FIN
Page 41. — (^) La satire des gens de justice est un lieu commun des conteurs gaulois. Voir Rabelais, du Fail, les Caquets de V Accouchée (Journées II et III), la Satire IV de Courval-Sonnet (1622), VAdieu du Plaideur à son argent (1624), et une histoire de plaideur plumé au chapitre m cVEutrapel, que Sorel a imité ici.
Pjjge 47, (1) Plaisanterie classique, qu'on retrouve
dans Bruscamhille.
Page 54. — (^) Cette anecdote vient des Facétieux devis de Moulinet, qui reproduit la nouvelle XCIX de B. des Périers.
Page 56. — {}) Ici fut ajoutée en 1633 ime anecdote où un Suisse prend un singe pour le fils d'un tavernier. Elle se retrouve dans le Réveil-matin des Esprits mélancoliques (1643), et n'est pas sans reprendre des traits du Baron de Fœneste. Page 58. — {^) Les histoires d'esprits, de maisons hantées, de revenants étaient fort à la mode. (V. Caquets de V Accouchée, II.) Les exploits des Rose-Croix faisaient jaser tout Paris. Et l'on
connaît les sévices du fantôme galant qu'on appela le Tuteur...
Page 59. — (•^) Anecdote reproduite par Tallemant et par le sieur d'Ouville {Contes, I, 66).
Page 62. — {^) Cette anecdote de domesliqnes infidèles a été supprimée dans les éditions postérieures. Sorel semble bien avoir plus de scrupules dans le familier que dans la grossièreté. C'est un indice du goût de l'époque.
Page 65. — (^) En province, les collégiens cantonnaient souvent chez des particuliers ; les répétiteurs-aubergistes du genre d'Hortensius régnaient surtout à Paris. Encore le collège de Lisieux, rue Saint-Etienne-des-Grecs, était-il de grand renom.
Page 66, — (^) Les messiers étaient des gardeschampêtres privés, dont l'office se bornait au temps des moissons (messis ?)
Page 67. — (^) Le pédant avare, sale et ridicule est, comme on sait, un héros traditionnel dans la littérature comique de France et d'Italie. On lira à ce sujet la notice très complète du Barbon de Balzac (1665, tome II). On trouvait le Pédant chez Berni, Caporali, Régnier et Larrivey (Le Laquais, la Fidèle). Il était le protagoniste de VHistoire comique qu'entreprit Théophile de Viau : Le Pédant Sydias. Les sources de Sorel sont probablement dans les Joyeux Devis, dans Eutrapel (XIII), dans Bruscamhille (Discours face-
lieux d'un Pédant...), dans la Satire contre maître Asinus, Le Bruscamhille de 1615 semble même avoir fourni un thème complet à Francion pour la page suivante, avec le célèbre Euphormion de Barclay (livre 11, 4 et 5). Au reste Sorel a remis un pédant, Gastrimargue, dans son Polyandre. Tout ceci diminue la sincérité réaliste qu'on pourrait attendre d'un auteur qui vécut comme son héros... A la même époque, les romans picaresques décrivent semblablement les « pupilages » espagnols. (V. Pablos de Ségovie de Quevedo, Marcos de Obregon, Gusman d'Alfarache, etc..)
Page 69. — (^) Ici est ajouté en 1633 un trait qui annonce VAi^are. Hortensius a fait inscrire la sentence Ne quid nimis sur la porte de sa cuisine.
Page 74. — (*) Ces quelques lignes, dont le style fut modernisé en 1633, donnent un pastiche de l'archaïsme des Amadis. Elles sont imitées dans VOrateur inconnu (1626). Pour Morgant le Géant, c'est, à l'origine, un roman italien.
Page 75, — (^) Un poste est un chenapan. Au xvi^ siècle, il s'emploie pour laquais, postillon, galopin.
Page 76. — (^) Raquedenaze = racle-denier,
C^) Avoir la salle = être fouetté publiquement.
Page 81. — (^) Cadeau traditionnel qu'on offrait au régent à l'occasion des congés de la mi-juin : c'était l'époque de la foire du Lendit à Saint-Denis, qui s'ouvrait à la Saint-Barnabe.
Page 82. — (i) Despautère était l'auteur de manuels
de grammaire, rédigés en lalin, et eu usage depuis la iin du xv*^ siècle. L'exemple cite équivaut à « Goinfre ne donne rien ».
— (^) Passer par les piques, c'est soulTrir mille morts.
Page 83. — (^) Les externes portaient le surnom de galoches. Sans doute à cause de leurs chaussures de ville (Lincy).
Page 84. — {^) Lu Sa'ud-Rcmij équivalait à la rentrée d'octobre.
Page 90. — (^) Le calembour sur chemise est déjà au répertoire de Tabourot des Accords (chap. des Allusions). On le retrouve dans Bruscamhille. Quant à l'Empereur de la classe, c'était le premier, selon un système d'émulation qui date de Quintilien.
— (^) Textor (Tixier) est un auteur de manuels rhétoriques du xvi^ siècle.
Page 92. — {^) Sorel, dans la Maison des Jeux (1630, I, 3), déclare avoir gardé bon souvenir de ces théâtres de collège.
Page 93. — [}) Ici est supprimé un passage de l'édition de 1623 : il s'y agissait d'une mésaventure de scène fort analogue à la suivante.
Page 97. ■ — (^) L'histoire du Pédant amoureux est encore un thème connu. Voir les Descriptions patJiétiques de Tabourot, et même le Parnasse Satyrique, ainsi que le Nouveau Recueil des pièces comiques où se trouve un manuel de l'amoureux
ridicule. Sorcl a repris cela Jaus le Poiyandre et dans V Anti-roman (remarque XIV). Et il va de soi que celte tradition aboutit à Thomas Diafoirus.
Page 1)9. — {^) Il s'agit ici de ce qu'on appelait le style Nervèze, du nom d'un romancier galant, qui mourut après 1622, à une date mal déterminée. Mais Sorel imite plus généralement un genre comique fort répandu, celui des Galimatias de Bruscambille, des Jeux de V Inconnu de Cramail (1630), et des recueils de Lettres facétieuses. On en voit aussi des traces jusque dans la Satire Ménippée et dans les recueils priapiques, le Parnasse ou V Espadon ! — Nervèze est ridiculisé par du Lorens (satire XXVI), par Gautier-Garguille, par Théophile, dans son Histoire Comique, dans les Jeux de V Inconnu et par Sorel même dans le Royaume de Sophie de 1659.
Page 102. — (^) La première anecdote touchant le bon roi Henri est reproduite dans le Réveil- AI atin, en 1656 ; la seconde dans les Contes d'Ouville (1644). Elles appartenaient évidemment à la tradition commune.
— (^) Maître Gonin fut un escamoteur célèbre vers 1540.
Page 104. — (1) JS'as-tu pas lu F Art d'Aimer du bon Oi>ide ?
— (^) Jean Second est le poète latin de
Hollande, mort en 1536. Ce passage n'existe pas
dans l'édition primitive.
Page 106. — (^) U amour guérit les blessures quil '^ inflige, — Et plus loin : Seul le mal d^amour p ne souffre pas médecin j cette citation est du reste
fausse pour le texte et le sens [Prop., II, 1, 58). Page 107. — (^) Il écorchait la langue latine. Tabouret
parle des « Excorilinguilatinizés ».
Page 109. — (^) On prononçait évidemment un
û plein. Calembour traditionnel.
Page 114. — (^) Bacchus est traître au combat. Il
frappe à la tête d'abord, puis aux jambes. Allusion
à Plante. Pseudolus, V. — Médius Fidius = par
ma foi ! et Salva pace = avec votre permission.
Page 116. — (^) Viédaze, mot gascon : mentula asini.
Page 118. — (^) Jeu de balle, avec poursuite.
Page 121. — (^) Margajat équivaut à topinambou. Plus haxit escampativos, ailleurs escamper = escampette, s'échapper.
Page 122. — (^) Mômerie cimmérienne = carnaval fantastique.
Page 124. — (^) Monnaies diverses : double = 2 deniers, blanc = 5 deniers, douzain = 12 deniers.
Page 128. — (^) C'était un lieu commun que de se moquer des piétons porteurs de bottes. Voir Fœneste, chap. m. La Grande propriété des bottes (1616). La Commodité des bottes (1629). Le Satirique de la Cour (i61o). La satire VIII de du Lo-
rens — et surtout la Louange de V utilité des Bottes (1622) d'un certain Rozandre qui est sûrement Sorel, et qui a fourni tout un passage à la suite du Francion.
Page 132. — {}) Au denier seize = à 6,25 pour cent. Page 136. — (^) Tout ce passage est inspiré d'Érasme,
Ementita nobilitas.
Page 139. — (^) Cette diatribe est inspirée des textes de la Querelle des Femmes, alors violente. Cf. Bonaventure des Périers (Nouv. LXV) et les Plaisants Contes de Moulinet, à quoi sont empruntées les injures d'Hortensius, lesquelles sont remises par Furetière dans la bouche de Charoselles-Sorel {Rom. bourg., livre I) ; cela est assez piquant. Page 141. — (^) En 1633, Sorel introduit ici un alinéa qui explique ce revirement d'opinion chez le père et fait allusion à ses propres alliances de famille.
Page 143. — (^) Ici est en germe le Berger Extraira-
gant.
Page 144. — {^) Passage remplacé en 1633 par ce texte : « M' étant remis à revoir mes écrits de philosophie que notre régent nous avait dictés, je les conférai avec les meilleurs auteurs que je pus trouver, si bien que par mon travail je me rendis assez instruit en chaque science, pour un homme qui ne voulait faire profession d'aucune particulièrement. » C'est la formule de 1' « honnête homme ». Notre texte a paru libertin à Sorel,
FRANCIO.N ^ '
et semblait offert aux foudres du P. Garasse {Doctrine curieuse des Beaux Esprits, I, 7), sans parler d'un passage violent el romantique du L. VII, qui fut aussi aboli en 1633. V. Introduction, p. 31.
— (^) Les nouvelles aventures du héros annoncent nettement celles de Dorilas dans la Maison des Jeux (II, 1), 1642.
— (^) Les Chartreux étaient situés près de l'Observatoire actuel.
Page 146. — (^) Ces griefs contre la nouvelle noblesse de robe sont développés dans le Roman satirique de Lannel (1623) et dans Courval-Sonnet (Sat. IV).
Page 151. — (^) Miraumont avait été un illustre duelliste.
Page 156. — (^) Forme gasconne pour âne. Ces mots gascons vinrent à la mode au xvi^ siècle.
Page 159. — (^) L'histoire du jeune homme pauvre n'a pas autant d'originalité romantique qu'on pourrait croire. Cf. V Espadon Satirique, qui nous parle des écoliers coupeurs de bourses, les Grands Jours de M. Huet (1622) et les Caquets de V Accouchée (1622, II).
Page 164. — (^) Il y a là quelque confidence sincère, Sorel ayant été longtemps habitué des libraires, poète pour ballets et secrétaire de grands seigneurs. Sa fierté professionnelle, exprimée plus loin, se retrouve dans V Amour philosophique de
Cléomède (1640, 192). Mais l'idée que la poésie console des malheurs est courante dans la littérature erotique {Trésor des plus belles chansons, 1624).
Page 168. — (^) La satire des mœurs littéraires se retrouve dans VEspadon (satire à Théophile dans Courval (XII) ; et le passage est repris dans la Science Universelle (367). Tous les thèmes sont pareils dans la préface du Berger Extravagant (1627).
Page 175. — (^) Ici est ridiculisé l'enthousiasme des disciples de Guez de Balzac, le grand épistolier, r « unique éloquent ». Cf. Ménagiana (t. III), une lettre de Lannel à Saint-Chamas, et la Bi' bliothèque française (p. 110). — Dans la suite du Francien, Sorel fît reparaître Hortensius et lui prêta des phrases de Balzac.
Page 178. — (^) Sorel en veut ici à Malherbe, comme tous les indépendants d'alors. Ces deux satires n'existent pas dans le roman de 1623.
Page 181. — (^) Vanini, athée italien, fut brûlé en 1619 à Toulouse. Diagoras, athée grec, vécut au v^ siècle. En 1618, on brûla Jean Fontaines en place de Grève, Théophile venait d'être poursuivi, le P. Garasse sévissait. Sorel tient ici à se séparer des libertins. En 1623, Francion se posait en héros incrédule (Livre VIII). Mais dès 1633, le roman fut enrichi de discours moraux destinés à effacer cette impression-là.
Page 183. — (^) Ce Musidore est un type composé de plusieurs « poètes crottés » dont Tallemanl nous parle aussi : Laugier de Porchères, Maillet, Racan par endroits. Noter que Sorel collabora avec le premier au ballet des Bacchanales.
Page 185 — (^) Ici est introduit en 1633 un autre trait : le bohème allant chercher des cotrets pour son feu et les faisant passer sous son manteau pour un luth.
Page 187. — (^) Noms des héros de roman d'H. d'Urfé et de Camus. Plus tard, La Calprenède parlait de son drap Mithridate.
Page 188. — {}) Allusion aux Lettres de Balzac et à leur succès.
Page 192. — (^) Tout cet épisode manque au texte primitif. Il pourrait avoir un fond de réalité.
Page 193. — (^) Cet Alaric s'appelait Jean Alary, compilateur, auteur de manuels pratiques.
— (^) Les atournaresses étaient les marchandes à la toilette. L'église du Sépulcre était aux Halles.
Page 195. — {^) Il s'agit de Charles I^r, duc de la Vieuville (dont Géropole est l'équivalent grec), capitaine des gardes écossaises. Il fut exilé en 1624 ; il existe contre lui un pamphlet de 1623 (Mot à Voreille de Mgr. le duc de la Vieuville).
Page 202. — {^) Cordier, dit Bocan, était un maître à danser de renom.
Page 203. — (^) La description du ballet est inspirée du Palais d^Angélie (1621), une des premières œuvres de Sorel (p. 134).
— (^) Urgande, la Déconnue, est une fée des « chevaleries » chères au jeune Francien.
— (2) Il est malaisé d'identifier ce Philémon. Ce n'est pas Baradas ; mais plutôt Marcilly, comte de Cypière, écuyer du roi ; Sorel éprouva son ingratitude dans des circonstances toutes semblables (cf. Chemin de Fortune, p. 266).
Page 208. — i}) Uétoile poussinière est le nom vulgaire des Pléiades.
Page 209. — (^) Niveiteries = illusions, poudre aux
yeux.
Page 212. — (^) Cassade = défaite, mauvaise excuse.
Page 221. — (^) Mélihée représente l'abbé de Boisrobert, « goinfre de mœurs déréglées », nous dit Gui Patin. La satire est ici sincère, car le personnage était passé en Angleterre en 1625. Remarquons qu'il avait collaboré avec Sorel, en même temps que Porchères. Il fut un des premiers académiciens, et du reste poète de grand talent.
Page 222. — (^) Tallemant rapporte la même histoire sur lui ; mais il s'agit de la constitution d'une bibliothèque, trait plus vraisemblable et maladroitement déguisé ici.
Page 237. — (^) Ces discours ridicules de marquis, dont on connaît la fortune ultérieure, consti-
tuaient un cliché satirique. Voir les Parodies de Bruscambille et dans les Jeux de l'Inconnu la Lettre d'Alidor à Pandolphie, la satire VIII de Régnier et le Courtisan grotesque des Jeux de l'Inconnu. Pour la satire générale de la noblesse, lire le Jugement sur notre siècle, de 1623.
Page 241. — (i) On voit par la suite du roman que Clérante représente ^our Sorel le protecteur idéal ; il lui a donné les bons traits de tous ses maîtres. Il faut y voir surtout Cramail, le plus lettré de tous, bel esprit et libertin sans remords.
Page 251. • — (^) ^J Hercule Gaulois, connu depuis Lucien, figure à la fin de la Défense et illustration de la langue française.