Jbid., p
LÉ de Sd Gé à à de nid de VA he nr dr
A BU TT AN Eu
Le + À &
plus voisin de l’athéisme ; et il est à remarquer encore que cette tolérance absolue a passé dans la pratique desmœæurs !. » Cette situation de fait repose sur une erreur fondamentale, celle que « toutes les religions sont indifférentes... Comment supposer en effet qu'il n’y ait pas vrai et faux dans des religions opposées entre elles, mais qui pourtant sont partout le rapport vrai ou faux de Dieu à l’homme, et de l’homme à son semblable; la raison du pouvoir, la règle du devoir, la sanction des lois, la base de la société; lorsqu'il y à vrai et faux partout où les hommes portent leur raison ou leurs passions, vrai et faux en tout, et même à l’Opéra??» Mais s’il y a vrai et faux dans les diverses religions, comment Dieu, l'intelligence même, ne les distinguerait-il pas, et n’aurait-il . pas donné à l’homme les moyens de les distinguer ? ?
Si tout estindifférent en matière de religion, les pratiques des divers cultes sont indifférentes : oblation de l’hostie ou immolation des victimes humaines, sacrifice ou baptême des enfants naissantsi, polygamie ou monogamie, divorce ou indissolubilité du lien conjugal se valent également 5. Dirat-on qu’en matière de religion les opinions sont indifférentes ? Mais les opinions deviennent des dogmes qui conduisent à des actes ; et de même que la morale règle bien ou mal la conduite des individus, les dogmes seuls font la bonté morale des peuples 6.
D'ailleurs, la tolérance absolue n’a jamais existé parmi les hommes, ni dans la religion, ni dans la philosophie. Luther n’était pas tolérant pour l’Église romaine quand il se sépara d'elle, ni les philosophes du dernier siècle pour les chrétiens 7, L'intolérance n’est done pas propre à la religion; tout est sujet de dispute entre les hommes; et ceux qui se battent pour les opinions religieuses, se battraient tout aussi bien pour les opinions les plus profanes, « Demander à des êtres intelligents, qui ne vivent pas seulement de pain, mais de la recherche et de la connaissance de la vérité, l’indifférence