Ibid., pp
cité redoutait l’apaisement, la fausse et dangereuse paix qui pouvait suivre le Concordat de 1813, il dut être vite rassuré. Après Leipzig, l'Empereur est rentré à Paris en octobre 1813: il y est rentré sans armée : le Pape lui refuse à son tour la paix qu’il sollicite. La restauration était dans le programme des Alliés: le 24 janvier 1814, par ordre de l'Empereur, le Pape commence, sous escorte, à reprendre le chemin de ses Etats. Le 19 mars, Pie VII quitte Savone, et bientôt après rentre à Rome.
Pendant que se déroulaient ces événements, la Tradition s’achevait. « Je compte toujours aller à Saint-Malo après Pâques. Malgré quelques interruptions forcées, la troisième partie touche à sa fin, écrivait Félicité de La Mennais le 26 mars?; Dieu aidant, il en sera bientôt ainsi de sa sœur ainée, après quoi adieu les femelles. J’ai donné quelques bons conseils à la cadette; elle en profitera si bon lui semble : mais après tout, quoi qu’elle fasse, ce ne sera jamais une fille parfaite 3, »
Les journaux apportaient les nouvelles des dernières convulsions de l’Empire agonisant ; le 3° avril 1814, Félicité de La Mennais en disait sa surprise: « Je ne m'attendais guère aux nouvelles que le courrier m’apporte. L'Empereur à Langres, et l’ennemi à Claye, à cinq lieues de Paris! On se perd dans ces grandes manœuvres. » Et il ajoute : « Quant à ma rhétorique (on entend bien qu'il s’agit de la Tradition) j’arriverai jeudi à la page 579, post-titulée finis. Je suis en peine de savoir si je dois laisser ici cette chère fille où l’amener avec moi à Saint-Malo. Quoique faite et parfaite, il lui manque encore quelques ornements, certains atours, dont il serait peut-être plus aisé de l’atourner à la campagne qu’à la ville #. Votre avis, monsieur le Doven? »
Les Alliés étaient entrés à Paris le 31 mars 1814. À l'heure même où l’Empire tombait, s’achevait la Tradition.
1. Comte D'HAUSSONVILLE, l'Église Romaine et le Premier Empire, XXIV. Le rétractation du Concordat de Fontainebleau et la restauration du
ape.