‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 158 sur 504 · BLa1zE, Œuvres inédites de F. La Mennais, t. I, p · texte numérisé non relu

BLa1zE, Œuvres inédites de F. La Mennais, t. I, p

Pour s’encourager, se soutenir dans sa voie, Félicité de La Mennais traduisait le petit livre de Louis de Blois sur la vie religieuse, source pure et vraiment précieuse « de ce qu'a produit de plus doux et de plus tendre l’onction de Dieu 1 ». Et si, méditant les conseils du pieux solitaire, et charmé des saintes effusions de ce cœur que rien n’a terni, il se plaisait à rappeler les motifs qui l’avaient détourné du monde, c’est dans son propre cœur alors qu'il en retrouvait les échos, Certes le monde n'avait pas toujours été pour lui, comme pour le descendant de l’antique maison de Blois et de Châtillon, élevé à la cour du futur Charles-Quint, un séjour étranger. Mais qu'importait, si maintenant il y avait à ce point renoncé qu'en peignant le détachement de Louis de Blois, 1l décrivait aussi son propre désenchantement ? Le monde avait perdu son attrait à ses yeux : « Qu’eût-il pu s’y promettre ? Des plaisirs, des richesses, des grandeurs ? Quelque chose de plus haut et de plus pur avait touché son âme. Quand Dieu veut s'emparer d’un cœur, il y fait naître je ne sais quel dégoût des créatures que rien ne peut surmonter : alors on se sent attirer, comme Jean dans le désert, on s’enfonce, comme Elie, dans la solitude, pour s’y désaltérer aux eaux du torrent ?. »

Dans la solitude aussi, lui-même entrevoit la paix, dans la solitude religieuse et dans l’unique entretien du Sauveur. Pendant ce mois oùsa résolution a tant besoin d’être affermie, qu'il doit se plaire à suivre le saint guide, à s’éprouver à ses conseils ! Si vous vous êtes retiré du monde, lui dit-il, « sans doute

1. Le Guide spirituel ou le Miroir des âmes religieuses, par le B. Louis DE BLois. (Traduit par M. l'abbé F. de La Mennais. avec une préface du traducteur), Paris, à la Société typographique, 1809. Je cite d'après l'édition de 1828: Paris, à la librairie classique élémentaire et catholique de Belin-Mandar et Devaux. Préface, p. 1. Louis de Blois, de la maison de Blois et de Châtillon, élevé d’abord à la cour du prince Charles, depuis Charles-Quint, entra à quatorze ans dans l’ordre des Bénédictins.

À 24 ans, nommé abbé de Liesse-en-Hainaut, il réforma l'abbaye, où il:

mourut en 1566, après avoir refusé par humilité le siège archiépiscopal de Cambrai. Son disciple, Jacques Frojus, recueillit et publia ses ouvrages, parmi lesquels le Miroir des Religieux.

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