Ap. Méric, Hist, de M. Émery, etc., t. Il, pp
Émery soutenaient-ils de leur mieux les prérogatives du Saint-Siège !. M. Emery, qui devait mourir bientôt, le 18 avril 1811, dépensait à cette tâche les dérniers restes d’une énergie invincible : il s'élevait de toutes ses forces « contre la prétention du gouvernement de s’immiscer dans les affaires ecclésiastiques, d'appeler un évêque titulaire, de le transférer, sans consulter le Pape, d’un siège à un autre, par un acte capricieux de son autorité? ». La question du pouvoir temporel du Pape dans ses rapports avec son autorité religieuse ayant été posée, il déclara « que le Pape devait être maitre dans ses Etats témporels pour être libre partout ; que cette liberté était la condition essentielle de exercice complet de sa juridiction spirituelle ». Il protesta avec force contre la prétention coupable des membres de la commission, de refuser au Pape le droit de défendre par l’excommunication ses intérêts temporels ; droit qui était confirmé, cependant, depuis des siècles, par la pratique constante de l’Église, par le concile de Trente et par les conciles généraux. Il éclairait les questions débattues, en rappelant les faits principaux de l’histoire ecclésiastique, les règles du droit canon, les principes les plus certains de la théologie, exprimant avec une fermeté émue, et presque indignée, qui se trahissait de temps en temps par des réponses brèves, saisissantes, son étonnement douloureux de l’oubli où de la complaisance servile des membres dé la commission. M. de Barral, archevêque de Tours, essayait de le gagner ; mais un jour, M. Emery lui répéta jusqu’à dix fois d’un ton saccadé : « Non, Monseigneur, cela n’est pas?! » — A l’audience solennelle donnée par Napoléon aux membres de la commis: sion ecclésiastique, le 17 mars 1811, interpellé par l’Empereur, il lui répondit avec la plus grande fermeté : « N'ai-je pas le droit, lui demanda brusquement le souverain, de déclarer au Pape que, s’il ne donne pas l'institution canonique aux évêques dans un délai déterminé, je passerai outre et jé me servirai d’un concile provincial ? — Jamais, Sire, répliqua M. Emery, le Pape ne fera cette concession, qui rendrait illusoire son droit d'institution“. » Mais de telles émotions
1. Desipour, l'Égiise et l'État, pp. 281-289. 2. /MÉRIC; Lt. Il, :D. 828.