabutin se détrompât de la bonne opinion qu'il avait de lui sur le bel esprit ? A cette époque, en effet, prédicateur déjà célèbre, membre de TAcadémie française, il tenait à sa réputation de bel esprit, réputation qu'il croyait avoir assez bien méritée pour espérer ne rien perdre à être mieux connu. Prenons donc cette petite modestie de Fliëcbier pour ce qu'elle est en réalité, pour la formule d'un honnête hommes c'est-à-dire d'un homme poli et bien élevé, qui ne veut pas avoir l'air de faire son propre éloge. Peut-être, Fléchier, avec la finesse et le tact que nous lui connaissons, s'est-il fait volontairement tout petit à côté de Bussy-Rabutin. Celui-ci, qui avait assez lliabitude de parler rondement de soi, comme eût dit la Rochefoucauld, et qui avait la prétention d'être le plus bel esprit de France, aurait pu accueillir sèchement on homme qui eût osé se faire hardiment son rival : le meilleur moyen, pour se concilier les bonnes grâces du vaniteux gentilhomme, était donc d'employer un langage modeste, en faisant entendre qu'on se croyait de beaucoup au-dessous de son mérite.
t. Comme l'affaire n'était pas de conséquence, Fléchier [. pouvait bien accorder à Bussy cette légère satisfaction, et ^ lui laisser supposer adroitement qu'il le regardait comme l un maître en l'art d'écrire. Le vieux courtisan fut ravi 'i de ce ton si réservé et si humble. Aussi, cette fois, ne ^*nagea-t-il pas les éloges : il loua Fléchier généreuse- -* ïûent et avec une sincérité presque convaincue, ce qui i ûe lui arrivait presque jamais, à moins toutefois qu'il ne
fût question de lui-même; car, à son endroit, il était aussi prodigue de louanges, qu'il en étadt avare pour les autres. Ce vilain homme afesprii^ comme FappeUe avec raison M. Sainte-Beuve (1), oublia un instant » causticité et sa malice, pour distribuer quelques compliments à Fléchier : a Je viens de recevoir votre lettre, monsieur, et la harangue que vous avez faite à l'Académie. Je la trouve très belle : il y a du feu, il y a da jugement; mais surtout elle est naturelle et l'art y est bien caché. L'éloge du roi est admirable (2). »
Peu de jours après, il écrivait à M"' Dupré : et Je tous suis très obligé, mademoiselle, et je vous rends mille grâces d'avoir fait tenir mes lettres à leurs adresses. Voici encore matière à de nouvelles obligations. J'ai trouvé fort belle la harangue de M. Tabbé Fléchier : elle m'a pla d'un bout à l'autre (3;. » Décidément, Bussy était en veine d'indulgence et de bonne humeur. Que le futur prélat ait su plaire à ce caractère difficile, ou que M""' Dupré ait bien servi Fléchier dans cette occasion, il est certain qu'on était très favorablement disposé à son égard. Dès le mois de février 1673, Bussy écrivait i son amie : « Tout ce que j'ai vu de M. l'abbé Fléchier m'a donné une idée bien agréable de la délicatesse de son esprit; je suis ravi qu'il veuille être de mes amis; je n'eu ai pas assurément dont le mérite me touche
(1) Port-Royal, :!'' édition, vol. IV, p. 17. llachcltc, 1860.
(2) Lettre datée de Chaseu, le 14 mars 1673, vol. IV, p. 4i- Ghaseu, Tune des terres de Bussy, située ou Bourgogae, paroisse de Laizi, près Autun.
(3) Lettre du 28 mars 1073, vol. IV, p. AS.
antage. Je plains celui qui aura été chargé de répondre k harangue (1) . »
^e qu'il y a de curieux, dans ces relations de Bussy- >utin avec Fléchier, c'est qu'elles ne paraissent pas ir été de longue durée. A partir de 1673, il n'est plus sstion de Fléchier dans la correspondance de Bussy; ' Dupré, qui, pendant un certain temps, parlait presque jours de son ami, n'en dit plus rien dans ses lettres* elle est la cause de ce brusque silence? Comment se >-il qu'après avoir donné assez régulièrement des nou-
{) Lettre du 4 février 1673, vol. V, p. 291. Nous ne savons pas i répondit. Fléchier, l'abbé Gallois et Racine furent reçus le ^8 jour, le 12 janvier 1673. Détail assez piquant, tandis que échiur fat infiniment applaudi, Racine fut si complètement lipsé par le jeune orateur, qu'il ne voulut pas faire imprimer »n discours de réception. Voici ce que raconte d'Alembert, dans m Éloge de Fléchier : « Il fut reçu, nous dit-il, le môme jour ne Racine ; il parla le premier, et obtint de si grands applau- Usements, que l'auteur à^Andromaque et de Britannicus déseséra de pouvoir atteindre au même succès. Le grand poète fut vilement intimidé et déconcerté eu présence do ce public, qui ^t de fois Tavoit couronné au théâtre, qu'il ne ût que balbutier A prononçant son discours; on l'entendit à peine, et on le jugea léanmoins comme si on Tavoit entendu. Sa chute, plus marquée Qcore par le succès de Fléchier, lui parut à lui-môme si complète et si irréparable, que Tamour-propre d'auteur n*eut pas liéffle en cette occasion sa ressource ordinaire, d'espérer à l'im- 'Cession plus de justice; il supprima sans regret et sans murmure cette production infortunée ; mais il dut être consolé, s'il ^ avoit besoin, par l'oubli où tomba bientôt le discours de l^cliier, comme tous les ouvrages qui n'ont que le mérite local * passager du moment et de 1 a>propos. Cette petite disgrâce bernique, arrivée au grand Racine, doit soulager ceux qui ^urront en essuyer une semblable; il est vrai qu'il s'en trou- ^Ta. peu qui soient aussi sûrs que lui de la faire oublier. • ^'Alembert, Histoire des membres de 1^ Académie françoise, vol. I, AOS.)
velles de Fléchier, M"° Dupré cesse d'en parler tout à coup, et ne dise pas un seul mot de ses plus célèbres discours, de Toraison funèbre de Turenne, par exemple, ou de celle de Montausier (1)? Comment se fait-il qu'elle ne parle pas de sa nomination au poste d'aumônier de la Dauphine, ou de son élévation à l'épiscopat? Et cependant, il ne parait pas que l'aimable femme et le brillant orateur se soient oubliés entièrement dans la suite. Vers 1687, Fléchier était encore en correspondance avec elle, et lui écrivait de Lavaur, où il résidait depuis peu de temps. Bien des années après, quand il apprit la triste nouvelle de la mort de M. de Moncbamps, son beau -frère, il lui écrivit encore pour la consoler de cette perte (2). Faut-il donc croire qu'entre Bussy et Fléchier, il survint de bonne heure quelque froideur, et que M"' Dupré fut condamnée à ne plus parler de son ami au courtisan disgracié? Quand on songe au caractère irascible et soupçonneux de Bussy-Rabutiu, c'est là chose fort possible; mais rien n'autorise à admettre luie semblable explication. D'aill^irs, nous n'avons pas toutes les lettres qui ont été écrites de part et d'autre , et qui nous serviraient à éclaircir ce point. Dans le doute, nous ne voulons rien décider : que
(1) L'oraison funèbre de Turenne fut prononcée le 10 janvier 167G; celle de Montausier, le 11 août 1()90. M"« Dupré, ce})endant, ne cessa jamais d'écrire à liussy; celui-ci, qui mourut eu 1693, lui écrivait encore le 8 janvier 1692. (Voir les /^^'^''^ de Bussy-Rabulin, vol. VII, p. 246.)
(2) Lettre du 10 janvier 1707 ; Œuvres complètes, vol. X, p et 360. — M. Gh. Livet, Dictionnaire des précieuses, vol. II, P- •''^' art. Dupré, ra])pelle de Monchal.
chacun suive Topinion qui lui paraîtra la plus vraisemblable.
Par nos dtations précédentes, on a pu juger du carac* tère des lettres de M""" Dupré. Les sujets en sont variés : on y cause de toutes les nouvelles, on y parle de toutes sortes de questions, politiques, religieuses ou littéraires. Le style même n'est pas à dédaigner : il est simple, aisé, naturel; et, quoique généralement exempt de recherche, îl n'a rien de négligé. M"' Dupré a du goût, de la gaieté, de l'esprit : ce qui communique à ses épîtres un agrément incontestable. Aussi, quoique éparses çà et là dans la correspondance de Bussy-Rabutin, quoique disposées sans aucune méthode, et malgré les défauts d'un texte souvent incorrect, nous les avons lues avec un profit réel et un véritable plaisir. Nous nous attendions à un écrivain affecté et prétentieux; nous avons été tout surpris de ne trouver qu'une femme de bonne compagnie, causant simplement, avec une aisance remarquable, sans s'inquiéter beaucoup de montrer son esprit et d'en faire admirer les saillies.
Les vers de M"' Dupré ressemblent assez à sa prose; ils sont coulants, faciles, et, ce qui surprendra dans une prédeuse, presque toujours naturels. On en trouve un grand nombre dans la correspondance de Bussy-Rabutin. Ds sont, pour la plupart, élégants, bien tournés, et, sans paraître plus travaillés, ils sont plus corrects quelquefois lue ceux de M"* de la Vigne. Bussy avait pris la résolu- ^on de faire une guerre étemelle à la cruelle Iris^ qui av^t eu Taudace de l'abandonner. Sur ce sujet roulent plusieurs lettres adressées à M"' Dupré. Celle-ci, de son
côté, dirigea ses traits contre l'amour, et c'est plaisir de voir avec quelle verve et quelle abondance elle dé^'eloppe cette matière inépuisable pour elle. De temps à autre, cette haine ne Tinspirait pas trop mal. Voici, par exemple, quelques bouts rimes qu'elle envoyait à Bussy au mois d'avril 1691. A cette époque, M"* Dupré n'est plus jeune, mais la veine n'est pas encore tarie, et la vieille indignation d'autrefois inspire toujours le poète :
Avec ce petit cliea je veux vi\re en querelle,
J'y gagne beaucoup i>lus (juc de sentir ses feux;
Comme une» autre, pcul-cHro, aurois-je été perfide; Au lieu d'uu œil riant; jeu aurais un humide :
Car aimer et pleurer se suivent bien souvent.
Le bonheur eu amour dépend d'une parole;
Il est mal assuré, peu couslant et frivole :
Se faut-il étonner s'il fuit comme le vent \{)1
Bussy trouvait les vers jolis; et, à cet égard, nous sommes assez de son avis, u Tant que vous ferez d aussi jolis vers, mademoiselle, lui écrivait-il, vous feriez grand tort à vos amis de les supprimer; remeitous-nous en goût: il sera beau à nous de ne rien laisser dire à la postérité, sur les deux sujets que nous nous sommes prescrits (2). »
M"* de la Vigne avait composé, en l'honneur du 1*0!, une ode fort estimée des contemporains, mais faible eu réalité: elle manque de la- chaleur et de l'éclat que demande ce genre de poé:5ie (3). A cette occasion, l'au-
(1) Lettre du 4 avril 1G91. [Corrcspordance de Bussy, vol VU» p. 292.)
(2) Lettre du 7 avril IG'Jl, vol. VII, p. ^295.
(3) Voyez cette pièce de M"'^' do la Vigne, intitulée : J/(>«^*''' gneur le Dauphin au roi, dans le Recueil de vers choish, par ^^
teur reçut les applaudissements des beaux esprits du
temps : M"* de Scudéry la félicita par un madrigal et la
compai-a à Corinne (1 ) ; un inconnu lui envoya une petite
boite de coco^ renfermant une lyre (for émaillée^ et, à
ce présent galant et beau^ il joignit une ode, dans laquelle
il décernait à M"' de la Vigne le titre de nouvelle Melpo-
mène (2). Celle-ci remercia aussitôt, mais en exprimant
le regret de ne pouvoir connaître celui qui avait offert
un semblable présent (3). Cette pièce, vraiment agréable,
qui renferme des idées ingénieuses, finement rendues,
est écrite avec facilité, sur ce ton libre et enjoué qui
donne un attrait tout particulier aux vers de M'*' de la
Vigne :
Que ne la gardiez- vous cette lyre galante, Généreux inconnu? Pourquoi me la donner? Ah ! C'est sous votre main délicate et savante Qu'elle doit résonner.
P. Bouhours, p. 41 ; 1 vol. in-12. Paris, George et Louis Josse,
(1) Voyez la pièce de M*>« de Scudéry : Sapho à Climène, sur le présent qu'un inconnu lui a fait. (Recueil de vers choisis, p. 50.)
(2) Cette ode se trouve dans le Recueil de vers choisis, p. 47, immédiatement après la pièce de M"° de la Vigne : Monseigneur fe Dauphin au roi. En cet endroit, nous lisons la petite note suivante : f M"° do la Vigne ayant fait Fode précédente qui fut îort estimée, elle reçut pou de temps après, de la main d'un
iaconnu,unc petite boîte de coco, où étoit une lyre d'or émaillée,
av«c Tode qui suit. »
<3) « Ce présent venait, dit-on, do M'^® Dupré, fille de Desma^ ^^^^ de Snint-Sorlin, encore une savante adonnée aux études Philosophiques, à tel point qu'on la nommait la Cartésienne, ^^"* de la Vigne se douta de la provenance. C'est ce qui la fendit plus hardie dans sa réponse qu'elle ne l'avait jamais été. ^ curiosité à satisfaire, la sécurité que lui donnait une certi- ^ude presque acquise, lui dictèrent des vers beaucoup plus ten-
Du moins, pour mo la rendre encor plus précieuse, Falloit-il à mes yeux soudain vous découvrir. Et ne me cacher pas cette main généreuse Qui daignoit me l'offrir.
Souvent mon cœur, flatté par la fausse apparence, Presque en tous mes amis croit vous apercevoir ; Et pour eux tour à tour sent la reconnoissance Que je crois vous devoir.
Quelle tranquillité ne le cède à la vôtre? Quoi ! Jamais de vos droits vous ne serez jaloux ? £t vous voudrez toujours que je donne à quelque autre Ce qui n'est dû qu'à vous?
Pour vous, je le promets, j'aurai de la tendresse. Pourvu que vous vouliez bientôt vous présenter; Peut-être, ent-il des gens qui, par cette promesse, Se laisseroicnt tenter (l)...
Voilà des vers réellement jolis^ bien tournés, relevés par une plaisanterie de bon goût, et, dans leur genre, assez achevés, pour être à couvert de toute correction^ comme le disait Bussy-Rabutin des vers de M"* Dupré (2). Mais Toffre de M*'* de la Vigne à cet inconnu n'était-elle pas quelque peu téméraire? et n'y a-t-iipas
(1res que de coiitnnio, qu'oUo envoya malignement comme une simple confidence (ramio à celle-là mémo qu'elle soupçonnait (le l'envoi. » (liccherches sur la vie et les œuvres d'une précieux. par M. Tiiéry, n^cteiir de Tacadémie de Gaen, 18G6. Brochure de ;M pages; se trouve à la Bihl. nationale.) — M. Th(?ry non? (lit que M"'' I):iî)ré ('t.iit /?///> de Dc'unfirpts de Saini-Sorlin- (î'(*tait sa nièce, el non sa (ille. (Voy. vol. I, p. '255, et rarticli? (le .Mf»réri que nous citons, Pi(''ces justificatives, XVII.I
(1) Cette pièce de M"'' de la Vi«<ne, dont nous avons citi*qu^'' qiies strophes, porto lo titr.? suivant : A l'illustre auteur de ^oitf pourClimènc, quel qu'il soif. Stances. (Voy. Recueil de vers choisi du 1*. Boulioufs, 1». 51.)
(2) Lettres de Bussy, vol. V, p, 466.
ins ce lâDgage certaine liberté qu'on doit blâmer? 3 ton ne nous choque pas le moins du monde, et )us ne. voyons pas ce qu'il faut y reprendre. Encore un )up, n'allons pas prendre au sérieux ces sortes d'amuments poétiques, ce passe-temps d'aimables personnes nsibles aux plaisirs de l'esprit, qui, dans ces plaisanries innocentes, ne voyaient absolument rien de ce le Ton voudrait y découvrir aujourd'hui. Du reste, il est pas possible de se méprendre sur l'intention de ["• de la Vigne. Dans quelques vere adressés à M"' Dupré, lie a eu soin de nous faire connaître sa pensée :
Que votre austérité m'excuse,
Si j'ose à rinconnu parler si tendrement.
Entre nous, ce n'est qu^uno ruse, Pour le tirer plutôt de son déguisement.
Ma promesse est un peu hardie; Mais à la faire, Iris, je no cours nui hasard. Je lui dirai, s'il vient : Je me suis repentie,
Et vous venez trop tard (1).
Mais M"* Dupré ne se rendit pas complètement à l'explication de son amie; elle garda quelque défiance à ce sujet, ou, du moins, fit semblant d'en garder encore, et répondit à M'*' de la Vigne :
Usez de quoique autre finesse;
Lji graudour do votn^ promesse Fait que je n'en croirai personne sur sa foi.
Pour gaij:ner cette récomponso.
Est-il un honinHo homme en France, Qui ne vous dise pas : C'est moi (2)?
'1) A Irh, en lui envoyant ces vers. Madrigal. Bouliours, Recueil ^^ l'ers choidi, p. 53.
'-I Hépoine (llri^ à Clhnènc, Recueil (k vers choisis, p. 53. —
Climène parait désigner ici Anne de la Vigne. On n'est pas très certain de Tannée de sa naissance. Vigneul-Marville, Lefort de la Morinière se contentent de dire qu'elle mourut encore a$$ei jeune. D'après Sauvigny, elle mourut en i684; d'après l'abbé Lambert, en 1694. La Biographie universelle de Michaud nous dit qu'elle naquit à Paris en 1G34, et mourut en 1684.
Marie Dupré était nièce de Desmarets de Saint-Soriin. « Elle naquit vers le milieu du dix-septième siècle, nous dit l'abbé Lambert » {Histoire littéraire du siècle de Louis XIV); il termine en disant : « On ignore le temps de sa mort. » Tels sont les détails précis que l'auteur nous donne. Je trouve la même précision dans les biographes postérieurs : Biographie universelle de Michaud ; Biographie générale de Didot ; Dictionnaire historique de la France, par M. Lud. Lalanne, article Dupré. Toutefois, M"« Dupré vivait encore en 1692; car à cette époque, elle écrivait à Bussy-Rabutin. (Voy. plus haut, p. 18, note 1.) — Bossuet lui écrivait, le 14 février 1693, à l'occasion de la mort de Pellisson (voy. vol. I, p. 268) ; et Fléchier lui écrivait à une date bien plus reculée encore, le iO janvier 1707.