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Dhéant? « Du néant! s’écrient les incrédules, nous ne conce- vons pas que de rien il ait pu produire quelque chose et qu'il ait donné aux corps des propriétés qu'il n’a pas.
« Et moi non plus je ne conçois pas que vous osiez prétendre que votre ignorance soit la règle de ce que Dieu peut, et je - conçois encore moins que vous vous imaginiez follement que pour créer il ait fallu qu'il agit sur le dont et en quelque sorte qu'il le mit en œuvre. Certes il n’a pas pris la matière où elle n’était pas, mais il lui a donné l’être qu’elle n'avait pas, et de même que lorsque je remue mon bras, mon âme lui donne une qualité qu’elle ne possède point (car un esprit n'a point de situation), ainsi la Divinité, dont la puissance sans doute n'est pas inférieure à la mienne, a fort bien pu donner aux corps des parties et une figure, quoiqu’elle n’ait elle-même ni parer mn figure. Diœit el facta sunt; manda-
vit et creala sunt1.
Point d’ Rae Fo pensée dans ces pages; elles exposent “les arguments classiques avec une fidèle correction : preuve du premier moteur ?, preuve a conlingentia, par la série successive des générations humaines, dont l’origine suppose un créateur ?, preuve des causes finales. Aïlleurs nous rencontrons des développements plus heureux : l’auteur, inspiré de saint Augustin, se rapproche alors de Pascal ; il découvre les mobiles secrets des athées : « Ne cherchons que dans la corruption de leur cœur la cause de cette erreur déplorable; la croyance d’un Dieu qui voit tout et qui connaît nos pensées les plus secrettes les importune et les gêne. Voulant n’écouter que leurs passions, ils cherchent à s’étourdir pour ne point entendre, pour méconnaître celui qui les condamne et qui les menace. Peu leur importerait qu il y eût un Dieu sil était indifférent à tout ce qui se passe sur la terre 5... » Leur athéisme n’a donc pour objet que de les mettre à laise : « Nous avons été les tristes témoins des funestes effets que produit l’athéisme; les hommes qui s’efforcent d'effacer et de détruire au fond de leur âme l’idée d’un Dieu qui lui-même l'y a mise, ne sauraient laisser en repos ceux qui par leurs
1. Inédit. Arch. des Frères, dossier I, n° 685, pp. 12-13. 2. Ibid., $ III, pp. 14-15.