CET
der LA CONVERSION
longueurs et du désordre dans le livre de La Sagesse. Au nom de son idéal, il ne se contente pas de choisir dans le texte les passages qui lui semblent seuls dignes d’être con: servés; il change le plan du livre, il en bouleverse toute
l’économie : « L’éloge de la Sagesse, écrit-il en marge, doit
être à la tête du livre de la Sagesse!. » Le fragment sur la destinée du juste et du méchant, composé du chapitre 11 du livre et de parties des chapitres I, IV, v, devra venir immédiatement après l'éloge, qui cependant est tiré des chapitres VI, VII, VII el IX : « Ce morceau, déclare le tradueteur, doit suivre l’éloge de la Sagesse? » Puis, viendra le passage : « Qu'ils sont vains et insensés les hommes qui ne reconnaissent point Dieu, qui jouissent de ses biens, qui observent ses ouvrages et pour qui n’est pas celui qui est! » jusqu'aux mots : « il appelle à son secours qui ne peut se secourir soi-même, et sil pense à acquérir ou à entreprendre quelque chose et qu'il soit en peine du succès, il invoque à son aide ce Dieu impuissant et inutile à tous. » Après ces lignes, notre sévère et classique traducteur fera passer les fragments du chapitre xiv (versets 12 à 31) et xv (versets 1 à 6) qui concernent le Culte des idoles. Viendra ensuite le chapitre 1°" et toute une série de pensées détachées empruntées au chapitre vi et au chapitre x1 (versets 22 à 27). On ne prend pas plus de libertés avec un texte sacré,
C’est que l'idéal littéraire de l’onele des Saudrais se ressent de l'allure un peu sèche du elassicisme à la fin du dix-huitième siècle. Si d’ailleurs il a subi, comme on la vu, l’influence de Rousseau, si même parfois il s'est complu aux enchantements de son style, ses habitudes héréditaires les plus lointaines ou les plus proches sont trop directement opposées aux artifices du magicien pour qu'il puisse leur tout emprunter. Les deux frères Robert de La Mennais et Robert des Saudrais, en vrais bretons de pure souche, sont également réfractaires à Rousseau. Si quelque chose de ses langueurs et de ses colères, de ses passions ardentes-et mobiles, doit se réfléchir un jour dans la famille de La Mennais, ce ne sera pas par la voie de l’hérédité paternelle que le poison délicieux
1. Inédit. Archives des Frères de l'Instruction chrétienne, n° 109. 2. Inédit. /bid.