‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 331 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

£. GOURNERIE, pp. 96-97.

5. Étude et notice biographique sur l'abbé F. de La Mennais, par Ebmonp RoBiNeT, Paris, Daubrée, 1335, p.16; FORGUES, Œuvres posthumes, etc., t. I, p. x1; et Vie de l’abbé Carron, par un B énédictin de la congrégation de France, Paris, Douniol, 1866, in-8, p. 551, note.

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1er juillet 1815, il put y jouir pendant un mois d’une société

qui lui fut très agréable, celle du neveu de Pabbé Carron!.

Nous n'ignorons pas non plus qu'il y fut entouré d’égards et de prévenances qui semblent l'avoir très vivement touché. Il n'est pas douteux en effet que les deux lettres si importantes écrites à cette époque, et publiées par Blaize sous le titre de Lettres à un Anglais sur le Protestantisme? soient adressées à M. Morton, et non pas, comme l'éditeur avait à tort supposé, à Henry Moorman. Celui-ci ayant alors treize ans, on comprendrait mal qu’elles eussent été écrites pour un enfant si jeune; et, d'autre part, comment les remerciements chaleureux par lesquels s’ouvre la première de ces deux lettres s’adresseraient-ils au futur apprenti « chemist3 », dont les parents consentaient à ce qu'il vint en France et embrassât la religion catholique, « pourvu qu'au moyen de cette légère circonstance, ils fussent délivrés des frais de son éducation 4? » Ils étaient destinés à quelqu'un dont Félicité de La Mennais était l'hôte reconnaissant; et je ne vois que M. Morton qui fût en situation de les recevoir, d'autant plus que le texte autographe des brouillons manuscrits de ces deux lettres, que j'ai sous les yeux, nous apprend que, le nom du destinataire commençait par la lettre M. c

Le 25 avril précédent, récemment débarqué à Londres et tout dépaysé encore, Félicité de La Mennais écrivait à l’abbé Bruté : « Je suis dans un grand isolement. Dieu seul! Oh! priez-le qu'il mette ce mot bien avant dans mon cœur. Je pense à vous souvent, c’est une de mes consolations. Cher ami, peut-être ne nous reverrons-nous que dans l'éternité. Ah! que n’y sommes-nous déjà! que n’avons-nous entièrement traversé ce marais infect et fangeux qu’on appelle la vie. Adhuc modicum, non sicut ego volo, sed sicut tu. Je ne veux plus avoir de volonté quelconque?. » Il s'inquiète ensuite de la santé de Teysseyre: « Et lui aussi, je Pai quitté ; je suis seul, bien seul; mais on trouve Dieu partout, et partout il nous doit suffire 6. »

. BLAIZE, t. L pp. 210-211.

. Ibid., p. 222.

ForGuEs, Œuvres posthumes, etc., p. xvit.

. BLAIZE, (. I, pp. 222-225.

. GOURNERIE, p. 96.

. Ibid.”

MaARECHAL.— La Jeunesse de La Mennais, 82

Fr 47

Depuis quatre ans nous n’avions entendu de tels accents. Ils dénoncent un trouble moral profond, et dans ce désarroi, dans cet abandon, un retour de l’âme vers Celui à qui, depuis ses douloureux échecs, elle avait cessé d’a aspirer.

Il n’y est pas revenu tout de suite, et même il dut incliner quelque temps vers des voies moins heureuses et moins pures : Pabbé Carron l’a sauvé : « Sans lui, je me serais perdu vraisemblablement ! », écrira-t-il plus tard. Mais en même temps, avec quelle angoisse, jeté sur une côte étrangère, ce faible cœur, à l’instant même où il proclame la nécessité de vivre désormais en Dieu seul, cherche cependant son appui du côté de l'humanité ! Jean-Marie le rejoindra-t-il ? Quel nouveau sujet de tristesse à songer qu'il a quitté Teysseyre ! « Je suis seul, bien seul? », tel est son cri désespéré.

L'on peut mesurer à ces plaintes la reconnaissance dont il se sentit pénétré pour l’hôte qui, sur la recommandation de M. Carron, l’accueillit si bien qu'il en fit tout de suite son ami. Il lui écrit, le 24 mai 1815, moins d’un mois après son entrée chez lui : « Je voudrois avant tout vous exprimer, cher M. M., à quel point je suis touché des bontés sans nombre dont vous comblez un pauvre: étranger, qui ne sauroit vous offrir en retour qu’une stérile reconnaissance, et un attachement qui, loin de l’acquitter envers vous, ne fait qu'accroitre sa dette, puisqu'il trouve dans ce sentiment qui le lie à vous pour jamais, une des plus douces consolations de son exil.

Oh ! si vous saviez combien je bénis chaque jour cette adorable Providence, qui me réservait, au delà des mers un ami [si bon, si plein de délicatesse et de candeur, et} si digne [à tous égards] d’être aimé ! [Je sens, je vous l’avoue, une grande joie en songeant que je ne pourrois jamais m acquitter de ce que je vous dois, et qu'en suivant le penchant de mon cœur, je ne fais que remplir un devoir à.]

Parlant des cœurs qui sentent la religion, des cœurs humbles et doux qu’elle appelle, il ajoute, à la fin de la même lettre : «Oui, mon ami, n’en doutez pas, le vôtre est fait pour elle...

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