‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 309 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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surement que le besoin d’argent les contraint, l’un et l’autre, à n’envisager l’avenir qu'avec crainte. Sans doute le métier d'auteur est plus pénible qu'aucun autre, surtout pour celui qui n’est pas même assuré d’avoir du pain. [Il est sûr encore qu'un tel état d’indigence ôte à l’esprit la moitié de sa force. Mais y renoncer, ne serait-ce pas manquer à ce que Dieu demande de lui ! ?

Contrariété plus grande encore : la gène l’oblige à collaborer à l’Ami du Roi. Les instances de Teysseyre le décident à se lier avec Picot, qui lui paiera ses articles cinq francs la page?. Il accepte d’ailleurs cette combinaison avec une telle répugnance, qu’à la veille même de donner des articles, 1l s’est réservé une porte de sortie, pour le cas où le projet Niel aboutirait ?; du moins, il y trouverait plus d'indépendance. Et cependant, pressé par le besoin, tout en s’attachant avec obstination à l’espoir que le premier numéro du journal pourra paraitre en janvier, 1l se prépare à donner deux articles à Picot, l’un sur l’Université, l'autre sur le Guide. Ainsi, flottant entre des projets contraires, il souffre plus que jamais de l'instabilité de sa vie.

Son insistance, ses prières, avaient eu du moins pour effet d’ébranler la belle énergie de Jean-Marie. Aux prises avec les difficultés de l'administration d'un diocèse, l'abbé Jean, pressé par l’éloquence entrainante et tendre de son frère, se sentait maintenant troublé. A la fin d'octobre, il avait pris l’abbé Teysseyvre pour confident de ses souffrances, de ses inquiétudes : son âme ne se desséchait-elle pas dans cette vie d’ingrat labeur ? Ne ferait-il pas mieux d'écouter en effet la voix de son frère, et de revenir à une vie plus intérieure, toute de prière et d'étude ? C’est pour le réconforter que Teysseyre lui écrit la belle lettre que l’on va lire : rattachée ainsi aux circonstances qui l’ont provoquée, on éprouvera

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