‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 26 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

L'ENFANCE ET L'ADOLESCENCE eus

pliquer ? Réduisons donc les gros volumes à des pages, et les phrases aux pensées : « Corneille penseur lisait Montaigne. C'est à quoi 1l faut venir, à la pensée. Aujourd’hui le style fait tout. C’est tout simple, on ne pense plus. Pensez-y - bient. » Mais comment s'élever à cet idéal ? Il faut d’abord . avoir « ce qui fait qu’on sait écrire : la connaissance du style et le goût qui l’épure? ». Il faut ensuite n’étudier « qu’un petit nombre d'écrivains, penseurs énergiques et concis. Avec eux on apprend le mulla in paucis; à éviter les redites, les longueurs, les phrases et les mots inutiles. On devient neuf, soit par la pensée, soit par l'expression. Il vaut mieux forger son âme que la meubler. J’aime mieux la profondeur que l'étendue? ». Clarté, précision, concision, profondeur, énergie, exacte adaptation du style à la pensée, voilà désormais l'idéal littéraire de l'oncle des Saudrais.

La pensée est la forme la mieux adaptée à ces préceptes sévères : de là, sans doute, la conception du Bon Curét. Surtout la traduction d’Horace, le plus penseur des poètes, celui qui sait enfermer le plus d'idées en moins de mots5, offrait un champ clos magnifique à ce combat du verbe et de l'esprit qui finit par en triompher. Telle ode, celle à Salluste, par exemple, est un modèle du genre; jugez-en par le souligné dont le bon oncle se déclarait vraiment satisfait : « L’hydropique à la fois indulgent et cruel à lui-même, enfle en cédant à la soif qu'il ne peut chasser qu'avec la cause de son mal, dont la source est dans ses veines, où coulent les eaux qui décolorent son corps languissant 6.» Impossible de serrer le texte n1 la pensée de plus près. — Ces qualités devaient se manifester dans la traduction du livre de Job, que nous n’avons pas, comme elles se rencontrent encore dans la version française du livre de la Sagesse, dont nous avons retrouvé des fragments?7. Mais le purisme ici ne va pas sans

uelque excès : le traducteur habitué à la concision et au bel ordre classique d'Horace trouve sans doute qu'il y a des

DPAPrAIze, à. L,Introd.;p:127.

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