Ibid., pp
rents va beaucoup plus loin: « Ils’ veulent que le mensonge revêtu des apparences de la vérité en possède tous les droits », ce qui ne serait pas moins préjudiciable à la société civile qu’à la Religion. L’entêtement, lindolence, la paresse se trouveraient ainsi Justifiés Î.
Objectera-t-on «qu’il faut préférer la paix à la vérité, et qu'une Religion même divine, annoncée dans un pays où domine une Religion contraire, protégée par les loix civiles, peut y occasionner des troubles et préjudicier à la concorde des membres de l'État ? ? ». Mais d’où vient alors, en contradiction avec cette maxime, la conduite des indifférents à l'égard du catholicisme ? « Sans craindre d’altérer l'union des esprits, la concorde des sujets, ils ne cessent... de l’attaquer en toute manière, dans sa discipline, dans ses dogmes, dans la personne de son divin Fondateur .» Puis, quand les dogmes sont contraires à la bonne morale, ne produira-t-on pas du trouble dans les États où ces dogmes sont appuyés de l'autorité civile, en cherchant à les renverser ? Faudra-t-1l donc souscrire à la corruption de la morale 4? Enfin la vraie «Religion n’emploie que les armes de la vérité, de la patience et de la charité, pour triompher de la résistance des infidèles ; seroit-il raisonnable de lui faire un crime des persécutions suscitées contre elle © »?
Reste maintenant la troisième difficulté, le troisième « prétexte, le plus apparent en faveur de l'indifférence de Religions » ; c’est «la multiplicité et la diversité de celles que l’on découvre dans l’univers ». L’incrédulité les énumère avec complaisance : « Quel moyen, dit-elle après cela, de déméler dans cette multitude, et de discerner la véritable ? C’est exiger des hommes l'impossible ; il faudroit entendre et examiner les raisons que peuvent s’opposer mutuellement les sectateurs de ces différentes Religions ; tout le temps de la vie humaine n’y suffiroit pas ; on se verroit obligé de quitter ce monde, avant que d’avoir été en état de prendre parti avec connaissance de cause ; que reste-t-1l donc pour ne point se jetter dans un labyrinthe d'où l’on ne sor-
. REGNIER, Certiilude, etc., t. IT, pp. 463-466. . Ibid., p. 468.
. Ibid., pp. 468-469.
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tiroit jamais, dans un embarras où l’on se consumeroit en
pure perte? C’est de professer indifféremment les Religions des divers pays où l’on se trouve, sans se mettre en peine d’une discussion pour le moins superflue !. » Que répondre à cela, sinon que toutes les religions quise partagent le monde se réduisent au Paganisme, au Mahométisme, au Judaïsme et au Christianisme? Or, toutes les religions paiennes sont idolâtres. En prouvant l’unité de Dieu, on renverse donc du même coup toutes ces religions. Le Mahométisme a des caractères de fausseté évidents : son origine violente, les fables dont il est rempli, la nature du souverain bien qu’il propose, et dans lequel il fait appel à la volupté et à tous les plaisirs des sens. Restent donc seulement en présence le Christianisme et le Judaïsme. Et c’est dire que « le discernement entre toutes les religions qui existent dans le monde se réduit proprement à se convaincre de la vérité et de la divinité du Christianisme », ce qui condamne d’une façon définitive l’indifférentisme ?.