NO ER EN
dont on ne pourrait jamais avoir à redouter l’intrusion tyrannique en matière de conscience et de foi. Aussi ne voulait-il pas d'autre nom : « Nous tenons fortement à ce qu’on nous donne seulement celui d'école ecclésiastique, et, pour l’obtenir, nous avons pensé qu'il serait bon d'écrire à M. Emery.Je vous envoie ma lettre en vous priant de n’en pas donner connaissance à Rennes et d'y joindre deux mots pour lappuyer!. » Du moins, en attendant la réponse du supérieur de Saint-Sulpice, l’abbé Jean s’efforçait-il de conserver une vue calme et lucide des événements; nulle part ce ferme bon sens qui s'élève, dans son âme, à la dignité d'une vertu, ne transparait plus clairement que dans ses lettres de cette époque. Dans le temps même où il écrivait à M. Emery et faisait écrire à Guéneau de Mussy par Bruté, Féli rédigeait à sa demande un rapport qui devait être communiqué à un membre influent du Conseil de l'Université. Le rapport rappelait la destination première de l’école ecclésiastique de Saint-Malo, propriété de l’évèque, et fondée spécialement pour former des prètres, approuvée d’ailleurs par un décret impérial. Il montrait que sa prospérité lui avait attiré les contradictions et l'envie; et que l’on avait profité de l’organisation de l’Université comme d’une circonstance favorable pour ruiner le collège. Il revenait sur les sourdes menées du directeur de l’école communale, et justifiait l’école ecclésiastique du soupçon que linsuccès de la maison rivale püt être dû à son propre succès. Il n’oubliait pas enfin de faire valoir la haute approbation que l’école ecclésiastique avait reçue des inspecteurs, les encouragements et les éloges dont ils l'avaient comblée, et le désir qu'ils avaient exprimé qu’elle étendit son plan d’études de manière à recevoir toutes sortes d'élèves, et non seulement ceux qui se destinaient à l’état ecclésiastique. Après ce préambule, il abordait la question délicate, véritable objet du rapport : notre école, déclarait Féli, « sera nécessairement ou école secondaire ecclésiastique, ou école communale ». Or, dans le second eas, élle tombera « entre les mains et sous linfluence des hommes les moins favorablement disposés pour la religion, et les plus ennemis de ses ministres. Ce sera chaque jour de nouvelles entraves, de nouveaux chan. gements dans l’ordre des études, dans la nature et dans le