‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 230 sur 504 · CHAPITRE VII LE DRAME INTÉRIEUR (JUILLET 1811-JUIN · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII LE DRAME INTÉRIEUR (JUILLET 1811-JUIN

I. La construction de la chapelle de la Chenaie. — II. L'angoisse de Félicité. — IIL. La fin du petit séminaire. — IV. Le remède de Félicité.

Le premier mercredi de juillet 1811, Félicité qui, venant de Saint-Malo, s’ét prit les éperons de son fr par Plesder, à la Chen tion à Jean-Marie :

€ À trois heures et quart, donc, je sors du séminaire ; M. Deschamps m'attendait au coin de la rue ; sa femme me le présente, m’assure qu'il à le pied sûr; je monte, et me voilà parti. Un peu moins de deux heures après, j'étais à Saint- Pierre, grâce aux éperons de Gratien, mais en quel état !

de La Mennais ait arrêté au séminaire de Dinan, ère Gratien, et se rendit à cheval, aie. Il raconte plaisamment son expédi-

J'ai vu, Seigneur, j'ai vu votre malheureux fils

Sur un cheval rétif et des plus mal nourris ;

La selle, l'animal, hélas ! rien ne l’effraie :

J'arrive, tout son Corps n'est bientôt qu'une plaie 1. » Venu pour travailler à la Tradition de l'Église sur l'Ins-

lilution des Évéques, il s'était retiré dans la salle basse de la

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Chenaie. Le dimanche, il fallut aller à la messe à la paroisse.

Au retour, Féhcité de La Mennais raconte ce que lui coûta

cette expédition : « J'arrive de Plesder tout emmigrainé. Vraiment notre paroisse est aussi trop loin. Vendredi, je doutais bien que je puisse y aller aujourd’h hui, tant j'étais brisé et écorché, et de plus je m'étais mis à cracher le sang, Mais cela n’a pas duré, et il n’en est plus du tout question! » De tels incidents lui faisaient souhaiter vivement une organisation de vie qui le dispensâät de ses longues courses à Saint- Pierre en Plesguen. « La plus grande, ou plutôt la seule incommodité de la Chenaie, écrivait-il encore au milieu de juillet, est l’éloignement de la paroisse ?. » De pareïlles remarques à l’idée de construire à la Chenaie même une chapelle, il n’y avait qu’un pas. La décision dut être prise à cette époque, et lorsque, en octobre, Félicité de La Mennais se vit momentanément interrompu dans sa tâche, l’occasion lui parut propice pour la réalisation de ce projet.

Il se fit done architecte et prit, dans ces premiers jours d'octobre, toutes les mesures nécessaires. Il s’agit de bien peu de chose, puisqu'il espère d’abord se passer de planë. Et comme il a les délais en horreur, il se hâte de s'entendre avec les ouvriers : tireurs de pierre, maçon, menuisier sont: mis à contribution ; on est en quête du couvreur et du plafon: neur, qu'il faudra chercher à Dinan; et l’on attend les piqueurs de pierre 4. Féli va-t-il les livrer à eux-mêmes ? Il connait trop la lenteur et la maladresse des ouvriers bretons. IL se décide même à tracer un plan, s’imforme du prix du plafond à la toise et de l’économie à réaliser en y mélangeant de la chaux ÿ.

Il faut, pour le bien comprendre, voir ainsi notre campagnard abandonner la plume pour l’équerre et la règle, courir après les maçons et les menuisiers, tracer des plans, comme tout à l’heure nous l’avions vu fort empressé aux travaux des champs. Ne négligeons rien des détails que lui-même il nous a laissés sur cette existence intime sans laquelle la vie de La plume et de la pensée n’a pas sa signification exacte. Il ne

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