‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 185 sur 504 · BLAIZE, L. 1, p. 52 2. Ibid · texte numérisé non relu

BLAIZE, L. 1, p. 52 2. Ibid

tôt; adhuc modicum. Amen, amen, veni Domine Jesu! 1... » C’est pourtant la même plume qui, quelque lignes plus haut, racontait avec envie qu'un corsaire armé par les Blaize, Surcouf, Saint-Jouan, venait de rentrer à Perros avec une prise de 300.000 francs, et qui vantait l'adresse d’une opération commerciale dont il avait eu l’idée : en se chargeant er assurance il risquait 1.500 francs pour en gagner 2.500. Et de là, sans transition, il passait à l'éloge du Trappiste et de la vie solitaire?. O sujet merveilleusement vain, divers et ondoyant que l’homme !

La retraite qu'il devait faire avant de prendre les ordres mineurs, allait commencer dans les premiers jours d’oc-. tobre 1809. Il se préoccupait donc des ouvrages auxquels il pourrait recourir, mais il s’en mquiétait en artiste soucieux de connaître les meilleurs artifices pour provoquer en lui l'éveil intérieur attendu ; disposition peu convenable à cette éclosion désirée : « Mon Li ami, écrit-il à Bruté, comment avez-vous fait votre retraite; quels livres de lecture aviezvous ; quels autres livres principaux à conseiller en particulier ? J'ai beaucoup de curiosité d'apprendre les meilleurs procédés, mais encore plus de paresse à tirer le meilleur parti de ceux à notre portée ?. » J'avoue que cette curiosité, ces procédés, sont faits pour étonner un peu: jy sens toujours la préoceupation du bonheur, mais du bonheur humain et profane, de ce bonheur sensible qu’une méditation ou quelque remède héroïque ferait naître. Autre illusion de Félicité, de chercher hors de lui les ressources qu’il ne devrait attendre que de lui-même. Aussi, sentant cette paresse intérieure, il continue de s'interroger sur la réalité de sa vocation ; il a si peu d’élan qu'il s'inquiète; et, tout en se laissant entrainer, il mesure davantage, à distance et séparé des entraîneurs, ses abandons et sa faiblesse : « C’est une grande misère, j’en rougis, j'en gémis. /l me semble que je ferais mieux en telle ire situation, c’est une tentation pitoyable, comme de trop ressentir un silence et une absence qui est dans l’ordre entre nous sur la terre, et pourtant à laquelle je ne sais plus me faire après ce mois trop heureux que nous avons passé ensemble.

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