‹ La Jeunesse de La MennaisChapitre 63 sur 504 · LAVEILLE, J.-M. de La Mennais, t. I, p · texte numérisé non relu

LAVEILLE, J.-M. de La Mennais, t. I, p

C’est pourtant à cette époque qu’il faut placer la rédaction de la Réponse aux objections des athées, que plus tard, en mars et avril 1809, les deux frères songeront à utiliser : « Vous nous reconnaîtrez, écrira plaisamment Jean-Marie à l'abbé Bruté, en lui envoyant ce petit écrit, vous nous reconnaitrez, j'espère, pour les compatriotes de ce bon archidiacre que l’on voyait sans cesse écrire, écrire ce qu’il avait jadis entendu dire. » |

Lé manuscrit inédit de cette Réponse aux objections des athées se retrouve parmi les papiers de l’abbé Jean. C’est un cahier de 36 pages, tout entier de la main de Jean-Marie, et surchargé de corrections et de ratures ; il est intitulé : De Dieu*. La devise placée en exergue est empruntée à Vincent de Lérins : Eadem quae didicisti doce, ut cum dicas nove, non dicas nova. Vinc. Ler. par. 22%, En se disant compatriote du bon archidiacre que l’on voyait sans cesse écrire ce qu’il avait jadis entendu dire, Félicité traduisait librement, mais avec exactitude, la formule de Vincent de Lérins. Cette remarque suffirait seule à identifier l'écrit, si d’ailleurs le texte lui-même pouvait laisser le moindre doute.

L'ouvrage a deux parties : l’une combat les objections des athées contre l’existence de Dieu #, l’autre défend contre eux les bienfaits de sa Providence 5. L'auteur part de cette remarque que la vue de l’univers proclame l'existence de Dieu, Cœli enarrant gloriam Dei ; nous n’avons pas besoin de méditer davantage pour le découvrir par l'univers, que pour supposer lhorloger à la vue d’une horloge 5. L’argument du consentement universel, ou du sentiment commun des

1. H. pe Courcy et E. DE LA GOURNERIE, Lefires inédites de J.-M. et F. de La Mennais, adressées à Mer Bruté, de Rennes. Paris, Ambroise Bray, 1862, p. 60. Lettre de Féli, 1°" mai 1809.

2. Arch. des Frères de l'Instruction chrétienne, dossier I, n° 685.

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