‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 332 sur 504 · GOURNERIE, p · texte numérisé non relu

GOURNERIE, p

3. Cf. BLaze, t. Il, pp. 271-272. Je cite d'après le manuscrit inédit que j'ai sous les yeux. Les mots entre crochets sont barrés dans le ms. et par conséquent inédits. On devine quel sentiment de discrétion lui fit, en se relisant, atténuer l'expression d’une amitié si récente et néanmoins si vive.

Oh, si vous connaissiez Le don de Dieu, si scires donum Dei ! Et pourquoi ne le connaîtriez-vous pas, vous si bon, si modeste, si plein de droiture et de candeur ?... Combien je serais heureux de penser que l’amitié qui nous unit sur la terre,

nous unira encore éternellement dans le ciel. Oh! mon ns mon tendre ami ! ! » Et, dans la lettre suivante, c’est encore, avec la pénétration de l’esprit et l’intelligence, la candeur et la droiture qu’il loue chez ce nouvel ami? pour lequel il s’est pris, lui l’exilé, l’isolé, d’une amitié si ardente et si empressée.

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Il n’est point indifférent, pour l’avenir de Félicité de La Mennais, qu'il se soit trouvé quelques mois dans l’intimité de cet Irlandais anglican, intelligent et candide, que parait avoir été M. Morton ; il n’est pas indifférent surtout qu'il se soit déclaré si passionnément son ami. L'amitié, dans cette âme ardente, ne va point sans prosélytisme, et comment se résou-

: drait-1l à ne pas répondre par le don de la vérité, par le don

de Dieu, à celui qui le fait participer si généreusement aux dons de la terre et du monde? C’est ainsi qu'il est amené à faire précisément devant l’abbé Carron — n'oublions pas cet important détail — ses premières armes d’apôtre, ou si l’on préfère, de recruteur pour l’Église dans le camp infidèle.

À vrai dire, il avait eu l’occasion déjà, en Bretagne, de jouer un rôle analogue à l'égard des prisonniers de guerre anglais, enfermés à Saint-Malo même ou dans les forts environnants. Deux lettres, l’une du 1* novembre 1813, l’autre du 26 février 1814, adressées à M. George Watson, prisonnier de guerre, la première à Lamballe, la seconde à la tour Lebat, à Réhnes. sont les seuls vestiges qui nous restent d’un apostolat qui sans doute fut beaucoup plus étendu. Mais si ces lettres contiennent des conseils d’une tendresse et d’une onction touchantes, elles ne nous révèlent rien sur les arguments aux-

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