‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 341 sur 504 · Cf. Zbid., p · texte numérisé non relu

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Félicité combat ces objections le lendemain, en s’efforçant

de préciser la nature de l’autorité dont il s agit; ces préci-

sions doivent faire apparaître bien clairement que l Église ca- tholique est seule à posséder l'autorité demandée.

« Remarquez, je vous prie, écrit-il, que nous devons retrouver dans l’autorité qui est le fondement de la foi des caractères correspondans à ceux de la foi même. Je m explique.

« Qui dit foi dit une conviction pleine, absolue, qui exclue

| toute espèce de doute. »

Rousseau ne demande pas une moindre conviction pour déterminer la conduite et régler les actes. Cette conviction pleine, entière, repose selon hi sur l’autorité de la conscience en qui sont gravés les quelques dogmes fondamentaux qui seuls constituent le parfait et nestthle christianisme, institu-

tion religieuse universelle : la conscience est un guide infail- lible, aux yeux de Jean-Jacques. L'avis de Félicité n’est pas

celui-là ; il n’est pas moins exigeant que Rousseau en matière de certitude, mais c’est ailleurs qu'il en découvre les bases.

Il faut donc, continue-t-il, que l'autorité sur laquelle repose la foi soit elle-même pleine, absolue, infaillible : car si elle n’était pas infaillible, non seulement on pourroit, mais on devroit douter des dogmes CE nous propose, ce qui détruit le caractère même de la foi ?:

Assurément, Félicité est no quand il présente cette argumentation comme celle-là même qui le ramena jadis au catholicisme; et pourtant nous trouvons ici la marque bien assurée qu'elle s’est modifiée depuis dans son esprit : la preuve qu'il développe suppose le caractère infaillible de l'autorité religieuse, c’est-à-dire l’infaillibilité pontificale ; or Jean-Marie était gallican lorsqu'il a ramené son frère à la foi, et Félicité l'était encore, nous le savons, lorsqu'il a écrit en 1808 et publié en 1809 les Réflexions sur l'état de l'Église. Sa conversion n’a donc pas pu supposer l’infaillibilité du Saint-Siège. L'irrémédiable faiblesse de la raison humaine, son impuissance à découvrir un terrain solide où s'asseoir; la misère de l’'hoinme sans Dieu, le repos qu’il trouve dans l’autorité que lui désigne clairement une tradition ininterrompue, et dans la foi à cette autorité, seul fondement d’une certitude qui, par

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