‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 313 sur 504 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

différente. et mon attente n’a pas été trompée. Je gémis avec vous amèrement de voir la vérité captive, et lâchement opprimée ou abandonnée par ceux qui devraient être ses plus zélés défenseurs, mais je pense avec le bon M. Picot qu'il est plus avantageux pour sa cause de la taire une fois pour se réserver le privilège de la publier mille fois, que de la dire une fois pour être exposé à ne pouvoir plus la faire connaître. Cet excellent homme, auquel je désirerais peut-être un peu plus de nerf, est rempli d'estime et d'affection pour vous et pour votre énergie, il m'a renouvellé la promesse d'insérer désormais vos articles en entier, ou de me les remettre, et il persiste à désirer vivement de s'associer à vous d’une manière plus durable, si votre projet pour un autre journal ne se réalise pas. J'espère qu’en lui cédant ce que votre zèle peut avoir de trop chaud et de trop impétueux en échange de ce que le sien a de trop prudent et de trop modéré, vous vous trouverez l'un et l’autre dans un juste tempérament {.

La leçon est présentée avec esprit et délicatesse; mais les ménagements, la modération dans laffirmation des idées n'ont jamais été dans les goûts de Féhicité. Teysseyre continue :

Je vous remercie ainsi que votre bon frère de l'intérêt que vous prenez à ma chère petite communauté. Il semble que l'esprit de ferveur commence à s'yintroduire, ef omnia bona venerunt pariter cum illa. Je vous engage de prier pour elle et de faire prier à la même intention les personnes pieuses de votre connaissance. Je pense que les œuvres de Dieu s'avancent bien plus par la prière qu’elles ne sont gâtées et retardées par les imperfections de nos travaux. Comment vont vos deux écoles ecclésiastiques, vos conférences, vos retraites et vos missions ?

J'ai fait toutes vos commissions. MM. de Boulogne et de Bonald auront connaissance de ce que vous me marquez sur le petit séminaire de Rennes. M. Garnier vous remercie de votre souvenir et répondra à vos questions après la retraite qui nous occupe beaucoup en ce moment. Notre bon supérieur est toujours bien infirme, redoublons de prières pour que le Seigneur nous conserve notre trésor. Le séminaire et la solitude vont bien et la congrégation de St-Sulpice se relève de toutes parts. Ma santé est toujours bien faible, mais j'en ai tout juste pour ce que le bon Dieu demande de moi. Qu'il soit béni par ma faiblesse et glorifié par mes langueurs. Heureux si la ferveur de l'esprit ne se ressentait pas trop souvent de l’infirmité de la chair. Je prie ce bon Maître de vous donner un grand esprit de douceur et de paix, surtout envers vous-même, et de vous inspirer cet amoureux abandon, cette sainte et aimable enfance, où l’'évangile nous a montré le secret de la perfection et

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