‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 380 sur 504 · bid., pp · texte numérisé non relu

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tort de suivre la religion de son père. On déclare « que Dieu, du haut de son trône, regarde les différentes Religions répandues dans le monde, du même œil dont un Prince envisage les différentes coutumes que suivent diverses nations éntee mées dans ses États; cette différence de coutumes ne l’empêche point d’agréer leurs services et leurs hommages! ».

On répond d’abord qu'aucun homme ne peut, «quand il le voudrait, prendre la vérité pour le mensonge, lorsqu'il se montre à découvert; ceux qui s'aveuglent volontairement ne le font que parce que, séduits par la passion, préoccupés. par Vintérêt, ou assoupis par l’indolence, ils se mettent hors d'état de-- discerner -le mensonge revêtu des apparences de Ja vérité?... »

Si l’on envisage plus spécialement la doctrine de J.-J. Rousseau, on voit qu'il distingue trois sortes de Religions : la Religion de l’homme, la Religion du citoyen, et une Religion évidemment mauvaise qui donne aux hommes deux législations, deux chefs, deux patries : telle la Religion des Lamas et le Christianisme romain. — La Religion du citoyen est bonne en ce qu’elle réunit le culte de Dieu et l’amour des lois, mais mauvaise en ce qu’elle est fondée sur l’erreur et sur le mensonge, trompe les hommes, les rend crédules, superstitieux, et noie le vrai culte de la divinité dans un vain cérémonial. — Reste donc la Religion de Phomme ou Christianisme, non celui d'aujourd'hui, mais celui de l'Évangile, religion sainte, sublime, Sémieble: mais qui tétdche. lea cœurs des citoyens de l’État, ce qui est contraire à l’esprit social.

A quel partise résoudra-t-on done pour choisir une religion ?

Un fils, déclare Rousseau ailleurs, n’a jamais tort de suivre la religion de son père. Mais un fils ne peut-il regarder comme fausse la religion de son père ? Comment donc la pratiquerat-il sincèrement ? La conduite du Vicaire Savoyard, qui professe publiquement le Christianisme romain sans admettre aucune révélation, peut servir à résoudre l’énigme ?.

Si l’on soutenait seulement que la bonne foi sera une suffisante excuse de l'erreur au tribunal du Souverain Juge, on aurait raison. Mais l’assertion de Bayle et des autres indiffé-

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