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ni d’ailleurs courir le risque d'ouvrir un magasin pour son propre compte, que reste-t-il, qu’à se retirer à la Chenaïe avec Gratien et Bois. Le projet d'Histoire ecclésiastique indiqué dans les Réflexions y oceuperait amplement tout leur temps. « Ce serait une très bonne raison à donner à l’évêque, et d’autant meilleure qu’elle serait plus désintéressée. » On achèverait peut-être de le décider en lui proposant de faire de la Chenaie sa maison de campagne : que Jean-Marie le lui propose, et qu’il le laisse libre !.
Son imagination désormais le fixe à la Chenaïe, dans la campagne aimée, au milieu du petit cénacle pour lequel son cœur est fait. Plus tard, aux heures de la gloire, c’est à ce rêve de vie moitié familiale et moitié monastique, si convenable à son tempérament, si favorable à ses goûts d'écrivain, qu'il reviendra. Lorsque, entouré de disciples privilégiés et chers, de 1829 à 1834, il promènera sous les ombrages du parc ses projets immenses et sa mélancolie, ce sont Les rêves de 1814 auxquels il donnera un corps; comme aussi la Congrégation de Saint-Pierre réalisera les désirs de vie retirée, de vie monastique et pieuse, qui lui font souhaiter par instants, avec une si vive ardeur, d'entrer pour toujours chez les jésuites. Ce sont les multiples aspects de cette âme prompte et mobile que ses œuvres tour à tour réaliseront plus tard.
Jean-Marie répond en alléguant ses devoirs et sa tâche auprès de l’évêque. Comment sacrifierait-il à des projets si peu assis les fruits de son apostolat ? Et pourquoi Félicité ne viendrait-il pas plutôt le rejoindre à Saint-Brieuc? ? Mais la réunion ailleurs qu’à la Chenaie perd une partie de son attrait : à Saint-Brieuc, sa tâche quotidienne absorbera Jean- Marie tout entier. Ce ne sera plus le collaborateur rêvé, tout à lui, tout à leur commune tâche d'écrivains et d’apologistes. Lui-même, hors de son milieu naturel, qui est la Chenaïe ou Saint-Malo, à moins qu’il ne soit dans ce centre de toutes les idées, où tout éveille et stimule l’esprit, à Paris, il perd une partie de ses moyens et de ses forces. Sa vocation littéraire, si nettement affirmée, le sépare donc de l’abbé Jean. Le drame de ces deux vocations opposées se développe, et d'autant plus