bid., p. 139. Inédit
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fait grâce d'aucune imputation fâcheuse à Febronius et à ses partisans. Le péril prochain laiguillonne et son tempérament l’emporte : « Un simple Concile National croiroit pouvoir ôter au Pape des droits si solennellement reconnus 1l y a mille ans par l’Église entière assemblée en Concile universel! On parle de nécessité: grand Dieu! des nécessités contre un ordre invariable de Gouvernèment consacré par la tradition de dix-huit siècles! des nécessités contre la Primauté du Prince des Apôtres ! des nécessités contre la parole même de Jésus-Christ! Où en sommes-nous? Est-ce des | Évèques, est-ce des catholiques, est-ce des chrétiens qui ont pu sans frémir entendre nommer ces nécessités sacrilèges !? »
Même l’ardeur de sa polémique l'emporte quelquefois j jusqu'à dépasser le but; et le voilà, par exemple, qui, après avoir appelé l'Eglise grecque en témoignage de la primauté des Pontiles romains, se laisse entrainer à lui accorder pour les besoins de sa cause une sorte d’orthodoxie chrétienne, comme si, pour un catholique tel que lui, chrétien et catholique faisaient deux : « Allons plus loin, dit-il, et renonçons un moment à l'argument invincible qui établit le droit par le fait (voilà, entre parenthèses, une manière de raisonner que Rousseau a formellement condamnée dans le premier livre du Contrat social comme sophistique et favorable aux tyrans) — le doute que nous combattons en sera-t-il mieux fondé ? Qu'on
en juge. Que l’Église grecque, encore toute (sic) imbue des
maximes et de l'esprit du :schisme, exagère sans nécessité l'autorité du Pape, c’est d’abord quelque chose de si étonnant, qu'on ne se le pérsuadera pas sans peine: mais que de plus ‘elle ait enseigné ces exagérations ou plutôt ces lâches flatteries, dans une authentique déclaration de sa foi, qui le croira jamais ? Qui jamais osera soupçonner une Église chrétienne enfin, us schismatique, d’un si abominable sacrilège, ajoutons et d’une si gratuite infamie ? car, pour se réunir aux Latins, qu'était-il besoin de flatter le Pape aux dépens de la vérité, et ne suflisoit-il pas de professer la foi catholique? ? » La question était naïve et les considérations précédentes sujettes à des interprétations fâcheuses. Mais