‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 376 sur 504 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

sincérité d’une manière qui mérite le mépris des honnêtes gens. Car « quelle droiture de sentimens, quelle fidélité, quel sincère attachement faut-il attendre d’un homme prêt à changer, au moins à l’extérieur, sa Religion pour une autre, selon la différence des pays et les variations de sa fortune ! ? » Enfin, la Troisième Proposirion déclare que « l'incertitude où se trouve un homme sur le choix de la Religion qu’il doit embrasser, ne l’autorise point à regarder ce choix comme arbitraire et indifférent? ». On suppose, bien entendu, qu’il admet la nécessité de la religion naturelle. Dans ces conditions, ce serait d’abord faire injure à Dieu que « de traiter d’indifférente la profession de toute religion qui se dit révélée », puisqu'on s’expose ainsi à « rejeter volontairement des dogmes qu’il nous aura révélés, des préceptes qu'il nous aura imposés, des moyens et des conditions auxquels 1l aura voulu attacher notre sort? », et à y substituer des superstitions et des impostures. En outre, « c’est agir en insensé ou en désespéré que de prendre pour fondement de sécurité le doute même et l'incertitude dans l'affaire la plus importante, la plus décisive que l’on puisse imaginer # ».

Les adversaires répondront-ils que, sans doute, l’indifférence serait condamnable si l’on n’avait pas examiné ? Mais, disent-ils, € nous avons tout pesé, tout examiné, et c’est en conséquence de nos découvertes, que nous sommes déterminés à cette indifférence, qui est le seul parti auquel doit s’attacher le sage® ». |

On leur opposera d’abord qu’il n’est pas vrai que ceux qui, élevés dans le Christianisme « traitent à présent d’indifférente- toute Religion révélée, n’ayent fait cette démarche qu'avec prudence et discernement, que conséquemment à un examen sérieux et réfléchi, exempt de passion et de préjugé, commencé et continué par un vrai désir de connoître la vérité6 ». Au contraire, l’attachement passionné aux plaisirs des sens, l’intérêt politique, l'habitude de se laisser absorber par le tourbillon des affaires, l’esprit de présomption et de

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