BLArzE, t. I, p
2, Ibid., p. 218.
éloignement prolongé du sacerdoce, sont loin d’être bannis encore. Il s’abrite sans doute derrière labbé Carron, qui, tout en le pressant de marcher à l’autel, n’ose décider s’il est appelé à servir l’Église dans le clergé séculier ou dans la Compagnie de Jésus!. A cette précaution même reconnaissons que rien n’est gagné.
Il a besoin d’un plan d’études et fait appel à l’abbé Jean. Cette demande évoque la Bretagne, et son frère, et tout un passé si récent de tendresse. Il désire si vivement que Jean puisse venir à Paris, quand il y sera ! son cœur a tant besoin de le voir! S'il ne pouvait absolument faire ce voyage, il prierait son bon père de lui permettre d’aller en Bretagne ?.
Le voilà repris par la nostalgie de ses landes, de ses bois et de ses bruyères. Que n’y cherche-t-il uniquement la paix, dans une vie conforme aux exigences de toute une lignée de Bretons! Ah! sil se connaissait lui-même, s’il se voyait tel que ces lignes nous le révèlent! « Nous avons un mois de septembre superbe; mais il n’y a pas de beau temps loin de son pays... Je ne saurais penser à la France sans une tristesse profonde, et pourtant je ne fais autre chose du soir au matin . ».
Son âme est là, non point ailleurs. Le sol qu’il aime, l’horizon natal, quelques amis et surtout un frère tendrement chéri, voilà son paradis sur la terre, le seul dont il savoure aujourd’hui même, après la résolution prise, et lorsqu'il voudrait tant s’élever plus haut, les paisibles, les lointaines délices : € Il m'est impossible, écrit-il à Jean-Marie, parlant de Pabbé Carron, de peindre sa tendresse et ses bontés pour moi. Sans lui, je n'eusse jamais pris le parti auquel il m'a déterminé; trop de penchants m’entraînaient dans une autre roule. Aujourd'hui même je ne saurais penser à la vie tranquille et solitaire des champs, à nos livres, à la Chenaïe, au charme répandu sur tous ces objeis auxquels se ratlachent tous mes désirs et toutes mes idées de bonheur ici bas, sans éprouver un serrement de cœur ineæprimable, el quelque chose de ce sentiment qui faisait dire à