‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 42 sur 504 · Inédit. Arch. des Frères, n° 110, fin septembre · texte numérisé non relu

Inédit. Arch. des Frères, n° 110, fin septembre

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« Rien de si vrai que ce que vous dittes de la Providence, et en même tems de si consolant ; mais cette résignation parfaite à ses décrets est fort rare, ne l’a pas qui veut. Le plus. heureux des hommes est sûrement celui qui a le plus de courage pour supporter le malheur, le chrétien voit dans le : malheur même l’accomplissement des décrets de la divinité, il ne doit s’affliger que de ses fautes, tout cela est vrai, mais l’homme a été créé faible, et plus ou moins sensible à la douleur phisique ou morale. Les réflexions chrétiennes peuvent adoucir ses maux, mais non pas l’empécher de souffrir plus ou moins d’après son caractère, son tempéramment, celui même qui verrait tous les évènements avec indifférence serait fort à plaindre et fort peu estimable, je ne voudrais pas de lui pour ami. Je me rappelle l’histoire d’une dévotte de notre ville (le voilà de nouveau à Saint-Malo) à qui on annonça la mort de son mari. Elle se jette à genoux, reste un quart d'heure en oraison et se lève en disant : « Le sacrifice est fait. » Elle était réellement consolée. N'est-ce pas là l’abus d’une grande idée religieuse ? car je ne pense pas que la résignation, telle qu’elle nous est prescrite, doive nous rendre insensibles aux maux que le Ciel nous envoie. Vous ferez une distinction juste : c’est qu’elle doit nous faire oublier les nôtres et non ceux d'autrui. Mais en s’accoutumant à ne s’affecter de rien, n’est-il pas à craindre qu'un homme devenu insensible d’après des idées religieuses, ne soit ni un mari tendre, ni un bon frère, ni un époux sensible. Mon cher ami, vos principes sont justes, c'est par où j'ai commencé cette petite discution (sic), mais il ne faut pas les suivre- rigoureusement, ni trop s’accoutumer à regarder avec indifférence les choses d’ici-bas. C’est le cas du rat dans le fromage. Nous nous accorderons sur tout cela au coin du feu, aux Corbières, où nous aurons bien des choses à nous dire !. »

Le voilà de nouveau chez lui : admirons comme tout l'y ramène. Rien ne prouve mieux la santé morale de ce solide malouin, issu d’une lignée bretonne, que ce perpétuel retour au sol et à horizon natal. Qualités et défauts, chez lui, tout en sort et tout y revient. Cette vertu de la race annonce une descendance honnête, énergique, sachant regarder et voir,

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