Paris, Bérton, 1780, in
ses droits. » Tous les livres des Philosophes sont pleins de cette doctrine. C’est Voltaire déclarant que « la morale est la seule religion naturelle de l’homme, le seul objet digne de loc: cuper ici-bas, le seul culte qu’il puisse rendre à la divinité » ; ou Rousseau, s’écriant : (Je regarde toutes les religions particulières comme autant d'institutions salutaires, qui prescrivent dans chaque pays une manière uniforme d’honorer Dieu par un culte public, etc... » Autrement dit: « tous les cultes sont indifférents, et dès lors tout examen est inutile ».
Mais pour qu'il en fût ainsi, «il faudroit, ou que chacun de nous püt librement se former de l’Etre suprême l’idée qu'il jugeroit à propos, sans se mettre en peine de ce que nous enseignent la raison, le sentiment et l’autorité ; ou que tous les cultes reçus parmi les différentes nations, pussent être regardés comme l'expression légitime des idées que nous devons concevoir de la Divinité, et des sentimens que la Religion nous prescrit à son égard. Le Tolérantisme porte nécessairement sur l’un ou sur l’autre de ces deux principes, qui ne sont que deux erreurs manifestes !. »
Et d’abord, comment Dieu ne nous aurait-il pas imposé l'obligation d’être attentifs à ce qu’il nous apprend de luimême ? L’homme doit se connaître lui-même; et il ne peut se connaître s’il n’étudie son origine et sa fin, s’il ne remonte au Créateur, arbitre souverain de ses destinées?. Car l’existence de Dieu créateur suppose des rapports entre Dieu et l’homme, c’est-à-dire un culte, et ce culte lui-même suppose « une certaine connaissance de la Nature Divine: il est incompatible avec ces erreurs grossières qui détruiroient les. notions de l'unité de Dieu, de sa providence, de sa bonté, de sa justice. Les intérêts politiques, l'autorité du Prince, l’action du climat, les circonstances particulières des tems et des lieux ne peuvent avoir nulle influence sur le culte de l’esprit et du cœur. Ce culte doit être le même toujours et partout, parce qu'il n’a d’autres principes, d’autres élémens que la nature de Dieu et la na: ture de l’homme : élémens constans, invariables, dont la connaissance est le plus essentiel de nos devoirs. Dieu ne nous fait point un crime des erreurs échappées à notre
1. Essai polémique, etc., par Du Voisin, pp. 392-394. 2. Ibid., pp. 394-395.
Der “4 V4 Ë