‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 184 sur 504 · bid., p · texte numérisé non relu

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lui rendant la ferveur sensible, il croit qu’elle le déhivrera.

J'ai beau chercher, c’est toujours lui, c’est lui toujours que je retrouve, ardent à rêver le bonheur pour lui-même, impatient d’y atteindre et las des détours du chemin.

Et maintenant, si son frère va rendre visite aux Pères Trappistes du Mont Valérien, voyez comme il se pousse au premier plan, et rève encore à ce propos “5 la vocation monastique, remède possible à ses maux : « J'espère. que tu ne manqueras pas de te ressouvenir de moi de ces bons solitaires de Sennart, au milieu desquels il serait si doux de vivre et de mourir. Tout ce que je regrette (mais je le regrette bien vivement) c’est de n'être pas du pèlerinage, et de n'avoir pas, au moins une fois, vu de mes yeux ces

anges du désert, dont j'aimerais tant, quoique indigne, à

partager la solitude. Peut-être un jour... mais n’anticiponspas les temps marqués par la Providence dont la sainte vo: lonté doit être à jamais l’unique règle de nos actions et de nos

désirs!. » Il est trop clair qu'à ses yeux — en quelques ins=

tants tout au moins — la clef du bonheur rêvé se trouve dans un monastère, à la Trappe où peut-être ailleurs, dans quelque ordre contemplatif, dont la règle salutaire, croit-1l,

saurait guérir une misère jusqu'ici restée sans remède : « Enfin donc, vous avez vu ces bons Trappistes ; que vous êtes heureux ! Je ne sais cependant s’il n’est pas plus pénible de les quitter qu’il n’est doux de les voir. Il vaudrait mieux ne pas entrer dans le ciel que d’en sortir. Ah! si le bon Dieu me rendait un peu de santé? !... » La Trappe est un paradis ! qu'il est prompt à se construire des paradis imaginaires, qu'il orne de tous les attraits dont son cœur souffrant est avide, et que son génie fait surgir ! Amour profane, ily a dix ans ; le sacerdoce, hier encore ; aujourd’hui, la vie monastique ! patience : : nous en verrons ni autres.

Il a des accents d’une mélancolie pénétrante pour dire le charme entrevu de ce repos qu'il espère et dont il célèbre d'avance les paisibles délices : « Quand je vois le soleil se lever, je me dis, c’est le temps du travail qui commence, et j'attends avec impatience le repos du soir ; elle viendra, cette heure du repos, elle viendra et peut-être, et toujours bien-

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