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triomphes de l'Église, qui semble, dans ces belles fêtes de Pâques, sortir du tombeau appuyée sur son bien aimé, victorieuse comme lui de la mort, de l'enfer et du monde, et qui ressuscite avec Jésus- Christ plus belle, plus radieuse que jamais, après avoir été abreuvée si longtemps du calice des opprobres et des douleurs. Je ne saurais vous peindre l'enthousiasme qu'a excité hier l’arrivée du comte d'Artois. Le C{ardinal] Maury était parti la veille profondément humilié, les sulpiciens vont enfin nous être rendus, la congrégation de M. Delpuit secrettement conservée jusqu'ici, va reprendre tout son éclat, M. Fraissinous va recommencer ses conférences, rien n'entravera plus les défenseurs de la religion, l’impiété couverte des livrées du Bonapartisme commence à avoir honte d'elle-même et à faire horreur à tout le monde, missions, retraites, rien ne sera épargné pour hâter la régénération du monde, et qui sait si le prochain rétablissement des Jésuites ne mettra pas bientôt le comble à tant de bienfaits.
Lorsque le bras de Dieu se montre maintenant à découvert, qui pourra résister au miracle de cette résurrection morale si prodigieuse et si soudaine ? Le souffle du Seigneur, la petite pierre détachée de la montagne, a suffi pour renverser en un clin d'œil le colosse aux pieds d'argile dont la tête superbe semblait menacer les cieux. Transivi et ecce non erat. Combien l'on aime à lire en ce moment le Magnificat mis dans la bouche de l’Église, et surtout le superbe cantique d’Isaïe sur la chute du roi de Babylone. On trouve encore dans Télémaque le 21 après la mort d'Adraste, et 1-22 dans les avis de Mentor au sujet de la réforme de Salente deux passages très frappants dans les circonstances actuelles, que vous relirez peut-être avec plaisir.
Ma santé est meilleure, mais elle pourrait maintenant grâce à Dieu, se déranger impunément. Tous nos séminaristes fugitifs vont revenir. Le séminaire s'est parfaitement maintenu pendant les derniers orages. Puisse-t-il, puissions-nous tous, participer à la grâce de ce jour de résurrection et de triomphe, et commencer une vie nouvelle digne de nos glorieuses destinées.
Adieu, donnez-moi de vos nouvelles, de celles de M. votre frère, de la sensation qu'a produite la révolution si heureuse qui vient de s'opérer. Votre cœur ne vous diroit-il rien à ce sujet que vous puissiez communiquer au public ? prions l'un pour l'autre et unis-
sons-nous de plus en plus dans le cœur de notre adorable libérateur!.
Un hymne de délivrance aussi enthousiaste, et qui chantait de tels espoirs, devait hâter le départ de Félicité pour Paris. Les circonstances semblaient aussi favorables que possible à la mise en œuvre de ses idées.
Le 30 avril, nous le trouvons donc depuis plusieurs jours