‹ La jeunesse de Grétry et ses débuts a ParisChapitre 10 sur 29 · III. — Publié par Le Guide musical. 18S · texte numérisé non relu

III. — Publié par Le Guide musical. 18S

Paroisse Notre-Dame-aux-Fonts. Jmio ij-li. lia fehruarii baptisa lus fuit Andréas- Eniestus-Modestus, filius Francisci Grélry et Maria-Joanna Défasse:^, con. Susc. Duo Andrea-Eniesto Falle, vexillario in copiis S. C. Leodi, et dlla. Maria-Catharina Bodeur.

IV. — Publié par Jal dans son Dictionnaire critique. Andreas-Ernestus-Modesliis, filius Ugitimus Francisci Grelry et Maria-Joanna Défasse:^,

haptisatus est in ecclesia nostra parochiali B V. Mari.T ad fontes Leodii. anno Dotnini Ty4T^ viensis februarii, die uniecima ; putr nains die ocloia ejusdem mensis ; patrinus Andreas- Ernestus Faîle^ vexillator in copiis S. C. Leodiensis, matrina Maria-Catharina Bodeur. Voici à ce sujet la lettre de M. Albin Body, de Spa, publiée dans Le Guide musical.

a Je reviens de Liège, où j'ai procédé aux recherches concernant la naissance de Grétry. J'ai exposé le cas à quelques-uns des hommes les plus compétents, notamment au conservateur des archives, à M. Henrotte, etc., et je suis en mesure de vous renseigner sur la difficulté que vous m'aviez soumise. Non pas que nous soyons plus avancés qu'avant sur la date exacte de la naissance du célèbre Liégeois, mais du moins je suis complètement édifié sur l'assertion de ^L Jal. Jusqu'à preuve irrécusable du contraire, il faut considérer l'acte de baptême qu'il cite comme un faux, ou, pour être parlementaire, comme étant une pièce apocryphe. Cet extrait de l'acte de baptême n'est pas libellé dans la forme ordinaire, habituelle, traditionnelle des actes de baptême, employée dans toutes les paroisses et par les curés de l'ancien pays de Liège. Les termes de patrinus et de iiiatrina, pour désigner le parrain et la marraine, ne sont jamais employés dans ces inscriptions sur les registres des curés. C'est-à-dire que les ecclésiastiques chargés d'ondoyer l'enfant n'usaient pas de cette forme avec le nominatif, mais mettaient après les mots : haptisatus fuit N. fils de N. (le père) et de N. (la mère), l'ablatif absolu : suscipientibus, mot à mot, le tenant sur les fonts, N. et N. (les noms du parrain et de la marraine à l'ablatif), sans se servir aucunement des désignations patrinus et matrina. Moi-même j'ai parcouru tous les actes de baptême de Spa sans rencontrer une seule fois ces expressions. Or, à Liège pas plus qu'ici, l'archiviste n'a vu une seule fois cette forme employée. J'ai moi-même vérifié sur le registre authentique et à l'hôtel de ville de Liège l'acte dont vous m'aviez remis copie et qui est ci-joint /voyez n» IIH II est absolument identique à celui qui figure sur le registre et se lit au long en complétant les abréviations : Undeciina februarii haptisatus fuit Andreas-Ernestus-Modeslus filius Francisci Grelry et Mariir-Joannx Defosse\ confjugum), suscfipienlibus} Domino Andrea-Ernesto Falle vexillario in copiis S(u,T) C(elsiludinis) Leodii, et Domicella Maria Calharina Bodeur,

« Si l'enfant n'est pas né le 11, ce qui est presque certain, il n'a pu naître en tous cas que la veille, mais non trois jours auparavant, comme l'affirme M. Jal. En efiei, il était d'habitude, dans le peuple à Liège, de faire baptiser l'enfant le jour même où il était né. On ne faisait exception à celle règle que pour les enfants des grandes familles, et encore rarement. Or, les parents de Grétry étaient d'une condition plus que modeste, quoiqu'ils aient eu pour parrain de leur enfant un porte-élendard (vexillarius). En outre, on regardait comme devant porter bonheur au nouveau-né la particularité de le faire

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deGrétry ('). Ce n'est pas la maison contemporaine de Grétry, démolie en 1823 et reconstruite. Lorsque je l'ai visitée en 191 1, elle était dans un bien triste état de délabrement. Sur la rue, une porte n'ayant d'autre ornement que deux traverses ; à l'intérieur, un couloir très étroit menant à une cour, à gauche, deux pièces communicantes remplies de mannes, de paniers et de balais de tous genres et dont le so! planchéié était troué en maints endroits, la cour était encombrée de joncs mouillés adossés aux murs et de ^matériaux divers. Un escalier extérieur conduisait au premier étage, où travaillaient quelques malheureux aveugles et sourds- muets, sous la direction d'un maître.

C'est M"'^ Dubois-Desœr qui fit don de cette maison à la ville de Liège en 1859 f^>. En 1860 elle était occupée par plusieurs ménages d'artisans, plus tard l'institution des sourdsmuets fut autorisée à en faire usage. Les Liégeois cependant décidèrent de ne pas laisser la maison de Grétrj' tomber en ruines. M. Hogge, grand admirateur du maître, et président de l'Œuvre des Artistes, prit l'initiative de demander au conseil communal l'autorisation de faire réparer l'immeuble, et d'y installer la belle collection commencée par l'ancien directeur du Conservatoire de Liège, M. Th. Radoux, et connue sous le nom de Musée Grétry. La demande accordée, on nomma une commission, qui fit merveille, car en quelques mois des subsides étaient obtenus, la maison reconstituée à peu près telle qu'elle était au commen-

bapliser le jour même de sa naissance. Ce bonheur était assuré si la naissance avait lieu un dimanche. Or le ii février 17^1 était un samedi.

« Aucune des personnes que j'ai interrogées à Liège n'a pu m'indîquer la source où M. Jal aurait pu puiser l'acte de baptême qu'il a produit. 11 ne dit pas lui-même où il se l'est procuré. Ce qui me le rend encore suspect ce sont ses expressions : « Tels sont les « termes de l'acte inscrit au registre de l'église Sainte-Marie de Liège. » Jamais, on n'a désigné cette paroisse de cette façon. Un Liégeois connaissant quelque peu son Liège ancien, sait bien qu'on appelait cette paroisse Notre-Dame-aux-Fonts. Bien que ce soit à peu près la même chose, il y a là une nuance qui n'échappera pas .i un homme s'occupant de l'histoire de notre pays. Disons encore que lorsque la date du baptême était autre que celle de la naissance, MM. les curés avaient pour habitude d'en faire mention, ce qui n'est pas le cas pour le baptistaire de Grétry. »

(1) Rongé. «La maison où est né Grétry », Revue et ga-::^ette musicale de Paris, 1860, p. 5.

(2) Par acte du ;i mars 1859, ■ M'"' Jeanne-Élie-Joseph Desoer, veuve de Ch.-Jos - Cyr. Dubois, voulant perpétuer les souvenirs attachés à la maison où est né Grétry et en alîecter le revenu à l'encouragement des études musicales », etc.

cernent du siècle passé, et le musée transporté du Conservatoire à la rue des Récollets. La maison Grétt)- fut inaugurée le 13 juillet 19 13 en présence de LL. MM. le roi et la reine des Belges. Le délicieux petit musée fut remis, le lendemain, par l'Œuvre des Artistes à la ville de Liège. Maintenant la maison a une façade de pierres du pays et de briques rouges, qui laissent voir à nu la charpente en bois brun. La porte basse donne accès dans un corridor étranglé. La cuisine a un foj'er de pavés de Delft, puis la pièce est ornée d'une armoire, de chaises Louis XIV, d'un piano et de la copie du charmant portrait de Grétry par M"" Vigée-Lebrun. Elle est éclairée par une courette aux murs élevés tapissés de lierre, et où chante une fontaine. L'escalier en colimaçon grimpe dans une tour pointue au premier étage. Les deux pièces du premier sont réunies en une seule, c'est là qu'on a rassemblé les collections commencées par M. Radoux et très augmentées depuis. Les fenêtres ont de petits carreaux de couleur, le plafond bas est soutenu par de grosses solives vermoulues.

Quelques historiens ont mis en doute que Grétry fut né dans cette maison et voici pourquoi : André-£rnest-Modeste Grétry et son frère aîné Jean-Joseph-Célestin ont été baptisés, comme nous l'avons vu, à Notre-Dame-aux-Fonts, tandis que leurs sœurs cadettes le furent à Saint-Nicolas-Outre-Meuse, or, Marie- Catherine-Dorothée naquit en 1743, deux ans après André. D'autre part, Grétry, dans ses Mémoires (■', dit que pour être reçu au collège Darchis à Rome, où il fit ses études, « il faut être né à Liège ou dans l'enceinte de trois lieues aux environs de la ville : cependant le quartier d'Outre-Meuse était exclu, parce qu'il régnait au temps de sa fondation une guerre civile entre les deux quartiers de la ville » (-'. « Si j'étais né deux ans plus

(i) Mémoires t. I, p. 125.

(2) Cependant l'éniinent archiviste de Licge M. Th. Gobert me fait observer, que la guerre des Chiroux et des Gigiioux, k laquelle Grétry semble faire allusion, entre les partisans du prince de Liège et le parti hostile, soutenu par la France, était terniiiice depuis un demi-siècle en 1696, date du testament, et que d'ailleurs elle n'avait nullement trait à une question linguistique.

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