Inédit. Archives des Frères, n
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du bonheur. Le Seigneur nous aime, nous ne voulons aimer que lui, que nous faut-il de plus ? à Dieu, à Dieu seul, c’est en lui que je vous aime et que je vous aimerai toujours, ainsi que votre cher frère. Prions les uns pour les autres. Vous n'aurez jamais autant de grâce et d'amour que je vous en désire.
Tout à vous en N.S TEYSSEYRE !.
Jean-Marie était absorbé par sa tâche de vicaire général. Son frère ne pouvait se faire au séjour de Saint-Brieuc. Le 4 janvier, il reprenait le chemin de la Chenaie. Mais il Y avait à peine passé quelques | jours qu'il apprenait la mort de Mgr Caffarelli, survenue le 11 janvier. Huit jours après, il repartait pour FER Brieuc?, et comme ces déplacements et ces préoccupations avaient empêché les deux frères de répondre à l’abbé Teysseyre, Félicité, à peine arrivé trouva une lettre partie de Paris le 16 janvier 1815, et qui, adressée :
À Monsieur l'abbé de la Mennaye, prétre à St-Brieux.
était destinée en réalité aux deux frères :
Ce 16,
Pour le coup, chers amis, vous gardez un trop long silence, et. dans mon impatience de recevoir de vos nouvelles je me détermine à vous écrire sans attendre votre réponse. Je me console cependant dans la douce pensée que notre correspondance n’a été suspendue que par vos travaux pour notre chère Eglise; mettez-moi au courant de tout ce que vous avez entrepris pour elle, et dans mon impuissance à la servir, jé me réjouirai de la voir aimée et défendue dans le siècle des lâches par quelques enfants dévoués et généreux. Ne jugez-vous point convenable d'ajouter une petite réfutation par manière de lettre à la mesquine réponse qu'on a fait (sic) à votre article sur le droit de joyeux avènement ? Où en est l'affaire du journal de M. Niel? J'ai bien peine à croire que cette entreprise réussisse, et quand elle réussirait, je pense que vous auriez encore moins de liberté pour écrire dans ce journal que dans celui de M. Picot. J'ai vu celui-ci il y a peu de jours: il est rempli d'estime et d’affection pour vous deux, et il persisle à désirer que vous continuiez à lui envoyer quelques articles, en vous
v Inédit. Arch. des Frères, n° 115. Cf. la lettre publiée par RoUssEL, t. I, pp. 50-51, qui suit celle-ci.
2, RousseL, t. I, pp. 56-57.
MARECHAL, — La Jeunesse de La Mennais, 80
promettant plus de fidélité pour les insérer dans leur intégrité. Je désire encore savoir votre jugement sur l’histoire de Bossuet qui a produit ici une grande sensation, presque tout le monde l’admire et elle fera plus de bien encore à la religion que celle de Fénelon. On ne saurait trop environner de respect et de gloire cette autorité colossale du grand Bossuet, qui est à elle seule un argument en faveur du christianisme 1.
On reconnait ici un avertissement à peine dissimulé aux auteurs de la Tradition; le dissentiment avec Saint-Sulpice s’accuse; la suite corrigera un peu l'impression qui pourrait être fâcheuse :
Je vous envoie la réponse de M. Garnier à la question de M. Félix (sic) sur un texte du Lévitique, il m'a demandé en me la remettant des nouvelles du succès de votre ouvrage auquel nous prenons tous le plus vif intérêt. La santé de M. Duclaux se soutient un peu mieux, la mienne va toujours son petit train. La grande et la petite communauté prospèrent sous les ailes de la Providence. Puisset-elle bénir cette nouvelle année d’une bénédiction aussi abondante qu’elle a béni l’année dernière. Mon Dieu, qu'était la France à pareille époque? Que de miracles d'amour! Achevez l’œuvre de votre droite, que vous avez si glorieusement commencée, donnez la paix à l'Église après l'avoir donnée au monde, et que nous voyions enfin luire le jour si désiré du plus beau triomphe de votre religion outragée. Pour vous, chers amis, je souhaite que cette année soit bien sainte et bien heureuse, heureuse selon J.-C., c'està-dire une année de souffrance et d'amour, de paix et de vertu, de gloire et de mérites, ou que cette année nous élève dans le ciel et dans le cœur de notre bon maître, en même temps qu’elle nous rapproche de notre chère éternité. O belle, à céleste éternité, qui nous donnera de {e désirer, de t'espérer, de t'aimer uniquement dans cette vallée de larmes, qui nous donnera de nous voir réunis, réunis à jamais dans les inefables délices pour nous aimer à jamais dans l'amour de N.-S. Veni. Amen. Venio cito. Veni domine Jesu.
TEYSSEYRE.
Il paraît certain que la négociation avec le pape prend une excellente tournure et est au moment d'être heureusement terminée, si ce n’est déjà fait. M. Garnier vient de me l’apprendre et il le sait de bonne part?.
Félicité en revenant à Saint-Brieuc avait le secret espoir de