‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 168 sur 504 · GOURNERIE, p · texte numérisé non relu

GOURNERIE, p

Ibid.

chez Monseigneur ; ; à midi je réponds chez ma chère maman où Je vais diner. Je vous réponds de la part de Monseigneur, qui n’a pas encore reçu la lettre de M, Vielle. Il me charge de vous exprimer combien une si bonne nouvelle lui est agréable, avec quelle satisfaction il viendra au séminaire, dans notre petite Bethléem, donner la tonsure à votre excellent frère. Je munis d'avance à vous jusqu’à ce jour, à charge toutefois que vous ayez ég galement pitié de moi Pan et l’autre devant le Seigneur !. »

À peine la réponse connue, sans perdre un instant, sans

attendre, on avertit M. de La Mennais de la décision de son fils. Il en éprouva quelque peine, mais comment eût-il résisté ? Son frère était gagné d'avance, et dut appuyer la requête. On eut vite son consentement, et, avec la même précipitation, le départ fut décidé; l'abbé Jean écrivait, de Saint-Malo, le 7 mars 1809, à l abbé Bruté :

« Mon digne ami, nous serons, je l'espère, au grand sémi- naire nr soir, et là nous tàächerons de vous exprimer combien nous sommes reconnaissants de tout ce que vous faites pour nous. J'ai écrit à Monseigneur pour le remercier, Je n’ai que le temps de vous dire un adieu qui ne sera pas long. À vendredi. Tolus tuus in Christo. J.-M. M.

« Papa a été sensible à la détermination de mon frère ; mais cependant il s’est résigné, et nous avons son consentement, Dieu soit béni?! »

Insistons sur la hâte extrême : Jean-Marie a écrit le 2 mars ; sa lettre, arrivée le 3, provoque les démarches de l'abbé Bruté, suivies d’une réponse immédiate, qui dut lui parvenir le 4; le 5 on avertit M. de La Mennais ; le 6 on a son consentement ; le 7, on écrit pour annoncer qu'on arrivera le 9 au soir. Quelque chose de fébrile et d’inquiet transparaît dans ces démarches précipitées : visiblement il. s’agit d'en finir avec des hésitations renaissantes, et de bre une ardente imagination qui, toujours devançant le temps, veut réaliser aussitôt ce qu’elle a su embellir de si ravissantes couleurs. N

Après six jours de retraité au grand séminaire (ce ne sont plus les dix jours d’abord demandés par Jean-Marie), Féli-

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