bid., p
nestes à la Tradition! qu'il le déclare «la plus vexatoire, la plus sotte, la plus impolitique et la plus odieuse de toutes les lois? ».
Jean était bien loin de partager ces inquiétudes, fruits d’une imagination trop vive; le 15 juillet 1814, il écrivait de Saint-Brieuc à M. Querret : « Féli vous a-t-il parlé des alarmes qu'il a eues à l’occasion du projet de loi sur la presse ? Elles me paroissent très exagérées, et l’ordonnance du roi ne me semble pas du tout napoléonienne. La censure est supprimée pour tous les ouvrages de 30 feuilles d'impression, et on ne peut pas demander davantage: je trouve très sage que le roi puisse surveiller et arrêter, au moins pendant trois ans, les pamphlets, les affiches, etc... qui seroient propres à troubler la tranquillité publique. « Mais, dit Féli, M. T(abaraud) dira «que notre livre est un libelle diffamatoire, et, sous ce pré- « texte, on saisira l'édition et on nous traduira devant les tri- «bunaux. » C’est aller vite en conséquence ; mais quand cela seroit, 11 y a mille moyens d'éviter cette saisie, et il seroit si drôle de voir la police correctionnelle déclarer que M. Tfabaraud] n’est pas un hérétique et garantir l’exactitude de ses citations, qu'en vérité je ne serois pas fâché de voir cette comédie; elle pourroit être extrémement gaie, et je jouerai volontiers un rôle dans cette petite pièce 5. »
Jean-Marie n'avait pas manqué de faire connaître son sentiment à son frère; mais le désordre général et les précautions qu'il croyait devoir prendre de concert avec le libraire Girard, rassuraient beaucoup plus Félicité que le bon sens de l'abbé Jean : « Notre livre sera prêt à la fin du mois, et paraîtra aussitôt sans aucune censure ou déclaration préalable, écrit-1l le 18 juillet. La librairie est dans une anarchie complette. Il parait que la loi proposée ne passera pas, et qu’on tiendra à une liberté plus étendue, telle qu’elle est garantie par la charte constitutionnelle#. » L’impression, du moins, avançait: Saint-Sulpice, bon prince, travaillait avec Félicité à la correction des épreuves; il est vrai que Teysseyre et M. Duclaux n'étaient pas du clan de M. Boyerÿ.