‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 349 sur 504 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

il faut tout vaincre, en renonçant à tout 1. »

Renoncer à tout, le peut-il? La complaisance attendrie avec laquelle il évoque ces souvenirs auxquels tout son cœur est lié, prouve qu’il n’a pas su s’en déprendre: et c’est par là que, tenant de si près à notre douloureuse et faible humanité, dont il traduit si spontanément la misère, il nous émeut profondément. Quiconque a vécu de cette vie intérieure de Pâme qui se détache avec effort et déchirement des choses familières qu’elle a trop aimées, ne pourra sans mélancolie relire les lignes qu’on vient de citer. Mais s’il a vécu la claire

ascension de l'esprit enfin délié, ah ! sans doute, il recon-

naîtra que celui-ci n’est pas sur la voie divine. Car le vrai renoncement ne module pas ses plaintes en harmonies si

pénétrantes ; 1l les vit et les presse en lui-même, il les chérit

et les consacre pieusement en les offrant dans le secret comme un holocauste à son Dieu. | Jaime que le combat se livre dans cette âme si tourmentée, entre les voix de la terre et les appels de Dieu. Le drame, à ces hauteurs, prend sa vraie signification. Gardonsnous d'en diminuer la beauté en méconnaissant ce que ces

appels du sol natal, ces plaintes de la terre délaissée ont de

profondément humain : je crains qu’autour de Félicité de La Mennais on ne l’ait pas assez senti. Non, tout n’est pas imagination dans le besoin du Breton exilé d’aller se recueillir lui-même aux champs, aux bois, aux chemins où se déroula son enfance. Plüt à Dieu qu'il eut mieux connu, dès cette époque, l’invincible force des liens qui l'incorporaient à ses landes. Car, soit qu’affrontant en face le sacrifice qu’il devait accomplir, et dont il eût clairement compris l’étendue, il fût entré résolument dans la voie surnaturelle; soit que, renonçant à rompre ces invisibles chaines, il eût suivi le chemin dans lequel la nature même semblait se plaire à le guider; que de misères, que de douleurs il se fût pour l’avenir épargnées ! — Mais, au lieu de cette attitude, quelle faiblesse, et quel abandon! Il se livre, malgré ses répugnances, à l'empire de l'abbé Carron qui veut acquérir définitivement à l’Église une recrue précieuse ?, et d’ailleurs ne doute point

1. BLaAIZE, t. I, p. 221. Cf. Zbid., p. 228 et GOURNERIE, pp. 122-123. 2. Cf. Ibid., p, 260 : « Reposez-vous sur mon cœur et bien spécia-

ce rot dépossédé, SICCINE SEPARAT AMARA MORs/ Mais enfin

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qu'en obligeant son disciple à vouloir, il ne prépare sa gr rison. Comme si cette âme désemparée était capable de volonté, son directeur entraine à l’autel malgré lui un pauvre

être sans énergie qui, de lassitude, se laisse faire et se laisse | hPa und ; ; LE ONE

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| lement sur ma conscience, du sort de ce bien-aimé Féli, disait M. Carron | à M. Bruté, le 28 octobre 1815 ; il ne: m'échappera point, l'Église aura ce qui lui appartient. » Se FEAT

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