Cf. Bonav, Th. du Pouv., t. I, 1. I, chap. n, pp
ces rapports, est immuable comme eux, invariable comme eux.
« Donc toute religion variable est une reliq [ion] fausse,
puisqu'elle n'a pu varier sans cesser d'êlre, à une époque
ou à l'autre de ses variations, l'expression des véritables rapports, des rapports nécessaires qui existent entre Dieu el l'homme. »
On reconnait ici le thème fondamental de l'Histoire des Variations. Félicité en conclut que toute religion fausse étant opposée à la fois à la nature de Dieuet à celle de l’homme les sépare au lieu de les unir ; elle les sépare soit par l'erreur qui éloigne l’homme de Dieu, vérité suprême, soit par le péché qui éloigne l’homme de Dieu considéré comme auteur de l’ordre?. Et puisque le salut qui est l’union éternelle avec Dieu, ne peut en conséquence avoir lieu que dans la vraie Religion, on ne saurait douter que Dieu, qui veut sauver tous les hommes, n’ait « donné à tous les hommes un moyen suffisant de discerner la vraie religion des religions fausses.
« Quel est ce moyen?? »
C’est le raisonnement même qui sert de fondement, chez Rousseau, à la religion naturelle.
Nous arrivons au nœud du débat, à l'attaque directe contre le protestantisme; la source est d’abord Bossuet et Nicole :
Selon les Protestans, c’est la raison humaine : Dieu, disent-ils, nous a révélé dans les Écritures toutes les vérités nécessaires au salut et c’est à l'homme de les y chercher et de les y reconnaitre.
Chose étrange que la raison, impuissante par elle-même à découvrir les vérités, en demeure néanmoins l'unique et infaillible juge! Quoi ! il a fallu que Dieu révélât à l’homme ce qu'il devoit croire, et l'homme, parmi tant de choses que nous lisons dans les Écri-