‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 279 sur 504 · Inédit · texte numérisé non relu

Inédit

clamations passionnées auxquelles Félicité maintenant s’abandonne : « O honte! ô ignominie! 6 chère Église de France, jadis si florissante, si elotiouse, et: maintenant Si profondément humihée ! Nos yeux se baignent de larmes en contemplant tes fers. Prends courage, néanmoins, et regarde ton chef : il souffre et il attend; attends et souffre comme lui, avec cette patience céleste qui désarme le courroux de Dieu. S'il t’a livrée dans sa colère aux bienfaits de Napoléon, sa clémence abrégera l'épreuve. Non, le jour n’est pas éloigné où, l’enfer réclamant son roi, tu pourras, tranquille enfin, comparer la domination des Empereurs avec celle des maîtres que Jésus-Christ t’a donnés !. »

Tous ces passages appartiennent donc vraisemblablement à 1813 ; en l’absence du manuscrit du second volume, j'en trouve un nouvel indice dans ces lignes, contemporaines, selon toute vraisemblance, du Concordat de 1813, et des ‘efforts de Napoléon pour le transformer, sans l'assentiment du Pape, en loi de l’État : « Notre timide silence encourage le persécuteur ; il nous croit vaincus, parce qu’il croit nous avoir ravi tout moyen de montrer que nous ne le sommes pas. Pourvu que nous nous taisions, il nous permet de vivre. Retenant une partie de sa rage, ou ne l’exerçanit qu’en secret, il s’abstient du sang, si doux à son palais, et se contente, pour accomplir plus sûrement ses desseins, de tuer et de torturer l’âme. Comme cette statue, horrible invention d’un ancien tyran, il vient à nous le front serein, les bras ouverts pour nous serrer contre sa poitrine hérissée de pointes aiguës ; plus dangereux, plus terrible mille fois que s’il se présentoit la hache à la main. Qu'on ne s’y trompe pas, une guerre ouverte sauvera seule la religion, en ranimant lénergie presque éteinte des fidèles. Le Christianisme expirant ne renditra que sur l’échafaud. N’hésitons donc point à la provoquer, cette guerre que Dieu nous réserve comme un dernier don de sa clémence. À l'exemple des confesseurs des premiers siècles, irritons la bête féroce à laquelle nous sommes livrés. Il y a trop longtemps qu’on nous étouffe ; forçons le moderne Julien à nous égorger, et conquérons le martyre ?! »

Si, comme on l’entrevoit aisément dans ce passage, Féli-

1Trad., 11 p.266.

Page 1