‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 359 sur 504 · GE · texte numérisé non relu

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Jean-Marie inquiet, demande aussitôt des explications à l'abbé Carron : celui-ci, le 25 juin, s’efforce de le rassurer :

Mon bon et fidèle ami, lui dit-il, je suis désolé de vous avoir causé de l'inquiétude : la santé de notre cher Féli est telle que vous l'avez vue : je m'impatiente et je murmure de son travail opiniâtre : c'était par discrétion qu'il voulait que je refusasse, à sa place, la proposition des Missions Etrangères : ce tendre ami a dû vous écrire dernièrement-et ainsi vous rassurer sur son compte... ?.

Féli traversait justement une de ses crises de dépression, d'impatience et de découragement. L'abbé Carron commit l’imprudence de lui laisser le soin de cacheter sa lettre: il en profita pour y ajouter ce qui suit :

Quoique M. Carron m'ait plusieurs fois recommandé de me taire sur mes sentiments, je crois pouvoir et devoir m'expliquer avec toi une fois pour toutes. Je suis et ne puis qu'être désormais extraordinairement malheureux. Qu'on raisonne là-dessus tant qu'on voudra, qu'on s’alambique l'esprit pour me prouver qu'il n’en est rien, ou qu'il ne tient qu'à moi qu'il en soit autrement, il n’est pas fort difficile de croire qu’on ne réussira pas sans peine à

1. Inédit. Billet à la suite de la lettre de Féli à Jean, Paris, 31 mai 1816 BLa1ze, t. I, pp. 261-262.

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