‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 29 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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4. On trouve, il faut le dire, dans les papiers de La Mennais à cette époque, et de sa main, des grossièretés que la plume se refuse à reproduire.

ter le lourd fardeau. En l'absence de Marie de La Mennais, sa sœur, qui, de la mort de sa tante des Saudrais, en 1794, jusqu’à la mort du grand-père Lorin, en 1799, et même peutêtre un peu plus tard, restera à Avranches, où les Lorin se sont retirés !, le foyer de la rue Saint-Vincent a quelque chose de rude qui heurte bien des délicatesses natives dans l’âme de Félicité, mais qui laisse en même temps s’y développer d’une manière définitive une certaine âpreté, une sécheresse dont nous avons entrevu les germes, et qui, toute sa vie, brusquement et par un étrange contraste, surgira près des manifestations de la plus exquise tendresse. La triple influence féminine que rien ne remplace, celle de la mère, celle de la sœur, celle de la fiancée, n'aura pas aux heures convenables, effleuré cette âme pour en faire jaillir les accords sans lesquels le cœur le plus riche n’aura qu’à moitié vécu.

En 1798, à seize ans, s’il défend le catholicisme en paroles, et combat la philosophie, il est pratiquement incrédule?; et s’il se conforme dans son attitude aux idées de sa famille, 1l est toujours impatient du frein. A l’extrême besoin d’action qui le tourmente, il cherche un dérivatif dans les armes, auxquelles il se donne avec passion, ou dans de violentes courses à cheval; parfois aussi il nage avec excès et jusqu’à l’épuisement. C’est alors également que, trois jours de suite, avec son ami de la Villéon, il s’en va chasser les canards sauvages enrivière; la chasse n’est pas toujours fructueuse, tous deux : reviennent contents néanmoins avec un maigre plongeon pour tout gibier, dans cette frêle barque où, pelotonnés à lPaffüt, pendant de longues heures, sur la Rance, ils ont réchauffé leurs doigts à un petit brasier.

Mais, à son esprit inquiet, il faut d’autres distractions : la musique, qu'il aime beaucoup — il fait sa partie de flûte dans les concerts que donne l’Odéon, société philharmonique de Saint-Malo — ne suffirait pas à calmer ses impatiences

1. BLAIZE, t. I, Introd., pp. 11 et 12-13. Cependant, à la fin de septembre 1802, Marie de La Mennais est à Saint-Malo. Cf. Archives des Frères de l'Instruction chrélienne, n° 110. Lettre inédite de M. La Mennais, fin septembre 1802.

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