‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 335 sur 504 · TER · texte numérisé non relu

TER

« Mais de lui-même l’homme ne connaît ni la nature de Dieu, ni sa propre nature, l'une et l'autre éternellement inexæplicables à sa raison!. »

Toute l'expérience des Pensées est condensée dans ces lignes : l’homme est à lui-même un monstre incompréhensible sans la foi : il ignore Dieu, il s’ignore lui-même, et nulle condition n’est plus misérable que la sienne. -

€ Donc, avait d’abord écrit La Mennais, à! falloit que Dieu] suppléât à son |ignorance, autrement l'homme n'eût Jamais eu de vraie notion de la Divinilé ni de lui-même 2].»

Mais l'expression ne faisait pas valoir assez l’irrémédiable impuissance de l’homme, son incapacité d'obtenir par luimême quoi que ce soit qui ressemble à la vérité. La pensée de Pascal est bien mieux traduite dans la leçon que Félicité a substituée à la précédente :

« Donc, il falloit que Dieu] suppléät à son impuissance en lui révélant ce qu'il éloit nécessaire qu’il connût de sa propre nature et de celle du premier être.

(Donc ilwexiste point de vraie religion ou cette religion est révélée 3.»

Voici maintenant Bonald et Bossuet combinés : après avoir remarqué en quelques lignes qui, d’ailleurs, sont ajoutées au texte, dans l'original, sur une petite feuille volante, que, jusqu'ici « l’homme est purement passif dans l'œuvre qui l’établit en relation avec son auteur : Dieu parle, et il se soumet à son aulorité; de sa part, tout se borne à croire el à obéir; il n'est pas même nécessaire qu'il comprenne » ; il ajoute :

« La nature de Dieu comme la nature de l'homme étant immuables®, les rapports qui en dérivent sont également immuables$.

«Donc la religion, qui n'est, au fond, que l'expression de

1. BLA1zE, t. II, p. 272. Cf. Bonazv, Th. du Pouv;, t. T1. Æxehap. 18 p. 30; Législation primitive, t. I, p. 256 et PP. 266-268.

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