‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 246 sur 504 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

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peut tout et ne trompe jamais. Tu as sa parole ; cette parole a créé le monde, et tu craindrais que le monde ne fût plus puissant qu'elle ! Tu craindrais, homme de peu de foi ?» Non, mon Dieu, je ne crains rien. Vous êtes avec nous, qui sera contre nous ? Mon Dieu, peut-être nos crimes forceront-ils votre justice à permettre que les méchants triomphent et nous empêchent de faire le bien ce soir mais, mon Dieu, votre miséricorde nous laisse encore la liberté de faire le bien ce matin. Ah! mon Dieu, nous ferons le bien ce matin, en bénissant votre miséricorde 1, »

L'école secondaire ecclésiastique connut alors deux années de répit. Mais un décret du 11 novembre 1811, supprimant les écoles ecclésiastiques, la menaça brusquement d’une destruction totale.

L'abbé Vielle et ses collaborateurs conservaient encore un espoir : la loi autorisant l’évêque à établir un petit séminaire dans son diocèse, restait muette sur le choix de la ville où l'établissement serait placé. Or Rennes ne possédait pas de petit séminaire. Ne pourrait-on pas conserver l’établissement de Saint-Malo, qui deviendrait le petit séminaire du diocèse ? Tandis que Jean-Marie courait à Rennes pour obtenir que l'évêque approuvât cette combinaison, Félicité de La Mennais rédigeait une supplique dans le même sens, et l’adressait à un conseiller influent de l’Université, probablement Guéneau de Mussy. Il invoquait non seulement la situation exceptionnelle de l’école ecclésiastique dans le diocèse, mais encore la clause uniforme à laquelle avaient été surbordonnés les legs dont vivait leur établissement : qu'il restât petit séminaire?. Sur ces entrefaites, on apprit par une lettre de M. Duclaux à M. Vielle le départ des inspecteurs de l'Univérsité, € ainsi que le résultat présumé de leur voyage; ce sont, écrivait Féli à Jean-Marie, les Attila, ou, si vous aimez mieux, les Alexandre du monde des écoles ; el lerra siluit in conspeclu eorum. Eh bien ! est-ce donc un aussi grand mal? Nous nous sommes tant plaints de ce bruit-là. Silence! crie dans sa classe chaque professeur, silence à la salle d'étude, silence au réfectoire, silence partout ; oh bien ! à dit notre bonne mère, vous en demandez, on vous en donnera ; que

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