‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 343 sur 504 · Texte inédit, Cf. BLA1ZE, t. Il, p. 282, 8. Ibid · texte numérisé non relu

Texte inédit, Cf. BLA1ZE, t. Il, p. 282, 8. Ibid

thèse, que la Réforme se contredit et qu’elle se détruit elleéme.

Ainsi M. Morton doit convenir non seulement, comme il l'avait fait, de la nécessité d’une autorité suprême dans l'Eglise, mais de la nécessité d’une autorité infaillible. Reste once seulement à trouver où réside cette autorité. « Or, par . une admirable dispensation de, Dieu, qui a voulu la rendre reconnaissable à tous les hommes, parce que tous les hommes » sont appelés à la véritable foi (il avait écrit d'abord : à la connaissance de la vérité), il se trouve que de tant d'Eglises diverses l’Église catholique seule prétend être en possession d’une Pnbble autorité, tandis que toutes les autres déclarent - hautement ne la point posséder. Que nous faut-il de plus ? Certainement cette autorité ne réside point en ceux qui se - font gloire de la rejeter ; elle réside done dans la seule Église qui, depuis origine du Christianisme, l’a toujours réclamée, toujours êxercée ; cette Église est done la seule véritable Église; il ny a done de véritable foi, de vie et de salut que dans son sein ?, »

Que doit faire son hôte? « Mais enfin, demandez-vous, - que doit faire celui qui croit sa religion an — Ce qu il - doit faire ? La quitter, et la quitter sans délai. C’est le pre- - mier, le plus indispensable de ses devoirs; car quoi de plus 1 opposé à la raison, quoi de plus criminel aux yeux de Dieu, - que de persister volontairement dans une erreur reconnue ? Il = doit quitter l'erreur, mais pour embrasser la vérité; la vérité

- certaine, et non pas une vérité douteuse... »

Ici encore, j’ai rétabli le premier jet, qui s'adresse si directement à M. Morton, et qui, par conséquent, offre plus d'intérêt que celui qui l’a remplacé. Dans la suite, craignant que M. Mor-

» ton, gagné surtout par le côté négatif de son argumentation,

» ne vint à quitter l’anglicanisme, mais pour le déisme, Félicité

esquisse à l’avance sa réfutation du déisme : toiles les vé-

rités « qui ne reposent que sur notre foible raison » sont des

- vérités douteuses ; l’homme ne saurait s’en contenter : « au-

trement, devenant lui-même larchitecte de sa religion, il . s'établit ; juge de Dieu même, et n’élève qu'un édifice humain, - fragile, incomplet, chancelant, qui l’écrasera sous ses ruines.

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