Cf. BLAIZE, t. I, p
Vr :
Félicité, qui retrouvait avec la paix la gaîté dans la soli-
tude des champs, aurait voulu que Jean-Marie vint l'y
rejoindre. Mais son frère tenait bon, fixé à Saint-Malo par ses devoirs de professeur. Etrange goût, que Féli ne pouvait comprendre !.
La société d’un disciple choisi, de ce petit rhétoricien Bois auquel il s'était attaché, lui paraissait bien préférable à la direction d’une classe. Bois n’avait-il pas un caractère docile, affectueux, aimable ? Quand Féli lui passait la plume, il écrivait naïvement à Jean-Marie : « Je vous embrasse de tout mon cœur, mais préparez-vous pour samedi, car vos joues courent de beaux risques de la part de M. votre frère et de la mienne?. » Un cœur simple, comme celui-là, voilà ce qui charme Féli.
Il faut pourtant renoncer à l’enchantement de cette existence solitaire et d’une si paisible indolence. Dès la fin de juin d’inquiétantes nouvelles reçues de Paris dans des lettres de M. Millaux et du libraire Girard l’obligeaient brusquement à se mettre au travail.
L'Empereur ayant convoqué, pour le 17 Juin 1811, le concile et le Corps législatif, le contraste entre l’attitude de l’une et l’autre assemblée avait été frappant. Le concile fut inauguré par une. cérémonie publique à Notre-Dame. « Le sermon d'ouverture prononcé par M. de Boulogne, évêque de Troyes, fut une adjuration chaleureuse et éloquente au concile de ne pas séparer sa cause de celle du Saint-Père, et l'affirmation très nette de la solidarité que l’épiscopat entendait maintenir
- entre le Pape et lui. »
« Oui, s’écria courageusement l’orateur, quelques vicissitudes qu'éprouve le siège de Pierre, quels que soient l’état et la condition de son auguste successeur, toujours nous tiendrons à lui par les liens du respect «et de la déférence filiale. Ce siège pourra être déplacé, il ne pourra être détruit. On pourra lui ôter de sa splendeur, on ne pourra pas lui ôter de sa force. Partout où ce siège sera, là tous les autres