‹ La jeunesse de Grétry et ses débuts a ParisChapitre 22 sur 29 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Par le fait même que Grctry est un esprit intuitif, il est plus développé en étendue qu'en protondeur. C'est ainsi qu'au lieu de se consacrer à un seul genre, il s'est efforcé de les traiter tous. On retrouve dans ses opéras les principales tendances du XVIII'-' siècle, l'amour de la nature, l'exagération du sentiment, le culte de la vertu.

Tout d'abord le stvle pastoral et sentimental ; la paysannerie rustique. Grétry a débuté par un intermède champêtre et terminé sa carrière par une pastorale. Il a donné en outre dans ce genre : U Epreuve villageoise, Colinette à la Cour, La Rosière de Salency, Sylvain, L Embarras des richesses et Lisbelh. C'est le même genre que Le Devin du village de J -J. Rousseau, Basiien et Baslienne de Mozart, ou même l'ouverture pastorale des Tècheurs de Gossec. Le style sensible se trouve non seulement dans l'opéra comique et dans les symphonies de Gossec et Rigel, mais aussi dans les concertos de Kreutzer et de Bagge.

L'opéra-comique dérivant du réalisme bourgeois cher à Diderot et des romans traduits de l'anglais a inspiré Lucile, Les Evénements imprévus et L'Amant jaloux.

L'opéra-comique de mœurs et la comédie de caractère n'inspirent pas autant les auteurs et les compositeurs. Grétry attachait une très grande importance à l'étude des caractères et à leur expression en musique, il en parle souvent dans ses Mémoires; n'a-t-il pas traité le caractère de Don Juan dans Les Événements imprévus, la jalousie dans L Amant jaloux, l'hypocrisie dans L'Ami de la maison, l'indécision dans Panurge, l'avarice dans Les Deux Avares, l'amour de l'argent dans L'Embarras des ri' chesses ?

L'opéra-comique du moyen âge, suite des romans de chevalerie et des chansons de geste publiées de 1750 à 1780, comme Aucassin et Nicolette, tiré du charmant fabliau, Barbe-Bleue et Richard Cœur de Lion.

Les pièces historiques comme Richard Cœur de Lion et Pierre le Grand.

Les pièces patriotiques et révolutionnaires comme Guillaume

l8o LA JEUNESSE DE GRETRY

Tell, Le Congrès des Rois, Denys le Tyran, critique de la ro3'auté, Callias ou Nature et Pairie, pièce héroïque ; La Rosière républicaine, idylle républicaine, et Les deux Couvents, critique des cloîtres. On a beaucoup reproché à Grétry d'avoir collaboré à ces pièces révolutionnaires, sans réfléchir quil ne lui était guère possible de faire autrement.

La comédie larmoyante telle La Gouvernante de La Chaussée, pièce à grands sentiments, à grandes vertus, à grands mots et à langue médiocre, a inspiré de nombreux opéras-comiques, Lucile et Sylvain peuvent rentrer dans cette catégorie.

Le genre mythologique Amphitryon, Le Jugement de Midas, et Céphule et Procris.

Les sujets tirés de l'antiquité Andromaque, tragédie lyrique, Aspasie et Anacrèon.

La fantaisie orientale a des origines lointaines, on en trouve de nombreux exemples dans le théâtre de la Foire, comme dans les opéras-comiques de Gluck, de Monsigny et de Grétry dans La Caravane du Caire.

Les contes, très à la mode à cette époque, ont été traités par Grétry dans Barbe-Bleue, Le Huron et Zémire et A:^or.

Enfin la farce bouffe traditionnelle qui avait inspiré L Arlequin Deucalion de Piron en 1722 déjà; plus tard les marionnettes de Lesage et Fuzelier, les opéras-comiques de Piron, Panard, Sedaine et Sainte-Foix et même La Servante-Maîtresse de Pergolèse, modèle du Tableau parlant de Grétry.

Malgré tous les efforts de Grétry pour s'adapter à ses différents sujets, et soit qu'il traite l'opéra-bouffe, l'opéra-comique, le ballet ou la tragédie lyrique, son style est aisétnent reconnaissable, pour celui qui a lu quelques-unes de ses partitions.

Grétry n'a cultivé la musique d'église que dans .sa jeunes.se ; pour la musique de chambre, son bagage se réduit à quelques quatuors, et pour la musique de clavecin à quelques sonates introuvables.

Disons quelques mots de l'œuvre littéraire de Grétry, beaucoup plus considérable que l'on ne croit. Ce sont d'abord les

Mémoires ou Essais sur la musique dont le premier volume, le plus intéressant, est une sorte d'autobiographie et dont les deux suivants parurent aux frais de l'État en 1797. Il y parle longuement des caractères et de leur expression en musique, de la morale, et il expose des idées extrêmement nouvelles sur les salles de spectacle, réclamant qu'on recherche l'harmonie entre le local, le sujet et les moyens d'exécution : Dans les grandes salles, de puissantes masses orchestrales et chorales, de la musique à grands traits, des ballets nombreux ; dans les petites, des pièces à intrigue, des sujets champêtres et familiers, de la musique légère. Il y a beaucoup de rapport entre les Mémoires de Grétry et ceux de Marmontel ; bon sens, mesure, honnêteté, sensibilité, amour de la famille. Le style même, agréable à lire, un peu monotone, sans mots profonds ou qui fassent image, a de certaines analogies. La Harpe, dans son Cours de littérature (^), dit très justement de Grétry : « Je savais bien que l'auteur était non seulement grand artiste, mais homme de beaucoup d'esprit; je ne savais pas qu'il fût écrivain et il l'est. »

En 1801, Grétry fait paraître : De la vérité ou Ce que nous fûmes, ce que nous sommes, ce que nous devrions étre^-\

La méthode simple pour apprendre à préluder est un petit traité d'harmonie simplifié que Grétry avait composé pour ses filles. Quant aux Réflexions d'un Solitaire, en 8 volumes manuscrits, il y traite de tous les sujets à la manière de Montaigne. Il n'a pas eu la prétention de construire un système philosophique, il tombe fréquemment dans des redites et des longueurs, mais il a, par moments, des observations d'une grande finesse, beaucoup de bon sens dans les conseils qu'il donne sur l'éducation des

()) Observations sur un ouvrage de M. Grétry.

(2) Cet ouvrage médiocre comprend un aperçu superficiel de l'histoire du moyen âge et des temps modernes. Ce que nom sommes^ deuxième proposition, traite de l'histoire de la Révolution jusqu'à Bonaparte. Ce que nous devrions être, troisième proposition comprend une suite de considérations sur l'insfuction, l'éducation, la tolérance, la religion, la philosophie, et, à ce sujet, de la nécessité qu'il y aurait de fixer la signification des termes d'une façon aussi exacte que la valeur des nombres, afin de combattre l'incertitude des idées; du rapport du physique et du mor.aI, etc.... Dans ces mille pages, il y a beaucoup de banalités, quelques idées neuves, mais on retrouve rarement le charme et le naturel de la première partie des Mémoires.

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enfants et sur l'art de tirer le meilleur parti de ce que la vie nous laisse.

Retiré à l'Ermitage de Montmorency, qu'il avait acheté le 3" jour complémentaire de l'an VI, il vit comme un sage, entouré de ses neveux et nièces qu'il avait élevés en grande partie, et de quelques amis fidèles. Il est comblé d'honneurs, conseiller intime du prince-évêque de Liège, dès 1784, membre de l'Académie de Stockholm, inspecteur de musique du Conservatoire de Paris, et membre de l'Institut depuis 1796. Au printemps 18 13, il se sentait atteint et ne suivait guère que les séances de l'Institut. Il s'éteignit en automne, le 24 septembre

Ainsi mourut cet aimable et grand musicien dont l'influence fut immense sur le style musical français.

INDEX ALPHABETIQUE

Abi;4aïl, p. 38.

Abo (Université d'), p. 1:7.

Académiciens d'autrefois, p. 171.

Académie de Bologne, p. i.53, i')4.

Académie de France (à Rome), p. 30,

Académie des Philharmoniques de

Bologne, p. 57, iSg, i.53, 164.

Académie royale de musique, p. 122.

Académie de Sainte-Cécile, p. 43.

Acij. sanctorum, p. 3.

Adam (Père), p. log. 112.

Adam, (Adol.), p. 17'i.

Adriano in Sir 12, p. -Si.

« Ah ! ma femme, qu'avez-vous fait *,

«Ah! quels tourments », p. i3o, 142.

Ai.BANi (Alessandro. cardinal), p, 33.

Al.BlN BODY, p. 6.

Alcubierre (Don Rocco;, p. 3i.

Alembert (d'), p. 80, iio, 123.

Alessandro nell' Indie, p. 36.

Alibert (comte), p. 48, 53.

Aliberti (théâtre), p. 48, 5i, 53.

Aline, reine de Golconde, p. 122.

Amant jaloux, p. III, 176, 17g.

Aménaïde. p. 83.

Ami de la Maison (L'], p. III, 116,

Amitié à l'épreuve iL'), p. 145, 175.

Amour à Cylhèrc (L'). p. 36.

Amours champêtres {Les), p. 174.

Amsterdam, p. i53.

Amphion, p. 122. Amphitryon, p. 111. 180.

Andrez-Benoit, p. 23.

Anacréon chez Polycrate, p. III, 180.

,\necdotes secrètes, p. 137.

Andromaquc, III, 180.

Anima Santa .Maria fEglise del),

Annales de J.-J. Rousseau, p. lor).

Annaiesdes grands thé.'itres de Paris,

Annales du théâtre italien, p. 121.

Annelte cl Lutin, p. 85.

AxsEAUME, p. 143, i58, i5q, 160,

i6r, i63, ifi4, 172, 174.

Antici (Cardinal), p. 35.

Antigone, p. .37, 47.

.\nvers, p. 23, 35.

.\posTOLO Zeno, p. 52.

Arbre enchanté [L'), p. 174.

Arcadie, p. 127.

Archinto, p. 33.

.^chives de l'Opéra, p. i-56, 172.

Archives Nationales (à Paris), p 5,

Argental (d'), p. 84.

Argexteaj (Marie, comtesse d'),

Argentina (théâtre à Rome), p. 49,

Arlecjuin Deucalion, 180.

Argus, p. 83.

Armide, p. 148.

Arnaud (Abbé), p. 86, io5, 120, i23,

Art(L'), p. 171- Aspasie, 178, 180.

Artaserse, p. 5i, 52.

.\rtistes musiciens belges aux xviii'

et XIX' siècles (Les), p, 21.

A talc, p. 43.

Alhalie, p. 87.

.1/(5 et Camille, p. 127.

AUBERT (Abbé), p. I20.

AuBERT, Fernand, p. V.

AuBETERRE (Marquis d'), p. 42.

« Au Bien suprême », p. i5.S.

Aucassin et hicolelte, p. III, 116,

AuGiÈRE (tailleur), p. 86.

AUGSBOURGUER, p. 75.

AURISOCCHIO, p. 43, 44.

Avare (U), p. 81.

Ave Maria, p. 38.

«■ A Zerline, laissez par grâce, p. ibh.

Azor, 170.

Bâcha, V.

Bachalmont, p. 144.

Bagge, 17Q.

Baiser pris el rendu (Le), p. 36.

Balance (Hôtel de la), p. 73.

BANÈs(.\ntoine), V.

Baraban, p. gg, 100.

Barde, p. q8.

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Barnevell français (Le), p. i58.

Barre (de la), p. 85.

Baron d'Olranle(Le), p. 112, 146,

Barthélémy (Abbé), p. 3i.

Basserfosse, p. 4.

Basset (imprimeur^, p. 139, 164.

Baslien el Basiienne, 179. .

Bastille, p. 134.

Bataille d'irry, 85.

Batte (de la), p. 18.

Baudol, p. 76.

Baylac (.M.-L.-R.) p. 5.

Béarn (comtesse de), p. 88.

Beaumarchais, p. 128.

Beacmont, p. ii5.

• Beatus vir >, p. 38.

Beauteville (de), p. 75, 78, 81, 82,

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Beethoven, p. 62, 170.

Beffara, p. 123.

Bellaigue (Camille), p. 177.

Bellay (Joachim du), p. 3i.

Belle Hélène (La), p. 174.

Belle-Isle (Maréchal), p. 162.

Bellone, p. 107.

Benaclt, p. loQ, 164, i65.

Benedizionedi Giacobbo (La), p. 37.

Benoit XIV (pape), p. 32, 44, 57.

Berard, p. 86.

Beraux, p. i39-

Bereacx, p. 164.

Berlin, p. 37, i5o, i53, 164.

Berlin (Bibliothèque de), p. j53, 164.

Ber.nard de Lior, p. 86.

Berne, p. 75, 77, 78, 83, 104.

Berquin, p. 121.

BeRTON, p. T22.

Bertom, p. 52.

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Bertrand (Guillaume), p. 86.

Besançon, p. 87.

Besson (Faustin), p. 4.

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Bex (de), p. S.

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Bibliothèque nationale, p. IV', 23, loQ, i52, i53, i54, 164.

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Blainville, p. io3.

Blaise, p. 85, 88, 89, 148, 149, i52, i55, i56.

Blaze, p. 154, 167.

Blegny, p. 4.

Blondel, 177.

Blumensthil (Comte), V.

B0CCHERIN1, p. 61, 62.

BoDEL'R (Catherine), p. 5, 0.

Body (Albin), p. 6.

Boidard, p. io5.

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Bolland (Château de), 3, 4.

Bolland (Jean de), p. 3,

INDEX ALPHABÉTIQUE

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Bonaparte, 181.

Bonaparte (Jérôme), p. 5.

BONERO, p. l3ii.

BoNNEFOY (Ursule), p. 811.

Borde (de la), p. i \2.

BORDIER, p. 82.

BORELLI, p. 14.5.

Borghèse (Palais), p. 33.

BouBERs (de), p. 139.

BOUFFI.ERS, p. 78.

BOUILLY, p. II.

BOURET, p. 09.

Bourgeois, p. 88.

Bourgogne (Hôtel de), p. 172.

Bourguignon (V.), p. 22.

Bouvier (Bernard), p. \'.

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Braconnier (Le), p. 144.

Brébechon (Pierre), p. i3.

Breitkopf et Haertel, p. 145, i53.

Brenet (Michel), p. III, W.

BRENLES(de), p. 108.

Breteuil (de), p. 41.

Breuer, p. 22.

British Muséum, p. i53.

Brosses (de), 3i, 47.

Brunswick (Charles-Guiilaume-Fer-

dinand, duc de), p. 3:.

Brunswick, p. 79.

Bruxelles (Théâtre de la .Monnaie),

Bûcheron (Le), p. 85.

Buisson, p. 78.

BuFFE (Conseiller), p. 82, 83.

Bulletin de l'Institut archéologique

liégeois, p. 33.

Buona Figliuola, p. 52.

BuRANELLo, p. 19.

Burney, 43, 54, 59, loi, 102, io5,

Buschmann (Ernest), p. 2.

Busy (Léonidas), p. .59.

Cabanis (Comte de), p. 91.

Caiidtipé (Le), p. 174.

Caillot, i35, 149, i5i.

Caleppi, p. 35.

Calliax, p. 180.

Calvin, p. 75, kji.

CaMELY, p. 83, 87, KXD.

Camille, p. 127.

Campinado (Dieudonnée), p. 4.

Campaspe, p 07.

Cauipo Vignato, p. .14.

Campra, p. 48.

Canavas (M. -A.) p. i3i, i32.

Capitole, p. 3o, 53.

Caprara (Cardinal), p. 41.

Caprices de Proserpine ( Les), p. 174.

Caravane du Caire{La),p. III, 116,

Carisslmi, p. II 3.

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Casali, p. 37, 38, 44, io5.

Casque cl les colombes {Le), p. 178.

Cassandre, ;p. i58, iSg, 160, 166,

Castaud, p. i53.

Castau.v, p. 164.

Castil blaee, p. 106, i54, 167, 170.

Catane, p. 83.

Cause célèbre, etc., p. II.

Caussy (Fernand), p. 79.

Cavalieri di Ceva (Agnese Orsini

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Céphale et Procris, p. III, 170, 180.

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Chabot (Comtesse de), p. 162.

< Chacun de nous tremble et pâlit »,

Chambery, p. 112.

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