CHAPITRE PREMIER L'ENFANCE
Viculus Legia^ qui in valU situs, xnter vpaca nemorum, inter ardua viontiitm, fottttbus et Jlu' violis, per prona decurreniibus, valde erat delectabilis et irrigus.
(Fleurs des vieux poètes liégeois.)
Toi, la douleur le prit bien .ôl,ei puis^ bien tard, Jenneenfant tu souffrais^ et tu souffrais vieillard ... Pent-étre, qui h sait, ton enfance si triste Fit-elle éclore en toi le germe de l'artiste; Peut-être défait-elle être ainsi^ pour ouvrir Une source en ton cctur, d'où le chant pût Jaillir. (Ernest Busciimann. André Grêtry)
^^ A famille de Grétry est originaire d'un petit hameau du K^É même nom, groupe de deux ou trois maisons de paysans, à quelques minutes du château de Bolland, et à environ une heure de Hervé. C'est un pays riant^ plein de vergers, de prairies et de bois, auxquels donnent une note chaude les hêtres aux feuilles rougeâtres. On voit encore la vieille église close où furent baptisés et mariés les ancêtres de Grétry, endormis maintenant sous les myosotis qui foisonnent dans le cimetière abandonné. Le château de Bolland est construit en forme de fer à cheval avec une grande cour intérieure ; aux angles, des tourelles en poivrière; à l'entour, un parc, des fleurs et d'anciens fossés où coule une eau tranquille. Ce petit pays de Bolland fut une terre bénie, il donna naissance, au xv^ siècle, à un poète élégant et disert, Pierre de Bolland ('), et au xvi' siècle à Jean de Bolland, natif de Julémont <->, fondateur des .^cla Sanctorum, continués par les Bollandistes.
Au xvi'^ siècle, Arnold de Grétry (î) était censier (-»> de la comtesse Marie d'Argenteau, dame de Bolland, c'est-à-dire qu'il était simplement un de ses grands fermiers. Il possédait à Grétry des champs sur lesquels il devait payer au seigneur de Bolland une rente annuelle. Né vers 1550, il épousa
1. Nous n'avons que les titres de ses œuvres : Hyiiiiii quidam, Ctirtiieii suftphicinii in Dominein Virginem, Carmen hcroiciim, etc.