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lisme, liberté et égaliié, fanatisme, superstition, tolérance. Mais ces formules ont fini par perdre leur crédit. Seule la tolérance a gardé le sien?, mais à la faveur d’une confusion dans les termes. Car il y a deux sortes de tolérance, l’une absolue, et synonyme d’indifférence, que préconise la philosophie ; l’autre conditionnelle et provisoire, « que la sagesse conseille et que la religion prescrit », et qui consiste à attendre le moment favorable au triomphe pacifique de la vérité en supportant jusque-là l’erreur?. Au contraire, l’indifférence ne convient ni à la vérité mi à l’erreur, parce qu’elle est en opposition avec la nature même de l’être intelligent, nécessité à les distinguer pour embrasser l’une et rejeter l’autre. Il n’y a donc rien d’indifférent en soi, puisqu'il n’y a rien qui ne soit vrai ou faux; et, à mesure qu'il est plus éclairé, l’homme devient moins tolérant sur les opinions #. La tolérance absolue que l’on réclame pour les opinions morales n’existe ni dans la nature, qui soumet l’homme physique à des lois infrangibles, ni dans les lois humaines, qui ne sont que des déclarations publiques d’intolérance, ni dans les mœurs qui soumettent à leur juridiction ce que les lois ne sauraient atteindre 5, ni dans les sciences, puisque les livres et les chaires d’instruction ne sont que des cours publics d’intolérance, ni dans - les arts enfin, « où l’intolérance du bon goût combat contre un goût faux et corrompu 6». L’intolérance est la loi de l’intelligence.
« Cependant, continue Bonald, ces mêmes hommes, si intolérants sur tout autre objet, réclament une tolérance absolue sur les opinions ou croyances religieuses. Ils supposent donc qu'il n’y a dans la religion, considérée en général et dans toutes ses différences, ni vrai ni faux; ou que, s’il y a vrai et faux dans la religion comme dans toute autre chose, l’homme n’a aucun moyen de les distinguer, ou qu’enfin la religion, vraié ou fausse, est également indifférente pour l'homme. La tolérance philosophique de toutes les opinions religieuses a conduit l’Europe à une indifférence absolue de toutes les religions ; état le pire de tous, et le
. Ibid., p. 126.
. Ibid., p. 127.